Le phare de l'île Wrac'hTypographie correspondant à une dénomination descriptive. se situe sur une des îles de l'archipel de Lilia, bourg de la commune de Plouguerneau, dans l'estuaire de l'Aber-Wrac'h. En alignement avec le phare de Lanvaon, il indique le chenal de l'Aber Wrac'h.
Description
Aspect extérieur La maison-phare est construite sur un plan type du siècle : le bâtis est composé d'une petite maison construite en granit et aux volets verts dans laquelle est encastrée une tour blanche au sommet rouge, d'une hauteur de 14,7 mètres.
Le feu, situé à 23 mètres au-dessus de niveau de la mer, est reconnaissable par son feu à éclats produisant 3 éclats rouges toutes les 7 secondes, et portant à une distance de 7 milles nautiques. Son feu permet, avec l'alignement du phare de Lanvaon, de faciliter l'accès au grand chenal de l'Aber Wrac'h et au port de Landéda.
Le phare est construit au sud de l'Île Wrac'h, à Plouguerneau, au milieu d'une parcelle de 2 563 m². Au nord de la parcelle se trouve un potager permet la subsistance des gardiens ; de l'autre côté du bâtiment, un vaste jardin en pente s'ouvre sur l'Aber Wrac'h et sur une cale permettant d'atteindre le phare par bateau à marée haute.
L'île est accessible à pied à marée basse depuis la plage de Saint-Cava à Lilia, accessible 3 heures avant la marée basse et jusqu'à 3 heures avant la marée haute.
Aspect intérieur
Rez-de-chaussée L'entrée au phare se fait par la porte située au pied de la tour. Son plafond est composé d'une voûte édifiée en granite. Une fois entré, une grande salle, servant aujourd'hui de salle d'exposition, s'ouvre à travers ses fenêtres sur l'aber et ses multiples îles. Au fond de cet espace, deux portes donnent sur ce qui est aujourd'hui l'espace muséographique, expliquant l'histoire du phare et de l'île.
Le petit bâtiment attenant à la maison-phare, à l'est de celle-ci, abrite une cuisine.
Un petit appentis, également accolé au bâtiment principal, accueille une salle de bain.
Etage L'accès au premier étage ainsi qu'au feu se fait par un escalier en colimaçon composé de 46 marches.
La porte de l'escalier débouche directement sur un "salon dortoir", au premier étage, pouvant contenir jusqu'à 6 personnes en simultanée. Au fond de cette pièce, une plus petite chambre donne sur la fenêtre située à l'est du bâtiment.
Lanterne L'escalier finit par donner sur le chemin de ronde et sur le feu, 23 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Historique
Nécessité historique d'un phare Le port de l'Aber-Wrac'h existe depuis le Moyen Âge et a un trafic important. En effet, depuis cette époque, l'Aber est une zone privilégiée par les navires afin de pratiquer l'échouage naturel. De même, de nombreux navires chargés de vin, en provenance de Bordeaux, ou de sel, venant de La Rochelle, viennent décharger leurs cargaisons à Landéda et repartent avec les cales remplies de blé, poissons séchés et viandes salées. Cette importance se poursuit au siècle : le port de Paluden continue de recevoir les cargaisons en blé, épices, bois et sel, tandis que le port de l'Aber-Wrac'h se développe progressivement avec la construction de l'usine à soude de Saint-Antoine en 1873, et par la forte présence de pêcheurs et goémoniers.
De ce fait, et pour sécuriser l'entrée au port, minée par de nombreux îlots et rochers, l'administration des phares et balises décide de baliser les abords de l'aber. En 1845 vont être construits les phares de l'Île Vierge et de l'Île Wrac'h ; en 1847, le phare de La Palue, au fond de l'aber est construit ; le phare de Lanvaon, à terre, est édifié en 1869 ; et enfin, en 1911, le phare de Saint-Antoine, sur le port de Landéda, vient compléter ce dispositif.
Histoire À partir de 1769, l'Île Wrac'h est balisée par une simple pyramide servant d'amer. En 1830, une tourelle maçonnée est construite, mais est toujours insuffisante pour le balisage de l'aber. C'est pourquoi il est envisagé, lors de la campagne d'éclairage des côtes de 1845, de construire une maison-phare de ordre sur l'île.
Le feu est allumé le 15 août 1845, en même temps que le premier phare de l'Île Vierge. Il sera détruit par les troupes d'occupation allemandes en 1944, puis rallumé en 1949. A cette occasion, le Service des phares réalise un premier test d'automatisation sur l'île grâce à une horloge programmée.
Le phare est électrifié en 1973, puis est finalement automatisé en 1994.. Il abrite aujourd'hui une station météo du système Diabox (proposé par l'Ifremer) dont les données sont accessibles en temps réel et gratuitement.
Vie au phare Le phare est gardé par des gardiens dits "hors classe", c'est-à-dire des agents auxiliaires, qui sont recrutés par la subdivision départementale des phares et balises. Ces gardiens sont souvent des marins, des militaires retraités, ou encore les femmes de gardiens titulaires d'autres feux. Ainsi, entre 1902 et 1912, Angélina Kerros, épouse d'Yves Kerros, ancien gardien de l'Île-Wrac'h de 1895 à 1902, assure seule le fonction du feu alors que son mari est muté au phare de l'Île-Vierge. De même, alors que François Léon est déporté en Allemagne sous prétexte qu'il détenait au phare un fusil de chasse (il sera fusillé le à Cologne), son épouse Marianne reste seule au phare de 1942 à 1945, puis devint gardienne du phare de Lanvaon jusqu'en 1961.
D'après le neveu de l'un des anciens gardiens du phare, François Bellec (gardien entre 1949 et 1964), la vie de gardien n'était pas simple : vers 1936 l'allumage du phare, éclairé par une lampe à pétrole, obligeait, même par jour de tempête, le gardien à monter l'échelle pour l'allumer. En plus de l'entretien du phare et des terrains, le gardien assurait la peinture des balises de l'Aber Wrac'h et un rôle de garde-côte, notamment pour la surveillance des extractions de sable. Les gardiens disposaient d'un bateau pour la pêche, le goémon et leur ravitaillement. +Liste des gardiens du phare de l'Île-Wrac'hDate d'entrée en fonctionDate de sortieNOM, PrénomNotes18451847??????1847???HENRY, HervéAncien clerc de notaire???1892DIDOUPart en retraite à 60 ans, en ayant vécu au phare avec sa femme et leurs 7 enfants18951912KERROS, Yves et AngélinaYves KERROS part en 1902 à l'Île-Vierge, laissant sa femme seule gardienne de l'Île-Wrac'h19121918 RIOU??????KERMAÏDIC, Joseph et MarianneMarianne KERMAÏDIC s'occupe du phare tandis que son époux s'occupe davantage de la pêche19401944LEON, François et MarieMarie LEON s'occupera seule du phare à partir de 1942 suite à la déportation de son mari ; elle gardienne le phare de Lanvaon de 1944 à 196019441949Pas de gardienLe phare a été dynamité en 1944 et n'est rallumé qu'en 194919491964BELLEC, François et Philomène19641973ROUDAUT, François et LisonLe phare est électrifié en 197019731993MERDY, Yves et MarieDerniers gardiens, le phare étant automatisé en 1993
Le phare aujourd'hui Après le départ des derniers gardiens, le phare (à l'exception du feu) est laissé à l'abandon. La mairie de Plouguerneau souhaite l'intégrer dans son patrimoine dès 1995, mais s'oppose au refus de l'administration des Phares et Balises.
À partir de 2002, l'association « Îles et Phares du Pays des Abers » (IPPA) obtient une AOT (autorisation d'occupation temporaire) concédée par l'administration des Phares et Balises. Elle rénove et entretient alors le phare, jusqu'à ouvrir les locaux et les jardins des gardiens à partir de 2006. Aujourd'hui, elle y organise des manifestations culturelles : soirées « contes », expositions de peinture, de photographies, de sculptures durant l'été ; ainsi que des résidences d'artistes pendant le printemps et l'automne.
Galerie
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi Liens internes Liste des phares de France Localiser sur la carte des phares du Finistère
Liens externes Site de l'IPPA Île Wrac'h Les Archives nationales conservent sous la cote CP/F/14/17513/50 sept plans du phare de l'île Wrac'h établis de 1843 à 1846.
Catégorie:Phare dans le Finistère Catégorie:Phare du XIXe siècle en Bretagne Catégorie:Maison-phare