La pyramide de est située au nord-ouest de la pyramide du roi , dont elle fut l'une des épouses. Elle fait partie intégrante de la nécropole bâtie à l'époque de autour de son complexe pyramidal à Saqqarah sud. Elle a été découverte en deux saisons de fouilles en 1931 et 1932 par Gustave Jéquier qui fouilla la nécropole de la pyramide de dans les années 1920 et 1930 et a fait à nouveau l'objet d'une étude par la Mission archéologique française de Saqqâra en 2012.

Complexe funéraire vignette|gauche|Plan du complexe pyramidal de La pyramide occupait le centre d'un petit complexe funéraire dédié à la reine, orienté vers la pyramide du roi à l'angle nord-ouest de son complexe pyramidal.

Mur d'enceinte

L'enceinte de la pyramide de Neith forme un rectangle de et est séparée du mur d'enceinte du complexe pyramide de par un passage de de large. Une sorte de trottoir en briques de , contemporain de la construction, est présent sur une partie du passage, côté mur d'enceinte de . Le mur d'enceinte de Neith, typique de son époque, est formé par deux parois verticales de gros blocs de calcaire blanc soigneusement assemblés et parés à l'extérieur mais sans liaison entre elles, l'intervalle les séparant étant rempli de pierrailles. Une à deux assises sont encore en place sur une partie du pourtour et ne présentent aucune décoration ni présence de redans. La hauteur du mur devait être supérieure à quatre mètres selon Gustave Jéquier.

Entrée

La seule porte donnant accès dans l'enceinte se trouve près de l'angle sud-est, face au mur d'enceinte de ; large de quatre-vingts centimètres, il n'en reste plus en place aujourd'hui que le seuil de calcaire et la partie inférieure d'un montant en poudingue rouge. De gros éclats de granit découverts à côté pourrait être les restes du linteau de cette porte. Ele est orné à l'extérieur d'une figure de la reine debout dont on distingue encore les pieds. Les restes du décor permet de supposer que la porte devait être décorée comme celle de la reine . La porte était précédée par deux petits obélisques de de haut, au parois verticales et au sommet tronqué, ornés sur l'un des côtés par une figure de la reine surmontée par deux lignes d'inscriptions mentionnant ses titres ; si l'inscription de celui de droite est encore entière et montre que était la fille de et l'épouse de , celle de gauche est incomplète car seule la partie supérieure de l'obélisque a été retrouvée, mentionnant le nom de . L'interprétation de la présence du nom de sur cet obélisque a fait l'objet de débat : Jéquier et Callender considèrent que était l'épouse de , Callender indiquant d'ailleurs que le titre de « iryt-pât » précède systématiquement le nom d'une épouse ; Michel Baud et Gourdon réfute quant à eux cette union, indiquant que le texte n'a pas obligatoirement contenu un titre de parenté, Baud ajoutant d'ailleurs que le haut du hiéroglyphe restant, celui du hibou, ne peut introduire un titre d'épouse du roi.

Plusieurs fragments d'un décret royal ont été trouvés à proximité de la porte, et il est fort probable que cette inscription ornait une partie du mur d'enceinte tout près de l'entrée, de manière à être vue par tous ceux qui pénétraient dans le monument. Cet acte officiel, disposé comme les décrets du meme genre trouvés à Coptos et à Dahchour, est daté de l'année du couronnement d'un roi dont la titulature a été partiellement effacée : s'il n'y a pas de certitude sur le roi commanditaire, il est en général supposé qu'il s'agit de , seul fils de à être monté sur le trône. Le décret porte sur le sacerdoce de deux « mères du roi » nommée Neith et Ânkhésenméryrê l'Aînée. Si la première est incontestablement l'épouse du roi et la mère de , la seconde fait l'objet de débats entre les deux « mères du roi » connues nommées Ânkhésenméryrê : si le découvreur Gustave Jéquier, mais aussi Vivienne Gae Callender, optent pour la reine , Yannis Gourdon opte plutôt pour la reine car il considère qu'il est plus probable que le décret concerne la mère de (et donc grand-mère paternelle de ) plutôt que sa grand-mère (et donc arrière-grand-mère de par son père).

Salle des lions vignette|Vue sur la pyramide de du sud-est Le passage qui mène directement de la porte d'entrée à la cour, traverse en la longeant sur un de ses petits côtés une salle dont le plan et la décoration montrent qu'il ne s'agit pas simplement d'une loge de portier, mais d'une pièce ayant déjà un caractère plus ou moins religieux. Les parois, conservées en partie sur une hauteur de trois assises, sont ornées d'un décor très original, exécuté avec soin en bas-relief rehaussé de couleurs vives.

La paroi nord donne le bas de la scène sur presque toute sa longueur : « au dessus du soubassement noir, terminé comme d'habitude par une bande jaune et une bande rouge, sont représentés trois longs stylobates rectangulaires encadrés de la bordure classique à petits carreaux rouges, bleus, jaunes et verts, et ornés de quatre lions alternativement acculés et affrontés, les deux du milieu étant, sur le premier socle, séparés par le signe [Sémataouy] indiquant que l'objet représenté appartient à une personnalité royale. En avant de chaque stylobate, un triangle également serti de la bordure à carreaux figure le plan incliné ou escalier par où l'on montait sur le massif décoré de lions. Devant chaque socle, un groupe de femmes faisant un geste d'hommage, une main sur la poitrine, ou d'hommes s'inclinant bien bas, assistent à la scène aujourd'hui perdue qui se passe sur le piédestal ». La paroi sud est presque semblable mais tournée en sens inverse : « le premier stylobate, à gauche, est orné au centre du [signe Sémataouy], flanqué des deux paires de lions acculés croisant leurs queues, mais il n'a pas de plan inciné ; il est suivi immédiatement par un piédestal identique comme décor, pourvu lui d'un plan incliné devant lequel se tiennent trois femmes faisant le geste d'hommage. L'espace qui reste entre ce groupe et l'angle de la chambre convient exactement à un troisième stylobate, précédé de deux ou trois adorants, aujourd'hui disparu ». « D'autres fragments qui représentent des socles plus petits, décorés seulement de deux lions encadrant un [signe Sémataouy] et dont les plans inclinés sont affrontés » devaient former le décor de la paroi ouest, c'est-à-dire la paroi prolongeant les longues parois nord et sud. Quant à la paroi est, c'est-à-dire la paroi se trouvant immédiatement sur la droite quand on vient de passer la porte d'entrée, il ne reste presque rien : seul « un petit fragment donnant, des deux côtés d'une ligne de séparation, les angles de deux stylobates ornés de lions semblables aux autres » a été découvert. « Les lions figurés sur les stylobates sont des lions apprivoisés, ornés pour la circonstance de rubans de couleur qui se croisent sur les flancs, ceignent deux fois le corps à la naissance des pattes et se nouent sur la croupe ; de grandes rosaces aux quatre couleurs sont posées sur leur poitrail, sans indication du moyen de fixation. La crinière est faite de longues mèches parallèles bleues, vertes, jaunes et rouges, le reste du corps est jaune. L'allure des fauves est majestueuse et paisible comme il convient aux gardiens du trône royal, ici figuré par le Sémataouy ».

Chacun des stylobates de lions supporte deux femmes debout, dont l'une est la reine , l'autre une déesse à laquelle elle présente un objet quelconque, comme l'attestent les restes sur les parois sud et ouest des plantes de deux paires de pieds se faisant face l'une l'autre. Devant les stylobates se trouvent des hommes et des femmes faisant partie du personnel de la reine dont les noms ont tous été plus ou moins mutilés par les cassures de la pierre.

Quel que soit le role de cette chambre dans les cérémonies funéraires, il est cependant certain que le gardien du monument devait s'y tenir pendant les heures de fermeture, puisque la commande des verrous de la porte de la cour aussi bien que de la porte extérieure se trouve dans cette pièce.

Lors de la fouille de cette pièce, des éléments de décor provenant d'autres pièces ont été découverts : des défilés de porteurs d'offrandes provenant probablement de la salle des offrandes ainsi qu'un gros fragment figurant la reine, avec en face d'elle un cartouche partiellement effacé. Si ce cartouche a été attribué au fils aîné et successeur de , Nemtyemsaf, dont le nom de Nesout-bity, Mérenrê, n'est attesté que sur la table d'Abydos (Silke Roth reconstruit ainsi ce nom Ânkhkarê), d'autres, dont Percy Newberry et Callender attribuent ce cartouche à Menkarê, deuxième successeur de Nemtyemsaf selon la table d'Abydos.

Cour vignette|Décorations de la cour de La cour cérémonielle, dont le dallage est encore bien conservé, forme la partie principale de la zone la moins intime du temple : elle était destinée à la présentation et la purification des offrandes. La cour est rectangulaire, à peu près deux fois plus longue que large, et garnie sur trois côtés d'un portique soutenu par neuf piliers à section carrée, taillés chacun dans un bloc de calcaire. Ces piliers sont ornés, sur les faces tournées vers l'intérieur de la cour, d'une figure de la reine debout, gravée en creux et d'un style très médiocre : le bas de l'une de ces images de la reine est encore visible sur une partie de pilier encore debout, plusieurs fragments permettant de la reconstituer. La décoration des murs, sous le portique, était du même genre que celle de la chambre voisine, mais sans les stylobates ornementés.

Près de la porte se trouvait une image de la reine grandeur nature dont il ne reste que les pieds ; cette figure devait être suivie de scènes où la souveraine était représentée faisant des offrandes à diverses déesses. Devant le premier pilier du côté nord, un bloc de granit de forme irrégulière fait une légère saillie à côté d'un petit bassin grossièrement taillé ; un peu plus loin se trouve une pierre jaune percée d un gros trou, encastrée entre deux dalles : ces éléments étaient probablement destinés à l'abattage des bœufs pour le sacrifice funéraire.

Au nord-ouest de la cour se trouve une ouverture menant à un long couloir orienté sud-nord ; à l'autre extrémité du couloir se trouve, à l'extrémité nord de la longue paroi ouest, l'entrée vers la partie intime du temple, qui se déploie à l'ouest du couloir. Sur la longue paroi est du couloir se trouvent les entrées d'une rangée de cinq magasins identiques, étroits et longs et disposés en dents de peigne. Ces magasins permettaient de stocker les denrées et divers produits acheminés quotidiennement au temple pour assurer le culte funéraire de la reine.

Partie intime du temple vignette|gauche|Salle des offrandes de Le couloir, après avoir longé les magasins, débouche dans un vestibule qui communique à l'ouest avec le préau de la pyramide et donne accès au sud à un autre couloir menant vers le sanctuaire et flanqué sur la droite d'une chambre sans issue. « Il ne reste de toute cette partie du monument que des traces sur le dallage, si vagues par endroits que le plan est loin d'être certain ». Suit alors la salle consacrée aux trois statues de la reine, logées chacune dans un naos qui se fermait au moyen d'une porte en bois à deux battants, chaque naos étant situé dans une niche. La moitié de la surface de cette pièce est occupée par un soubassement en maçonnerie de cinquante centimètre de hauteur, qui s'appuie au fond contre le mur ouest et qui supportait autrefois les trois niches profondes séparées par des murs de même épaisseur que les autres (). Derrière les niches des statues, dans l'épaisseur du mur, se trouve une chambrette qui se prolonge au nord derrière la chambre voisine ; les parois sont formés de moellons simplement dégrossis ; Gustave Jéquier suppose qu'il s'agissait d'une salle de réserve pour des statues de la reine au cas où celles exposées dans les niches viendraient à disparaître.