Clovis Trouille (), est un peintre français.
Anticlérical et antimilitariste, il est traumatisé par la Première Guerre mondiale et se définit comme anarchistePhilippe Equy, « Clovis Trouille, le zouave et l'amante religieuse », Le Monde libertaire, juillet-septembre 2004, . .
Biographie Camille Clovis Trouille naît le à La Fère (Aisne).
Clovis Trouille fréquente l'école des beaux-arts d'Amiens de 1905 à 1910 .
En 1907, il remporte le Premier Prix des Beaux-Arts de la ville d'Amiens pour son travail La Jeune Fille blonde..
Il commence à travailler comme illustrateur et créateur pour la maison de couture Draeger et collabore à la presse locale.
En 1912, mobilisé pour le service militaire, il passe sept ans sous les drapeaux, dont quatre ans pendant la Première Guerre mondiale sur les fronts de Picardie et de Champagne.
Traumatisé par la Première Guerre mondiale En 1920, il épouse Jeanne Vallaud, avec qui il a deux filles. Ils s'installent à Paris, où il travaille, à partir de 1925, pendant trente-cinq ans comme maquilleur-retoucheur chez un fabricant de mannequins de vitrines.
Pendant ses loisirs, il peint des toiles où les thèmes de l'anticléricalisme, de l'érotisme, de l'humour macabre et de l'antimilitarisme reviennent en boucle, ridiculisant tous les pouvoirs.
Traumatisé par la Première Guerre mondiale, il se définit comme anarchiste. Il contribue à la presse libertaire dont Le Libertaire et Le Monde libertaire. Athée militant, il s'interroge :
« Grand maître de cérémonie du tout est permis » Sa peinture, qui exalte la couleur et l'érotisme, et pourfend , est proche de celle des surréalistes, ce qui le fait remarquer en 1930 par Salvador Dalí et André Breton ; ce dernier le surnomme affectueusement .
En 1934, une de ses œuvres, Remembrance (1930) est exposée à l'exposition des Artistes révolutionnaires. Elle est reproduite, en , dans le troisième numéro de la revue Le Surréalisme au service de la révolution. Clovis Trouille s'éloigne ensuite de ce courant en revendiquant ses influences de la Renaissance. Son œuvre emprunte aussi à la culture de masse, notamment à la bande dessinéeVoir et au kitsch.
Entre 1933 et 1935n, il figure, avec Jeanne Besnard-Fortin, Julio González et Emmanuel Mané-Katz, , parmi les initiateurs de la création du groupe des Surindépendants« Jeanne Besnard-Fortin », in Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, .. Entre 1941 et 1952, il présente régulièrement des œuvres dans les expositions indépendantes.
Le , il cosigne dans Le Libertaire une « Déclaration préalable » au manifeste « Surréalisme et anarchisme » : . Pour autant, il ne fera jamais officiellement partie du groupe surréaliste, aimant à dire .
Une démarche anti-commerciale Clovis Trouille est peu connu car il ne recherchait pas la gloire : Il ne voulait pas vendre ses toiles. Lorsqu'il consentait à s'en séparer, il souhaitait parfois les récupérer afin d'y ajouter des détails : un personnage, des objets, ou simplement un grain de beauté.
Inspirations Dans Remembrance (1930), il met en scène un cardinal dont le manteau pourpre s'ouvre sur des jambes de femme avec porte-jarretelles et bas noirs tandis qu'un académicien reçoit en pleine figure le pet d'un animal. Au premier plan du tableau, des squelettes de soldats en uniforme serrent dans leurs bras un lapin au pied d'une croix de bois portant comme seule inscription 1914-1918, la sale guerre où ils se sont fait tirer « comme des lapins ». Et c'est au prix de furieuses contorsions que la République détourne de sa vue la pluie de médailles qu'elle déverse du ciel.
L'humour aussi est souvent présent dans son œuvre, comme lorsqu'il met en scène ses propres funérailles (Mes funérailles), avec des titres-calembours. Ses tableaux se nourrissent aussi de références à la littérature (Le Bateau ivre) ou à la peinture classique, par exemple Le Rêve d’Alice qui renvoie au Pèlerinage à l'île de Cythère d'Antoine Watteau.
En 1969, s'inspire d'une de ses œuvres pour le titre de la revue théâtrale d'avant-garde Oh! Calcutta!, qui est un jeu de mots avec
En 2002, le cinéaste libertaire Jean Rollin évoque Trouille dans son film La Fiancée de Dracula.
En , la maison de vente Christie's disperse 88 œuvres provenant de l'atelier de l'artiste lors d'une vente intitulée Clovis Trouille, Super Surréaliste.
Œuvres Remembrance, présentée à l'exposition des Artistes révolutionnaires en 1934. Oh ! Calcutta ! Calcutta !, technique mixte : collage photographique et huile (), 1946, Voir en ligne. Le Bateau ivre, huile sur toile (), 1942-1963, voir en ligne.
Expositions
1947 : participation à l'exposition internationale surréaliste de la galerie Maeght. 1963 : première (et dernière de son vivant) exposition particulière à la galerie Raymond Cordier. 2007 : Clovis Trouille, un peintre libre et iconoclaste, musée de Picardie, Amiens. 2010 : Voyous, Voyants, Voyeurs, musée d'art et d'histoire Louis Senlecq. 2011-2012 : « Hey! modern art & pop culture », Halle Saint-Pierre, musée d'art brut et d'art singulier, Paris. 2015-2016 : exposition « L’Atelier de San Jeronimo à Casa del Lector », Matadero de Madrid ; Fabienne Di Rocco et Eduardo Arroyo, commissaires de l'exposition.
Collections 1963 : Naufrage de la Méduse, musée national d'Art moderne, Paris. Musée de Picardie, Amiens.
Voir aussi Bibliographie . . . . Alexandre Grenier, Une journée chez Clovis Trouille, Éditions Obsis, 1999 Gérard Lattier, Correspondances de Clovis Trouille, Actes Sud, 2004 . . Michel Onfray, Clovis Prévost, Ornella Volta, Henri Lambert, Voyous, voyants, voyeurs. Autour de Clovis Trouille (1889-1975), ouvrage collectif sous la direction d’Anne-Laure Sol, conservateur du musée d’art et d’histoire Louis Senlecq, Somogy éditions d’art, Paris, 2009 , présentation éditeur. . . Felip Équy, Clovis Trouille, Centre International de Recherches sur l'Anarchisme (Marseille), s/d, lire en ligne.
Vidéographie Martine Chaudet, Clovis Trouille, Peintre antimilitariste et anticlérical, Le Journal, Télif, , voir en ligne.
Articles connexes Art brut Surréalisme Anarchisme dans l'art et la culture
Liens externes Site officiel l'association Clovis Trouille, animé par Henri Lambert, petit-fils du peintreJean-Pierre Turmel, Gouffres et Cimes, éd. Camion Blanc, 2012, page 237.. Michel Debray, Clovis Trouille, John Ruskin autour de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens, 2007. Gerlando, Remembrance - Clovis Trouille, scribouillart.wordpress.com, . Michel Gombart, Clovis Trouille, artiste peintre picard, 2008. Letizia Merello, Clovis Trouille: eros su tela fra voyeurismo e ironia, arterotica.eu, . Elisandre Crowley, Clovis Trouille, érotisme macabre, anticlérical et antimilitariste, .
Bases de données et notices
Carré d'art (Nimes) : notice bibliographique. Anarco Efemerides : notice biographique. Efemerides Anarquistas : notice biographique.
Notes et références
Catégorie:Peintre surréaliste français Catégorie:Peintre libertaire Catégorie:Anarchiste français Catégorie:Militaire français de la Première Guerre mondiale Catégorie:Antimilitariste français Catégorie:Anticlérical Catégorie:Collaborateur du Libertaire Catégorie:Naissance en octobre 1889 Catégorie:Naissance à La Fère Catégorie:Décès en septembre 1975 Catégorie:Décès à Neuilly-sur-Marne Catégorie:Décès à 85 ans