Albert Devèze (Ypres, - Bruxelles, ) est un avocat, homme politique libéral belge, ministre d'État, ministre à de nombreuses reprises.
Biographie
Albert Devèze fait ses études secondaires à l'Institut Saint-Louis de Bruxelles et poursuit avec deux ans de philosophie et lettres. Il étudie ensuite trois ans à l'Université libre de Bruxelles (ULB) et en sort docteur en droit en . Il exerce en tant qu'avocat près de la Cour d'appel de Bruxelles. Il est bâtonnier du barreau de Bruxelles le . En premières noces, il épouse Germaine Ozeray avec qui il a un fils et, en secondes, Suzanne Buisset, fille du député-bourgmestre de Charleroi Emile Buisset. Initié à la loge maçonnique « Les Amis philanthropes » de Bruxelles dès le , il accède aux plus hauts grades de l’Ordre..
Carrière militaire En au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il s'engage comme volontaire dans le 5e régiment de Ligne. Il passe quatre ans au front comme officier dans l'artillerie de tranchée puis de campagne. En , il est nommé capitaine d'artillerie de réserve. En , il fait la campagne des dix-huit jours comme major d'artillerie et sera nommé lieutenant-colonel honoraire en . Pendant toute sa vie, Albert Devèze a apprécié l'armée, le port de l'uniforme et se voyait en quelque sorte comme le défenseur de la Patrie en péril.
Carrière politique Il s'engage en politique en 1905 dans les rangs des libéraux. Il est conseiller communal de Schaerbeek de 1907 à 1921. Le , il est élu député à la Chambre des Représentants de l'arrondissement de Bruxelles. Il sera constamment réélu jusqu'en 1958. De 1927 à 1933, il est président du parti libéral.
Vu ses affinités avec la vie militaire, Albert Devèze est repris à plusieurs reprises comme ministre de la Défense nationale au sein du gouvernement belge: dans le gouvernement Carton de Wiart (du au ), Theunis I (du au ), Theunis II (du au ) et dans le gouvernement Van Zeeland I (du au ).
Dans ses mémoires, le roi Léopold III lui reproche de l'avoir obligé à démettre le général Nuyten, de l'Armée belge, en 1934, et d'avoir orienté l'armée vers une stratégie de défense visant à défendre l'ensemble du territoire belge en cas d'agression allemande; stratégie électoralement rentable en Wallonie mais militairement irréaliste, affaiblissant ainsi le pays au moment où l'Allemagne se réarmait .
Il faut toutefois nuancer ce propos par l'affaire de Léo Campion et Hem Day. En 1933, Albert Devèze, ministre de la Défense Nationale, dépose un projet de loi interdisant toute propagande pacifiste et toute diffusion d'idées antimilitaristes (ce qui ne constitue sans doute pas une mesure opposée aux défenses belges). Sans attendre, Léo Campion et Hem Day renverront leurs livrets militaires et deviendront les premiers objecteurs de conscience.
Par ailleurs, la stratégie militaire de Devèze était de résister sur la frontière belge à une éventuelle offensive allemande visant notamment les Ardennes, en attendant l'arrivée de l'armée française (il fut ministre au temps où la convention militaire franco-belge était en vigueur) ; il crée pour cela les Chasseurs ardennais, unité d'élite de l'armée belge qui s'illustrera lors de la Campagne des dix-huit jours en . Cette optique est remplacée après 1936, sous la pression flamande, voire flamingante (, et l'influence du pacifisme des socialistes, par la politique dite des mains libres visant à tenir la balance égale entre les grandes puissances, et donc à s'éloigner de la France. C'est pour cette raison qu'Albert Devèze s'est vu contraint de quitter le gouvernement Van Zeeland I en 1936.
Par la suite, il est ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Pierlot II (du au ) et Pierlot III d'union nationale (du au ).
À la suite de la capitulation belge le , le Roi Léopold III fait appel à lui pour justifier sa décision de déposer les armes et envisage même la constitution d'un gouvernement royal en Belgique occupée. Albert Devèze prendra toutefois progressivement ses distances avec le roi et sera même menacé d'être arrêté par l'occupant.
Après la Deuxième Guerre mondiale, toujours estimé et incontournable, c'est lui qui définit la ligne libérale dans la Question royale: le Roi Léopold III n'a pas failli mais puisqu'il est l'objet de discorde, l'unité nationale et l'avenir de la monarchie exigent de lui l'effacement en faveur de son fils, le prince Baudouin.
De à 1958, il est élu député de Bruxelles à la Chambre des représentants. Il est ministre des Affaires économiques dans le gouvernement Van Acker III (du au ) et vice-premier ministre et ministre de la défense dans le gouvernement Eyskens I (du au ). Malade, il renonce en à présider le groupe libéral à la Chambre des représentants.
Ayant reçu des funérailles religieuses, il a été inhumé dans la crypte des anciens combattants au cimetière de Schaerbeek.
Distinctions Le roi Léopold III le nomme ministre d'État le .
Les distinctions suivantes lui ont été décernées :
(Belgique) ; (Belgique) ; (Belgique) ; avec 5 citations (Belgique) ; Médaille du volontaire combattant (Belgique) ; Croix de l'Yser (Belgique) ; Croix du Feu (Belgique) ; France) ; Grand cordon de l'ordre de la Couronne d'Italie en 1923 ; Grand cordon de l'ordre royal de l'Étoile polaire (Suède); Officier de l'ordre royal de Saint-Sava en 1933 (Yougoslavie).
Hommages En , un buste en marbre à la mémoire d'Albert Devèze, œuvre du sculpteur Marcel Rau, a été érigé dans le square qui porte son nom à IxellesEn face de l'entrée de l'Université libre de Bruxelles. Sur celui-ci figure la devise « Libertatem et patriam defendit » (il défend la liberté et la patrie).
Notes et références
Annexes Bibliographie Emile Van Den Berghe, Albert Devèze, Bruxelles, La Renaissance du Livre ; Catherine Lanneau, , Bruxelles, Académie Royale des sciences, des lettres et des beaux-Arts de Belgique, 2007,
Articles connexes Léo Campion Hem Day Ligne Devèze
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