L’histoire de Paris est liée à la conjonction de plusieurs facteurs géographiques et politiques. C'est Clovis qui décide, au , d'installer les organes fixes du pouvoir politique du royaume dans la petite cité des Parisii. Cette position de capitale sera confirmée par les Capétiens, après une parenthèse de deux siècles durant l'époque carolingienne.

La position de Paris, au carrefour entre les itinéraires commerciaux terrestres et fluviaux au cœur d'une riche région agricole, en a fait une des principales villes de France au cours du , avec des palais royaux, de riches abbayes et une cathédrale ; au cours du , Paris est devenue un des premiers centres en Europe pour l'enseignement et les arts.

De la Fronde aux attentats de 2015, en passant par la Révolution française et Mai 68, Paris est régulièrement au cœur des événements qui marquent l'histoire de France.

La Bibliothèque historique de la ville de Paris permet au public de se plonger dans la mémoire historique de Paris et de l'Île-de-France, sous des aspects très variés.

La patronne de la ville est sainte Geneviève, qui aurait écarté Attila et les Huns de la ville, au , par ses prières. Sa châsse se trouve aujourd'hui à l'église Saint-Étienne-du-Mont.

Toponymie

Formes anciennes Le nom de la cité est attesté pour la première fois par Jules César, au milieu du , dans la Guerre des Gaules, sous la forme Lutecia ou Lutetia (selon les manuscrits).. On trouve ensuite au . (Parisios étant à l'accusatif pluriel) ; puis en 400 - 410ibidem, et enfin Paris, attestée dès 887.

Le géographe Ptolémée la nomme Lucotetia ou Lucotecia, ce qui est considéré comme une mésinterprétation..

Étymologie Paris doit son nom au peuple gaulois des Parisii (au nominatif pluriel). Le mot Paris est issu du latin Parisiis (au datif locatif pluriel), désignation qui a supplanté Lutetia (Lutèce), suivant un processus général observé dans la Gaule du Bas Empire vers le pour les capitales de civitas (cités gallo-romaines) : celles-ci furent d'abord appelées de leur nom originel complété du nom du peuple dont elles étaient la capitale, comme « Lutecia des Parisii » en l'occurrence. Puis le nom du peuple au datif locatif est seul resté, le nom signifiant alors « chez les Parisii » (voir entre autres Angers capitale des Andécaves, Tours des Turones, Évreux des Eburovices, Saintes des Santons, Poitiers des Pictons, Amiens des Ambiens, Rodez des Rutènes, qui sont toutes dans le même cas, avec d'autres exemples encore).

Selon Pierre-Henry Billy, Lutetia pourrait être issu du gaulois *luta, boue, avec le suffixe -etia, ce qui correspond très bien à la nature du terrain décrit par Jules César dans la Guerre des Gaules, qui signale l'existence d'un marais permanent qui déversait ses eaux dans la Seine. Quant à l'étymologie de l'ethnonyme Parisii, elle n'est pas connue avec certitude. Il pourrait provenir du gaulois *pario, chaudron (pairol en ancien français et pairòl en occitan), signifiant alors « Ceux du chaudron »., avec une référence mythique et sacrée (thème celtique du chaudron d'abondance représentant la survie dans l'Au-delà et les richesses de l'Autre Monde)..

Les Parisii ont donné leur nom à Paris, ainsi qu'au pays du Parisis (maintenant « pays de France »), qui subsiste dans les toponymes de Villeparisis, Cormeilles-en-Parisis, Fontenay-en-Parisis. On trouvait également des Gaulois de la même tribu des Parisii en Angleterre, dans l'actuel Yorkshire de l'Est.

Interprétations anciennes L'étymologie de Paris a été à l'origine de nombreuses interprétations, souvent plus farfelues les unes que les autres afin de glorifier la « plus belle ville du Monde » et de lui attribuer des origines prestigieuses.

Les historiens du Moyen Âge comme le moine Rigord de Saint-Denis ont rattaché la fondation de Paris à la prise de Troie, les Troyens émigrés s'étant alors installés sur les rives de la Seine et auraient baptisé leur nouvelle cité du nom de Pâris, fils de Priam et amant d'Hélène. On trouve aussi l'étymologie . Au , le religieux et humaniste Baptiste de Mantoue écrit dans sa Vita Sancti Dionysii que les Parisiens sont issus des Parrhasiens — habitants de Parrhasie, cité d'Arcadie — et compagnons d'Héraclès (Hercule).

Gilles Corrozet dans La Fleur des Antiquitéz de la plus que noble et triumphante ville et cité de Paris publié en 1532 estime que Paris doit son nom à un temple d'Isis (Par Isis), déesse égyptienne, dont la statue se situerait à l'église Saint-Germain-des-Prés.

Pour François Rabelais enfin, son explication de l'origine du nom figure au chapitre dix-sept de GargantuaWikisource - Gargantua :

Préhistoire

L'Île-de-France est occupée par l'homme depuis au moins , comme en témoignent les outils en pierre taillée retrouvés hors contexte lors des différents travaux de terrassement en bord de Seine. À cette époque, la zone occupée par Paris était marécageuse, en raison notamment d'un changement de lit de la Seine et couverte de forêts.

Les plus spectaculaires découvertes archéologiques in situ ont été faites dans le où ont été mis au jour en les vestiges parmi les plus anciens de l'occupation humaine permanente sur le territoire de Paris. Les fouilles sur la ZAC de Bercy ont permis la découverte des traces d'un habitat permanent de la période chasséenne (entre et ), établi sur la rive gauche de l'ancien bras de la Seine, dévoilant un mobilier archéologique exceptionnel : trois grandes pirogues monoxyles en chêne qui constituent les plus anciennes embarcations découvertes en Europe, un arc en bois, des flèches, des poteries ainsi que de nombreux outils en os et en pierre... L'occupation humaine sur le site de Paris remonterait donc à au moins six mille ans. La présence humaine semble avoir été permanente durant le Néolithique final (3400–1800 ) comme l'atteste l'existence de plusieurs mégalithes, Pet-au-Diable derrière l'Hôtel de ville, Pierre-au-Lay à proximité du Châtelet, Pierre-au-Lard près de l'église Saint-Merri ou le Gros-Caillou rue Saint-Dominique.

En 2008, un site datant du mésolithique moyen ( - ) a été mis au jour par l'INRAP dans le , à proximité de la Seine à l'endroit de la rue Henry-Farman (en face de l'héliport)Article de Libération du 25 juin 2008.Notice de l'INRAP.. Il a révélé des traces d'occupation par des chasseurs-cueilleurs nomadesSur la trace des premiers parisiens vidéo INRAP/Cité des sciences et de l'industrie dans Le Monde du 2 juillet 2010 ; on suppose qu'à l'époque, un bras de la Seine occupait l'emplacement de l'actuelle rue Henry-Farman. Le site aurait également été réoccupé plus tard, au néolithique et au premier âge du fer.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que Paris eut successivement, comme toute ville de bord de fleuve, plusieurs ports fluviaux, ayant eu chacun sa spécialité.

Antiquité La première fois que les historiens mentionnent l'existence de LutèceLes Sièges de Paris, André Borel d'Hauterive, c'est à l'époque du siège de cette ville, en 53 av. J.-C., par Labiénus, auparavant, le flou le plus total existe entre cette occupation préhistorique du site et la période gallo-romaine. Seule certitude, les Parisii, peuple gaulois client des Sénons, sont les habitants des lieux quand les troupes de César sillonnent le pays. Le territoire des Parisii était resserré entre les possessions de puissants peuples gaulois : Au Nord, les Silvanectes, capitale Senlis À l'Est, les Sénons, capitale Sens Au Sud et à l'Ouest, les Carnutes, capitale Chartres

Certains évoquent des dates entre 250 et 200 av. J.-C. pour la fondation du Paris des Parisii, sans grands arguments à faire valoir. Toujours est-il que cette urbs, servait de place forte aux Parisiis sous le nom de Oppidum ParisioUrumCommentaires sur la Guerre des Gaules. La ville n'était alors qu'une agglomération de cabanes, de huttes de forme rondeLes huttes gauloises, construites en bois ou en torchis, couvertes de chaumes ou de roseauxDescription faite par Strabon et Vitruve, isolées les unes des autres, sans alignement ni symétrie.

André Borel d'Hauterive a réfuté l'affirmation faite dans lHistoire de Jules César (inachevée), publiée par selon laquelle les Parisiis seraient à ranger dans la Gaule belgique et qu'ils relèveraient des Bellovaques. En se rapportant « à Jules César lui-même, mieux renseigné sans doute que le moderne César », l'historien écrit que « les Parisiens étaient de mémoire d'homme les alliés des Sénonais, leurs voisins (Confines erant hi Senonibus, civitatemque patrum memoriâ conuxerant) » et précise que « le P. Sirmond les range dans la Gaule lyonnaise des Sénonais (provincia Lugdunensis Senonia)André Borel d'Hauterive, Les sièges de Paris : annales militaires de la capitale depuis Jules César jusqu'à ce jour juin 1871, Paris, 1871 (voir en ligne sur le site Gallica de la BnF) . », c'est-à-dire dans la Gaule celtique, celle des trois Gaules dont Lugdunum (Lyon) devenait la capitale.

On ne connaît pas avec certitude l'emplacement de la Lutèce gauloise. Des découvertes archéologiques faites en 2026 semblent toutefois montrer l'existence d'un oppidum gaulois sur l'île de la Cité avant la conquête romaine, daté entre et . Ce site fortifié, de petite taille, aurait pu être le centre d'une ville plus vaste, intégrant d'autres établissements humains sur l'île Saint-Louis, sur une autre île aujourd'hui rattachée à la rive gauche, voire même sur le site de Nanterre, à dix kilomètres à l'ouest du centre de Paris, comme l'atteste la découverte fin 2003 d'une importante cité gauloise d'une quinzaine d'hectares (soit le double de l'île de la Cité) datant du av. J.-C...

En 52 , lorsque Labienus, lieutenant de Jules César, approche de Lutèce, celle-ci est incendiée par les Gaulois. Les troupes romaines attaquent dans la plaine et exterminent les troupes gauloises de Camulogène à la bataille de Lutèce. On suppose que la Lutèce originelle fut réoccupée rapidement par les Parisii qui avaient survécu, après la pacification des Gaules par Jules César. La cité mit toutefois probablement du temps à se relever, puisqu'elle resta près de sous domination romaine sans mentions historiques majeures. On sait toutefois que vers l'an 25 de l'ère chrétienne, sous le règne de Tibère, les Nauloe parisiaci (le corps des négocions de la rivière de Seine) élevèrent un autel à Jupiter à la pointe de l'île de la Cité, où se situe maintenant la cathédrale Notre-Dame de Paris, comme l'attestent les bas-reliefs trouvés en 1711.

S'agissant de la toponymie, la ville est appelée Lucotocia par Strabon et Lucotecia par Ptolémée en référence à un possible mot gaulois lucotetia qui, d'après Louis Deroy et Marianne Mulon., est formé à partir du celtique *luco- signifiant « marais »Notice de l'ancienne Gaule tirée des monuments romains, dédiée à S.A.S le Duc de Chartres - 1760 - Strabon la nomme sous le nom de Lucotocia puis Lutetia (traduit plus tard en français par Lutèce) par les Romains. Une autre hypothèse dit que Lutetia proviendrait de Luh, rivière, fleuve et de dac ou tec coupé, fleuve coupé.

La Lutèce romaine, outre l'île de la Cité, est construite au sur la rive gauche. On pense qu'elle s'étendait approximativement du boulevard Saint-Germain au Val-de-Grâce et de la rue Descartes au jardin du Luxembourg. Lutèce était construite autour de la rue Saint-Jacques (qui en était le cardo maximus) selon un plan organisé en rues perpendiculaires. Le centre de la ville est fixé par les architectes romains au niveau actuel des 172 et 174 de la rue Saint-Jacques. Le forum s'étendait de la rue Saint-Jacques au boulevard Saint-Michel et de la rue Cujas à la rue Malebranche..

vignette|Les différentes parties de la Gaule (58 )