Les Identitaires (connus un temps sous le nom de Bloc identitaire – Mouvement social européen) est un mouvement politique d'extrême droite français se revendiquant comme identitaire, fondé en 2002 et qui s'est transformé en parti politique en 2009. Après sa transformation en parti, le mouvement participe à certaines élections et à des campagnes électorales, tout en continuant à privilégier les méthodes de type activiste et les actions symboliques.

Fondé le , le mouvement est une composante de la mouvance identitaire en France. Il s'oppose à la poursuite de l'immigration extra-européenne, à l'islam et adopte la théorie raciste du « grand remplacement ». À la différence de l'extrême droite traditionnelle et des nationalistes-révolutionnaires., il affirme rejeter toute forme d'antisémitisme et d'antisionisme.

Il se réclame à la fois du nationalisme régional, historique (correspondant aux États-nations) et européen. Dominique Venner, Pierre Vial et Guillaume Faye comptent parmi les principaux inspirateurs du mouvement.

Le mouvement est décrit par les médias comme étant d'extrême droite« Le mouvement d'extrême droite Bloc identitaire se lance dans les régionales », Le Point, Abel Mestre et Caroline Monnot, « Du Bloc identitaire au FN, l'extrême droite française se concentre sur la peur de l'islam », Le Monde, identitaire et nationaliste. Il est également qualifié de nationaliste blanc.., néofasciste., raciste et islamophobe..

Génération identitaire, son mouvement de jeunesse, mène de façon régulière des actions symboliques, comme l'occupation du chantier de la grande mosquée de Poitiers en 2012. Il prend son autonomie en 2016 ; il est dissous sur ordre du gouvernement français en 2021.

Historique Création En , à la suite de la tentative d'assassinat perpétrée par Maxime Brunerie, membre du Mouvement national républicain (MNR) et sympathisant d'Unité radicale, contre le président de la République française, Jacques Chirac, lors du défilé du , le groupe Unité radicale est dissous. Il était lui-même issu de la fusion de deux mouvances : Nouvelle Résistance/Jeune Résistance/Union des Cercles Résistance d'une part, et Groupe union défense (GUD) de l'autre. Unité radicale a en outre attiré des dissidents d'autres groupuscules d'extrême droite radicale tels que L'Œuvre française et le PNFE (Parti nationaliste français et européen) « critiquant l'inaction, le folklorisme et le passéisme de leurs ex-organisations ».. Les conclusions de l’instruction menée par le juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, rendues en , établissent que l'acte, isolé, n'avait pas de but politiqueVivien Vergnaud, « Maxime Brunerie libéré », Le JDD, .

Deux dirigeants d'Unité radicale, Fabrice Robert et Guillaume Luyt, participent peu après du lancement du site les-identitaires.com et de l'association Les Identitaires. La fondation du Bloc identitaire intervient le à Salon-de-Provence, toujours avec Guillaume Luyt et Fabrice Robert, mais aussi 13 autres personnes dont Philippe Vardon, Olivier et Richard Roudier, André-Yves Beck« Identitaires, Bloc identitaire, Jeunesses identitaires : la soupe aux Vardon », REFLEXes, 9 novembre 2007.. Fabrice Robert devint président du BI et Guillaume Luyt vice-président.. Depuis, le mouvement est en voie de normalisation et la grande majorité de ses militants n'a jamais appartenu à Unité radicale..

Résultats électoraux Le Bloc identitaire se présente pour la première fois à des élections le à Nice, par l'intermédiaire de son mouvement associé Nissa Rebela. Il présente alors un candidat à l'élection cantonale dans le cantonhttp://www.nissarebela.com/wp-content/uploads/documents/profdamien.pdf, récoltant 85 voix, soit 1,9 % des suffrages exprimés..

En 2008, Philippe Vardon, tête de liste aux élections municipales à Nice, obtient 3,0 % des voix., tandis que Benoît Lœuillet, candidat aux élections cantonales dans le canton de Nice-6, recueille 5,1 %.. En , dans ce même canton, lors d'une élection partielle, Benoît Lœuillet obtient 7,7 %, à cinq voix seulement du candidat FN (7,8 %)...

Le Bloc identitaire annonce sa transformation en parti politique à l'occasion de sa convention organisée à Orange, qui rassemble près de , en « La formation politique rassemble plus de en convention encore aujourd'hui », Le Dauphiné libéré, . Il revendique alors .

Lors des élections régionales de 2010, le mouvement soutient plusieurs listes.. Parmi celles-ci : en Provence-Alpes-Côte d'Azur, la liste Ligue du Sud autour de Jacques Bompard recueille 2,7 % des voix au niveau régional et 8,4 % dans le Vaucluse. ; en Alsace, la liste d'Alsace d'abord conduite par Jacques Cordonnier obtient 5,0 % des suffrages, en baisse par rapport au résultat obtenu au premier tour des élections régionales de 2004 (9,4 %).. ; en Languedoc-Roussillon, la liste « Ligue du Midi » recueille 0,7 % des voix..

En 2017, Fabrice Robert indique que Les Identitaires ont ..

Changement de dénomination Le , le mouvement décide de se rebaptiser « Les Identitaires », nom déjà utilisé à ses débuts en 2002www.bloc-identitaire.com/actualite/3251/bloc-identitaire-devient-identitaires.

Idéologie Le mouvement se positionne de diverses manières dans le corpus idéologique d'extrême droite.

Ethno-différentialisme Selon le politologue Stéphane François, le Bloc identitaire est « un courant de l'extrême droite française apparu en […] dont les idées préexistaient depuis la fin des années 1980 ». D'après lui, le Bloc revendique un « socialisme ethniciste », inspiré par l'écrivain collaborationniste et Waffen-SS français Saint-Loup alias Marc Augier, qui fonctionnerait suivant le principe d'aides sociales excluant Juifs et musulmans, comme l'illustreraient les distributions de soupes populaires au cochon. Selon le politologue Stéphane François, « les Identitaires défendent une sorte de « socialisme ethniciste », sous l’influence manifeste de l'écrivain français Marc Augier, dit Saint-Loup, qui peut se résumer de la façon suivante : aider « les nôtres », au sens racial de l’expression, avant « les autres » ».

Le fonds doctrinal du Bloc identitaire proviendrait des travaux des groupes de la Nouvelle droite, comme le GRECE. Le Bloc identitaire a fondé un « Conseil représentatif des associations blanches ». Les identitaires affirment qu'ils « refusent le métissage, vu comme un ethnocide, et l’immigration, perçue comme une colonisation de l’Europe ». Ils évoquent systématiquement l'existence d'un « racisme anti-français ». Stéphane François qualifie cette « peur du mélange ethnique » de « discours mixophobique ». Le Bloc identitaire prône la « remigration » des immigrés extra-européens. Selon François, les identitaires ont parfois établi « des alliances avec des ennemis « raciaux », mais qui partagent la même vision identitaire du monde et le même antisémitisme, comme ce fut le cas avec la Tribu Ka et ses avatars »Stéphane François, « Réflexions sur le mouvement Identitaire 1/2, sur tempspresents.wordpress.com, 2009.

Théorie du « Grand remplacement » Le politologue spécialiste de l'extrême droite Jean-Yves Camus classe le BI dans un premier temps, en 2010, non à l'extrême droite, mais « à droite de la droite » ou dans la « droite radicale »« Oskar Freysinger et ses inquiétantes fréquentations européennes » (interview par Patricia Briel), Le Temps, . Pour lui, .. Dans sa « quête de respectabilité », il tient selon lui à « se démarquer de l'antisémitisme et de l'antisionisme » et est « principalement préoccupé par la croissance de l’islam en Europe et le caractère désagrégateur du multiculturalisme ».. En 2018 J.-Y Camus place les identitaires à l'extrême droite en raison de leur évolution : « Au plan des projets politiques, le FN et les identitaires partagent de plus en plus la thèse du « Grand Remplacement ». Cette théorie a été popularisée par l’écrivain souverainiste et identitaire Renaud Camus. Elle affirme que le substrat ethnico-religieux du peuple français est en passe de changer totalement de nature, en raison d’une immigration de peuplement d’origine extra-européenne. Les deux sous-familles de l’extrême droite divergent par contre sur la manière de répondre à ce constat. ». J-Y Camus ajoute que « les diverses composantes de ce programme conduisent le BI et ceux de ses cadres, qui sont désormais dans l’orbite du FN, à pencher résolument en faveur des positions de Marion Maréchal-Le Pen plutôt que de celles de Marine Le Pen et Florian Philippot ».

Rejet de l'islam Les Identitaires organisent en , en partenariat avec l’association Riposte laïque, les « Assises internationales sur l’islamisation de nos pays ». Bien qu'ils aient affirmé à l'origine une identité païenne - dans le sillage du GRECE d'Alain de Benoist - ils invoquent par la suite une identité catholique qu'il faudrait défendre contre l'islam.

Les Identitaires sont réputés obsédés par l’Islam, mais selon le sociologue Emmanuel Casajus, leur discours islamophobe obéit en réalité à des impératifs tactiques : « il est plus facile de combattre l’obscurantisme supposé d’une religion que de défendre la "race blanche" ».. Les Identitaires ne seraient pas tant préoccupés par l'islam, que par l’origine non-européenne de nombre d'immigrés. Leur insistance sur l'islam s'explique par leur crainte d'être catégorisés comme racistes.

Inspirations et références Dominique Venner, Pierre Vial et Jean Haudry sont les principales références du mouvement.

Selon The Conversation, les identitaires partagent de nombreux thèmes avec le Front national tel que l'antimondialisme et l'opposition à l'islamisation mais d'autres influences s'exercent également sur le mouvement : les socialistes non-marxistes, les théories du communiste italien Antonio Gramsci concernant l'hégémonie culturelle, la doctrine sociale catholique, le système suisse de démocratie directe et la Nouvelle Droite française ont inspiré les Identitaires. Contrairement au FN, iles Identitaires ne se fondent pas sur une identité française d'un Etat centralisé mais sur une identité régionale avec une allégeance au continent européen inspiré de « l'Europe des 100 drapeaux » du nationaliste breton Yann Fouéré.

Le logotype du parti représente un sanglier stylisé, en référence à la couverture de Pourquoi nous combattons, ouvrage publié en 2001 par Guillaume Faye.

Le BI utilise également comme symbole le lambda en référence à Sparte, cité incarnant pour le mouvement l'idée de défendre l'identité européenne face à une menace perçue chez .

En 2011, il tient son université d'été dans le château de Roquefavour, propriété du GRECE qui y tient également ses universités d'été..

Philosophie, psychologie, psychanalyse et religion Le mouvement, dans sa critique de l'islam et de l'histoire de l'islam, s'inspire des écrits de Guillaume Faye pour l'évocation d'un lien prétendu entre le califat et l'immigration musulmane et arabe en Europe.. Il est également influencé par d'autres auteurs, comme Anne-Marie Delcambre sur l'islamisme, mais aussi Jacques Heers pour les interactions entre l'Occident, l'Europe et l'islam, et plus récemment Sylvain Gouguenheim.

Relations avec les autres partis Les Identitaires comptent sur l'insatisfaction d'une partie de la droite radicalisée, en particulier des partisans de Philippe de Villiers et son Mouvement pour la France depuis son rapprochement de l'UMP et sur la restructuration du Front national. Lors de la convention, Richard Roudier, tête de liste de la Ligue du Midi en Languedoc-Roussillon pour les régionales de 2010, condamne implicitement Jean-Marie Le Pen : « le Front national a déshonoré la notion d'identité » par les déclarations de son chef sur la Seconde Guerre mondiale, que le mouvement « condamne formellement et absolument ». Le BI espère, selon les spécialistes, se placer entre Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen.