La , parfois dénommée Sillon Alpin Nord, est une ligne ferroviaire française électrifiée à écartement standard et à double voie. Elle relie Grenoble (Isère) sur la ligne de Lyon-Perrache à Marseille-Saint-Charles à Montmélian (Savoie), située sur la ligne de Culoz à Modane.

Établie dans sa totalité en région Auvergne-Rhône-Alpes, dans la vallée du Grésivaudan, elle permet, avec la ligne de Valence à Moirans, les échanges entre les Alpes du Nord et le bassin méditerranéen. Elle a subi la plus importante campagne de modernisation de France au tournant des années 2010.

Elle constitue la ligne du réseau ferré national.

Chronologie

Déclaration d'utilité publique : et 31 août 1860 Concession à la Compagnie PLM : 1863 Mise en service : 15 septembre 1864 Concession à la SNCF : 1938 Ouverture de la bifurcation de Grenoble et de la gare provisoire de Grenoble-Olympique : 28 octobre 1967 Électrification de la ligne : 30 octobre 2013

Histoire

Cette ligne est déclarée d'utilité publique, les et , quand est validé « l'établissement d'un chemin de fer de Grenoble à la limite des départements de l'Isère et de la Savoie, dans la direction Montmélian ».

Elle est concédée à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) par une convention entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la compagnie signée le . Cette convention est approuvée par un décret impérial le .

Construite par cette compagnie, elle est mise en service le .

En 1896, le trajet Montmélian-Grenoble, avec arrêts à Pontcharra et Lancey, dure 1h19 ; le trajet Grenoble-Montmélian, avec arrêt à Pontcharra dure 1h12.

Jeux Olympiques d'hiver de 1968

Déviation de la ligne : la bifurcation de Veynes Au début des années 1960, l'agglomération grenobloise s'étend rapidement vers le sud. La voie ferrée traverse inévitablement la ville en plein axe est-ouest et comporte alors une dizaine de passages à niveau, créant de nouveaux problèmes de circulation et constituant une source de danger pour les nouveaux habitants. À l'occasion des Jeux olympiques d'hiver de 1968, dont les manifestations se déroulent au sud-est de la ville, une déviation de est mise en place peu après la gare de Grenoble jusqu'à la gare de Gières (voir schéma). Ce nouveau tronçon, communément appelé bifurcation de Veynes, a pour nom officiel Déviation de la ligne de Grenoble à Montmélian et constitue la ligne du réseau ferré national.. Il a la particularité de ne comporter aucun passage à niveau, grâce à de nombreux ponts routiers dont le gabarit anticipe même une éventuelle électrification..

L'ancienne ligne est devenue l'embranchement de la Capuche. . .

Aujourd'hui, l'embranchement de la Capuche est désaffecté mais certains rails n'ont pas été démontésCarrefour des rues Stalingrad et Honoré de Balzac. Une voie verte suit le parcours de l'ancienne ligne depuis le début de la bifurcation jusqu'à la salle de spectacle MC2.

Gare de Grenoble-Olympique L'organisation des Jeux olympiques d'hiver de Grenoble nécessite la création d'une gare provisoire baptisée Grenoble-Olympique, située sur le contournement au niveau d'Eybens. Aujourd'hui détruite, ne restent que les quais.

Années 1970-1990 thumb|Piles du pont provisoire de 1980. En 1979, le pont sur l'Isère situé à Francin peu avant Montmélian s'affaisse.. Les trains en provenance de Grenoble sont alors limités à Poncharra et un pont provisoire du génie militaire de type « Bailey » est mis en place en . Lorsque le nouveau pont est construit, les emplacements pour les poteaux caténaires sont prévus ; malgré ce fait, l'électrification n'aura lieu que 33 ans plus tard. Le pont provisoire est alors ouvert à la circulation automobile jusqu'à la création d'un nouveau pont situé en amont, puis démoli à l'exception de ses piles, toujours visibles en aval du nouveau pont ferroviaire..

Si la ligne est un temps menacée de fermeture dans les années 1980, elle bénéficie en 1985 de l'électrification de la section entre Lyon et Grenoble, grâce à un prolongement jusqu'en gare de Gières en courant 25 kV – 50 Hz. .

: modernisation de la ligne

Premiers travaux Les premières opérations de travaux sur la ligne débutent en 2004 avec la création d'une nouvelle gare à Échirolles, ouverte le et permettant une correspondance avec la ligne A du tramway de Grenoble. En 2006, la gare de Lancey est rouverte et celle de Gières complètement restructurée, avec l'aménagement d'une voie centrale de terminus et l'arrivée de la ligne C.

Le plus grand chantier de modernisation de France Entre 2007 et 2013, une importante campagne de travaux est lancée sur toute la ligne du Sillon Alpin, entre Montmélian et Grenoble, Grenoble et Moirans (Sillon Alpin Nord), ainsi qu'entre Moirans et Valence (Sillon Alpin Sud). Il s'agit alors du plus important chantier de modernisation de France, l'objectif étant d'électrifier les portions manquantes, doubler les voies encore uniques, moderniser le réseau et effectuer une mise au gabarit pour développer le fret et permettre le passage de TGV.....

Les objectifs définis par la Région Rhône-Alpes sont multiples :

, , améliorer faciliter la circulation du fret à travers les Alpes, surtout en direction du sud de la France.

Financement La modernisation complète du Sillon Alpin Sud, de Montmélian à Valence, représente un investissement de 540 M€, financé à 84% par l’État, la Région Rhône-Alpes et Réseau Ferré de France (RFF). Les 16% restants sont financés par les collectivités locales (départements de l’Isère, de la Savoie, de la Drôme ; les Communautés d’agglomération de Grenoble Alpes Métropole, Chambéry Métropole, du Pays Voironnais ; la Communauté de communes du Pays du Grésivaudan ; le Syndicat mixte du Rovaltain). Pour la ligne de Grenoble à Montmélian, RFF confie la maitrise d’ouvrage à la SNCF.thumb|Destruction d'un pont à Tencin

Chronologie thumb|Pancarte d'annonce d'un "Baissez-Panto" pour passage en continu en approchant de Montmélian. 2011 : début des travaux de rénovation au niveau des gares et tunnels de Domène et Tencin-Theys ; destruction et construction de ponts sur les communes de Saint-Hilaire-du-Rosier, L’Albenc et Saint-Sauveur ; création d’un terminus péri-urbain à Gières ; entreposage de ballast et de traverses dans certaines gares et de longs rails soudés le long des voies. : terrassement de la future sous-station des Mollettes, mise en câbles le long des voies, mise à hauteur des quais, accessibilité aux personnes handicapées en gares Goncelin et Lancey. Étés 2012 et 2013 : fermeture totale de la section Gières - Montmélian pour électrification, pose de caténaires 25 kV par hélicoptère et installation du block automatique lumineux ; un roulement de bus est mis en place pour le transport de voyageurs. : réouverture de la ligne en courant – . La section de séparation entre le continu et le alternatif se situe juste avant la gare de Montmélian, après le pont sur l'Isère.

Essais

Les TGV et le Sillon Alpin thumb|Passage d'un TGV Paris-Milan via Grenoble sur le raccordement de Montmélian en 2017, possible depuis l'électrification. La modernisation de la ligne permet désormais le passage de TGV à travers la vallée du Grésivaudan. À partir du , la SNCF met en place une liaison TGV Annecy - Marseille, à raison de 3 allers-retours hebdomadaires d'environ 3h30, en période de fort trafic (week-ends, vacances, ponts, …). Ils desservent les gares d'Aix-les-Bains, Chambéry, Grenoble, Valence TGV et Avignon TGV.

Toutefois, le , un mois avant le changement de l’horaire 2019, la liaison est soudainement supprimée, suscitant l'étonnement et la colère des associations d'usagers. En effet, la connexion entre les Alpes et la Provence nécessite alors d'emprunter le réseau TER existant, allongeant les temps de trajet et multipliant les correspondances. Les associations dénoncent par ailleurs l'abandon du raccordement à voie unique situé en gare de Valence TGV, entre le réseau à grande vitesse et le réseau national ; construit spécifiquement pour cette liaison, il a été financé à hauteur de 40 millions d'euros par l’État, la région Rhône-Alpes et la SNCF elle-même. Toutefois, la raison de cette suppression serait la faible fréquentation de ce trajet et donc sa non-rentabilité......

La ligne sert donc pour l'instant de détournement de la liaison Lyon-Grenoble..

Projets Une modification profonde de la zone entourant la gare de Brignoud est prévue à l'horizon 2021 avec la suppression du passage à niveau, la création d'un pont routier, d'un passage souterrain et de voies douces aux abords de la gare, ainsi qu'une troisième voie opérationnelle pour 2024, permettant d’organiser le terminus des trains périurbains en provenance de Rives et du Sillon Alpin Sud.

En , seule la suppression du passage à niveau est effective.

Caractéristiques Vitesses limites thumb|Jonction entre la ligne de Culoz à Modane (à gauche) et la ligne de Grenoble (à droite), en gare de Montmélian.

La vitesse maximale est de sur la majorité du parcours. La gare de Montmélian est cependant traversée à . En venant de Chambéry, la vitesse limite passe de à à la bifurcation de Veynes et réciproquement dans l'autre sens. Ces changements de vitesse ne sont pas matérialisés sur le terrain par des tableaux indicateurs de vitesse (TIV)Renseignements techniques SNCF/RFF - RT 5154 Grenoble - Chambéry :

De À Limite Grenoble Bifurcation de Veynes (km 133,6) 110 Bifurcation de Veynes (km 133,6) km 46,8 140 km 46,8 Montmélian 125

Signalisation La ligne est équipée en block automatique lumineux (BAL) de Grenoble à Montmélian.

Gares et haltes upright|vignette|Ligne Grenoble-Montmélian (Sillon Alpin Nord)Les gares en service : Grenoble Échirolles Grenoble-Universités-Gières Lancey Brignoud Goncelin Pontcharra Montmélian

Les gares désaffectées ou non utilisées pour les voyageurs : La gare de Sainte-Hélène-du-Lac est désaffectée et les bâtiments détruits. Les gares du Cheylas - La Buissière et de Tencin - Theys ne sont plus ouvertes au service voyageur mais restent utilisables pour assurer le cantonnement et le service de l'exploitation ; ainsi la gare de Tencin-Theys assurait le cantonnement quotidiennement jusqu'à la mise en service du BAL. La gare de Domène ne reçoit plus de desserte voyageur mais assure et la manœuvre d'un embranchement privé ; sa réouverture aux voyageurs est envisagée. La gare de Grenoble-Olympique, située à Eybens et construite à l'occasion des Jeux olympiques d'hiver de 1968, n’existe plus. Il n'en reste que les quais.

Matériel ayant circulé sur la ligne

Autorails Decauville ZZP 1 à 9 en livrée bleue et crème du PLM, puis SNCF modernisés en 1952/1953 et repeints en rouge et crème, et réimmatriculés X 52001 à X 52009 en 1962. Une seconde série d'autorails Decauville XDC 2001 à 2010 fut mis en service en 1945, et réimmatriculés X 52101 à X 52110 en 1962. Les 2 séries X 52000 et X 52100 ont circulé jusqu'en 1972. Ces autorails bimoteurs, increvables mais bruyants, ont assuré sur cette ligne des relations Grenoble - Chambéry et dès Genève - Grenoble - Digne. Ils ont également circulé sur la Ligne des Alpes en utilisant le début de la ligne Grenoble - Montmélian au départ de Grenoble. Autorails de la série X 2400, en livrée rouge et crème, du Centre Autorails de Grenoble (dont les X 2410, X 2414 et X 2445) sur Grenoble - Chambéry de à 1962. Autorails de la série X 2800, en livrée rouge et crème, vert et crème, puis bleu et gris, du dépôt de Lyon-Vaise, sur des omnibus Grenoble - Chambéry. Autorails de la série X 2700 (RGP2), en livrée verte et crème, du dépôt de Lyon-Vaise, assurant la relation Genève - Port-Bou via Montmélian, Grenoble, Valence, Avignon et Montpellier, à partir de 1954 et baptisée "Catalan" à partir du 01/10/1955 et jusqu'au 30/05/1959. Autorails de la série X 2770 (RGP1) , en livrée verte et crème, du dépôt de Lyon-Vaise, assurant la relation "Catalan" à partir du 31/05/1959.