vignette|Le Merle noir est un chanteur virtuose. Son perchoir improvisé lui permet de dominer son environnement proche, visuellement et auditivement (île de Fionie, Danemark). vignette|Chant mélodieux : strophes de 3-5 secondes. aux motifs variés composés de sifflements flûtés, et d'une finale suraiguë moins sonore (merle noir). vignette|Cri d'alarme tix-tix-tix-tix (merle noir).
Les oiseaux émettent des vocalises comme la plupart des vertébrés terrestres, qu'ils produisent au moyen de leur syrinx. Ces vocalises sont de deux ordres : les vocalisations de communication dirigée (appel au nourrissage, alerte d'un danger, apaisement) ; les vocalisations d'agression ritualisée (marquage de l'espace territorial, avertissement d'agressivité)..
Dans le langage parlé et non scientifique, lorsque ces sons paraissent mélodieux à l'oreille humaine, ils sont désignés sous le terme de chants. En ornithologie, une distinction est faite entre les chants et les cris. Par ailleurs, les Passeriformes (notamment les Oscines), s'ils sont surnommés , ne sont pas les seuls à pouvoir vocaliser.
L'être humain différencie bon nombre de ces chants ou sons et leur a donné un nom particulier, par exemple roucoulement, piaillement, cancanement. Parfois, le nom vernaculaire d'un oiseau évoque ses vocalises comme pour les coucous. Le terme coq en français est issu du chant que les locuteurs francophones transcrivent en ., alors qu'il est transcrit par les locuteurs germanophones, etc. Ces relations étymologiques sont étudiées en .
Définition vignette|Oisillons de merle noir piaillant pour obtenir la becquée.
La distinction entre les cris et les chants est basée sur la complexité, la longueur, et le contexte. Les chants sont plus longs et plus complexes et servent à défendre le territoire ou à courtiser des partenaires sexuels, alors que les cris ont tendance à servir d'alarme en cas de danger, de quémande de nourriture, ou à maintenir le contact au sein d'un groupe social.
D'une manière générale, l'oiseau babille, chante, gazouille, jabote, piaille, piaule, ramageAnimaux communs en français..
Le piaillement est un appel bref, les oisillons piaillent pour réclamer de la becquée. Le pépiement est une série de petits cris brefs, peu sonores. Le babil est un chant répétitif qui ressemble à un récit des humains. La distinction entre chant et cris est quelque peu arbitraire. On considère cependant les chants comme plus longs et plus complexes. Dans North American Bird Songs (1977), Poul Bondesen propose la classification suivante : le staccato est la répétition rapide d'une fréquence constante au timbre assez pur ; le glissando montant ou descendant est le changement rapide et continu d'une fréquence ; le coup est un glissando très rapide ; le vibrato ou la trille est une syllabe consistant en une alternance très rapide de « notes » glissées identiques ; le sifflement est un chant composé de « notes » simples et relativement puissantes émises de manière discontinue ; le gazouillis est un chant composé de « notes » de divers timbres et fréquences. Les vocalises les plus complexes servent toujours aux préludes amoureux. Les autres sons servent à exprimer une menace, la peur ou à signaler son autorité sur un territoire (voir ). Le cri d'un oiseau exprime tantôt un appel, une menace, la peur, un signal d'avertissement ou une demande. Certaines espèces d'oiseaux sont capables d'imiter les autres oiseaux. Un ornithologue amateur a ainsi observé 15 espèces d'oiseaux différentes imiter 54 espèces d'oiseaux au total, au moins une fois, entre 1980 et 2010 en Eure-et-Loir. Les étourneaux savent imiter des bribes de chants notamment ceux du loriot, ce qui peut dérouter certains observateurs .. La rousserolle verderolle inclut dans son répertoire des chants de dizaines d'oiseaux dont certaines espèces qu'elle rencontre en Afrique durant son hivernage. Certaines espèces telles les Mainates et certains Psittacidae peuvent même imiter l'être humain.
En 2020, Régis Petit a proposé une classification des traits saillants des chants et cris des oiseaux, basée à la fois sur le langage parlé et sur la notation musicale (voir référence en Liens externes) : Le Nombre de sons successifs constituant la phrase (indépendamment des silences) est le trait saillant principal. Le Trille (vs Tremolo) est soit un "r roulé" comme dans le langage parlé, soit une itération rapide sur un ou plusieurs sons, de type tremolo ou trille en musique. Le Glissando est le glissando en musique, c'est-à-dire une variation de hauteur du même son, du grave vers l'aigu ou inversement. Le glissando peut être ascendant ou descendant, continu ou granulaire selon que la variation porte sur un seul son ou sur une itération du même son. Le Vibrato est le vibrato en musique, c'est-à-dire une petite fluctuation continue de hauteur du même son. Le Gazouillis est une succession de sons vocaux difficilement séparables, car trop rapides ou trop aigus. Un gazouillis peut se caractériser globalement par sa durée, notamment quand elle est longue (plus de 10 secondes), son tempo, notamment quand il est lent (moins de 5 Sons par seconde), son rythme, notamment quand il est continu (sans pause), et sa ligne mélodique, notamment quand elle est constamment changeante avec très peu de mots identiques. Le Timbre des sons constituant la phrase est également un trait saillant, chaque son étant caractérisé par une syllabe composée de phonèmes, eux-mêmes caractérisés par des formants plus ou moins bruités, comme dans le langage parlé. Par exemple, le cri de la chouette hulotte ("ouh.iiik") comporte deux syllabes "ouh" et "iiik", composées elles-mêmes des phonèmes "ou", "i" et "k".
Rôle social La plupart des espèces chantent, les espèces qui ne chantent jamais, comme les cigognes, font plutôt exception. Les rossignols et les Passeri sont reconnus pour leur chant. Ce sont les mâles qui ont en général le chant le plus complexe pour séduire les femelles ou marquer leur territoire. Ils chantent donc le plus souvent au printemps dans les régions boréales, mais les espèces qui élèvent deux couvées par saison, comme les troglodytes, chantent entre les couvées. Ils possèdent un répertoire de chants, avec un chant précis pour certaines situations. Certaines espèces peuvent chanter en duo. Les chants peuvent évoluer en fonction de la saison des amours.
Chez certaines espèces, le chant est inné tandis que pour d'autres le chant est appris à l'écoute des oiseaux de la même espèce (oisillon écoutant et imitant les vocalisations des adultes qui l'entourent en émettant d'abord un babil puis un chant rudimentaire et enfin le chant pur lors de la ) mais peut aussi inclure des vocalises d'autres espèces. Il en résulte que chaque population dispose de ses chants propres et que chaque individu a sa propre particularité vocale. Si les jeunes oiseaux peuvent chanter, ils n'ont pas la dextérité de leurs aînés (la plupart du temps mâle), l'aptitude à chanter s'affinera en vieillissant. Si cette période d'apprentissage, chez certaines espèces comme le Diamant mandarin, est perturbée, la capacité à chanter se dégrade. Chez cette espèce il faut 20 jours pour que l'oisillon s'imprègne des vocalises de l'adulte et 35 jours pour développer le sien. À 90 jours, devenu adulte, son chant ne varie plus.
Le chant joue un rôle de communication sociale très important : on sait qu'un oiseau isolé ou sans femelle chante plus fort qu'en couple. Cette caractéristique est utilisée pour faire parler les Psittacidae et les mainates ; le chant contribue aussi à la cohésion dans les grands rassemblements d'oiseaux, en rondes. Et dans le couple, chez les espèces qui couvent et élèvent les petits de manière biparentale, il sert à "négocier" le partage et la succession des tâches (ainsi, le pinsons zébré, Taeniopygia guttata, forme un couple monogames, à vie, où les partenaires sont très coordonnés et co-incubent leurs œufs ; Le chant est utilisé par les mâles pour séduire les femelles, et pour revendiquer un territoire. Il en résulte que des mâles, privés de cette aptitude, gardent plus difficilement leur territoireMcDonald, M.V. (1989). Function of song in Scott's seaside sparrow, Ammodramus maritimus peninsulae. Anim. Behav. 38:468-485..
Les alarmes De nombreux oiseaux émettent des cris d'alarme, éventuellement reconnus par d'autres espèces, tel le cri du geai des chênes qui semble alerter d'autres espèces que des intrus se présentent sur leur territoire. L'enregistrement de cris d'alarme a été utilisé comme effaroucheur d'oiseau, en ne gardant que les signaux de détresse, pour éloigner certains groupes d'oiseaux des pistes d'aérodromes. ou d'espaces verts urbains.
La capacité à apprendre et/ou imiter les sons Les perroquets et les mainates sont connus pour leurs capacités à mémoriser et répéter une grande variété de sons, dont le langage humain, mais certains oiseaux sont capables d'imiter d'autres espèces ou même différents bruits. Le Loriot peut par exemple imiter le miaulement du chat. L'Oiseau-lyre superbe quant à lui peut imiter une foreuse ou un appareil photoBird sounds from the lyre bird - David Attenborough - BBC wildlife - document YouTube..
Trois groupes d'oiseaux sont capables d'imiter d'autres oiseaux : la famille des Psittacidés (perruches et perroquets), la famille des Trochilidés (colibris) et le sous-ordre des Oscines ou Passeri (environ les deux tiers des passereaux tels que le Merle noir, le Rossignol philomèle et le Canari).
Uniquement sur le territoire eurélien, un ornithologue amateur a déjà observé 15 espèces d'oiseaux imiter au moins une autre espèce d'oiseau, au moins une fois, entre 1980 et 2010. Au total, ces 15 espèces en ont imité 54 différentes. Ainsi, l'étourneau sansonnet a déjà imité 25 espèces d'oiseaux différentes ainsi que la grenouille verte, sur ce territoire tandis que seulement 2 individus de rousserolle verderolle ont imité 12 espèces d'oiseaux différentes. La mésange charbonnière a déjà imité 9 autres espèces aviaires. Dans son chant très élaboré, la grive musicienne modifie l'ordre, la structure des motifs musicaux et intègre parfois des cris ou des chants d'autres espèces. La grive musicienne a ainsi déjà imité le chant et/ou le cri de 8 autres espèces d'oiseaux. Le geai des chênes a déjà imité 8 espèces aviaires, une espèce d'amphibien (la grenouille verte) et des gémissements humains.
Organes L'organe producteur de son L'organe vocal aviaire s'appelle le syrinx. C'est une structure cartilagineuse au fond de la trachée qui possède deux cavités ou pavillons. Cette structure, à laquelle s'ajoute pour certaines espèces une poche d'air formant une caisse de résonance, vibre et produit des sons en faisant changer les volumes des membranes des cavités. Les oiseaux peuvent commander les vibrations de chacune des cavités indépendamment ce qui permet à certaines espèces de produire deux « notes » simultanément.
Le cerveau , seuls trois ordres regroupent des oiseaux avec la capacité d'apprendre leurs vocalises, les Trochiliformes, les Passeriformes, les Psittaciformes. Ils apprennent d'une manière assez semblable à la façon dont les enfants apprennent à parler. Ils doivent mémoriser les sons et les reproduire dans un bon contexte. Il a été montré, par contre que les Galliformes ne reproduisent les sons que d'une façon innée.
Ces trois ordres d'oiseaux ne sont pas très proches pourtant leurs adaptations sont similaires. Il a été montré que ces oiseaux utilisent les sept même aires de leur cerveau pour vocaliser et que ces aires ne sont pas présentes pour les espèces des autres ordres. Ceci soulève une question sur l'évolution des oiseaux. Soit ils héritent tous d'un ancêtre commun disposant de ces facultés, perdue pour les autres ordres, soit il s'agit d'une convergence évolutive « normale » liée à la structure des cerveaux des oiseaux.