La ligne de Strasbourg-Ville à Saint-Louis (Bâle), parfois appelée « ligne de Strasbourg à Bâle » ou « ligne de la plaine d'Alsace », est une ligne ferroviaire française du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. Elle relie les gares de Strasbourg-Ville et de Saint-Louis et se poursuit jusqu'à Bâle, en Suisse. Elle dessert notamment Colmar et Mulhouse. La courte section après la frontière franco-suisse est exploitée par la SNCF.

Elle est mise en service par tronçons de 1840 à 1844, par la Compagnie du chemin de fer de Strasbourg à Bâle. Bien que datant des premiers temps du chemin de fer, elle dispose de caractéristiques très modernes comme l'absence totale de passage à niveau et un tracé comportant de longues sections rectilignes qui permet d'atteindre des vitesses élevées, en particulier entre Strasbourg et Mulhouse.

Elle constitue la ligne du réseau ferré nationalReinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau ferré français, édité par La Vie du Rail en , , ..

Dans l'ancienne nomenclature de la région Est de la SNCF, elle était numérotée « ligne 3 », plus précisément désignée en tant que section de la « ligne (Luxembourg) Zoufftgen - Bâle SNCF Région de l'Est – Carnet de profils et schémas – 1962 ; les à 35 (notamment), , 24, 25 du PDF (consulté le ). » (les lignes de Réding à Metz-Ville et de Metz-Ville à Zoufftgen étant numérotées « ligne 3 Nord »).

Histoire La ligne est concédée à Messieurs Nicolas Koechlin et frères par une loi du ..

Dès sa création en 1839, la ligne a été conçue à double voie. Après l'annexion de 1870, elle a été intégrée au réseau de la et sa circulation est depuis restée à droite comme pour le reste du réseau ferroviaire d'Alsace-Lorraine qui y avait été converti. Il a été envisagé lors de sa jonction avec la ligne de Paris à Strasbourg de la basculer en circulation à gauche mais cela n'a pas été faitDe l'exploitation des chemins de fer, , François Prosper Jacqmin, 1867..

Les étapes de l'ouverture de la ligne sont les suivantes : le , ouverture à l'exploitation de la ligne de Strasbourg (Koenigshoffen) à Saint-Louis par la Compagnie du chemin de fer de Strasbourg à Bâle. ; le (dans une gare provisoire) puis le , arrivée du chemin de fer à Bâle-ville. Il s'agit de la toute première ligne ferroviaire à desservir la Suisse ; le , arrivée du chemin de fer à Strasbourg-ville.

Une convention passée le , entre le ministre des Travaux publics et la compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg, prévoit la subrogation de la compagnie Paris à Strasbourg à celle de Strasbourg à Bâle. Cette convention est approuvée par un décret impérial à la même date..

Le , la Compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg devient la Compagnie des chemins de fer de l'Est, dont les statuts sont approuvés le .

Une convention signée entre le ministre des Travaux publics et la compagnie des chemins de fer de l'Est, le , approuve la fusion de compagnie du chemin de fer de Strasbourg à Bâle avec la compagnie des chemins de fer de l'Est. Cette convention est approuvée par décret impérial à la même date..

Depuis l'ouverture de la ligne, de nombreux trains de prestige se sont succédé sur cet itinéraire : le , création du TEE « L'Arbalète », entre Paris-Est et Zurich via Troyes, Mulhouse et Bâle ; le , création du TEE « Iris », entre Bruxelles-Midi et Zurich via Luxembourg, Strasbourg, Mulhouse et Bâle ; le , dernier jour de circulation du TEE « Iris », entre Bruxelles-Midi et Zurich via Metz, Mulhouse et Bâle, remplacé le lendemain par un train EC comportant les ; le , dernier jour de circulation du TEE « L'Arbalète », entre Paris-Est et Zurich, via Mulhouse et Bâle ; le , mise en service de la de la , entre Vaires-sur-Marne (en banlieue de Paris) et Baudrecourt (en Moselle). Sur la ligne Strasbourg – Bâle, cela se traduit par la circulation de TGV en provenance ou à destination de Colmar (voire Zurich jusqu'en et l'ouverture de la ; depuis, cette dernière destination ne nécessite que l'emploi de la section comprise entre Mulhouse et la Suisse) ; , dernier jour de circulation des EuroCity « Iris » et « Vauban » entre Bruxelles, Luxembourg, Strasbourg et Bâle.

La ligne a été électrifiée de Strasbourg à Saint-Louis en  – , le Revue Chemins de Fer, éditée par l'AFAC, de 1988, .. Le de la même année, le tronçon Saint-Louis – Bâle était électrifié lui aussi en  – , avec la mise en service de voies commutables  –  /  – (modifié ultérieurement en ) en gare de Bâle.

En 1972, la SNCF réalise des essais à grande vitesse entre Strasbourg et Mulhouse, avec le : les sont atteints en mai. Puis, de 1978 à 1980, les deux de présérie (, surnommées « Patrick » et « Sophie »), sont testées entre Strasbourg et Colmar, où des éléments de signalisation de LGV ont été installés : les (soit la vitesse d'exploitation commerciale prévue à la mise en service de la , alors en construction) sont atteints, notamment avec la traversée de la gare de Sélestat à cette vitesse..

Entre 2007 et 2009, une troisième voie a été posée sur , entre les gares de Fegersheim et de Benfeld. Il s'agit en fait de deux tronçons de dépassement longs installés de part et d'autre de la gare d'Erstein. Entre Fegersheim et Erstein, la voie d'une longueur de permet aux trains en direction de Strasbourg de se dépasser. Entre Erstein et Benfeld, la nouvelle voie de permet le dépassement des trains en direction de Sélestat et Mulhouse. Les travaux, d'un montant de d'euros, ont été financés dans le cadre du contrat de Projets 2007-2013 par l'État (32 %), la région Alsace (54 %) et Réseau ferré de France (14 %). Ils ont été inaugurés le Inauguration de la Fegersheim-Erstein-Benfeld – (archive de rff.fr, consultée le )..

Dans le cadre des corridors européens de fret ferroviaire, la ligne dispose depuis 2022 de la signalisation ETCS 1, qui permet une meilleure interopérabilité entre les pays. Cette signalisation aurait à l'origine dû être installée pour 2018.

Caractéristiques Tracé

Équipements et signalisation À l'image de toutes les lignes de la région, la ligne était autrefois dotée de la signalisation mécanique Alsace-Lorraine (BAMU)Block Alsace-Moselle uniformisé, d'une conception assez proche de la signalisation allemande.

À la suite de la mise en service du au début des années 1990., la signalisation a dû être modernisée pour permettre la circulation à (puis pour les TGV). Ainsi, la SNCF, avec l'aide de la région Alsace, a installé une signalisation de type block automatique lumineux (BAL) avec la pré-annonce par le KVB (nécessaire pour la circulation au-dessus de ).

Toujours dans le dessein d'améliorer la fiabilité et la flexibilité du service, des installations permanentes de contre-sens (IPCS) sont disposées aux endroits stratégiques de la ligne. En effet, si le sens conventionnel de circulation est bien à droite dans cette région (à gauche dans les autres régions de France), il arrive régulièrement que les trains circulent à gauche en raison de travaux en cours ou d'un incident sur la ligne.

Le trafic voyageurs étant en augmentation constante et les trains de fret demeurant nombreux, la capacité de la ligne atteint ses limites, et Réseau ferré de France (le gestionnaire de l'infrastructure de 1997 à fin 2014) a décidé, avec les collectivités locales, d'ajouter une troisième voie entre Fegersheim et Benfeld, soit .

La ligne fait partie du Corridor européen C (Anvers – Bâle / Lyon) et est équipée de l'ETCS niveau 1 depuis 2022.

Gares Les six gares les plus importantes, qui sont desservies par la totalité des TER (notamment les ), sont : Strasbourg-Ville ; Sélestat ; Colmar ; Mulhouse-Ville ; Saint-Louis (Haut-Rhin) ; dans le prolongement de la ligne, le service TER va jusqu'à la gare de Bâle SNCF, qui est une annexe de la gare de Bâle CFF.

Gare Service(s) Nombre annuel de voyageurs(en 2017)Estimation, selon : .Ces estimations tiennent compte de l'ensemble des voyageurs transitant dans ces gares. Dans le cas où ces dernières sont également implantées sur d'autres lignes, une partie du nombre de voyageurs indiqués n'a pas fréquenté la ligne de Strasbourg-Ville à Saint-Louis. Coordonnées Commune    Strasbourg-Ville Voyageurs (TGV, grandes lignes, TER)Fret Strasbourg    Strasbourg-Koenigshoffen (Fermée) Strasbourg    Graffenstaden Voyageurs (TER)Fret Geispolsheim    Geispolsheim Voyageurs (TER) Geispolsheim    Fegersheim - Lipsheim Voyageurs (TER) Lipsheim    Limersheim Voyageurs (TER) Hipsheim    Erstein Voyageurs (TER) Erstein    Matzenheim Voyageurs (TER) Matzenheim    Benfeld Voyageurs (TER) Benfeld    Kogenheim Voyageurs (TER) Kogenheim    Ebersheim Voyageurs (TER) Ebersheim    Sélestat Voyageurs (TGV, TER)Fret Sélestat    Saint-Hippolyte (Haut-Rhin) (Fermée) Saint-Hippolyte    Ribeauvillé (Fermée) Guémar    Ostheim - Beblenheim (Fermée) Ostheim    Bennwihr (Fermée) Bennwihr    Colmar Voyageurs (TGV, TER)Fret Colmar    Eguisheim (Fermée) Eguisheim    Herrlisheim-près-Colmar Voyageurs (TER) Herrlisheim-près-Colmar    Rouffach Voyageurs (TER) Rouffach    Merxheim Voyageurs (TER) Merxheim    Raedersheim Voyageurs (TER) Raedersheim    Bollwiller Voyageurs (TER) Bollwiller    Staffelfelden Voyageurs (TER) Staffelfelden    Wittelsheim (Fermée) Wittelsheim    Richwiller Fret Richwiller    Lutterbach Voyageurs (tramway et tram-train, TER)(uniquement sur la ligne de Lutterbach à Kruth) Lutterbach    Mulhouse-Musées Voyageurs (tramway et tram-train)(uniquement sur la liaison avec la ligne de Lutterbach à Kruth) Mulhouse    Mulhouse-Dornach Voyageurs (tramway et tram-train, TER)Fret Mulhouse    Zu-Rhein Voyageurs (tramway et tram-train)(uniquement sur la liaison avec la ligne de Lutterbach à Kruth) Mulhouse    Mulhouse-Ville Voyageurs (TGV, TER)Fret Mulhouse    Rixheim Voyageurs (TER) Rixheim    Habsheim Voyageurs (TER) Habsheim    Schlierbach (Détruite) Schlierbach    Sierentz Voyageurs (TER) Sierentz    Bartenheim Voyageurs (TER) Bartenheim    Saint-Louis-la-Chaussée Voyageurs (TER) Saint-Louis    Saint-Louis (Haut-Rhin) Voyageurs (TER)Fret Saint-Louis    Saint-Louis(ancienne gare) (Détruite) Saint-Louis (Les gares en italique sont celles désaffectées, celles en gras sont des gares de bifurcation.)Dans le prolongement de cette ligne, au-delà de Saint-Louis et de la frontière franco-suisse , se situent les gares de Bâle-Saint-Jean , et .

Vitesses limites En 2012, la vitesse limite autorisée, pour les TGV sur la , est de entre Strasbourg-Ville et le PK , de jusqu'à Richwiller (excepté la traversée de la gare de Colmar, où elle est de ), puis de jusqu'à Mulhouse-Ville. De Mulhouse-Ville au PK , elle se limite à , puis jusqu'au PK , atteint jusqu'au PK , avant de se réduire à jusqu'à Saint-Louis et enfin à jusqu'à la frontière suisse (PK )..

La vitesse est limitée à sur la , pour tous les types de trains de voyageurs, du PK au PK Renseignements techniques (RT) SNCF / RFF..

Trafic Voyageurs La ligne est parcourue par : des TGV radiaux en provenance de Paris-Est et à destination de Colmar, via la et Strasbourg ; des TGV Lyria en provenance de Paris-Gare-de-Lyon et à destination de la Suisse (relations passant par Bâle), via la et Mulhouse ; des TGV intersecteurs en provenance de Francfort-sur-le-Main, Luxembourg, Metz, Nancy ou Strasbourg, et à destination de Lyon, Montpellier, Marseille ou Nice ; des , circulant jusqu'à , entre Strasbourg et Bâle. De plus, circulent des omnibus entre ses principales gares intermédiaires.

La relation TER Strasbourg – Bâle transporte quotidiennement « Trains contre sangliers », article des DNA du .. Par ailleurs, la ligne fait partie des 27 % du réseau ferré national sur lesquels se concentre 80 % du trafic voyageurs« Réforme de la SNCF : les « petites lignes » menacées, les usagers s'inquiètent », article du sur lefigaro.fr ; la carte de France à la fin dudit article..

Fret

Un intense trafic de marchandises s'est également développé., assuré par Hexafret, la Deutsche Bahn (en collaboration avec la SNCF) ou des opérateurs privés.