Randstad est un groupe d'entreprises néerlandaises dans le domaine de l’intérim et des services en ressources humaines fondé en 1960 aux Pays-Bas par .

Au niveau mondial, Randstad fait partie des plus grand groupe de services en ressources humaines après Hays, Michael Page, Labor Opus Group et Korn Ferry. La première place est occupée par l’entreprise suisse Adecco. Randstad opère aussi sous le nom de (aux Pays-Bas).

Présentation Randstad opère dans 39 pays. Chaque jour, plus de intérimaires travaillent dans des entreprises par l’intermédiaire de Randstad. Dans le monde, Randstad dispose de plus de agences.

Son fondateur, , est l’actionnaire principal jusqu'à sa mort en 2024. Le siège social du groupe international se trouve à Diemen, aux Pays-Bas.

Histoire

1960-1970 : le début de l’entreprise

thumb|Le premier siège social de Randstad en 1960 : une chambre d’étudiant dans la rue Sloterkade à Amsterdam.

Randstad a été fondée en 1960 par et Ger Daleboudt, qui étudiaient tous deux l’économie à l'université libre d'Amsterdam aux Pays-Bas. Frits Goldschmeding venait d’écrire une thèse consacrée au phénomène du travail temporaire, qui n’existait alors pratiquement pas aux Pays-Bas en 1960. Cette thèse montrait que les entreprises louaient facilement des machines ou bâtiments supplémentaires en cas de fort besoin mais ne faisaient pas la même chose avec le personnel. Les entreprises n’avaient donc pas assez de travail et trop d’employés pendant les périodes creuses et trop de travail et pas assez de personnel pendant les périodes à forte demande. Frits Goldschmeding estimait que la flexibilité du marché du travail devrait permettre aux employeurs de mieux suivre les fluctuations de l’économie et que les employés pourraient ainsi changer d’emploi plus facilement et acquérir de l’expérience plus rapidement.

Ce qui n’était au départ qu’une thèse, est vite devenue un plan d’action pour lancer une agence d’intérim avec son camarade Ger Daleboudt. Les premiers dépliants furent tapés dans la chambre d’étudiant de Goldschmeding, dans la rue Sloterkade à Amsterdam. L’agence s’appelle tout d’abord « Uitzendbureau Amstelveen ». Le début d’une grande réussite ! Le premier exercice (1960) se boucle avec un bénéfice de . L’année suivante, le bénéfice est de , soit près de fois plus.

Cette réussite ne s’explique pas uniquement par le travail des deux étudiants. La situation économique leur est favorable : les années 1960 sont une période d’expansion, la demande en travailleurs est forte. Un nouveau groupe fait son apparition sur le marché du travail : les femmes mariées. Elles trouvent tout d’abord des emplois de sténodactylos ou de perforatrices. Pendant les premières années, l’agence d’intérim « Uitzendbureau Amstelveen » délègue principalement des travailleurs intérimaires aux banques, aux compagnies d’assurances et au secteur de la santé.

Après avoir achevé leurs études en 1963, Goldschmeding et Daleboudt s’installent dans leurs premiers véritables bureaux, situés tout près du parc Vondel Vondelpark à Amsterdam.

thumb|Les fondateurs Ger Daleboudt et Frits Goldschmeding (à droite), huit ans après la création de leur entreprise.

Le nom de « Randstad » En 1963 aussi, l’agence d’intérim ouvre des établissements à Leyde et Rotterdam. Le nom « Uitzendbureau Amstelveen » perd ainsi de sa pertinence ; la direction décide d’appeler l’entreprise « Randstad Uitzendbureau » en suivant le conseil d’un ami spécialiste du marketing. À ce moment-là, Goldschmeding et Daleboudt pensaient que leur société ne s’étendrait pas au-delà de la Randstad (l’agglomération néerlandaise formée par les villes d’Amsterdam, d’Utrecht, de La Haye et de Rotterdam).

L’entreprise a rapidement besoin de capital supplémentaire, qu’elle trouve sous la forme d’un prêt accordé par un entrepreneur dont les affaires marchent bien et l’émission d’actions parmi les amis et la famille. L’injection de capital permet à l’entreprise de prendre vraiment le chemin de la croissance.

Logo de Randstad

Au début de son activité, la branche du travail temporaire doit se battre contre de grands préjugés. On l’associe souvent à des pratiques louches, avec le reproche de faire d’importants bénéfices mais de ne pas payer de cotisations sociales ou de cotisations à l’assurance-maladie. Randstad fait de son mieux pour prouver que le travail temporaire est un secteur utile aussi bien pour les employeurs que pour les employés et que tous les deux en profitent. Comme Randstad fournit principalement du travail à du personnel hautement qualifié. Goldschmeding désire améliorer l’identité visuelle de l’entreprise par la conception d’un meilleur logo, qui sera réalisé par Ben Bos de . Ce logo est toujours utilisé en 2011.

À l’étranger À partir de 1965, Randstad s’étend au-delà des frontières néerlandaises. Elle ouvre un établissement à Bruxelles puis un autre à Londres, en 1967. Après quelques hésitations initiales, l’entreprise décide d’utiliser aussi le nom de Randstad à l’étranger. Le premier établissement allemand s’ouvre en 1968 à Düsseldorf. La France suit en 1973 où elle est représentée par le groupe Randstad France, filiale sous réglementation française.

thumb|Le premier ordinateur de Randstad.

Critiques Dans les années 1970, le travail temporaire n’est pas facilement accepté dans la société. Les critiques sont fréquentes et nombreuses. Pour Randstad, la période 1970-1980 est en grande partie placée sous le signe des réponses aux critiques et de la recherche de la reconnaissance. L’entreprise cherche continuellement le contact avec les médias, de sorte à pouvoir expliquer sa vision.

Les critiques augmentent au fur et à mesure de l’extension du nombre de sociétés de travail temporaire (ASB, Manpower, Evro et Tempo-Team constituent maintenant d’importants acteurs sur le marché). Les sociétés de travail temporaire souffrent toujours d’une mauvaise image. Les syndicats et les partis de gauche estiment que les pouvoirs publics devraient jouer un rôle directeur sur le marché du travail et en particulier sur la délégation de travailleurs. Les syndicats trouvent que les intérimaires n’ont aucun droit ; ils craignent aussi qu’ils gagnent plus que le personnel en CDI et que les employeurs remplacent ce type de contrats par des emplois intérimaires. Randstad estime au contraire qu’elle donne du travail à des personnes qui, sans cela, ne seraient pas actives sur le marché du travail. Les syndicats sont d’avis que seules des personnes faciles à placer sur le marché du travail reçoivent des emplois temporaires et que les intérimaires font uniquement du travail sale et pénible.

Le Ministère néerlandais des Affaires sociales accepte aussi difficilement les agences d’intérim. Il instaure de nombreuses règles qui limitent leurs activités. À tel point que les agences d’intérim n’ont même plus le droit de s’agrandir. Chaque intérimaire doit être très régulièrement enregistré auprès du Ministère, afin de recevoir une autorisation. Les intérimaires n’ont pas le droit de gagner plus que les collaborateurs en CDI. Conséquence imprévue : cette décision entraîne une forte augmentation de la demande en travailleurs intérimaires, en raison de leurs faibles tarifs.

Randstad n’a pas d’autre choix que d’accepter les décisions gouvernementales. Elle essaie toutefois de combattre les restrictions. En collaboration avec l’Association de défense des intérêts des agences intérimaires (ABU), elle entame 22 procès. L’interdiction de s’agrandir est ainsi annulée par les tribunaux.

Consultants en agence

thumb|Des consultantes au travail en agence.

La fonction de consultant en agence naît aussi dans les années 1970. Auparavant, il y avait une division entre, d’une part, la prospection de clients et les contacts avec ceux-ci et, d’autre part, le recrutement et le placement d’intérimaires. Randstad a décidé d’intégrer ces deux fonctions et de les confier à une seule personne. Au début, l’entreprise se concentrait sur les fonctions intérimaires de dactylos, comptables, personnel administratif et secrétaires. Dès 1973, elle a suivi une approche plus large. Les consultants en agence ont commencé à déléguer des intérimaires dans d’autres branches, telles que les secteurs médicaux ou industriels.

Holding À la fin des années 1970, Randstad comprend plusieurs divisions, non seulement dans le travail temporaire à proprement parler mais aussi dans le nettoyage ou la sécurité. Randstad Holding NV est créée en 1978 : toutes les divisions sont alors rassemblées sous ce chapeau. Le siège social de Randstad devient trop petit : les travaux de construction du nouveau bâtiment commencent en 1977 à Diemen.

1980-1990 : croissance continue et introduction en Bourse La période 1980-1990 débute par une récession économique. Randstad est contrainte de se séparer de collaborateurs, ce qui va totalement à l’encontre de sa philosophie. seulement dans le cadre de départs volontaires.

Randstad a compris à temps que l’économie allait reprendre. Elle a devancé ses concurrents et a mis l’accent sur la croissance plutôt que sur la réduction des coûts. La situation s’est améliorée et les agences néerlandaises ont vite retrouvé le chemin de la croissance.

Tempo-Team Le concurrent Tempo-Team résiste moins bien à la récession. À la fin de l’année 1982, l’entreprise doit rechercher un partenaire pour une reprise. Randstad accepte de reprendre Tempo-Team pour et de rembourser une dette importante. Randstad dispose dès lors d’une deuxième marque sur le marché. Dès le début, Tempo-Team opère d’une manière un peu différente. Plutôt que de recourir à des personnes entrant sur le marché du travail, elle choisit des consultants en agence plus âgés, des hommes et des femmes à l’esprit pratique. Orange puis rouge, l’identité visuelle de Tempo-Team diffère clairement de celle de Randstad.

Une convention collective pour le travail temporaire La récession a une deuxième conséquence pour Randstad : le syndicat FNV est de nouveau disposé à entrer en négociations. Pendant la crise économique, les employeurs ont introduit tant de types différents de contrats temporaires que les contrats d’intérim semblaient finalement plutôt favorables en comparaison. Les syndicats reconnaissent que le marché du travail a besoin de travailleurs flexibles. Pour beaucoup de personnes, les emplois intérimaires constituent un tremplin vers un CDI. Les discussions se traduisent en 1986 par une convention collective destinée aux collaborateurs en CDI du secteur de l’intérim et en 1987 par une convention collective pour tous les intérimaires.

Reconnaissance Même les pouvoirs publics changent progressivement de cap. À partir de 1982, alors que le nouveau gouvernement fait face à un taux de chômage élevé, les pouvoirs publics remarquent que les agences d’intérim aident les chômeurs à trouver du travail. Les règles s’assouplissent progressivement. Pour Randstad, c’est une révolution : l’entreprise n’est plus considérée comme faisant partie du problème mais comme un élément de la solution. À l’occasion du de Randstad, le fondateur Frits Goldschmeding reçoit une distinction royale. La reconnaissance de Randstad est alors complète.

Introduction en Bourse