La commission théologique internationale (parfois appelée CTI) est un organisme de la curie romaine. Elle est l'une des six commissions pontificales. ; elle traite des questions théologiques de grande importance.

Histoire La commission a été créée dans le contexte de l'après Vatican II. L'idée de sa création remonte au concile mais elle ne se précise que lors du premier synode ordinaire en 1967, qui s'est donné cinq sujets à traiter, dont, en premier lieu, .

Jusqu'au concile, la suprématie du magistère était incontestée et le rôle des théologiens réduit à commenter ses enseignements. Cette subordination des théologiens est contestée par les pères conciliaires, ce qui conduit à une véritable crise de l'autorité magistérielle..

C'est dans ce climat de fronde que s'inscrit le débat doctrinal. Il est conduit par le cardinal irlandais Browne qui établit une liste des erreurs théologiques. Ce syllabus suscite une polémique entre partisans du magistère, hostiles aux théologiens extérieurs à la Curie, et partisans du concile qui refusent les en matière de théologie. Le cardinal belge Suenens, qui s'insurge contre la liste du cardinal Browne, propose alors la création d'une commission théologique internationale dont l'idée est approuvée par une trentaine de Pères synodaux.

Une motion de synthèse, élaborée par le cardinal croate Šeper, est adoptée par 140 voix sur 199. Des propositions concrètes sont alors soumises aux votes de l'assemblée le . S'agissant des statuts de cette commission, 28 Pères votent pour son intégration à la Congrégation de la foi tandis que 128 Pères votent pour son autonomie.

Il ressort des différents votes que la commission sera instituée pour une période fixe, qu'elle sera chargée d'éclairer le Saint-Siège sur les questions doctrinales de grande importance, qu'elle sera composée de théologiens relevant de différentes écoles doctrinales, ayant la réputation de , que ses membres bénéficieront d'une liberté scientifique légitime et qu'ils seront choisis par le pape sur proposition des conférences épiscopales.

Malgré les lenteurs induites par les délais de consultation mais aussi les tensions et les revendications qu'elle suscite, la commission est créée deux ans plus tard par Paul VI qui publie ses statuts ad experimentum le . Quelques jours plus tard, le pape nomme les du premier quinquennat..

Le , il annonce la création de la commission en consistoire, indiquant qu'il assigne à ce nouvel organe . Lors du discours inaugural de fondation, Paul VI précise ce qu'il attend des théologiens de la commission qui n'est plus de commenter les enseignements du magistère mais d'apporter les fruits de leur recherche à l'autorité apostolique.

À la fin du premier quinquennat, en 1973, le pape tire un bilan positif de l'activité de la commission et se réjouit d'..

Lors de la révision de ses statuts en 1982, saint Jean-Paul II affirme de façon encore plus marquée la différence des rôles du magistère et de la commission et insiste sur leur nécessaire collaboration : pour exercer son charisme.

En 2004, et pour la première fois depuis 1969, saint Jean-Paul II ouvre la commission aux femmes en nommant deux théologiennes : l'une religieuse, Sœur Sara Butler, une Servante missionnaire américaine de la Très sainte Trinité, alors professeure en théologie dogmatique à l'Université de St. Mary of the Lake à Mundelein dans l'Illinois ; l'autre laïque, Barbara Hallensleben, une professeure allemande de théologie dogmatique et œcuménique enseignant alors à l'université de Fribourg en Suisse...

La théologienne Josée Ngalula, membre de la congrégation des Filles de la Croix, Sœurs de Saint-André, est la première femme africaine à intégrer la commission théologique internationale en 2021. Elle travaille notamment sur les abus sexuels au sein de l’Église catholique en Afrique..

Statuts, mission Créée par le pape Paul VI, ses statuts ont été révisés et fixés treize ans plus tard par le motu proprio . du pape Jean-Paul II, le .

L'objectif de la Commission, selon le point 1 de ses statuts provisoires de 1969, était d' . . Selon ses statuts définitifs de 1982, elle .

Organisation Présidée par le préfet du dicastère pour la doctrine de la foi et dotée d'un secrétaire général, la Commission est composée d'au maximum trente théologiens. selon le point 3 des statuts de la commission. Les membres sont nommés pour cinq ans par le pape (éventuellement renouvelables), sur proposition du cardinal-préfet du dicastère et après consultation des conférences épiscopales.

Le secrétaire général est nommé par le pape sur proposition du cardinal-préfet du dicastère et le secrétaire adjoint par le cardinal-préfet (points 5 et 6).

La Commission se réunit en assemblée plénière au moins une fois par an, mais elle peut aussi mener son activité au moyen de sous-commissions. Ces sous-commissions peuvent s'adjoindre des experts, y compris non catholiques (point 10).

Les résultats des études sont soumis au souverain pontife et mis à disposition du dicastère pour la doctrine de la foi.

Travaux Depuis sa création en 1969 et jusqu'à fin 2025, la commission a élaboré qui ont fait l'objet d'une publication officielle selon le vœu de Paul VI.

Le premier rend compte de la première session de la commission qui s'est tenue du 6 au et s'intitule Réflexions sur les buts et les méthodes..

Le deuxième, texte bref en six points, publié l'année suivante, a pour thème Le sacerdoce catholique..

Deux ans plus tard, en 1972, la commission approuve à l'unanimité les élaborées par une sous-commission spécifique présidée par le professeur Joseph Ratzinger (futur pape Benoît XVI) et publiées sous le titre L’unité de la foi et le pluralisme théologique. Ce texte servira de socle aux travaux menés dix ans plus tard sur l'interprétation des dogmes...

En 1973, est publiée l'étude d'une quinzaine de pages sur la notion de succession apostolique. Fruit du travail d'une sous-commission présidée par le père dominicain français Marie-Joseph Le Guillou, ce texte a vocation non seulement à présenter la doctrine catholique mais aussi à aider au dialogue œcuménique. Dans la lignée de Vatican II, les théologiens déclarent s'appuyer pour leurs travaux sur l'Écriture Sainte dans son ensemble, c'est-à-dire y compris la Tradition, en trois étapes : (Proemium). Aux quatre difficultés identifiées que soulève la succession apostolique, le document répond par des énoncés structurés en six parties touchant, successivement, à l'apostolicité de l’Église et au sacerdoce commun ; à l'originalité du fondement apostolique de l'Église ; aux Apôtres et à la succession apostolique dans l'histoire ; à l'aspect spirituel de la succession apostolique ; à la succession apostolique et sa transmission ainsi qu'aux éléments pour une évaluation des ministères non catholiques. Le cœur de ce texte consiste en ...

En 1974, la commission publie les travaux menés sur les sources de la connaissance morale chrétienne, un thème qui avait été choisi dès 1969. Comme le rappelle Paul VI dans son discours d'accueil des membres de la commission le , il s'agit de poser dans un contexte que le pape qualifie de .. Le texte, intitulé La morale chrétienne et ses normes, regroupe en un seul document les neuf thèses du théologien jésuite suisse Hans Urs von Balthasar et les quatre thèses du théologien allemand Heinz Schürmann approuvées par la commission..

En 1975, la commission axe ses travaux sur les relations du magistère avec la théologie, en réponse à une allocution de Paul VI sur ce thème lors du concile Vatican II et dans le cadre du Congrès international sur la théologie (). En douze thèses, le texte s'applique à établir les éléments communs au magistère et aux théologiens dans l'exercice de leur charge puis à identifier leurs différences et à déterminer dans une troisième partie comment promouvoir leurs relations..

En 1976, la commission publie une déclaration sur le rapport entre le progrès humain et le salut chrétien, intitulée Promotion humaine et salut chrétien. Dans l'introduction figurent un certain nombre de précautions oratoires face à la nouveauté de ces encore mouvantes, sujettes à et . Avec prudence, prenant en considération , la commission évoque son . Cette introduction, en chapeau à la déclaration, est signée du président de la sous-commission ayant préparé le texte, Karl Lehmann, alors professeur de dogmatique et de théologie à Fribourg-en-Brisgau.. Cette déclaration a été perçue en France comme une première offensive contre la théologie de la libération..

En 1977, est rendue publique La doctrine catholique sur le sacrement du mariage, un document qui regroupe les approuvées par la commission in forma specifica (que l'on pourrait traduire par ) et les du Père jésuite français Gustave Martelet, approuvées in forma generica (que l'on pourrait traduire par ). L'introduction du premier texte retrace la genèse des travaux sur le mariage chrétien confiés en 1975 à une sous-commission présidée par le théologien belge de langue française Philippe Delhaye, alors secrétaire général de cet organe depuis 1972. Compte tenu de son ampleur, le travail fut divisé en cinq grands thèmes, soumis séparément à l'avis de l'assemblée plénière et amendés par elle, puis réunis en un seul texte structuré en cinq séries : le mariage comme institution, la sacramentalité du mariage, le mariage dans l’optique de l’histoire du salut, notamment en relation avec la Création et la Rédemption, l'indissolubilité du mariage et le cas des divorcés remariés.. En 2013, à l'occasion de la réception des membres de la Rote romaine, Benoît XVI est revenu sur certains aspects du rapport entre foi et mariage abordés dans le texte de la doctrine de 1977, en souhaitant que soit approfondie la réflexion sur comme cause de nullité du mariage...

Fruit de deux années de travail et de recherches entrepris à sa demande par un groupe de théologiens de la commission, la déclaration intitulée Questions choisies de christologie, votée à une très large majorité en 1979, a été publiée en 1980 par la commission .. Lors du renouvellement quinquennal de la commission la même année, les nouveaux membres ont souhaité poursuivre ces travaux par des développements et des considérations supplémentaires dont les conclusions ont été approuvées en 1981 et publiées sous l'intitulé Théologie - christologie - anthropologie..

En 1982, répondant à la demande de l'archevêque Jozef Tomko, alors secrétaire général du synode des évêques, la commission a consacré sa session ordinaire à l’étude doctrinale, historique et pastorale des problèmes de la pénitence et de la réconciliation dont devaient débattre les Pères synodaux en . Cette étude, approuvée par les membres de la commission en 1982 et rendue publique en sous le titre La réconciliation et la pénitence, a été élaborée par une sous-commission spécifique sous la présidence de Walter Kasper, alors professeur de dogmatique à l'université de Tübingen en Allemagne-. Dans son exhortation apostolique post-synodale Reconciliatio et Paenitentia du , le pape Jean-Paul II évoque ce qui a servi de base aux débats du synode et à ses conclusions (section 4)..