Marguerite Durand, née le à et morte le à , est une journaliste, actrice, femme politique et féministe française, fondatrice du journal La Fronde.

Biographie Fille d'Anna-Alexandrine Caroline Durand et de père non dénommé., Marguerite Durand naît au 26 rue du Colisée à . Elle est élevée au couvent des Dames Trinitaires, rue Henner, dans le .

En 1879, elle entre au Conservatoire, où elle obtient un premier prix de comédie en 1880. Le , elle entre à la Comédie-Française où elle se spécialise dans des rôles d'ingénue et de jeune première..

En 1888, elle quitte la scène et épouse Georges Laguerre, avocatGeorges Laguerre, inscrit au barreau de Paris depuis 1879, est l'avocat de prévenus socialistes, anarchistes, ouvriers, y compris Louise Michel en 1883. et député boulangisteGeorges Laguerre est élu du Vaucluse, rattaché au groupe de la Gauche radicale. Élu la première fois en 1883, il est le cadet des députés.. À ses côtés, elle fréquente les milieux politiques et journalistiques de l'époque et s'initie au journalisme en publiant ses premiers articles dans La Presse, journal de propagande boulangiste que dirige son mari. Le journalisme devient la nouvelle passion de Marguerite.

Après le suicide du général Boulanger le , elle se détourne du boulangisme, se sépare de son mari, dont elle divorcera le , et entre au Figaro où elle crée la rubrique « Courrier »..

Elle a un fils, Jacques, né le , avec l'un des directeurs du Figaro, Antonin Périvier., qui tente de lui enlever l'enfant à peine né, au motif qu'elle ne l'aurait pas reconnu légalement, la forçant à faire appel à l'aide juridique de Georges Clemenceau pour le récupérer..

En 1897, elle crée le journal La Fronde, premier organe de presse français entièrement dirigé par des femmes.

Marguerite Durand a aussi cofondé le cimetière animalier d'Asnières en 1899 avec Georges Harmois.

En 1908, elle cofonde avec Jacques Stern Les Nouvelles, quotidien du soir, qui disparaît en Les Nouvelles, notice sur la base des Bibliothèques spécialisées de Paris..

Elle meurt à l'âge de 72 ans et est inhumée à Paris au cimetière des Batignolles ().

Marguerite Durand a défendu, à l'instar de Louise Bodin, la pacifiste et féministe Hélène Brion lors de son procès pour « propos défaitistes » en .

Carrière au théâtre 1882, 1883 et 1885 : Le Mariage de Figaro de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais, Comédie-Française Fanchette. : Britannicus de Jean Racine, Comédie-Française : Junie. 1885 et 1886 : Phèdre de Jean Racine, Comédie-Française : Ismène. : La Coupe enchantée de Jean de La Fontaine et Champmeslé, Comédie-Française : Lélie. 1886 : Les Corbeaux de Henry Becque, Comédie-Française : Geneviève. 1887 : Le Mariage de Figaro de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais : Chérubin.

Engagement féministe L'événement fondateur En , Le Figaro l’envoie couvrir le Congrès féministe international qui se tient à l’hôtel des Sociétés savantes à Paris. Elle refuse d'écrire l'article demandé sur le congrès, comme elle le raconte à Thilda Harlor en 1935 : . Ce congrès va bouleverser sa vie car elle décide dorénavant de se consacrer à la défense des droits des femmes..

Son journal La Fronde Elle quitte Le Figaro et, l'année suivante, fonde La Fronde, au 14, rue Saint-Georges à Paris ; le premier numéro paraît le .. De la direction à la rédaction en incluant la typographie, c'est un journal exclusivement élaboré par des femmes.. Les articles parlent, non seulement des femmes, mais encore de tout sujet lié à l'actualité : politique, littérature, sport, finance, et très largement de l'affaire Dreyfus, Marguerite Durand et ses collaboratrices s'étant fermement engagées dans le camp dreyfusardSur son engagement dans l'affaire Dreyfus, voir sa notice du Dictionnaire biographique et géographique de l'affaire Dreyfus {https://dicoaffairedreyfus.com/index.php/2020/03/09/marguerite-durand/}.. Pour couvrir certains événements, les journalistes doivent d'ailleurs parfois obtenir des autorisations spéciales ; en effet, certains lieux tels que l'Assemblée nationale. ou la Bourse de Paris sont à cette époque interdits aux femmes.

Ce journal, surnommé « Le Temps en jupon » et qui, selon les mots de Durand, était , favorisait les méthodes du reportage (observation et témoignage directs de l’événement). Ce fut un quotidien jusqu'en 1903, puis un mensuel jusqu'en 1905. De nombreuses plumes y ont collaboré telles que Séverine, Daniel Lesueur, Pauline Kergomard, Marcelle Tinayre, Lucie Delarue-Mardrus, Clémence Royer, Jeanne Chauvin, Dorothea Klumpke

Outre La Fronde, Marguerite Durand participe à la création en 1903 d'un quotidien anticlérical et socialiste, L'Action, avec Henry Bérenger, journaliste à La Dépêche de Toulouse et Victor Charbonnel, prêtre défroqué, directeur de l'hebdomadaire anticlérical La Raison. Cette expérience ne dure pas au-delà de 1905, car Marguerite Durand ne peut s'entendre avec les autres dirigeants. La Fronde en a été le supplément mensuel d' à .

Elle profite de l'année 1904, année du centenaire du Code civil, pour dénoncer l'œuvre napoléonienne. Le numéro de La Fronde du rapporte ainsi ses propos :

Autres initiatives En 1907, elle organise un congrès du travail féminin et tente de fonder l'Office du travail fémininLe congrès du travail féminin dont le but est de ._ avec l'aide de son ami René Viviani, devenu ministre du Travail dans le gouvernement Clemenceau en . Mais, faute de crédits suffisants, et par la farouche opposition du syndicat CGT, cet office ne pourra remplir son rôle..

En 1909, elle participe à la création d'un nouveau journal, Les Nouvelles. Elle s'investit surtout dans la campagne pour le vote des femmes et défend le droit d'élire et d'être élues. Elle lance l'idée d'organiser des candidatures féminines aux élections législatives du et se présente dans le de Paris, mais sa candidature est rejetée par le préfet de la Seine..

En 1914, La Fronde reparaît pour quelques numéros, entre le et le . Même si elle considère que féminisme et pacifisme sont étroitement liés, Marguerite Durand incite les femmes à participer à l'effort de guerreÉvelyne Morin-Rotureau, Combats de femmes 1914-1918, 2004, ., exprimant son espoir que les responsabilités assumées par les femmes en l'absence des hommes appelés au front, leur permettront de bénéficier de droits nouveaux. Sa déception est au rendez-vous de l'armistice. Déception aussi concernant la reconnaissance du droit pour les femmes de choisir librement le temps de leur maternité : avortement et propagande anticonceptionnelle sont interdits par la loi du .. Elle souhaite aussi, en vain, la création d'un service militaire auxiliaire pour les femmes

En 1922, elle organise une exposition sur les femmes de renom du afin de financer la création d'un club pour les femmes journalistes, qui sont à l'époque exclues de la Maison des journalistes. À la mort de Séverine, elle rachète sa maison de Pierrefonds pour en faire une résidence d'été pour les femmes journalistes.

De à , elle tente de relancer La Fronde qui n'est plus le projet exclusif des femmes (la rédaction est mixte), mais le porte-voix du Parti républicain-socialiste auquel elle a adhéré. Elle retente une entrée en politique en se présentant aux élections municipales de 1927. avec le Parti républicain-socialiste..

Un centre de documentation pour l'histoire des femmes En 1931, elle lègue à la ville de Paris toute la documentation qu’elle possède sur l'histoire des femmes, créant ainsi le premier Office de documentation féministe français, qu'elle dirige bénévolement jusqu'à sa mort en 1936. Installée dans un premier temps dans la mairie du , la bibliothèque Marguerite-Durand (BMD) est depuis 1989 située 79, rue Nationale dans le . La BMD conserve notamment un buste de Marguerite Durand, réalisé par Léopold Bernstamm en 1897Annie Metz, « Actualités de la bibliothèque Marguerite-Durand », Archives du féminisme, bulletin , 2020, ..

Voir aussi Bibliographie Annie Dizier-Metz, La bibliothèque Marguerite Durand : histoire d'une femme, mémoire des femmes, Agence culturelle de Paris, 1992. Jean Rabaut, Marguerite Durand (1864-1936), La Fronde féministe ou Le Temps en jupons, L'Harmattan, 1996. . Élisabeth Coquart, La frondeuse : Marguerite Durand, patronne de presse et féministe, Payot, 2010. . Sabine Bosio-Valici, Michelle Zancarini-Fournel, Marguerite Durand, la Fronde in Femmes et fières de l'être : un siècle d'émancipation féminin, 20/21, collection animée par Olivier Wieviorka, Larousse, 2001, , . Yannick Ripa (dir.), « Marguerite Durand, la mémoire des femmes », Femmes d’exception. Les raisons de l’oubli, Le Cavalier bleu, 2018, . Lucie Barette, Marguerite Durand, lutter par la presse, éd. Les Pérégrines, 2025..

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Articles connexes

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Notes et références Notes

Références

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