L'église Sainte-Marguerite est une église de culte catholique romain datant du , située 36, rue Saint-Bernard dans la de Paris, en France.
Situation et accès L'entrée de l'église est située dans le sud du de Paris, à mi-chemin des places de la Bastille et de la Nation, à une centaine de mètres au nord de la rue du Faubourg-Saint-Antoine et à une dizaine au sud de la rue de Charonne. L'entrée de l'église se trouve au 36, rue Saint-Bernard et son chevet donne sur la rue Charrière. Elle est bordée au sud par le square Raoul-Nordling.
Historique
Origines Le , Jean de Vitry, seigneur de Reuilly, fait donation à Antoine Fayet, curé de Saint-Paul, d'un terrain pour y bâtir une chapelle dédiée à sainte Marguerite.
En 1634, elle est devenue une succursale de l'église Saint-Paul, pouvant ainsi offrir le service paroissial aux habitants du faubourg.
En 1637, la chapelle est agrandie avec une sacristie et un presbytère, et le cimetière Sainte-Marguerite est aménagé au nord et au sud.
En 1669, elle est allongée de et bordée de bas-côtés.
En 1703, Gilles Le Sourd, curé de Saint-Paul, entreprend la construction de la chapelle de communion, du transept nord, aujourd'hui connue sous le nom de chapelle Saint-Joseph-Sainte-Marguerite.
En 1712, l'église est devenue une paroisse indépendante et Jean-Baptiste Goy en devient son premier curé.
En 1724, le transept sud a été agrandi par l'ajout de la chapelle de la Vierge.
En 1725, Anne Charlier, épouse de l'ébéniste François de la Fosse, souffrant depuis plusieurs semaines d'hémorragies au point de ne plus pouvoir se déplacer seule, est miraculeusement guérie lors du passage de la procession du Saint-Sacrement Chapitre IV. « Dieu a parlé contre cette Bulle » : les miracles dans la querelle de l’Unigenitus - Le précédent d’Anne La Fosse Le miracle qui fit accourir tout Paris dans le faubourg Saint-Antoine.
En 1737, le chœur est réaménagé par l'architecte Jacques François de l'Espée Jacques-François de l'Espée sur structurae.
Entre 1760 et 1764, l'architecte Victor Louis (1731-1800) construit la chapelle des Âmes-du-Purgatoire dans le style néo-classique et le peintre Paolo Antonio Brunetti (1723-1783) est chargé de sa décoration en trompe-l’œil. C'est un exemple unique et exceptionnel de cet art du trompe-l'œil conservé à Paris.
En 1783, Jean-François de La Pérouse, épouse Éléonore Broudou à l'église Sainte-Marguerite de ParisA l'époque de ce mariage de 1843, Jean-François de La Pérouse est alors âgé de quarante-deux ans et Éléonore Broudou en a vingt-huit. Elle est la sœur cadette de Frédéric Broudou (1760-1788) qui périra en même temps que son beau-frère lors du naufrage de La Boussole et l'Astrolabe en 1788.
Période révolutionnaire Le 5 octobre 1789, Sainte-Marguerite est l'un des lieux de rassemblement de la marche des femmes sur Versailles, qui force le roi et sa famille à rentrer à Paris.
En 1790, l'église Sainte-Marguerite est le siège de l'une des 52 paroisses urbaines du diocèse de Paris.
La chapelle de l'ancien couvent des Annonciades de Popincourt supprimé en 1782 devient en 1791 une succursale de l'église Sainte-Marguerite puis l'église de la nouvelle paroisse Saint-Ambroise créée en 1791 en démembrement de la paroisse Sainte-Marguerite..
Curé de Sainte-Marguerite depuis 1743, l'abbé Charles-Bernardin de Laugier de Beaurecueil (1712-1794)Debure, gendre de feu d'Houry, Almanach Royal pour l'année 1789, Paris, Imp. Veuve d'Houry, s. d., ) (en ligne sur Gallica)., refuse de prêter le serment constitutionnel et est destitué en M*** (Abbé Clément Bossard), Histoire du serment à Paris, suivi de la liste de ceux qui ne l'ont pas prêté,…, Paris, Chez tous les marchands de nouveautés, 1791, 215 (en ligne sur Google books)..
De 1792 à 1804, l'église, desservie par le clergé constitutionnel, reste ouverte au culte, malgré quelques difficultés de cohabitation avec les clubs Liberté et Égalité, qui occupaient également l'édifice.
Pendant la Révolution française, les corps de 300 personnes guillotinées sur les places de la Bastille et de la Nation sont enterrés dans le cimetière de l'église Sainte-Marguerite.
Le , sur ordre du comité de Sûreté générale de la Convention, le fils de Louis XVI, Louis-Charles Capet , est inhumé dans ce cimetière, sans doute dans une fosse commune, deux jours après sa mort à la prison du TempleRéimpression de l'ancien Moniteur […], tome 24, Paris, Plon, 1847, ..
À la Restauration, Louis XVIII tentera de retrouver les restes de son neveu, mais devra y renoncer en raison des contradictions dans les témoignages, rendant impossible leur localisation exacte. Des exhumations réalisées en 1846 et 1894, puis encore 1979, mettront au jour des ossements appartenant à plusieurs personnes, dont le crâne scié d'un jeune homme de 15 à 18 ans, donc n'ayant pas appartenu à l'enfant mort au Temple, dont tous les témoins confirment qu'il était âgé, au moment de son décès, . La plupart des historiens, dont l'archéologue Michel Fleury, vice-président de la Commission du Vieux Paris, en tirent la conclusion que la dépouille du jeune prince, mêlée à d'autres corps, dans un cimetière souvent bouleversé, est sans doute perdue à jamais« La mort de Louis XVII au Temple d'après les fouilles récentes du cimetière Sainte-Marguerite », in: Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, Louis XVII, 1987, et 207-215.. Une plaque commémorative posée sur le mur de l'église rappelle que y a été inhumé en 1795. Les restes exhumés au se trouvent toujours dans un caveau, aménagé contre le mur extérieur de la chapelle des Âmes-du-Purgatoire. Au-dessus, une stèle commémorative, datant du , évoque le souvenir de Louis XVII. Même si le corps de l'enfant ne repose pas à cet emplacement, le petit monument est cependant régulièrement fleuri.
Période contemporaine
En 1804, le cimetière attenant à l'église est fermé.
En 1805, lors de son séjour à Paris, pour le sacre de Napoléon Ier, le pape Pie VII visite l'église et y célèbre la messe le 11 février.
En 1830 et en 1848, la vie paroissiale est chamboulée par les journées révolutionnaires qui ont marqué le faubourg Saint-Antoine. L'archevêque de Paris, Monseigneur Affre, est tué sur une barricade faubourg Saint-Antoine en voulant s'interposer.
En 1871, dans les derniers jours de la Commune de Paris, une charge explosive entreposée dans l'église est désamorcée au dernier moment Église et cimetière Sainte-Marguerite de Paris sur tombes-sepultures.com Les églises de Paris sous la Commune (mars-mai 1871).
En 1912, le presbytère est détruit et remplacé par une école.
Les frontons sculptés de l'église sont inscrits au titre des monuments historiques en 1928. Le chœur et la chapelle des Âmes-du-Purgatoire sont classés en 1960. Les restes du cimetière sont inscrits en 1962..
On peut voir, souvenir de ce cimetière, la pierre tombale de Georges Jacob fils (1768-) qui travaillait avec son frère François Honoré (1770-1841) : estampillage Jacob Frères.
Architecture
Le plan de l'église Sainte-Marguerite est en croix latine, selon le style classique du .
Extérieur
Le clocher de l'église, de section carrée, est un beffroi en bois recouvert d'ardoises ; chacun des quatre côtés incorpore une horloge. Le clocher contient quatre cloches baptisées le : Napoléon Jean Baptiste, Jeanne Marguerite, Anne Marie et Gabrielle Sophie, des noms de leur parrain respectif.
La façade de l'église, rue Saint-Bernard, comporte quatre pilastres doriques soutenant un fronton triangulaire nu, surmonté d'une croix métallique. Les frontons des façades latérales du transept sont ornés de bas-reliefs sculpté par l'abbé Goy : Les Pèlerins d'Emmaüs sur le fronton nord et une Vierge à l'Enfant sur le fronton sud.
Intérieur
Mobilier Vitraux À l'intérieur de l'église, le vitrail au fond de la nef, derrière le déambulatoire, représente sainte Marguerite sortant du dragon, œuvre du verrier Carot (1882).. Un autre vitrail de Carot, toujours de 1882, situé dans la chapelle de la Vierge, représente l'Annonciation.. Le collatéral droit possède également des vitraux dont le curé d'Ars de Raphaël Lardeur.
L'église comporte plusieurs vitraux commémoratifs de part et d'autre de la nef : commémoration des seize bienheureuses carmélites de Compiègne, guillotinées pendant la Révolution française, place du Trône ; commémoration de la visite du pape Pie VII à Sainte-Marguerite en 1805, lequel a célébré une messe en leur mémoire ; commémoration de la mort de , archevêque de Paris, tué par une balle perdue au faubourg Saint-Antoine, à proximité de l'église, lors des insurrections de juin 1848.
Sculptures Statue de saint Fiacre. Statue de saint Joseph. Statue de saint Vincent de Paul, copie d'un original de Jean-Baptiste Stouf conservé à l'église Saint-Thomas-d'Aquin.. Buste en marbre de la Vierge à l'Enfant. Monsieur Haunet, ancien curé de Sainte-Marguerite, buste en marbre, fin du .. Le Martyre de sainte Marguerite, 1838, groupe sculpté par Hippolyte Maindron.. Monument funéraire de l'abbé Antoine Fayet, curé de Saint-Paul et fondateur de l'église en 1624, gisant, dans le bas-côté gauche. Le Christ descendu de la Croix, 1705, haut-relief en marbre par Eustache Nourrisson et Robert Le Lorrain, provenant du tombeau de Catherine Duchemin, épouse de François Girardon..
Monument funéraire de Catherine Duchemin, classé monument historique.
Tableaux L'Apothéose de saint Vincent de Paul.. L'Assomption.. Le Christ lavant les pieds des apôtres, , attribué à Charles Lafosse.. Le Christ portant sa croix.. Le Christ en croix, , école de Charles Le Brun.. Le Christ descendu de la Croix, , par Charles Dorigny, autrefois attribué à Francesco Salviati.. La signature , inscrite sur la porte du tombeau, fut découverte lors de la restauration de 2004. Ce tableau est la seule œuvre conservée, en l'état actuel des attributions, de cet artiste. Il provient de l’église abbatiale des Célestins. Le roi Henri II est représenté dans le visage de Joseph d'Arimathie, page 133.. La Descente de Croix.. Le Massacre des Innocents, , par Francesco Rosa.. La Nativité.. Saint Ambroise, 1764, par Louis Jean François Lagrenée.. Saint François de Sales installant saint Vincent de Paul supérieur des Dames de la Visitation, 1732, par Jean Restout.. Saint Vincent de Paul et Anne d'Autriche, , par Frère André .. Saint Vincent de Paul prêchant aux gens du monde l'Institution des enfants trouvés, 1732, par Louis Galloche.. Saint Vincent de Paul prêchant aux pauvres de l'hôpital du nom de Jésus, , par Frère André.. Saint Vincent de Paul présente à Dieu les Lazaristes, 1731, par .. La Sainte Famille.. Sainte Marguerite chassée par son père, 1817, par Pierre-Auguste Vafflard.. La Visitation, 1781, par Joseph-Benoît Suvée.
Chapelle des Âmes-du-Purgatoire
La chapelle des Âmes-du-Purgatoire. est décorée d'une peinture murale représentant un temple en trompe-l'œil. Cette peinture, exécutée entre 1760 et 1762, est l'œuvre de Paolo-Antonio Brunetti pour les architectures et ornements et de Gabriel Briard pour les frises peintes et les statues figurant entre les colonnes. Gabriel Briard est également l'auteur du tableau du maître-autel : Le Passage des âmes du purgatoire au ciel (Salon de 1761).
Orgues
Liste des curés La liste des curés de cette paroisse est gravée sur deux plaques de marbre fixées chacune sur un pilier Devenir curé à Paris - Index des noms de personnes et de lieux.
Protection (monument historique) L'église a fait l'objet de plusieurs arrêtés de protection au titre des monuments historiquesnotice Mérimée : inscription le ; classement le ; inscription le ; classement le , qui annule les protections précédentes.
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie Lescuyer, Mémoire curieux, historique et intéressant sur l’église Sainte-Marguerite au faubourg Saint-Antoine, 1738, 103 .