Violette Szabo, née le à Levallois-Perret (France) et morte vers le au camp de Ravensbrück, est une résistante française et un agent secret britannique de la du (SOE) pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle effectue deux missions en France occupée ; arrêtée, elle est déportée en camp de concentration et exécutée.

Avant son départ en mission, Leo Marks, le responsable des codes au SOE, lui offre le poème The Life That I Have pour coder ses messages radio envoyés de France à Londres.

Identités Née Violette Reine Elizabeth Bushell, Violette Szabo utilise, pendant ses activités au sein de la section F du Special Operations Executive (SOE), le nom de guerre « Louise » et le nom de code « Seamstress ». Elle est également connue sous le pseudonyme « Vicky Taylor » et le surnom « La p'tite Anglaise ».

Violette Szabo commence son parcours dans la Women's Land Army en 1940, à Fareham, dans le Hampshire. Le 11 septembre 1941, elle rejoint l'Auxiliary Territorial Service (ATS), où elle sert dans des unités de défense antiaérienne de la Royal Artillery. En 1943, elle est recrutée par la section F du SOE et rattachée au First Aid Nursing Yeomanry (FANY), organisation fréquemment utilisée comme couverture administrative pour les agentes du SOE. Elle reçoit alors le grade d'enseigne et le matricule F/29.

Famille Violette Szabo est la fille de Charles George Bushell, Britannique et chauffeur de taxi, et de Reine Leroy, Française originaire de Quevauvillers. Elle épouse Étienne Szabo le 21 août 1940 à Aldershot. Soldat français engagé au sein de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère, celui-ci est tué en Égypte le 24 octobre 1942, pendant la seconde bataille d'El Alamein. Le couple a une fille, Tania Desirée Szabo, née à Londres le 8 juin 1942.

Biographie Premières années Violette Bushell naît le à Levallois-PerretSelon SFRoH : 72 rue de Villiers, Levallois-Perret, Hauts-de-Seine, France ; à 6 h., à côté de Paris ou à l'hôpital militaire britannique de ParisVoir, Henderson, 2025, p. 68..

Elle est d'abord une des écolières de l'école communale à Noyelles-sur-Mer, dans la Somme. Ensuite, la famille Bushell part s'installer en Angleterre, à Londres. Violette Bushell y poursuit ses études au ..

Années 1940-1943 1940. Le , encouragée par ses parents, elle invite un soldat français à dînerDomicile : 18 Burnley Road, Stockwell, South London, SW9. [Source : SFRoH].. C'est Étienne Szabo, un lieutenant français des Forces françaises libres ( de la Légion étrangère), d'ascendance hongroise. C'est un véritable coup de foudre entre Violette et Étienne et ils se marient le à Aldershot.. Peu de temps après, l'unité d'Étienne est envoyée en Afrique du Nord.

1941. Violette Szabo ne revoit Étienne qu'au bout d'un an, à l'été 1941, lors d'une permission d'une semaine à Liverpool. En septembre, elle s'engage dans l’Auxiliary Territorial Service (ATS) et devient opératrice de contrôle de tir dans la batterie anti-aérienne 481.

1942. En , elle quitte la batterie. Le , sa fille Tania naît. Le , Étienne Szabo est tué lors de la seconde bataille d'El Alamein. C'est ce qui amène Violette Szabo à accepter l'offre de recrutement du SOE.

1943. En , jugée apte à la fonction d'agent secret, elle est engagée comme officier du First Aid Nursing Yeomanry (FANY). Elle reçoit l'entraînement complet des agents du SOEL'entraînement SOE comprend : lecture de cartes, émission en morse, maniement des armes et des explosifs, exercices de commando, longues marches, parachutisme, combat à main nue, sabotage, communications, cryptographie, travail psychologique (nouvelles identités, filatures, interrogatoires).. Un accident mineur lors d'un entraînement au parachute retarde son envoi sur le terrain.

Première mission en France, en avril 1944 Le , lors de sa première mission en France, elle est parachutée près de Cherbourg, avec Philippe Liewer, dont le réseau, aux alentours de Rouen, a été démantelé par les Allemands. Sous le nom de guerre « Louise », elle assure la fonction de courrier auprès de ce dernier. Pour aider à la reconstitution d'un nouveau groupe autour de Rouen, région stratégique à l'approche du débarquement, elle est amenée à voyager entre Paris et Rouen afin de prendre contact avec les membres résiduels du groupe de résistance et de les ramener à Paris. Elle transmet au SOE à Londres des rapports sur les usines fabriquant du matériel de guerre pour les Allemands, renseignements qui se révèlent précieux afin de fixer les cibles des bombardements. Le , après cette première mission de trois semaines de reconnaissance, elle rentre en Angleterre avec Liewer, lors d'une récupération par un avion Lysander dans l'IndreCe ramassage a les caractéristiques suivantes : Opération ORGANIST, agent Alexandre Schwatschko (alias « Alexander Shaw »). Doublé de Westland Lysander IIIa : Le V9490, codé JR-N4, piloté par le F/Lt Robert Large, amène deux agents et cinq paquetages, et remmène Violette Szabo. Le V9748, codé JR-D3, piloté par le F/O John Perry Alcock, dont c'est la première mission opérationnelle, amène un seul agent, Robert Dupuis « Pharaon », sa valise et son poste émetteur ; et il remmène deux agents, dont Philippe Liewer. Décollage du terrain de Tangmere le 30 avril à 22 h 30. Terrain d'atterrissage en France, dans l'Indre : Version 1 : selon Hugh Verity p. 299, le terrain est situé à 7,5 km S/SE d'Issoudun, maintenant aérodrome Le Fay. Version 2 : selon le site absa39-45.asso.fr, le terrain, HERCULE, est situé à 13,5 km au S/SO de Châteauroux et à 4,250 km à l'ouest d'Arthon. Il était prévu un terrain alternatif, nom de code FORTUNE, situé à 15 km au S/SO de Châteauroux, et à 5,5 km à l'O. d'Arton. Lettres de reconnaissance : AD (de l'air au sol) et BN (du sol à l'air). Heure d'atterrissage en France, le mai : le F/Lt. Large atterrit à 1 h 35 et le F/O John Alcock à 1 h 45. Heure d'atterrissage, de retour à Tempsford, le mai : le F/L Robert Large atterrit à 5 h 05 (un pneu crevé par la Flak), et le F/O Alcock à 5 h 10 (hélice trouée par la Flak)..

Deuxième mission en France, en juin 1944 Pour sa deuxième mission, l’équipe SALESMAN de Philippe Liewer est renvoyée en France juste après le débarquement. Grillée en Normandie depuis la première mission, l’équipe est envoyée dans le Limousin où sa mission consiste à coordonner les maquis locaux en vue du sabotage des lignes de communication allemandes. Violette Szabo y est encore agent de liaison, avec le nom de guerre « Louise ».

En , dans la nuit du 7 au 8, (jour J + 2), vers deux heures du matin, après une tentative infructueuse la nuit précédente, elle est parachutée d’un Consolidated B-24 Liberator au Clos de Sussac, avec le major britannique Staunton, chef de mission (en réalité Philippe Liewer « Hamlet »), le capitaine Bob Maloubier « Paco » et le lieutenant opérateur-radio américain de l’Office of Strategic Services (OSS), Jean-Claude Guiet. Ils sont hébergés à Sussac, dans la maison de Madame Ribiéras. Le , près de Salon-la-Tour, elle tombe dans une embuscade tendue par une patrouille allemande (en fait des soldats du du régiment « Deutschland », de la division SS Das Reich), qui recherche le major Helmut Kämpfe, qui avait été capturé près de Sauviat-sur-Vige par les résistants de Jean Canou appartenant au groupe de Georges Guingouin.Voir sur aerostories.org..

Déportation Elle est emmenée à Limoges à la villa Tivoli, siège local de la Gestapo dirigé par August Meier. Elle est interrogée par le capitaine SS Aurel Kowatsch du bureau de la division, qui arrive de Tulle où il été impliqué dans le massacre du 9 juin. Elle est ensuite amenée à Paris, avenue Foch, où elle est interrogée par le SS Sturmbannführer Hans KiefferKieffer fut plus tard exécuté par les Britanniques en tant que criminel de guerre. et elle subit plusieurs semaines d'interrogatoires brutaux sous l'autorité des services de Horst Kopkow. Mais elle ne parle pas.

Le 11 août, elle est déportée en Allemagne, au camp de concentration de RavensbrückRavensbrück, le camp de concentration situé dans les marais du Mecklembourg, regroupait femmes provenant de tous les pays occupés. avec deux autres femmes du SOE, Lilian Rolfe (par le même convoi I.262) et Denise Bloch (par le convoi du I.264). À Ravensbrück, elle reçoit le matricule 61143.. Au cours du trajet en train vers Ravensbrück, une attaque aérienne survient. Les gardiens cherchent à se mettre à l'abri. Bien qu'enchaînée à un autre prisonnier, elle parvient à apporter une bouteille d'eau à des officiers britanniques blessés. Les trois femmes restent trois semaines à Ravensbrück. Elles sont transférées ensuite à Torgau, un camp de travail d'où elles envisagent de s'évader, puis à Königsberg et de nouveau à Ravensbrück. Elles effectuent des travaux forcés, souffrent de malnutrition et d'épuisement.

En 1945, les armées alliées pénètrent en Allemagne. Après la prise de Varsovie, les Russes avancent en Prusse Orientale.

Entre le et le , Violette Szabo, Denise Bloch et Lilian RolfeToutes trois avaient été entraînées en Angleterre dans la même session (à vérifier). sont extraites de leur cellule et conduites dans une cour, derrière le four crématoire. Denise Bloch, très diminuée et Lilian Rolfe, qui souffre d'une pneumonie, doivent être portées sur des brancards. Violette Szabo peut marcherCette scène a été décrite par un témoin oculaire, Madame Julie Barry, qui a survécu à sa déportation.. Le commandant du camp, le SS Sturmbannführer Fritz Suhren, lit un ordre émanant de la direction des services de contre-espionnage à Berlin, prescrivant que les trois prisonnières « condamnées à mort » soient exécutées. Il ordonne au SS Scharführer Schülte de procéder aux exécutions. Schülte abat chaque femme d'une balle dans la nuque. Le médecin du camp, le SS Sturmführer Richard Trommer, constate leur décès. Les corps sont aussitôt portés au four crématoire et incinérés.

Distinctions Royaume-Uni Membre de l'Order of the British Empire (MBE). 1946 : Le , Violette Szabo reçoit la George Cross (GC) à titre posthume. C'est la seconde femme à la recevoir. France , avec étoile de bronze (1947) (décret du ).

Postérité Monuments et musées France En tant que l'un des de la du SOE morts pour la France, Violette Szabo est honorée au mémorial de Valençay, Indre. À Sussac, une stèle est élevée à sa mémoire, là même où elle a sauté le matin du . Il existe également une stèle à Salon-la-Tour, inaugurée en 2015 en présence de sa fille.. Un panneau est consacré à Violette Szabo au musée de la Résistance de Peyrat-le-Château (Haute-Vienne).

Royaume-Uni Le a été inauguré le à Herefordshire. Mémorial de Brookwood : panneau 26, colonne 3. Memorial, Lambeth Town Hall. Les Jersey War Tunnels à Saint-Laurent (Jersey) disposent d'une salle d'exposition permanente consacrée à Violette Szabo.

Voies La commune de Noyelles-sur-Mer, où Violette Szabo a passé une partie de son enfance, a donné son nom à une rue. La commune de Pont-Remy (Somme) a apposé une plaque à son nom, là ou elle jouait pendant ses vacances scolaires chez sa tante. Tous les , la commune commémore sa mémoire en déposant une gerbe. Il existe des rues au nom de Violette Szabo à Toulouse, Limoges, Ambazac et Condat-sur-Vienne..

Œuvres d'art En 2001, une peinture murale dédiée à Violette Szabo a été inaugurée à Londres. Due à Brian Barnes, avec l'assistance des enfants de la Stockwell Park School, cette peinture se trouve au Stockwell War Memorial (Stockwell Road, Stockwell, South London), à l'extérieur de l'entrée d'un abri souterrain. En 2008, à Londres, a été dévoilée une sculpture représentant le buste de Violette Szabo. Ce bronze dû à Karen Newman est placé à l'extérieur du Lambeth Palace, sur le Albert Embankment de la Tamise, en face du Palais de Westminster.

Cinéma Ses activités ont donné lieu au film Agent secret S.Z., basé sur le livre éponyme de R.J. Minney.

Jeu vidéo Le jeu vidéo Velvet Assassin (2009) s'inspire de sa vie.