Jean-Pierre Gorges, né le à Gonesse (Seine-et-Oiseaujourd'hui Val-d'Oise), est un homme politique français, successivement membre de Démocratie libérale, de l'Union pour un mouvement populaire puis des Républicains.
Il est député de la première circonscription d'Eure-et-Loir de 2002 à 2007, puis de 2008 à 2017, ainsi que maire de Chartres et président de la communauté d'agglomération Chartres Métropole de 2001 à 2026. En 2017, il se présente à l'élection présidentielle sous l'étiquette de , sans réunir les 500 parrainages nécessaires pour figurer sur la liste officielle des candidats.
Débuts en politique Aux élections municipales de Chartres de 1995, Jean-Pierre Gorges figure en position sur la liste de Mathieu Brétillard. Celle-ci est éliminée dès le premier tour avec 9,79 % des suffrages.
À la suite de cette élection, Gorges crée l'association « Chartres, votre ville », qui dénonce la gestion financière de la ville par la municipalité socialiste, dont le maire est Georges Lemoine. En 1998, il se présente aux élections cantonales dans le Canton de Chartres-Nord-Est sous l'étiquette Divers droite, obtenant 9,79 % des voix, insuffisants pour accéder au second tour.
Adhérant à Démocratie libérale à sa création en 1998, il poursuit son opposition à la municipalité socialiste.
Lors des élections municipales de 2001, Éric Chevée (UDF) et Marie-Claire Carrère-Gée (RPR), récemment implantée en Eure-et-Loir, conduisent une liste commune avec le soutien officiel des deux partis. Gorges constitue une liste dissidente soutenue par Démocratie libérale, en fédérant des personnalités issues du RPR, de l'UDF et du MPF ainsi que de la société civile. Au premier tour, il devance la liste Chevée/Carrère-Gée de 224 voix ; celle-ci se désiste sans fusionner pour le second tour. Sa liste arrive en tête au second tour, devant la liste unie de la gauche menée par Pascal Ory, issue de la fusion de la liste soutenue par le PS et de la liste de la gauche alternative et associative « Énergies citoyennes ».
Maire de Chartres Jean-Pierre Gorges devient maire de Chartres et est élu à la présidence de la communauté d'agglomération chartraine (COMACh), où la droite devient majoritaire grâce à sa victoire à Chartres et à celle de Jacques Morland (DVD) à Lucé. À son initiative, l'agglomération abandonne le sigle COMACh au profit de l'appellation « Chartres Métropole ».
Dès son élection, Gorges lance un programme de grands chantiers qui modifient en profondeur la morphologie de la ville.
L'opération de rénovation urbaine porte d'abord sur le quartier historique et les boulevards. En 2005, la mairie inaugure un parking souterrain dans le centre-ville afin de réduire le stationnement en surface et de favoriser la circulation piétonne. En mai 2007, la médiathèque « L'Apostrophe » ouvre ses portes dans l'ancien hôtel des Postes, réhabilité par l'architecte Paul Chemetov.
En parallèle, une série de programmes de rénovation est engagée à partir de 2007 dans le quartier de Beaulieu, rebaptisé quartier des Clos en 2017. Les barres HLM y sont démolies et remplacées par de nouveaux logements, des équipements publics et des commerces..
Lors des élections municipales de 2008, Gorges est réélu avec des voix au second tour.
Le , il inaugure l'Odyssée, complexe aquatique et patinoire dont le projet avait été lancé durant son premier mandat. Avec plus de de plans d'eau répartis en onze bassins, dont deux bassins olympiques, et une patinoire de , l'équipement est alors présenté comme le plus grand complexe aquatique de France.
En 2010, la mairie lance le réaménagement du plateau situé au nord-est de la ville, comprenant un programme de construction de logements et de de surfaces commerciales. Dans ce cadre, la ville acquiert en 2013 les terrains de l'ancienne base aérienne 122 Chartres-Champhol, fermée par l'Armée de l'air en 1997. Rejeté une première fois par la commission nationale d'aménagement commercial, le plan est révisé en 2019. Il prévoit à terme la construction d'un parc des expositions conçu par l'architecte Rudy Ricciotti.
Après les élections municipales de 2014, Gorges obtient un troisième mandat, sa liste ayant recueilli des suffrages dès le premier tour.
En 2015, la mairie engage les travaux d'aménagement du pôle gare. En octobre 2018, le nouveau bâtiment voyageur de la gare de Chartres est inauguré. Ce projet comprend également la construction de logements et de nouveaux équipements culturels et sportifs.
En 2016, la mairie engage la construction de nouveaux équipements culturels sur les boulevards de Chartres. Un nouveau théâtre, le « Off », est inauguré en septembre 2022.
Lors des élections municipales de 2020, Gorges est réélu maire pour un quatrième mandat, sa liste l'emportant dès le premier tour avec des suffrages. Il est également reconduit à la présidence de Chartres Métropole.
En juin 2022, il inaugure le nouveau pôle administratif de la ville et de l'agglomération, restructuré autour de l'hôtel Montescot et conçu par l'architecte Jean-Michel Wilmotte.
Entre 2013 et 2023, 500 caméras de vidéosurveillance sont déployées à l'échelle de la métropole. En avril 2023, Chartres Métropole met en place un centre de supervision mutualisé pour les communes de l'agglomération..
Lors des élections municipales de 2026, au terme de quatre mandats consécutifs, Gorges arrive en deuxième position au premier tour avec des suffrages, derrière son ancien adjoint Ladislas Vergne (). Au second tour, le , la liste de Ladislas Vergne l'emporte avec des voix contre pour celle de Gorges, mettant fin à vingt-cinq ans de mandats consécutifs à la tête de la ville.
Député Élu député pour la première fois en 2002, Jean-Pierre Gorges est réélu en 2007 avec un écart de 59 voix avec la candidate socialiste Françoise Vallet, arrivée en deuxième position. Il siège au groupe UMP et à la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Deux recours sont déposés auprès du Conseil constitutionnel quant à la validité de ce scrutin.
Le , le Conseil constitutionnel annule son élection au motif qu'il avait organisé, en sa qualité de président de l'office public d'HLM de Chartres, dix-huit cérémonies d'inauguration de logements entre la fin mars et la mi-avril 2007. Le Conseil juge que la répétition de ces manifestations dans un délai rapproché . Le Conseil ne prononce toutefois aucune peine d'inéligibilité à l'encontre de Gorges.
Lors de l'élection législative partielle organisée les 27 janvier et , Françoise Vallet l'emporte avec des voix contre pour Gorges.
Jean-Pierre Gorges est l'un des auteurs de six recours déposés contre cette élection le . Ces recours dénoncent notamment l'implication de l'hypermarché Leclerc de Luisant et de son dirigeant Olivier Ducatel dans la campagne, ce dernier étant en litige avec la ville de Chartres au sujet d'un projet d'installation commerciale à Barjouville. La distribution de tracts appelant à voter contre Gorges, la présence de Françoise Vallet dans cet hypermarché aux côtés de Ségolène Royal, ainsi que sa participation à un rassemblement de salariés devant la mairie de Chartres sont également mentionnées dans ces recours.
Le , le Conseil constitutionnel annule l'élection de Françoise Vallet et la déclare inéligible pour un an, au motif qu'elle avait bénéficié d'avantages indirects de la part d'une personne morale en violation de l'article L. 52-8 du code électoral. Gorges annonce alors sa candidature à la nouvelle élection partielle. Le , il est réélu avec des voix face à David Lebon (PS), suppléant de Françoise Vallet, et retrouve son siège de député.
En 2011, il est rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur les emprunts toxiques souscrits par des collectivités locales, dont les travaux débouchent sur une proposition de loi visant à interdire ces pratiques, co-signée avec le député PS Claude Bartolone. Il est également membre de la commission d'évaluation de la loi sur la défiscalisation des heures supplémentaires (loi TEPA).
Investi par l'UMP pour les élections législatives de 2012 dans la première circonscription d'Eure-et-Loir, Gorges l'emporte au second tour le avec 50,8 % des voix. Lors de ce scrutin, le Front national d'Eure-et-Loir appelle ses électeurs à voter en sa faveur. Cette élection fait par ailleurs l'objet d'un témoignage rapporté par Mediapart mettant en cause sa régularité..
En 2013, il dépose une proposition de loi tendant à étendre aux artisans le statut des auto-entrepreneurs.. L'année suivante, il est nommé vice-président de la commission d'enquête sur les 35 heures.
En 2016, il dépose une proposition de loi visant à réserver le statut de fonctionnaire aux quelque agents exerçant des missions régaliennes, ce qui exclurait de ce statut environ 4,7 millions d'agents publics. Ce texte, co-signé avec 86 députés de droite, suscite des réactions de la part de la fédération CGT des services publics et du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale.
Élection présidentielle de 2017 Le , Gorges annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2017. Se présentant sous l'étiquette de « républicain indépendant », il choisit de se porter candidat en dehors du cadre de la primaire de la droite et du centre alors en cours. Il crée à cette occasion son propre mouvement, baptisé « La France, c'est vous ! », dont il tire également le titre de son livre-programme publié aux éditions Le Cherche midi en septembre 2016...
La Commission nationale d'investiture des Républicains suspend alors son investiture pour les élections législatives de 2017, ainsi que celle du député Henri Guaino, dans la même situation. À la clôture des parrainages le , Gorges n'a recueilli que 70 parrainages validés par le Conseil constitutionnel, répartis sur 9 départements, loin des 500 signatures d'élus nécessaires pour figurer sur la liste officielle des candidats. Sa candidature n'est pas retenue. Il renonce par ailleurs à se représenter aux élections législatives de 2017, invoquant la loi sur le non-cumul des mandats.
Élection présidentielle de 2022 Le , Jean-Pierre Gorges reçoit à Chartres Valérie Pécresse, candidate à la primaire de la droite en vue de l'élection présidentielle de 2022, et lui apporte son soutien. Le , il est nommé orateur de campagne aux côtés de vingt-neuf autres personnalités politiques, avec pour mission de relayer localement les positions de la candidate..
Prises de position Le , lors du vote sur la prolongation de l'opération militaire française en Irak contre l'État islamique, Jean-Pierre Gorges est le seul des 502 députés votants à se prononcer contre, invoquant son refus que la France joue le rôle de « petit flic du monde ». Le , lors du vote sur la prolongation des frappes françaises en Syrie, il vote à nouveau contre, cette fois aux côtés de trois autres députés..
Durant sa candidature à l'élection présidentielle de 2017, il défend une politique de décentralisation accrue. Dans son livre-programme « La France, c'est vous ! », il se prononce notamment en faveur d'un contrat de travail unique, d'une maîtrise de la dette publique et d'une plus grande autonomie accordée aux élus locaux.
Le , Gorges déclare ne pas être climatosceptique tout en se définissant comme « climato-réaliste ». L'association des climato-réalistes est décrite par Le Monde comme portant des positions climato-dénialistes.
Synthèse des mandats – : maire de Chartres et président de la communauté d'agglomération Chartres Métropole ; – : député de la circonscription d'Eure-et-Loir ( législature), membre de la commission des Finances ; – : député de la circonscription d'Eure-et-Loir ( législature) — mandat annulé par le Conseil constitutionnel ; – : député de la circonscription d'Eure-et-Loir ( et législatures), membre de la commission des Finances.
Controverses
Affaires judiciaires