Mérititès , signifiant « Bien-aimée de son Père » est une reine de la .
Attestations
La reine est attestée par plusieurs documents : une stèle fragmentaire, aujourd'hui perdue, découverte au à Gizeh et reportée par Emmanuel de Rougé et Auguste Mariette, le mastaba de son fils situé à Gizeh, immédiatement à l'est de la pyramide G1A ; il s'agit d'un fragment d'un relief où la seule chose clairement lisible est le nom de la reine, un fragment de vase en albâtre découvert à Byblos.
Les titres de la reine inscrits sur la stèle sont les suivants : « Grande du sceptre-hétès de Snéfrou » (wr.t ḥts nt Snfrw) ou bien « Grande prêtresse de Snéfrou » (wr.t ḥm(.t) nt Snfrw), « Grande du sceptre-hétès de Khoufou » (wr.t ḥts nt Ḫwfw) ou bien « Grande prêtresse de Khoufou » (wr.t ḥm(.t) nt Ḫwfw), « Épouse du Roi sa bien-aimée » (ḥm.t-nsw.t mry.t=f), « Suivant d'Horus » (ẖt-Ḥrw), « Grande des louanges » (wr.t ḥs.t), « Directeur des bouchers de la maison de l'acacia » (ẖrp sšmtjw jmȝ.t/šntḏ.t), « Celle qui se joint au bien-aimé des Deux Maîtresses » (smȝw.t mry Nb.ty), « Fille du Dieu » (sȝ.t nṯr), « Celle pour qui toute chose qu'elle ordonne est accomplie » (ḏd.t ẖt nb.t jr(.tw) n=s), « Révérée auprès de Khâefrê, sa bien-aimée » (jmȝẖt ẖr Ḫˁ=f-Rˁ mr.t).
Généalogie
La présence de manière identique du nom de Snéfrou et de celui de Khéops dans la titulature de la reine a fait couler beaucoup d'encre : la reine a ainsi parfois été décrite comme une fille de Snéfrou et une épouse de Khéops, ou encore comme une concubine de Snéfrou reversée dans la harem de Khéops. Dans les faits, il n'y a pas de preuve d'un lien père-fille avec Snéfrou, mais l'état fragmentaire de la stèle, notamment dans la partie mentionnant Snéfrou, n'interdit pas la présence du titre de « fille (aînée) du roi (de sa chair) ».
Ce qui semble relativement certain, c'est qu'elle fut une épouse du roi Khéops et la mère du prince , fils ainé du roi Khéops.
Plusieurs autres enfants lui ont été donnés : la princesse puis reine , fille de Khéops, épouse successivement de puis d'un roi non nommé, probablement Djédefrê ou Khéphren ; si rien n'indique qu'elle fut la fille de Mérititès , la plupart des chercheurs, comme Tyldesley, s'accordent sur cette idée originellement proposée par George Andrew Reisner, les princes Hordjédef et Baoufrê, tous deux nommés dans le récit inscrit sur le papyrus Westcar, et, pour Hordjédef, attesté par les sources contemporaines ; cette hypothèse, proposée initialement par Reisner, ne s'appuie sur aucun élément concret, la princesse , fille d'un roi non nommé , épouse d'un vizir nommé Hor... puis épouse d'un roi non nommé ; cette hypothèse, à nouveau proposée initialement par Reisner, ne s'appuie sur aucun élément concret, la princesse Mérititès, probable fille de Khéops et épouse du directeur du palais Akhethétep ; cette hypothèse, à nouveau proposée initialement par Reisner, ne s'appuie que sur l'homonymie des deux personnages et est donc loin d'être certaine, l'un des deux successeurs de Khéops, les rois Djédefrê et Khéphren, sur la base qu'elle porte le titre de « Celle pour qui toute chose qu'ele ordonne est accomplie », titre qui a été par ailleurs porté uniquement par des mères royales au cours de l'Ancien Empire ; Gundacker, qui a proposé cette hypothèse, indique que la reine devait porter le titre de « mère du roi » dans les lacunes de la stèle ; cette hypothèse est cependant réfutée par Vivienne Gae Callender car, premièrement, ce titre de « Celle pour qui toute chose qu'ele ordonne est accomplie » a été porté par des femmes d'autres époques qui n'ont pas été mère de roi, notamment Hatchepsout de la , et deuxièmement, le titre de « mère du roi » est en général mis en avant dans les titulatures des reines, soit en le mettant en premier, soit en le mettant juste devant le nom de la reine, deux possibilités exclues pour la stèle de .
Sépulture
Deux pyramides ont été attribuées à Mérititès parmi les trois petites pyramides à l'est de la Grande Pyramide de Gizeh : la pyramide G1A, la plus septentrionale, attribution initiale par Reisner sur la base qu'elle est la plus proche de son fils , position suivie entre autres par Zahi Hawass, la pyramide G1B, celle du milieu, attribution faite entre autres par Mark Lehner sur la base que la pyramide G1A devait appartenir à , la mère de Khéops.
George Andrew Reisner data la construction de la pyramide G1B vers l'an quinze du règne de Khéops, très peu de temps après celle de la pyramide G1A. Associés à chacune des deux pyramides, il y avait un petit temple mortuaire et une fosse à bateaux qui y était associée. Cependant, aucun bateau n'a été trouvé dans aucune des deux fosses à bateaux creusée dans le roc. Si les deux temples mortuaire étaient décorés de scènes, rien n'a été retrouvé de celui de la pyramide G1A. Concernant la pyramide G1B, des fragments de relief provenant d'une fausse porte et de murs ont été récupérés lors des fouilles. Le titre de reine a été conservé dans un fragment aujourd'hui conservé au Museum of Fine Arts de Boston (27.1321). D'autres fragments comprennent des parties d'une liste d'offrandes, des hommes apportant des offrandes et des animaux, et une barque qu'on pagaie.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
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Article connexe Place des femmes dans l'Égypte antique
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