thumb|Évolution démographique en milliers d’habitants. thumb|Carte de la répartition du taux d'alphabétisme.
L'Inde compte 1,465 milliard d'habitants en août 2025, soit environ 18 % de la population mondiale. En 2023, elle dépasse la Chine pour devenir le pays le plus peuplé du monde.
L'Inde compte plus de groupes ethniques, plusieurs centaines de langues appartenant à quatre familles différentes (indo-européennes, dravidiennes, austroasiatiques et tibéto-birmanes) et l'ensemble des grandes religions du monde y est représenté. Seul le continent africain connait une diversité linguistique, culturelle et génétique plus importante que l'Inde.
La population de l'Inde est passée d'environ 350 millions d'habitants en 1950 à près de 1,460 milliard en 2025, soit une augmentation moyenne d'environ 14,5 millions de personnes par an, correspondant à un taux de croissance annuel moyen proche de 1,8 %. Elle a ainsi progressé de 222 % entre 1960 et 2024, bien que le rythme d’accroissement démographique soit en baisse depuis les années 1980, atteignant 0,88 % en 2023.
Recensements
L'Inde a une longue tradition des recensements de sa population depuis le , à l'époque de la colonisation britannique. Le premier recensement moderne a eu lieu en 1872, les recensements ont lieu systématiquement tous les dix ans depuis 1881.
Ainsi, le dernier recensement a eu lieu en 2010-2011. Deux millions de fonctionnaires indiens ont été employés. Les données biométriques (photographie et empreintes digitales) recueillies auprès de tous les citoyens de plus de 15 ans doivent permettre de créer un Registre national de la population et de délivrer à tous les Indiens un numéro et une carte nationale d'identité. Ce recensement est quantitativement le plus important de l'histoire de l'humanité.
Évolution démographique
Évolution de la population Année Population 1871209 100 000—1881210 900 000 + 0,9 %1891231 400 000 + 9,7 %1901238 400 000 + 3 %1911252 100 000 + 5,7 %1921251 300 000 - 0,3 %1931279 000 000 + 11%1941318 700 000 + 14,2 % 1951 361 088 000 + 13,3 % 1961 439 235 000 + 21,6 % 1971 548 160 000 + 24,8 % 1981 683 329 000 + 24,7 % 1991 846 421 000 + 23,9 % 2001 1 028 737 000 + 21,5 % 2011 1 210 193 000 + 17,6 %
Le taux de croissance de la population était de 1,2 % en 2014. En 2022, la croissance démographique est inférieure à 1 %, ce qui représente cependant plus de 12 millions d'Indiens supplémentaires chaque année.
Le pays le plus peuplé du monde en 2023
À la différence de la Chine, dont la croissance démographique a chuté (sa population a baissé pour la première fois en 2022), l'Inde connait toujours une augmentation rapide de sa population. La population indienne augmente d'environ 19 millions d'habitants par an (conséquence d'un taux global de fécondité de 2,7 enfants par femme - contre 1,7 pour la Chine).
L'Inde est appelée à devenir plus peuplée que la Chine en 2023 selon l'ONU, avec quatre années d’avance sur les prévisions : de 1,2 milliard d’habitants en 2011, la population indienne devrait atteindre 1,4 milliard en 2023, et près de 1,7 milliard en 2050.. Selon des estimations publiées le 19 avril 2023 par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), la population de l'Inde atteindra 1,4286 milliard d'habitants à la mi-2023, dépassant de trois millions la population chinoise, estimée à 1,4257 milliard. Cependant, les estimations de l'ONU sont issues de projections ; aucune statistique n'a été publiée récemment par le gouvernement indien, qui n'a effectué aucun recensement depuis 2011. Un nouveau dénombrement devait avoir lieu en 2021, mais il a été retardé en raison de la pandémie de CovidLa population indienne aura dépassé celle de la Chine cet été, Les Échos, 19 avril 2023..
Structure de la population +Évolution des principaux indicateurs démographiquesWorld Population Prospects: The 2010 RevisionPériodeNaissances annuellesDécès annuelsSolde naturel annuelTaux de natalité (‰)Taux de mortalité (‰)Solde naturel (‰)Indice de féconditéTaux de mortalité infantile 1950 – 1955 16,832,000 9,928,000 6,904,000 43,3 25,5 17,7 5,90 165,0 1955 – 1960 17,981,000 9,686,000 8,295,000 42,1 22,7 19,4 5,90 153,1 1960 – 1965 19,086,000 9,358,000 9,728,000 40,4 19,8 20,6 5,82 140,1 1965 – 1970 20,611,000 9,057,000 11,554,000 39,2 17,2 22,0 5,69 128,5 1970 – 1975 22,022,000 8,821,000 13,201,000 37,5 15,0 22,5 5,26 118,0 1975 – 1980 24,003,000 8,584,000 15,419,000 36,3 13,0 23,3 4,89 106,4 1980 – 1985 25,577,000 8,763,000 16,814,000 34,5 11,8 22,7 4,47 95,0 1985 – 1990 26,935,000 9,073,000 17,862,000 32,5 10,9 21,5 4,11 85,1 1990 – 1995 27,566,000 9,400,000 18,166,000 30,0 10,2 19,8 3,72 76,4 1995 – 2000 27,443,000 9,458,000 17,985,000 27,2 9,4 17,8 3,31 68,9 2000 – 2005 27,158,000 9,545,000 17,614,000 24,8 8,7 16,1 2,96 60,7 2005 – 2010 27,271,000 9,757,000 17,514,000 23,1 8,3 14,8 2,73 52,9
L'Inde compte plus de groupes ethniques, plusieurs centaines de langues appartenant à quatre familles différentes (indo-européennes, dravidiennes, austroasiatiques et tibéto-birmanes) et l'ensemble des grandes religions du monde y est représenté. Seul le continent africain connait une diversité linguistique, culturelle et génétique plus importante que l'IndeIndia, a Country Study United States Library of Congress, Note on Ethnic groups.
Manque de femmes
Depuis l'arrivée de l'échographie, les cas d'avortement des filles sont très importants, surtout dans les États riches où les personnes peuvent se payer une échographie. C'est ainsi qu'en août 2005, la moyenne nationale à la naissance est de 933 femmes pour hommes, ce qui signifie qu'environ 40 millions d'Indiens ne trouveront jamais de partenaire. Dans certains États riches, comme l'Haryana, la moyenne est même de 861 femmes pour hommes. Le problème est si important que, depuis 1994, il est interdit de pratiquer des examens prénataux pour déterminer le sexe du fœtus et encore plus des avortements pour cette raison. Mais dans les faits, cette loi est souvent ignorée.
La tendance à l'avortement des filles, loin de se résorber, s'aggrave d'année en année. En 1961, parmi les enfants de 0 à 6 ans, la proportion était de 976 filles pour 1000 garçonsSelon la règle démographique connue, sans contrôle des naissances ou avortements, il naît de 104 à 106 garçons pour 100 filles, et la surmortalité naturelle des garçons fait que ce chiffre s'équilibre ensuite. Les statistiques présentées ici recouvrent aussi bien les avortements sélectifs qu'une surmortalité accrue des fillettes, contraire aux règles démographiques, sans qu'il soit possible de faire la part entre avortements et surmortalité. En 2010 c'est seulement 914 fillesIndia's unwanted girls, BBC, 23 mai 2011, statistiques 2011.
Dans un article paru le dans la revue médicale The Lancet, les équipes de professeurs Prabhat Jha de l'université de Toronto au Canada et celle de Rajesh Kumar à Chandigarh en Inde ont évalué le déficit de naissances féminines, cela grâce à un recensement lancé en Inde en 1998 auprès de 1,1 million de ménages. Ils ont remarqué que dans les familles où le premier enfant était de sexe féminin, les proportions pour les deuxièmes naissances étaient de 759 filles pour garçons, ce taux passant même à 719 après deux naissances féminines. Si le déficit est plus fort chez les femmes éduquées (peut-être dû à leurs revenus plus élevés, qui leur permettrait de pratiquer des examens prénataux pour déterminer le sexe de l'enfant), il ne varie pas en fonction de la religion, à l'exception des chrétiens (1009 femmes pour 1000 hommes).
Comparé aux ratios d'autres pays, il a été estimé qu'il s'est produit un manque de et filles supplémentaires en 1997, ce qui fait supposer l'avortement d'au moins fœtus filles. Sur une échelle de 20 ans, ce seraient 10 millions de filles qui ne seraient pas nées en Inde en raison de cette préférence masculine.
La raison de ces avortements est que les Indiens préfèrent avoir un garçon, car ce sont eux qui perpétuent le patronyme, s'occupent des parents lorsqu'ils sont vieux et, surtout, héritent des terres. En revanche, pour les Indiens, les filles n'apportent rien, bien au contraire, car il faut même payer leur dot à la famille de leur mari. Un vieux proverbe résume même cette situation : « Élever une fille, c'est comme arroser le jardin d'un voisin ».
Alors qu'en Inde les mariages arrangés sont la norme, ce manque de femmes a poussé de nombreuses familles à rechercher une épouse pour leur fils dans certains États montagneux et même à l'étranger (comme au Népal ou au Bangladesh), où un commerce matrimonial, parfois criminel (enlèvements), est apparu. De plus, les hommes dont les familles n'ont aucune terre et peu d'argent ont moins de chances de se trouver une femme, car les familles préfèrent marier leur fille à une famille riche, pour ainsi avoir plus de chance de pouvoir en tirer parti. Il est même arrivé que des cas de polyandrie aient été découverts, où plusieurs frères partagent la même femme.
Cependant, si cet état de fait vient notamment de la dot, il tendance à faire diminuer sa récurrence, en effet, les familles des femmes ont l'avantage.
Plus largement, ce phénomène sociétal atteint en Asie des proportions affectant la démographie mondiale.
Selon les données de la banque mondiales, l'écart entre les femmes et les hommes s'est rétréci. En 2023, les femmes représentaient 48,41 % de la population indienne et s'élevaient au nombre de 696 millions tandis que les hommes étaient 741 millions.
Un pays jeune En 2005, les moins de 20 ans représentent 45,3 % de la population indienne, les plus de 60 ans 5,9 %Bertrand Badie, Béatrice Didiot (dir.), L'État du monde 2007, Paris, La Découverte, 2006, p.93. Même si la part des jeunes diminue lentement (50,7 % des Indiens avaient moins de 20 ans en 1950), le pays doit faire face aux défis de nourrir, loger et scolariser un nombre important d'enfants.
Natalité En 2021, le taux de fécondité en Inde s'élève à 2,0 enfants par femme et est passé pour la première fois en dessous du seuil de renouvellement de sa population. Pour comparaison, l'indice est de 3,6 au Pakistan (en 2018) et de 2,4 au Bangladesh (en 2025). Le taux de fécondité en Inde est calculé par l'intermédiaire d'enquêtes démographiques à grande échelle.
+ Évolution du taux de fécondité The DHS Program - India (Enquêtes démographiques et de santé) 1999200620162021Milieu urbain2,32,11,81,6Milieu rural3,13,02,42,1Total2,92,72,22,0
thumb|Taux de fécondité dans les différents États et territoires de l'Inde en 2012.
Le taux de natalité est de tandis que le taux de mortalité est de , ce qui correspond à un taux d'accroissement naturel de SRS Statistical Report 2011 Censusindia.gov Estimates Of Fertility Indicators.
Distribution de la population thumb|Carte de la densité de population.La population est inégalement répartie, les grandes villes notamment Chennai et Bengaluru sont très attractives ainsi que la vallée du Gange et plusieurs états du Sud.
En revanche, dans le centre-ouest et dans le nord l'attractivité est moindre.
+ D'après le recensement de 2011Classement des villes les plus peuplées d'Inde Rang Ville Population1Bombay2Delhi3Bangalore4Hyderabad5Ahmedabad6Madras7Calcutta8Surate9Pune10Jaipur11Kanpur12Lucknow13Nagpur14Indore15Thane16Bhopal17Visakhapatnam18Pimpri Chinchwad19Patna20Ludhiana