La cathédrale Saint-Pierre de Saint-Flour est l'une des quatre cathédrales d'Auvergne. Elle est située au cœur de la ville de Saint-Flour (Cantal), sur la place d'Armes bordée d'arcades et vers laquelle convergent de nombreuses rues anciennes. De style gothique, elle fut achevée à la fin du , à l'emplacement d'une basilique romane, mais fut sévèrement endommagée sous la Révolution. Comme pour d'autres édifices religieux de la région, parmi lesquels la cathédrale de Clermont-Ferrand, le matériau utilisé est la pierre volcanique qui lui confère une couleur sombre caractéristique.
Depuis le le siège épiscopal est tenu par Didier Noblot.
Histoire Un premier sanctuaire est construit pour abriter les restes de Florus, évêque à l'historicité douteuse et premier apôtre légendaire de la haute-Auvergne.. Cette est attestée par une bulle du pape à la fin du ..
Au , Odilon de Mercœur, abbé de Cluny fonde le prieuré de Saint-Flour et, vers 1025, construit sur le roc une basilique romane que le pape consacre en 1095 sous le triple nom de Saint-Sauveur, Saint-Pierre et Saint-Flour.. Au , le pape démembre le diocèse de Clermont-Ferrand trop étendu : par sa bulle du , il érige la ville en , tandis que l'église devient cathédrale et le prieuré clunisien chapitre diocésain..
Après l'écroulement partiel du côté nord de l'édifice en 1396, l'évêque Hugues de Manhac confie deux ans plus tard sa reconstruction à Hugues Jolie, malgré une conjoncture difficile (guerre de Cent Ans, peste). Une nouvelle cathédrale, de style gothique flamboyant, dotée de trois nefs et de quatre tours (deux sur la façade occidentale, une sur chaque façade latérale), est consacrée par l'évêque Antoine de Montgon en 1466. Le pape sécularise le monastère en 1476, ce qui contribue à la prospérité et à l'agrandissement de Saint-Flour.
Pendant la Révolution en 1793, l'édifice est saccagé et transformé en temple du culte de l'Être suprême. La cathédrale est rendue au culte en 1802. Entre 1846 et 1856, d'importants travaux de restauration sont entrepris sous l'impulsion de Frédéric de Marguerye, évêque de Saint-Flour et de Pierre Dessauret, directeur de l'administration des cultes. Les deux tours latérales sont démolies entre 1862 et 1866.
La cathédrale est classée monument historique le .
En 1966, les cérémonies du cinquième centenaire de la cathédrale réunissent notamment Maurice Pourchet, le nonce apostolique en France, Georges Pompidou, alors Premier ministre, et Marius Maziers, évêque de Bordeaux.
En 2010, Bruno Grua, évêque émérite de Saint-Flour, fait appel à Goudji, sculpteur et orfèvre français, pour créer le nouveau mobilier liturgique : le maître-autel, l'ambon, la cathèdre, les sièges des concélébrants, la croix processionnelle, les chandeliers d'autel, l'encensoir et la navette.
Le , les pompiers de Saint-Flour se sont entraînés pour protéger la cathédrale en cas d'incendie.
L'extérieur Malgré ses deux tours massives et sa façade ouest imposante, l'édifice n'est pas grand : longueur totale : ; largeur totale : ; longueur du vaisseau principal : ; hauteur de la nef centrale : ; hauteur des tours : 35 m .
À l'instar des cathédrales de Blois et de Bourges, cet édifice ne possède pas de transept.
Le parvis se trouve à une altitude de , pour cette cathédrale la plus haute d’Europe.
La couleur de la pierre basaltique et le caractère massif des deux tours carrées percées de quelques fenêtres à meneaux donnent à la cathédrale une allure de château fort et à la façade symétrique une certaine austérité, en contraste avec les richesses de son patrimoine intérieur. thumb|redresse|left|La façade. Au milieu du , le docteur Paul Belouino la décrit sans concession :
Il justifie ainsi cette sobriété :
Sur le portail, une inscription fixe la date de la construction de la façade et probablement aussi de l'église entière :
Située sur les anciens remparts, la terrasse des Roches qui se trouve derrière le chevet de la cathédrale offre un large panorama sur la ville basse, l'Ander et les monts de la Margeride.
L'intérieur Les lignes verticales dominent dans cette construction dotée de cinq nefs étroites tendues vers la lumière. Le Christ noir À l'entrée du chœur, contre le pilier gauche, se dresse un grand Christ noir en bois de noyer peint, unique en Europe et qui date, d'après une étude menée en 2019, du .. On le désigne sous le nom de L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, , 2001, , mais l'origine de cette appellation reste incertaine. D'autres représentations idéalisées du Christ sont désignées ainsi, par exemple à la cathédrale Notre-Dame d'Amiens, à celle de Reims, ou encore à l'église Saint-Nicolas de Nonette. Quant à la couleur, on a pu y voir une analogie avec les Vierges noires du Moyen Âge occidental. Mais selon les résultats de l'étude précitée : Les chapelles Des vitraux du peintre-verrier clermontois Émile Thibaud ornent la chapelle Saint-Pierre et la chapelle Saint-Jean-Baptiste. Dans cette dernière, l'autel est surmonté d'une pietà en calcaire polychrome du . La chapelle du Tombeau abrite une châsse en bronze doré, due à l'orfèvre parisien Poussielgue, qui contient les reliques de saint Flour (1897), mais également un Christ au tombeau (1842) de Fauginet, Saint Vincent de Paul instruisant les filles de la Charité, un tableau du , ainsi qu'une statue en marbre d'Alexandre Oliva représentant Pierre-Antoine-Marie Lamouroux de Pompignac, évêque de Saint-Flour de 1857 à 1877. Le chœur thumb|200px|Chœur et maître-autel. On y remarque en particulier un maître-autel en marbre polychrome, surmonté d'un ciborium en bois doré, ainsi qu'un lutrin, tous deux du . C'est l'ancienne crédence, soutenue par des consoles à tête d'homme et d'aigle, qui fait office d'autel face aux fidèles. Les stalles du chapitre, remises en place en 1852, se trouvent dans l'arrière-chœur, surplombées par les vitraux (1851) d'Étienne Thevenot qui représentent les deux fondateurs de la ville, saint Flour et saint Odilon.
La chaire C'est un ébéniste local, Jean Peuch, qui l'a sculptée en 1868. Les fresques À proximité de l'entrée, sous la tribune d'orgues, une peinture murale datant du n'a pourtant été découverte qu'en 1851, car elle était recouverte d'un badigeon. La fresque représente le purgatoire à gauche et l'enfer à droite. Dans la tour nord, se trouve une peinture murale décrivant une joute chevaleresque.
Le grand orgue vignette|200px|Le grand orgue. vignette|200px L'orgue est l'œuvre du facteur anglais John Abbey, tandis que le buffet a été sculpté par Gabriel Ventadour. L'ensemble a été mis en place en 1843. Il fut restauré dernièrement en 2008. L'instrument possède , les transmissions sont mécaniques. Le nombre de tuyaux est inconnu.
Composition Positif Bourdon 8' Flûte à cheminée 4' Principal 8' Prestant 4' Doublette 2' Nasard 2' 2/3 Tierce 1 3/5 Sifflet 1' Cymbale III Cromorne 8' Grand-Orgue Bourdon 16' Montre 8' Bourdon 8' Salicional 8' Prestant 4' Doublette 2 Quarte 2' Fourniture V Cymbale IV Cornet V Trompette 8' Clairon 4' Récit Flûte à cheminée 8' Flûte 4' Doublette 2' Cornet III Cymbale III Voix Humaine 16' Hautbois 8' Pédale Flûte 16' Flûte 8' Flûte 4' Basson 16' Trompette 8' Clairon 4'
Les cloches La cathédrale de Saint-Flour possède quatre cloches de volée. Elles sont installées dans la tour nord dans un beffroi en bois.
Lieu de culte catholique
Liste des responsables successifs Saint-Pierre de Saint-Flour dépend et est située sur le territoire de la paroisse Saint-Flour-en-Planèze, contrairement à la majorité des cathédrales de France qui dépendent directement de l'évêché ou archevêché d'implantation.
Son responsable n'a plus le titre de « curé de la paroisse » depuis 2017 à la suite d'un décret de Bruno Grua sur les prêtres au canon 517§1.
Il est donc prêtre du doyenné de Saint-Flour, plus spécialement chargé de la paroisse Saint-Flour-en-Planèze", également de « recteur-archiprêtre de la cathédrale Saint-Pierre ». Cette charge est, actuellement, exercée par l'abbé Emmanuel Laporte.
Depuis 1900, neuf recteurs archiprêtres se sont succédé :
1900 - 1923 : chanoine Jean Pouderoux 1923 - 1935 : évêque Jacques Magne 1935 - 1941 : chanoine Jean-Baptiste Roland 1941 - 1959 : chanoine Paul Chassang 1956 - 1960 : évêque Joseph Rolland 1961 - 1975 : chanoine Théodore Bressange 1975 - 2000 : chanoine Marcel Rieutord 2000 - 2011 : chanoine Henri Bousquet 2011 - 2022 : chanoine Philippe Boyer Depuis 2022 : abbé Emmanuel Laporte
Chapitre de la Cathédrale vignette|183x183px|Blason du chapitre de la cathédrale de Saint-Flour.
Doyen & Recteur : chanoine Philippe Boyer. Secrétaire du Chapitre : chanoine Philippe Dupuy. Chanoine pénitencier : chanoine Philippe Dupuy. Chanoines titulaires : chanoines Henri Bousquet, Jean Chabaud, Bernard Faintrenie, Marcel Rieutord et Michel Malvezin.
Offices religieux La messe est célébrée le dimanche à et en semaine habituellement à , dans l'arrière-chœur.
En ajoutant les fêtes et services religieux exceptionnels, ce sont plus de par an qui ont lieu sous les voûtes de la cathédrale.
Tourisme Saint-Pierre est, avec environ et visiteurs par an, dont entrant dans la cathédrale, records atteints en 2020, le monument le plus visité de Saint-Flour (devant le musée d'Art et d'Histoire Alfred-Douët et le musée de la Haute-Auvergne). Soit une moyenne de plus de par jour.
Distinction La cathédrale Saint-Pierre de Saint-Flour est inscrite au Guide vert de Michelin depuis 2015 et obtient une étoile en 2017 avec la mention .
Propriété et gestion Jusqu'à la Révolution, la cathédrale est la propriété de l'évêché de Saint-Flour. Elle est mise par un décret du . Depuis, l'État est propriétaire de la cathédrale.
L'État accorde un budget par an à l'entretien et la restauration de la cathédrale, tandis que l'Église prend en charge le fonctionnement courant.
Agriculture locale En , des ruches d’abeilles sont installées sur le toit de la cathédrale. Le miel récolté et vendu finance la restauration d'œuvres d'art de la cathédrale.
En , un projet visant à accrocher des jambons d’Auvergne dans la tour nord pour leur affinage voit le jour, avec pour objectif le financement de la rénovation de l'orgue par la commercialisation de ces jambons représentatifs de la gastronomie locale. Cependant, dès , la direction régionale des Affaires culturelles s'oppose au projet, invoquant la détérioration des planchers par des coulures de gras, ainsi qu’un risque de sécurité d’accès au lieu pour les visiteurs. Les architectes des bâtiments de France, d'abord favorables au projet, s'y opposent finalement aussi. La ministre française de la Culture Rachida Dati mandate alors le préfet du Cantal pour trouver des solutions . Le , la ministre autorise la poursuite de l’expérimentation, dans le respect du lieu.
Accès Le site est desservi gratuitement par la ligne 2 (rouge) du Floribus à la place d'Armes - Cathédrale.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes
Bibliographie
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Liens externes
. . . . Saint-Flour, Georges Goyau, Georges, Catholic Encyclopedia, Vol. 13, New York, Robert Appleton Company, 1912, New Advent . . .
Saint-Flour Saint-Flour Saint-Flour Saint-Flour Saint-Pierre Catégorie:Monument historique à Saint-Flour (Cantal) Catégorie:Monument historique classé en 1906