Jean-Claude Bonnal, né le à Saïgon, est un tueur en série et braqueur multirécidiviste français, d'origine vietnamienne, surnommé Le Chinois.

Bonnal a commis sept meurtres, deux tentatives de meurtre , et plusieurs attaques à main armée, entre 1973 et 2001. Son cas suscite une vive émotion, en , à la suite du meurtre de six personnes, dont deux policiers, après une remise en liberté, en .

Biographie

Enfance et jeunesse Jean-Claude Bonnal naît le à Saïgon. Il naît dans une fratrie de 12 enfants. La famille Bonnal ne reste pas longtemps à Hô Chi Minh-Ville, en raison de la Guerre d'Indochine qui fait de nombreux ravages en Indochine française.

En 1956, Bonnal et sa famille fuient la Guerre d'Indochine, sont rapatriés en France et s'installent alors à Vitry-sur-Seine, en banlieue parisienne. Durant l'enfance, Bonnal est régulièrement victime de racisme par ses camarades de classe, qui le traitent comme étant un étranger et un Chinois, alors qu'il est Vietnamien.

En 1969, alors que Bonnal est âgé de 16 ans, deux de ses frères, respectivement âgés de 12 et 15 ans, meurent dans un incendie dans une cave. L'incident est un "coup dur" pour Bonnal, qui devient dépressif avant de basculer dans des faits de délinquance.

En , âgé de 18 ans, Bonnal est arrêté et placé en détention provisoire pour ses premiers méfaits. Il effectue un court séjour en prison, avant d'être libéré à la suite d'une tentative de suicide. Bonnal effectue, juste après sa libération, son service militaire dans la marine. Il y reste durant cinq mois, avant de déserter l'armée en 1972.

Le En 1972, Bonnal, âgé de 19 ans, devient le « second couteau » au sein du « gang de la banlieue sud » de Paris et commence à planifier divers braquages, cambriolages et vol qualifiés, afin de récolter une grande somme d'argent. Le « gang de la banlieue sud » est composé de quatre membres, dont Bonnal, qui fréquentent les bars de Vitry-sur-Seine, afin de « mettre leurs plans à exécution ». Lors de la formation du gang, Bonnal est surnommé « Bobonne » par ses comparses.

En , Bonnal et ses complices du « gang de la banlieue sud » commettent un vol qualifié chez une personne âgée afin de se payer des vacances. Les gangsters se répartissent les tâches ; les uns ligotent et bâillonnent la vieille dame, tandis que les autres cambriolent la demeure. Cependant, les liens de la victime sont relativement serrés, et cette dernière meurt étouffée. Croyant que la vieille dame est toujours en vie, Bonnal et ses comparses prennent la fuite et commettent un autre cambriolage dans la foulée, au cours duquel le gang blesse volontairement un passant. Bonnal et ses complices sont reconnus par des témoins du braquage et arrêtés. À la suite de leurs interpellations, ils sont inculpés pour cambriolage, vol qualifié et assassinat, puis placés en détention provisoire ; le juge d'instruction estimant que l'acte a été commis avec préméditation.

En détention, Bonnal et le reste du « gang de la banlieue sud » se défendent de leurs inculpations, en insistant sur le fait qu'ils ignoraient que la personne âgée était morte à la suite du vol qualifié. Afin de prouver leurs déclarations, les quatre inculpés affirment qu'ils n'auraient pas commis un cambriolage dans la foulée, en raison des conséquences et de la peine encourue - la peine de mort (qui est toujours applicable au moment des faits et de l'instruction). Devant l'insistance acharnée de Bonnal et de ses complices, le juge d'instruction décide d'analyser les faits dans les moindres détails. Durant les années qui suivent, il finit par reconnaître la cohérence des affirmations du gang et les renvoie devant la cour d'assises pour cambriolage, vol qualifié et coups mortels.

En , Bonnal et le reste du « gang de la banlieue sud » comparaissent devant la cour d'assises pour le cambriolage et « coups mortels » lors du vol qualifié. Bonnal a alors 26 ans. Au terme de son procès, Bonnal est reconnu coupable de « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et condamné à 10 ans de réclusion criminelle.

Libération, vie de couple et rechute dans le banditisme Bonnal est libéré le , après avoir purgé près de 8 ans de détention. Bonnal est âgé de 28 ans lorsqu'il recouvre la liberté et décide de s'installer à Orly, dans un petit appartement de la cité de Mermoz.

Quinze jours plus tard, le , Bonnal rencontre une dénommée Martine, âgée de 18 ans, qui est fascinée par la gentillesse de Jean-Claude. Tous deux entament une relation amoureuse et se mettent en ménage. Martine demeure très sensible au sort de Jean-Claude, car ce dernier lui parle régulièrement de la mort de ses deux jeunes frères, brûlés vifs dans une cave à Vitry, plusieurs années auparavant. Bonnal et Martine donnent naissance à un fils en 1982. Cette naissance devient rapidement compliquée pour le couple, notamment pour Bonnal, en raison de leurs faibles revenus.

En , Bonnal braque un supermarché et vole un tracteur avant de prendre la fuite. À la suite du braquage, les personnes présentes sur les lieux décrivent un homme de type asiatique, voire Chinois. Un portrait-robot établi permet à la police d'identifier Bonnal, âgé de 30 ans, qui est libre depuis moins de deux ans. Bonnal est alors arrêté, inculpé de braquage et vol qualifié en état de récidive puis placé en détention provisoire, à la Prison de Fresnes. Lorsque Martine apprend la rechute de Bonnal, ce dernier lui avoue avoir et insiste sur le fait de ne pas avoir eu l'intention de rechuter, en affirmant qu'il ne commettra plus de forfaits. Ayant de l'empathie à l'encontre de Jean-Claude, Martine décide de le soutenir dans sa défense en allant jusqu'à la demande en mariage. En détention provisoire, Bonnal épouse Martine, le , au Centre pénitentiaire de Fresnes.

En , Bonnal comparaît devant la Cour d'assises de Seine-et-Marne pour les faits de braquage et de vol qualifié, commis en état de récidive. Il est alors âgé de 32 ans. Lors de son procès, Bonnal est soutenu par Martine, son épouse, qui dresse une très bonne image de son mari en croyant à sa rédemption. Au terme de son jugement, Bonnal est condamné à 7 ans réclusion criminelle.

Libération et braquage de la Bonnal est libéré de prison, en , après cinq ans de détention. Il est âgé de 35 ans, mais ne parvient pas à trouver un emploi lui permettant de subvenir aux besoins du ménage : lui, Martine et son fils. Peu après sa libération de prison, Bonnal apprend que Martine attend un deuxième enfant et réalise qu'il doit mettre ses revenus de côté afin d'éviter une mise à pied.

Le , Bonnal replonge dans le banditisme en commettant un braquage dans une agence de la Barclay's Bank, située dans le de Paris. Le braquage tourne mal pour Bonnal, car la police est très vite avertie de l'attaque perpétrée par le braqueur. Durant l'attaque de la Barclay's Bank, éclate une fusillade entre Bonnal et la police. Les coups de feu sont violents et un policier est grièvement blessé au cours de la fusillade. Bonnal est finalement maîtrisé par les forces de l'ordre en compagnie de trois complices. Les quatre hommes sont inculpés de braquage accompagné de tentative de meurtre, en état de récidive, puis placé en détention provisoire. Martine donne naissance, le , à la seconde fille du couple : Anaïs Bonnal. Lorsque son mari retourne en détention, Martine ne l'abandonne pas, en raison de ses gestes portant à sauver la famille.

Bonnal comparaît, du 9 au , devant la Cour d'assises de Paris, pour le braquage de la Barclay's Bank précédé de la tentative de meurtre sur un policier. Au terme des trois journées de jugement, Bonnal est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés puis est condamné à 12 ans de réclusion criminelle« Jean-Claude Bonnal, dit "le Chinois", face à la justice pour deux séries de meurtres », sur Le Monde, 6 septembre 2005.

Libération et mise en cause dans le braquage du Bonnal est libéré le , après avoir effectué plus de 8 ans de détention. À la suite de sa libération, Bonnal est embauché dans un restaurant de karaoké, appelé le Taratata, et y fréquente une fille en relations amicales« J'ai fait vingt-six ans de prison, je n'ai rien à perdre », sur Libération, 8 février 2003.

Le à environ , deux hommes braquent un bureau de change situé à l'entrée du grand magasin Printemps Haussmann et neutralisent le vigile. Le butin est de . Sortis du bâtiment, les braqueurs retirent leur cagoule. Émile Ferrari, garagiste ancien garde du corps, témoin du braquage dans le magasin, les suit et tente d'immobiliser Mohamed Benamara dans la rue. L'un des malfaiteurs lui tire une balle dans la tête. Les deux complices, pris de panique, menacent la foule de leurs armes pour s'enfuir. La bousculade fait dix blessés. Émile Ferrari survit à sa blessure, mais elle lui provoque des pertes de mémoire. Sur les lieux, les enquêteurs trouvent deux douilles de calibre 11,43. Émile Ferrari est certain que c'est Bonnal qui lui a tiré dessus, alors que des témoins disent que c'est Benamara. Plus tard, Émile Ferrari déclare au juge d'instruction que c'est Benamara qui lui a tiré dans la tête. Un indicateur dénonce Jean-Claude Bonnal, 45 ans, et Mohamed Benamara, 49 ans, aux enquêteurs.

Le , Benamara est interpelé chez sa compagne à Colombes. Le lendemain, Bonnal est interpelé à son tour, à sa résidence de Villeneuve-Saint-Georges. Ils nient les faits, déclarent ne pas se connaitre et ont des alibis, qui ne sont pas infaillibles. Lors de la perquisition du logement de Benamara les enquêteurs ne découvrent aucune preuve. Mais lors de la perquisition de l'appartement de Bonnal, des devises étrangères sont trouvées dans une enveloppe sur le réfrigérateur et un pistolet colt 45 dans un sac plastique caché derrière une plinthe est découvert. Bonnal déclare que le pistolet n'est pas à lui et qu'il lui a été confié pour le garder et le cacher. L'expertise balistique établit que c'est bien ce pistolet qui a tiré les deux balles sur les lieux du braquage. Au terme de leurs gardes à vue respectives, le , Bonnal et Benamara sont mis en examen pour attaque à main armée, précédée de tentative de meurtre, puis placés en détention provisoire à la prison de Fleury-Mérogis.

Durant l'instruction, Bonnal est extrait de sa prison, afin d'être présenté à Émile Ferrari. Lors du tapissage derrière le miroir sans tain, Émile Ferrari identifie formellement Jean-Claude Bonnal, à l'aide de la description de son visage, qui lui vaut d'être surnommé « le Chinois ». Bonnal n'apprécie aucunement ce surnom, du fait d'être d'origine vietnamienne. En détention provisoire, Bonnal et Benamara, qui se disent totalement innocents des faits qui leur sont reprochés, demandent à plusieurs reprises leur remise en liberté, qui leur est refusée. Cependant, la défense des deux inculpés permet de trouver un doute sur leur culpabilité, en raison de la qualité vidéo des caméras de surveillance lors du braquage et du fait que Bonnal et Benamara ne se connaissent pas, malgré leurs passés judiciaires qui ne donnent "que" des convictions à l'égard de leur culpabilité.

En , Marie-Alix Canu-Bernard, l'avocate de Benamara, formule une nouvelle demande de remise en liberté pour son client qui lui est finalement accordée, en raison du manque d'éléments à charges et de preuves pouvant la relier au braquage. Après avoir effectué près de deux ans de détention préventive, Benamara est remis en liberté, le .

Le , les magistrats de la chambre d'accusation, souveraine, décident également que la détention provisoire de Jean-Claude Bonnal n'est pas justifiée. Elle a alors duré deux ans ; un délai moyen à Paris pour une affaire criminelle. En attendant son procès aux assises, Bonnal est libéré de la prison de Fleury-Mérogis, le , en moyennant une caution de 80 000 Francs« Fallait-il libérer « le Chinois » ? », sur L'Express, 25 octobre 2001 (12 196 Euros).

Tuerie du