Le de chasseurs parachutistes est une des unités françaises les plus décorées de la Seconde Guerre mondiale. Elle est la seule unité non maritime à avoir obtenu la fourragère rouge au cours de ce conflit avec six citations à l'ordre de l'arméeIn Chasseurs Parachutistes 1935-2005 page 295., le sous-marin Casabianca cumulant également six citations à l'ordre de l'armée et donc la même fourragère.

Connue dans l'armée britannique sous le nom de 4th SAS, cette unité fera l'objet du film Le Bataillon du ciel réalisé en 1947 par Alexander Esway d'après le livre éponyme de Joseph Kessel.

Création et différentes dénominations : création du d'infanterie de l'air : d’infanterie de l’air : renommé SAS ou de chasseurs parachutistes pour les Français : dissolution du régimentCes dates proviennent pour la plupart du livre de Pierre Dufour, Chasseurs Parachutistes 1935-2005 pages 16.

Historique des garnisons, campagnes et batailles

Garnisons successives

Seconde Guerre mondiale

Constitution de l'unité Le d'infanterie de l'air ( BIA) est constitué le au camp d'Old Dean à Camberley à partir de volontaires et des et d'infanterie de l'airLa CIA, créée par la capitaine Bergé, s'est notamment illustrée en Crète, Tunisie et Libye ce qui lui vaudra une citation à l'ordre de l'armée de l'air - In Chasseurs Parachutistes 1935-2005 page 31. dont la création remonte au In Chasseurs Parachutistes 1935-2005 pages 28 et 36..

Le bataillon, intégré aux forces aériennes françaises libres, est confié au commandant Fourcaud. Il compte alors 398 hommes répartis en quatre compagnies. Ses hommes sont tout d'abord brevetés parachutistes au Central Landing Etablishment (CLE) de Ringway.

L'unité est renommée d’infanterie de l’air le et passe aux ordres du commandant Bourgoin, un manchot amputé du bras droit en lors d'une mission reconnaissance en Tunisie. Le BIA est joint au BIA du commandant Chateau Jobert au sein d'une demi-brigade commandée par le lieutenant colonel Durand.

Il est à noter que de nombreux volontaires français suivront une formation parachutiste à l'école des troupes aéroportées de la Brigade indépendante de parachutistes polonais à Largo, en Écosse, où 244 brevets polonais seront délivrés http://www.commando-air.fr/87.html.

En , les BIA, qui ont rejoint en leurs homologues britanniques et belges au sein de la brigade SAS de l'Army air corps, prennent la dénomination de régiments : les et BIA deviennent respectivement les 3rd et 4th SAS Regiments pour les Britanniques et un peu plus tard, les et de chasseurs parachutistes de l'Armée de l'air. pour les Français.

Les opérations de Bretagne

thumb|right|200px|Insigne du du RCP Le soir du vers 22 h 30, heure anglaise (20 h 30 en Bretagne), quatre sticks SAS (36 hommes) respectivement aux ordres des capitaines Marienne, Deplante, Botella et Deschamps, embarquent dans deux quadrimoteurs Short Stirling de la RAF à destination de la Bretagne.

Les deux premières équipes sont parachutées, 2 heures plus tard, sur le secteur de Plumelec - Guéhenno, à du maquis de Saint-Marcel, Morbihan. Les deux autres en forêt de Duault dans les Côtes-d'Armor. Leur mission est d'établir des bases de sabotages dont les noms de code sont respectivement opération Dingson et opération Samwest.

Le stick du capitaine Marienne est repéré. Un important détachement géorgien l'encercle et au cours de l'accrochage qui s'ensuit le caporal Émile Bouétard est blessé puis achevé, Il est ainsi le premier mort de l'opération Overlord. Trois SAS sont faits prisonniers, les quatorze autres rejoignent le maquis de Saint-Marcel avec l'aide de la Résistance.

Pendant les mois de et , les parachutistes SAS seront intégrés comme formateurs à l'utilisation des armes parachutées dans les maquis présents en Bretagne. Les forces d'occupation leur font la chasse, comme aux résistants : ils torturent et exécutent tous ceux qui sont suspects.

Le , pour la première fois dans l'histoire militaire, le lieutenant de La Grandière (compagnon) parachute 4 Jeeps (un parachute à chaque roue) sur le terrain Dingson près de Saint-Marcel. Les 4 jeeps arrivent intactes, mais n'auront pas d'utilité opérationnelle.

Le au matin, le camp composé de et de 200 SAS est attaqué ; après des combats qui durèrent toute la journée, soutenus pendant une heure par l'aviation américaine, les Français réussiront à quitter Sérent et Saint-Marcel dans la nuit après avoir fait sauter leur dépôt de munitions.

Le à l'aube, un groupe de Feldgendarmes accompagnés de miliciens s'infiltre jusqu'au refuge du capitaine Marienne à Kerihuel, Plumelec où 18 hommes, parachutistes, maquisards et fermiers, sont fusillés.

Enfin, lorsque le , les blindés du général Patton atteignent Rennes. Le SAS (ou ) a perdu (tués, blessés, prisonniers), pendant deux mois de combat, 23 officiers et 195 hommes sur 50 officiers et 500 hommes (77 sont morts pour la libération de la Bretagne).

Les dernières opérations

Le combat SAS a parfois des conclusions imprévues. À Montceau-les-Mines, un groupe de parachutistes et une poignée de FFI, font croire à des forces ennemies très supérieures en nombre que l'effectif d'une division les encercle. Aussitôt, ils récupèrent 500 prisonniers, des chars et des canons. À la fin de la campagne, le RCP a perdu 80 des siens sur un effectif de 400 hommes. Il a à son actif ennemis mis hors de combat, prisonniers environ et 382 véhicules divers.

Le à Paris, les hommes du RCP ont reçu, des mains du général de Gaulle, la croix de la Libération. Le RCP, qui porte le béret amarante depuis septembre, défile avec l'insigne SAS cousu sur celui-ci pour la première fois.

À Noël 1944, les parachutistes SAS, opèrent dans les Ardennes belges, dans le cadre de la contre-offensive de l'opération Von Runstedt. Les hommes du SAS ( RCP) livrent la chasse aux commandos de Skorzeny. C'est dans cette opération que le capitaine Sasson Meyer, médecin du régiment, est mortellement touché par un tir ami d'une patrouille américaine.

Le , les deux RCP (770 hommes) sont parachutés aux Pays-Bas dans le cadre de l’opération Amherst.

L'après guerre vignette|Le général britannique Mike Calvert, commandant des SAS, passe en revue pour la dernière fois les et SAS (2e régiment de chasseurs parachutistes et 3e régiment de chasseurs parachutistes) à Tarbes le 2 octobre 1945. Le , les et SAS, pour les Français et RCP, sont transférés vers l'armée de terre. Ils vont bientôt fusionner pour former un unique RCP qui s'installe à Tarbes. Le , le général britannique Calvert commandant de la brigade SAS, leur rend visite et remet au RCP leurs fanions ainsi qu'un chapeau de Napoléon et au RCP un de Wellington, en signe d'amitié et de fraternité d'armes.

Le RCP est dissout le et une partie de ses effectif iront au BCAP 11 nouvellement crée qui reprend la devise "Qui Ose Gagne" et devient la première véritable force spéciale française (CPIS de nos jours).

Un nouveau RCP est mis sur pied et se voit confier le drapeau et le béret amarante. À sa dissolution, ses effectifs seront ventilés entre le RCP et le RICAP, tandis que son drapeau sera confié à la demi-brigade de Parachutistes SAS (infanterie métropolitaine), puis à la de commandos parachutistes SAS d'Indochine. Cette dernière passera ensuite aux troupes coloniales en tant que demi-brigade coloniale de commandos parachutistes et deviendra plus tard le RPIMa, conservant le drapeau, les décorations et les traditions du RCP/SAS avec les Commandos parachutistes de l'air.

Ce "nouveau" 2e RCP de 1946 donnera par son 3e Bataillon, le 18e RCP qui participera au putsch d'Alger.

Traditions

Devise

Who dares wins, en français Qui ose gagne

Insigne

Drapeau Il porte, peintes en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes Décision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007 : Crète 1942 Libye 1942 Sud Tunisien 1943 France 1944-1945 Ardennes belges 1945 Hollande 1945 Indochine 1946-1954

Chant

Décorations Croix de la Légion d'honneur Croix de Compagnon de la Libération Croix de guerre 1939-1945 avec 6 palmes Croix de Guerre belge Croix de Guerre néerlandaise Bronze Star Medal (US) De plus il porte : La fourragère à la couleur de la Légion d'honneur (avec olive 1939-45) La fourragère des TOE (Demi-brigade SAS Indochine) La fourragère de Compagnon de la Libération depuis le (reçue par le RPIMa - héritier)

Chefs de corps Capitaine Coulet : 1942 ( BIA) Capitaine Lambert : 1943 ( BIA) Chef de bataillon Fourcaud : ( BIA) Commandant Bourgoin : ( BIA) Commandant Puech-Samson : ( RCP) Lieutenant-colonel de Bollardière : ( RCP) Colonel Reynier : 1945 ( RCP)

Faits d'armes faisant particulièrement honneur au régiment

Personnalités ayant servi au sein du régiment En tant qu'unité militaire décorée de la Croix de la Libération, le Régiment de Chasseurs Parachutistes a compté dans ses rangs un certain nombre d'hommesListe détaillée sur le site de l'Ordre de la Libération, faits Compagnons de la Libération à titre individuel parmi lesquels plusieurs sont morts pour la France Compagnons Morts pour la France Philippe Fauquet (1921-1944), Mort pour la France le à Rouen Roger de La Grandière (1916-1944), Mort pour la France le à Guégon Bernard Harent (1916-1944), Mort pour la France le à Sérent Victor Iturria (1914-1944), Mort pour la France le au Gâvre Pierre Marienne (1908-1944), Mort pour la France le à Plumelec François Martin (1916-1944), Mort pour la France le à Plumelec Jean-Salomon Simon (1908-1945), Mort pour la France le à Hoogeveen dans les rangs du RCP. Au BIA en 1941. Georges William Taylor (1924-1945), Mort pour la France le sur le Canal d'Oranje

Autres Compagnons de la Libération Antonin Betbèze (1910-1993), résistant, Compagnon de la Libération. Pierre-Louis Bourgoin (1907-1970), Député de Paris (1958-1970) Michel de Camaret (1915-1987), Ambassadeur de France, député européen (1984-1987) Michel Legrand (1918-1955), militaire en Indochine René Lesecq (1920-2010), général de brigade Louis Mairet (1916-1998), lieutenant-colonel au 22e BCA Pierre Puech-Samson (1915-2000), député de Mostaganem (1958-1962) André Varnier (1914-1949) Aloïzo Waleina (1913-1948?), Letton initialement engagé dans la 13ème DBLE Par jugement en date du 24 octobre 2008, le Tribunal de Grande Instance de Paris a déclaré absent M. Aloïzo Waleina, Compagnon de la Libération, qui n'a plus reparu ni donné de ses nouvelles depuis 1948

Autres personnalités ayant appartenu au Lucien Neuwirth : député français, il est considéré comme le « père de la pilule » avec sa proposition de loi sur la régulation des naissances adoptée en 1967. Engagé au d’infanterie de l’air en 1943, il combat en Bretagne puis est parachuté en Hollande où il échappe, miraculeusement, au peloton d’exécution. Jacques Bouffartigue, artiste peintre.

Sources et bibliographie

Jean Paulin, la rage au cœur, éditions marabout junior, 1958, 158 p. Collectif, Histoire des parachutistes français, Société de Production Littéraire, 1975. Roger Flamand, Paras de la France libre, Éditions Presses de la Cité, 1976, 317 p. . Henri Deplante, La liberté tombée du ciel, Editions Ramsay, 1977, 250 p. . Jack Quillet, Du maquis aux parachutistes S.A.S., Atlante éditions, , 203 p., . David Portier, Les Parachutistes SAS de la France Libre 1940-1945, Éditions Nimrod, Serge Vaculik, Béret rouge - Scènes de la vie des commandos parachutistes S.A.S., Éditions Arthaud, 1952. Franck Segrétain, Opération Amherst, le raid des etv RCP sur les pays bas. Revue Ligne de front , mai- Paul Bonnecarrère, Qui ose vaincra, Fayard, 1971, 475 p., (livre de poche, 1975, 572 p. ). Pierre Dufour, Chasseurs Parachutistes 1935-2005, éditions Lavauzelle, 2005 . .