vignette|300px|Les États fondateurs de la Sainte-Alliance :
La Sainte-Alliance est établie par un traité signé à Paris le par l'empereur Alexandre de Russie, l'empereur François d'Autriche et le roi Frédéric-Guillaume III de Prusse. Elle entend fonder la paix sur les préceptes de la religion chrétienne. Constituée dans un premier temps par l'Empire russe, l'empire d'Autriche et le royaume de Prusse, elle reçoit l'adhésion de la plupart des États européens et coexiste avec la Quadruple-Alliance (1815) devenue Quintuple-Alliance en 1818, lesquelles rassemblent les seules grandes puissances.
Lord Castlereagh, ministre britannique des Affaires étrangères, l'a qualifiée de . Elle fut dissoute de fait en 1825, à la mort de l'empereur , qui en était l'instigateur.
Origine Après les longues guerres napoléoniennes, les monarchies européennes victorieuses aspirent à la paix et à la stabilité de leurs trônes. Le congrès de Vienne ayant redessiné la carte de l'Europe, l'empereur de Russie propose la formation d'une alliance pour le maintien de la paix.
La Sainte-Alliance vignette|200px|Porte de Brandebourg, érigée en 1791, en l'honneur de , père de . Elle est conclue à Paris le par les monarchies victorieuses de Napoléon (Empire russe, empire d'Autriche, royaume de Prusse), puis rejointe par la France de en grâce aux négociations de Talleyrand. La Sainte-Alliance unit ces pays dans le cadre d'une union chrétienne pacifique aux accents mystiques. Le Royaume-Uni ne participe pas à la Sainte-Alliance, lui préférant la Quadruple-Alliance devenue Quintuple-Alliance après l'admission de la France de Louis XVIII en 1818.
Sous l'impulsion de Metternich (congrès de Troppau en 1820, congrès de Laybach en 1821), et de son affirmation d'un , la Quadruple-Alliance devient une alliance contre-révolutionnaire, réprimant les insurrections et les aspirations nationales contraires au maintien de l'ordre de Vienne (expéditions d'Espagne, Italie, Pologne, etc.). La France doit donc faire ses preuves pour retrouver son rang au sein des puissances européennes, c'est-à-dire témoigner de sa rupture définitive avec son passé révolutionnaire. Avec l'accord de la Sainte-Alliance, l'armée française intervient donc en Espagne en 1823 afin de rétablir le roi sur son trôneVoir expédition d'Espagne.. Sur le plan intérieur, incarne également cette rupture, conciliant la restauration d'une Cour à l'ancienne et la mise en place d'une constitution, la Charte.
Après la mort d', il n'y a plus réellement de Sainte-Alliance, mais les expéditions de maintien de l'ordre continuent à l'initiative de telle ou telle grande monarchie. Lors des dernières années de son règne, était devenu de plus en plus sceptique vis-à-vis de la Sainte-Alliance, considérant que ses alliés avaient moins d'intérêt à y promouvoir la paix qu'à y assouvir leurs ambitions, ce qui avait d'ailleurs contribué à une certaine déception de sa part vis-à-vis de la politique..
Différents congrès de la Quintuple Alliance. vignette|Caricature contemporaine du congrès de Vérone.La Sainte-Alliance est une alliance non-opérationnelle, plutôt de principe. L'Alliance réellement actrice du mouvement contre-révolutionnaire est la Quintuple Alliance (d'abord Quadruple, puis rejointe par la France en 1818).
La Quintuple Alliance a pour objectif de faire respecter l'ordre viennois, en arrêtant toute revendication libérale. Les Britanniques, qui possèdent eux un régime libéral, font partie dans cette alliance afin de favoriser leurs intérêts. Congrès de Vienne (1815), Europe redessinée selon l', création de la Sainte-Alliance le . La Quadruple Alliance est créée le . Traité de Paris (1814-1815), défaite de l'Empire français. Congrès d'Aix-la-Chapelle (1818), admission du royaume de France dans l'Alliance, qui devient la Quintuple alliance, et fin de son occupation (). Décrets de Carlsbad (1819), permission aux Autrichiens d'intervenir dans la Conféderation germanique pour contrer les révoltes libérales. Congrès de Troppau (1820), affirmation du droit d'intervention (Metternich). Congrès de Laybach (1821), réaffirmation du droit d'intervention et intervention dans le royaume des Deux-Siciles. Congrès de Vérone (1822), donne pour mission à la France d’intervenir en Espagne.
Autres congrès y succédant : Congrès de Londres (1830). Celui-ci rompt avec la politique de l'Alliance : il accorde l'indépendance à la Grèce, en désaccord avec l'ordre viennois.
Cet ensemble de congrès est souvent appelé par les historiens le ou la .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Maurice Bourquin, Histoire de la Sainte-Alliance, Genève, Georg, 1954. Stella Ghervas, Réinventer la tradition. Alexandre Stourdza et l'Europe de la Sainte-Alliance, Paris, Honoré Champion, 2008 .
, Wolfram Pyta: Die Heilige Allianz. Entstehung – Wirkung – Rezeption. Kohlhammer, Stuttgart 2018 .
Articles connexes Congrès de Vienne Concert européen Politique extérieure française de 1814 à 1914
Liens externes
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