La , également surnommée « ligne de la Tarentaise » du nom de la vallée qu'elle remonte, est un axe important des Alpes françaises, qui relie Saint-Pierre-d'Albigny (dans la combe de Savoie, sur l'axe de la Maurienne) à Bourg-Saint-Maurice.

Desservant l'une des plus grosses concentrations de stations de sports d'hiver au monde, elle est parcourue par de nombreux TGV l'hiver, qui s'ajoutent à des TER et à une trame légère de trains de fret locaux.

Elle constitue la ligne du réseau ferré national français.

Histoire Origine Le royaume de Piémont-Sardaigne avait concédé une ligne d'Ayton sur Annecy par Albertville à la Compagnie du chemin de fer Victor-Emmanuel par une loi du . À la suite du rattachement de la Savoie à la France en , la convention signée le entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la Compagnie du chemin de fer Victor-Emmanuel dégageait la compagnie de l'obligation de créer cette ligne. Cette convention est approuvée par décret le 27 mai 1863.

La ligne entre Saint-Pierre-d'Albigny et Albertville est concédée à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) par une convention signée entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la compagnie le . Cette convention est approuvée par un décret impérial le .

La ligne entre Albertville et Moûtiers est déclaré d'utilité publique au titre de l'intérêt local et concédé au département de la Savoie par décret le . Selon les termes de conventions signées entre le conseil général de la Savoie et Monsieur Théodore de Saint-Pierre les , , et , la concession est rétrocédée à la compagnie représentée par ce dernier. La ligne d'Albertville à Moûtiers est intégré dans le réseau d'intérêt général par une loi le . Elle est concédée à titre définitif à la Compagnie PLM le .

Construction Les de la ligne de la Tarentaise ont mis en tout 34 ans pour voir le jour, avec deux coupures dans les travaux de respectivement . Alors que les contraintes auraient dû être purement techniques (la vallée de la Tarentaise étant en effet par endroits extrêmement encaissée), ce sont surtout des considérations politiques qui ont retardé les travaux.

En effet, au début des années 1880, l'Italie entre dans la Triple-Alliance suscitée par Otto von Bismarck alors premier chancelier de l’Empire allemand, vis-à-vis de laquelle les rancœurs liées à la dernière guerre sont encore bien présentes. Cette union entre l'Italie et la Prusse attire l'attention des autorités françaises en ce qui concerne la protection de la frontière des Alpes et la construction de la ligne gagne en priorité. Lorsque le chemin de fer arrive à Moûtiers en 1893, les volontés établies ne sont alors pas uniquement celle de la desserte locale de la vallée et très peu de temps après se pose déjà la question d'un prolongement vers Bourg-Saint-Maurice et la frontière située au col du Petit-Saint-Bernard. L'homme politique local et futur député Francis Carquet édite notamment une brochure Le percement du Petit-Saint-Bernard. Étude des avantages incontestables que présente la ligne du Petit-Saint-Bernard sur celles du Simplon et du Mont-Blanc considérées comme voies internationales (1880-81).

Mais les rapports franco-italiens se re-détendent à partir de 1896 et l'idée d'un prolongement vers la frontière n'est plus dans les priorités. La section de ligne de Moûtiers à Bourg-Saint-Maurice est concédée à la Compagnie PLM par une convention signée entre le ministre des Travaux publics et la compagnie le . Cette convention est approuvée par une loi le . La section de Moûtiers à Bourg-Saint-Maurice ne sera ouverte qu’en 1913.

Un projet de tunnel ferroviaire sous le col du Petit-Saint-Bernard avait même été élaboré pour se connecter à l'extrémité de la ligne d'Aoste à Pré-Saint-Didier dans le val d'Aoste, mais finalement jamais réalisé.

Chronologie 27 octobre 1879 : de Saint-Pierre-d'Albigny à Albertville 1893 : d'Albertville à Moûtiers 20 novembre 1913 : de Moûtiers à Bourg-Saint-Maurice 1988 : travaux d'électrification de la ligneavec mise en service le 18 novembre de cette même année. 8 au 23 février 1992 : mise en service de trains spéciaux pour les Jeux Olympiques d'hiver d'Albertville

Caractéristiques vignette|La ligne de la Tarentaise à droite, au point de bifurcation avec la ligne de la Maurienne. thumb|UM de TGV Duplex quittant la ligne de la Tarentaise à gauche et passant les trois aiguilles pour poursuivre sur la ligne à double voie venant de la Maurienne.

Tracé C'est une ligne de montagne à une seul voie (sous voie banalisée), mais compte tenu de la densité des circulations en saison touristique, outre les deux gares importantes d'arrêt général d'Albertville et Moutiers, des évitements permettent le croisement des rames montantes et descendantes à Grésy-sur-Isère, Frontenex, La Bâthie, Cevins, Notre-Dame-de-Briançon, Aigueblanche, Pomblière-Saint-Marcel, Centron, Aime-la-Plagne, et Landry.

Entre Albertville et Moûtiers, le tracé est relativement plat et rectiligne avec une déclivité maximale de et un rayon minimal de courbe à , autorisant des vitesses atteignant . Entre Moûtiers et Bourg-Saint-Maurice en revanche, le tracé comporte plus de déclivités dont la plus importante est de et le rayon minimal de courbes est compris entre et , des caractéristiques réduisant la vitesse limite à .

Du fait de sa situation en fond de vallée après Albertville, la ligne a subi de nombreux éboulements, notamment entre Moûtiers et Saint-Marcel. Le dernier gros éboulement remonte ainsi à et avait causé l'interruption de la circulation des trains entre Moûtiers et Bourg-Saint-Maurice pendant 4 mois pour dégagements des éboulis et remise en état de la voie.

Électrification thumb|Passage de à dans le sens du retour à Albertville. Pour le trafic voyageurs, en 1976, l'introduction des RGP réversibles a permis de réduire les inconvénients de la traction autonome en réduisant sensiblement le délai de rebroussement à Albertville et procurant un gain de temps de sur les liaisons directes entre Lyon et Bourg-Saint-Maurice par Saint-André-le-Gaz.. La perspective des Jeux Olympiques d'hiver de 1992 entraînera une modernisation plus substantielle de la ligne : à compter du service d'hiver 1988, elle sera entièrement électrifiée le de cette même année avec l'arrivée du TGV Sud-Est le , les voies d'évitements dans les gares seront reconstruites, la signalisation sera rénovée et entièrement automatisée, etc.

La ligne possède les deux principaux systèmes d'électrification du réseau ferré en France : section de Saint-Pierre-d'Albigny à Albertville : continu, même tension que la ligne de la Maurienne à laquelle elle est reliée ; section d'Albertville à Bourg-Saint-Maurice : alternatif.

Avant l'électrification, deux locomotives Diesel BB 67000/300 du dépôt de Chambéry et BB 67400 dont l'établissement cité précédemment sera le premier à recevoir la première de série de ces dernières, jumelées étaient nécessaires pour affronter les fortes pentes de la ligne, le conditionnement des rames voyageurs (chauffage ou climatisation) et pour maintenir une vitesse constante des trains.

Vitesses limites Vitesses limites de la ligne en 2012 pour les autorails, les TGV et Z2 dans les deux sens de circulation (certaines catégories de trains, comme les trains de marchandises, possèdent des limites plus faibles)Renseignements techniques SNCF/RFF - RT 5077 Chambéry - Bourg-Saint-Maurice :

De À Limite St-Pierre-d'Albigny Bif. Km 1,8 Km 16,7 100 Km 16,7 Albertville 120 Albertville Km 34,7 140 Km 34,7 Moûtiers - Salins 110 Moûtiers - Salins Bourg-Saint-Maurice 80

Liste des gares Gare Pk Altitude Ouverture Fermeture Observation Saint-Pierre-d'Albigny 0,000 295 m 1876 Année d'ouverture de la seconde gare, origine de la ligne Fréterive 6,135 296 m 1949 Années 1970 Grésy-sur-Isère 9,629 313 m 1879 Frontenex 15,887 320 m 1879 La Rachy-Gilly 20,601 331 m ? Albertville 23,625 338 m 1879 Tours-en-Savoie 29,559 348 m 1990 La Bâthie 32,891 362 m 1893 1994 Cevins 36,877 382 m 1893 1993 Notre-Dame-de-Briançon 43,604 425 m 1893 Petit-Cœur-La Léchère 45,950 445 m 2010 Aigueblanche 49,473 472 m 1893 ? Moûtiers-Salins-Brides-les-Bains 51,659 479 m 1893 Pomblière-Saint-Marcel 57,229 554 m 1913 ? Centron 61,663 605 m 1913 ? Aime-La Plagne 66,556 662 m 1913 Landry 73,935 743 m 1913 Hauteville-Gondon 77,055 776 m 1913 ? Bourg-Saint-Maurice 80,212 813 m 1913

Galerie de photographies

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes Ligne de Culoz à Modane (frontière) Ligne d'Annecy à Albertville Ligne de Pré-Saint-Didier à Bourg-Saint-Maurice Liste des lignes de chemin de fer de France Vallée de la Tarentaise Transports en Savoie

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