André Lévy (雷威安) est un sinologue français, né le à Tianjin (Chine)Biographie sur le site de l'EFEO. et mort le à Villenave-d'OrnonÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970.. Professeur aux universités de Bordeaux et de Paris-VII, membre du CNRS, il fut un grand chercheur et traducteur. On lui doit plusieurs études sur la littérature chinoise, ainsi que plusieurs traduction d'œuvres littéraires, en particulier des deux dernières dynasties chinoises (Ming et Qing), en particulier La pérégrination vers l’Ouest (« Xiyou ji) », voyage romancé du pèlerin bouddhiste chinois Xuanzang vers l’Inde à la recherche des textes sacrés du bouddhisme, ainsi que le Jin Ping Mei (« Fleur en fiole d’or »), tous deux publiés dans la collection Bibliothèque de la Pléiade chez Gallimard. Biographie Jeunesse et formation gauche|vignette|Publicité dans un journal chinois pour le commerce du père de A. Lévy. André Lévy a été baigné de culture chinoise durant son enfance. En effet, c'est dans la concession française de Tientsin (aujourd'hui Tianjin, à au sud-ouest de Pékin) qu'il naît en 1925. Son père, Marx Lévy, y tient une bijouterie-joaillerie sur Victoria Road (ainsi qu'une autre enseigne à Pékin)Jiakun Chen, « André Lévy (1925-2017). Petite biographie d’un grand sinologue-traducteur », Impressions d'Extrême-Orient, n° 14, 2022 (V. Bibliographie en fin de page). Et c'est dans cette ville qu'il passe son enfance, vivant entre les cultures française (avec l'école) et chinoise, en particulier mandchoue. Mais en 1937, la famille doit quitter le pays, qui est pris dans la seconde guerre sino-japonaise. André Lévy gardera une nostalgie durable de cette enfance chinoise. Toutefois, sa nourrice d'origine mandchoue le suit en France, si bien qu'il continuera ainsi à pratiquer le chinois oral; c'est auprès d'elle que A. Lévy gagnera son goût pour la nouvelle classique et les contes populaires en langue parléeJ.F. Sabouret, « Interview d'André Lévy », Impressions d'Extrême-Orient, n° 14, 2022..

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, après les années d’Occupation et à la suite de son engagement dans les maquis d’Auvergne, il s’inscrit à l'École des langues orientales, où il obtient les diplômes de chinois et de hindi, tout en suivant des études de sanskrit à la Sorbonne, où il obtient une licence de lettres.

Carrière Il épouse une étudiante norvégienne du nom d'Anne-Marie qu'il a connue à l'INALCO — sanskritiste, elle enseignera à l'université Bordeaux-III et écrira plusieurs romans et essais liés à l'Asie. Le couple séjourne à plusieurs reprises en Inde et à Ceylan sur une période de deux ans dans le cadre des activités de A. Lévy au sein du CNRS. En 1958, il a la charge d'assurer l'intérim de la direction de l'EFEO à Hanoi quelque temps avant sa fermeture dans le contexte de la guerre froide et des agitations au Vietnam. C'est au cours de ce séjour qu'il découvre la littérature chinoise en langue vulgaire dans les librairies de Hanoi. Il en fera plus tard le sujet de sa thèse.

A. Lévy s'établit ensuite à Kyôto en 1959, dont l'université est réputé pour les études de littérature chinoise et qui dispose d’une bibliothèque particulièrement prestigieuse au Japon, la Jimbun Kagaku Kenkyûsho. En 1966, il quitte Kyôto pour Hong Kong, toujours en qualité de chercheur auprès de l'EFEO. En 1969, il dirige les études chinoises à l'université de Bordeaux, avec une interruption entre 1981 et 1984, lorsqu'il assume la direction de l'unité de l'Asie orientale à l'université de Paris-VII.

La documentation qu'il a progressivement acquise lui permet de réaliser une œuvre importante qui devient sa thèse de doctorat d'État, soutenue en 1974, intitulée Le conte en langue vulgaire du . Vogue et déclin d’un genre narratif de la littérature chinoise; ce travail sera couronné du prix Giles 1976. On peut dire que d'une manière générale, ses travaux et publications se rapportent à la littérature chinoise dite prémoderne ou classique.

En 1995, il est professeur émérite de l'université Bordeaux-III.

Mort André Lévy meurt le . Une plaque commémorative dédiée à André Lévy et à son épouse Anne-Marie a été apposée sur la tombe familiale paternelle au cimetière du Montparnasse (division 29). Le sinologue Vincent Durand-Dastès écrit à cette occasion :

Son épouse meurt le à l'âge de 93 ans.

Les enfants ont fait don de la bibliothèque personnelle de leur père au fonds chinois de la Bibliothèque municipale de Lyon en 2023. centré|vignette|L'hôtel Astor House et Victoria Road. Concession britannique de Tientsin vers 1930.

Hommages et distinctions Médaille de bronze du CNRS 1992 : 1998 :

Liste d'œuvres et de traductions Ci-après, une sélection de travaux d'A. LévyPour une liste complète des travaux d'André Lévy, on se reportera à l'article de Pierre Kaser et al., 2018. (V. ci-dessous la section « Bibliographie ».).

Auteur « Compte-rendu de Fleur sur l'océan des péchés », Études chinoises, , 1982, p. 75-80 « La passion de traduire » (Archive) dans Vivianne Alleton et Michael Lackner (Dir.), De l'un au multiple: traductions du chinois vers les langues européennes Translations from Chinese into European Languages, Paris, Éditions de la maison des sciences de l'homme, 1999, . 1971, Études sur le conte et le roman chinois, Paris, EFEO (PEFEO, 82). 1978, Inventaire analytique et critique du conte chinois en langue vulgaire, Paris, Collège de France/IHEC (Mémoire de l'Institut des hautes études chinoise, 8-1). 1981, Le conte en langue vulgaire du . Vogue et déclin d'un genre narratif de la littérature chinoise, Paris, Institut des hautes études chinoises, [Prix Giles 1976]. 1991, La Littérature chinoise ancienne et classique, Presses universitaires de France, .

Traducteur 1972 : L'Antre aux fantômes des collines de l'Ouest, sept contes chinois anciens, , trad., introd., notes et commentaires, Paris, Gallimard (« Connaissance de l'Orient », 38). 1981 : Sept victimes pour un oiseau, précédé d'une introduction sur le conte policier ou judiciaire chinois, neuf pièces traduites, annotées et commentées, Paris, Flammarion. 1983 : Bai Xianyong, Garçon de cristal 1985 : Jin Ping Mei, Fleur en Fiole d'Or, introd., trad. et notes, préface de René Étiemble, Paris, Gallimard (« La Pléiade »). 1986 : Nouvelles lettres édifiantes et curieuses d'Extrême-Occident par des voyageurs lettrés chinois, Paris, Seghers. 1991 : La pérégrination vers l'ouest, trad. annotée & critique du Xiyou Ji, Paris, Gallimard (« La Pléiade »). 1995: 1996 : Pu Songling, Chroniques de l'étrange, Arles, Philippe Picquier. 1997 : Épingle de femme sous le bonnet viril, chronique d'un loyal amour, trad. de la première nouvelle du Bian Er Zhai, préf. Michel Braudeau, Paris, Mercure de France.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Revue Impressions d'Extrême-Orient « Hommage à André Lévy », n° 14, 2022. Numéro dirigé par Pierre Kaser, Loïc Aloisio, Jiakun Chen et Solange Cruveillé

Filmographie Jean-François Sabouret et Momoko Seto, Paroles d’Asie et du Pacifique. André Lévy. Entretien avec Jean-François Sabouret, Réseau Asie – Imasie, 2010, film de 52 min.

Liens externes

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