Delémont (en franc-comtois : D'lémont) ; en allemand : ) est une commune suisse et le chef-lieu de la République et Canton du Jura.

Située dans le district homonyme, au confluent de la Birse et de la Sorne, elle constitue le principal centre administratif, politique et économique du canton.

La commune compte au , ce qui en fait la ville la plus peuplée du Jura. Elle s’inscrit dans un espace urbain à dominante francophone et joue un rôle structurant dans l’organisation territoriale de la Suisse du Nord-Ouest.

Mentionnée dès le , Delémont se développe au Moyen Âge sous l’autorité des princes-évêques de Bâle, dont elle constitue l’un des centres administratifs. La ville est ensuite intégrée à la France entre 1793 et 1815, avant d’être rattachée au canton de Berne à la suite du Congrès de Vienne. Elle devient en 1979 la capitale de la République et Canton du Jura nouvellement créée, à l’issue du processus politique lié à la Question jurassienne.

Le tissu urbain de Delémont se caractérise par la coexistence d’un centre historique bien conservé, comprenant notamment des éléments d’architecture médiévale et baroque, et d’extensions contemporaines développées à partir du . La ville bénéficie d’une situation géographique stratégique à proximité des axes de communication reliant Bâle, le Plateau suisse et la France, renforçant son attractivité résidentielle et économique.

Delémont constitue un rôle central à l'échelle cantonale, tant dans les domaines institutionnels que culturels et des services. Elle abrite notamment le siège du Parlement et du Gouvernement. La ville s’inscrit par ailleurs dans un environnement naturel caractérisé par les reliefs du massif du Jura.

Géographie Situation La commune de Delémont s'étend sur . Lors du relevé de , les surfaces d'habitations et d'infrastructures représentaient de sa superficie, les surfaces agricoles , les surfaces boisées et les surfaces improductives . Delémont se situe à de Bâle et à de Bienne.

Communes limitrophes

Climat Selon la classification de Köppen, le climat de Delémont est un climat océanique (Cfb).

Transports La gare de Delémont, exploitée par les Chemins de fer fédéraux suisses, est implantée sur la ligne ferroviaire reliant Bienne à Bâle.

Le réseau de transports publics routiers de la ville, intégré au réseau de transports publics jurassiens et exploité par CarPostal depuis 2021 sous la marque MOBIJU, complète la desserte ferroviaire.

Sur le plan routier, Delémont est reliée au réseau autoroutier par l’autoroute A16, dite Transjurane, qui traverse le canton du Jura et facilite les liaisons vers Bienne ainsi que vers la frontière française.

La ville dispose par ailleurs d'un réseau de bornes de recharge publiques, nommé Smotion et exploité par les Services industriels de Delémont.

Toponymie Le toponyme se compose vraisemblablement du nom de personne germanique « Tallo, Tello » et du substantif gallo-roman « mont ». Son nom est en allemand.

La localité serait citée pour la première fois (in figo Delomonte) dans un acte de 736 ; on trouve Laimunt en 1181 et Deleymunt en 1225 ; le nom allemand - Telsperg - apparaît dès le , comme patronyme de la famille noble qui tiendra le château du Vorbourg au nord-est de la villeSite de la ville de Delémont, historique de François Kohler..

Histoire vignette|Photo aérienne par Walter Mittelholzer (1919) Dans la région de Delémont, les premières traces de peuplement remontent à l'âge du bronze (Roc de Courroux). La région a été peuplée durant la période gallo-romaine (trace d'un habitat gallo-romain important à la Communance). Dès les des forgerons auraient travaillé le minerai de fer dans la vallée de Delémont, comme l'attestent les bas fourneaux de Boécourt.

Le noyau urbain primitif, situé dans la partie sud de la vieille ville actuelle, s'est implanté, probablement vers 1200, sur un contrefort, proche du confluent de la Sorne et de la Birse et d'un croisement de routes.

En 1289, la charte de franchises octroyée par l'évêque de Bâle Pierre Reich de Reichenstein fonde l'autonomie communale et définit le cadre urbain et politique pour plusieurs siècles. En 1815, lors du Congrès de Vienne, une grande partie de l'ancien évêché de Bâle est octroyée au canton de Berne. C'est ainsi que Delémont devint suisse.

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.

En 1875, la construction de la gare donne une impulsion décisive au développement économique et démographique de la cité, qui déborde de l'enceinte médiévale et devient la plus grande ville du Jura. Le vote d'autodétermination du peuple jurassien en 1974 crée la République et Canton du Jura, dont Delémont devient le chef-lieu dès le .

Politique Les autorités municipales sont constituées de deux pouvoirs : le législatif et l’exécutif.

Le législatif, nommé Conseil de Ville, se compose de élus tous les quatre ans selon le système proportionnel. Le Conseil de ville exerce la surveillance de l'ensemble de l'administration communale et prend les mesures nécessaires à cet effet.

Le législatif a été créé en 1972 en remplacement de l'assemblée communale de moins en moins fréquentée. Le législatif comptait , jusqu'à l'élection de où le législatif a été réduit à .

L'exécutif, appelé Conseil communal, est composé de quatre conseillers et du Maire, qui en est le président. Le vice-maire (adjoint) est élu par le Conseil communal pour une durée d'une année, par rotation. Les membres du Conseil communal et le Maire sont élus pour quatre ans selon le système majoritaire à deux tours pour le maire et selon le système proportionnel pour les conseillers communaux. La fonction de maire représente un taux d'occupation évalué à quatre-vingts pour-cent, celle de conseiller à quarante pour-cent. L'exécutif exerce dans l'administration tous les pouvoirs qui ne sont pas attribués à un autre organe par des prescriptions de droit fédéral, cantonal ou communal. Il représente la Commune municipale envers les tiers.

Maires successifs depuis 1815

Présidents successifs du Conseil de Ville (législatif) depuis sa création en 1973

Population et société Gentilé et surnom Les habitants de la localité se nomment les Delémontains.

Ils sont surnommés les Trissous, soit les sales gamins en patois vâdais.

Démographie Évolution de la population

Pyramide des âges

Éducation

Enseignement obligatoire Écoles primaires et enfantines. Collège (École secondaire).

Enseignement supérieur et recherche École supérieure d'informatique de gestion (ESIG). Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO) qui dispose de plusieurs sites à Delémont, parmi lesquels la Haute école de santé Arc partagé avec Neuchâtel et la Haute école d'économie Arc, offrant des cours décentralisés de l'école de Neuchâtel. Haute École Pédagogique "Berne-Jura-Neuchâtel" (HEP-BEJUNE), qui forme les étudiants aux métiers de l'enseignement primaire, secondaire et spécialisé. École de culture générale. École de commerce. École professionnelle artisanale.

Sport Football : SR Delémont

Fondations Fondation Anne et Robert Bloch

Médias Le Quotidien jurassien, quotidien d'information issu de la fusion entre Le Pays et Le Démocrate. Arc Hebdo, hebdomadaire gratuit. Canal Alpha, télévision régionale. RFJ (Radio Fréquence Jura), radio locale. GRRIF, radio dont les studios sont basés à Delémont Le Jura Libre, hebdomadaire. D'lem Info, gratuit édité six fois par an par la Municipalité. Dernier numéro paru en . Delémont.ch, journal officiel de la Ville de Delémont édité dix fois par an, en remplacement du D'lem Info. Dernier numéro paru en Horizon!, journal officiel de la Ville de Delémont édité quatre fois par an, dès , en remplacement du Delémont.ch. Le Journal de la Vieille Ville, édité quatre fois par an, est consacré à la vieille ville de Delémont et à ses commerçants.

Économie Parmi les plus connues, on note la présence de la société Wenger sur le territoire de la commune.

Tourisme Delémont fait partie du pays de la précision : Watch Valley est une nouvelle destination touristique qui utilise la thématique de l’horlogerie pour se différencier des autres régions suisses ; C'est une ville étape de la « Route de l'Horlogerie » qui de Genève, à travers le Jura suisse nous mène à Bâle ; C'est une étape du Grand Tour de Suisse sur l'itinéraire qui mène de Bâle à Neuchâtel à travers une portion du Jura suisse. En 2009, Delémont est désignée Ville du Goût.

Étapes delémontaines: Musée jurassien d'art et d'histoire Chapelle Notre-Dame du Vorbourg Château épiscopal (en vieille ville) Hôtel de Ville Fontaines monumentales Château de Domont Église de Montcroix Place de la Gare La Rotonde (ferroviaire)

Culture et patrimoine Patrimoine bâti Delémont compte un grand nombre de monuments intéressants. Le château. Imposante construction de style baroque au croisement des influences architecturales d'Allemagne du Sud et de France. Sur le site de l'ancien château épiscopal médiéval, le prince-évêque Jean-Conrad de Reinach-Hirzbach a fait élever en 1716-1721 une résidence d'été construite sous la direction de l'architecte Pierre Racine de Tramelan. Propriété communale depuis 1821, aujourd'hui école primaire. Rénové en 1937-1940, puis en 2000-2004 par les architectes Gerster, Kury et Stählin. Église Saint-Marcel. Ce lieu de culte a été collégiale du Chapitre de Moutier-Grandval de 1534 à 1792. Le bâtiment actuel est marqué par le style baroque tardif et début du néoclassique. Il a remplacé une église gothique médiévale et a été élevé en 1761-1767 selon les projets du géomètre français Pierre-François Pâris (père du célèbre Pierre-Adrien Pâris), plans retouchés par les architectes et entrepreneurs Gaetano Matteo Pisoni, Samuel Werenfels, Henri Schler et Louis Beuque. Restauration 1972-1975. Hôtel de ville (place de la Liberté), construit en 1742-1745 par l'architecte Johann Caspar Bagnato. Ajout d'un étage en 1868-1869. Porte de Porrentruy ou Porte de Monsieur le Prince, 1756-1759. Fontaine du Sauvage (1576) par le sculpteur Laurent Perroud, de Cressier. Le « Sauvage » tient les armoiries de la ville. Fontaine Saint-Maurice, dite aussi du Guerrier romain (1576-1577), par le sculpteur Hans Michel, de Bâle. Fontaine de la Vierge, dite aussi de Notre Dame (1576), fût et statue de la Vierge à l'Enfant par le sculpteur Hans Michel, de Bâle. Rue de la Préfecture 12 (1700), ancienne maison de la famille de Granvillers, fut propriété d'Albert Gobat, prix Nobel de la Paix en 1902. Hôtel du Parlement et du gouvernement (rue de l'Hôpital 2), ancienne châtellenie, préfecture, puis palais de justice. Bâtiment de style gothique tardif, transformé en 1717 pour abriter le châtelain. Puis modifié encore en 1831 et 1843-1846. Rénovation et adjonction de prisons au nord par Jeanne Bueche en 1969-1971. Tour des archives, ou de la Franche Courtine, vestige de l'ancienne enceinte urbaine, diverses phases de construction, remontant au . Porte au Loup (1775), par Henri Parrat, avec cadran solaire de 1776. Ancien couvent des Ursulines. Construit comme hôpital de la ville (1696-1700) par Jean-Jacques Cuenin et Nicolas Schelhorn, ce bâtiment abrite en fait le couvent des Ursulines jusqu'en 1786, puis devient une caserne française, puis collège et hôpital de district et home communal. Transformé en 1960-1962, puis 1972-1973.

Aux environs de la vieille ville Cimetière et chapelle Saint-Michel (1613-1614), par Gérie Monnin. Bâtiment de style gothique tardif, restauré en 1966-1967. École cantonale de culture générale, vers l'ancien couvent des Capucins (1629-1631). À l'est, bâtiment de style suisse, ou Heimatstil (1914-1915), par les architectes Frey et Saager. Synagogue (1911), par Arthur Roos, de Mulhouse.

Quartier de la gare Gare (1875), par l'architecte bernois Frédéric-Louis de Rutté. Rotonde pour locomotives, 1889, par Otto Frey (rénovée en 1997, aujourd'hui musée privé de locomotives).