Bakou (en , prononcé : ) est la capitale et la plus grande ville de l'Azerbaïdjan. Elle se trouve dans l'est du pays, sur la rive sud de la péninsule d'Abşeron, au bord de la mer Caspienne. Il s'agit de la capitale ayant la plus faible altitude du monde (). Son histoire débute au millénaire avant Jésus-Christ, mais les traces écrites les plus anciennes ne datent que du .
En 2011, sa population est évaluée à et de personnes environ vivent dans l'agglomération.
En 2020, sa population est évaluée à ..
Étymologie Le nom de Bakou viendrait du persan (bâdkoubéLe terme (bâdkoubé) est composé de / bâd signifiant « vent » et de / koubé, dérivé du verbe / koubidan qui signifie « battre ».), qui peut être traduit par « coup de vent » ou « battu par les vents » (consulté le 19 avril 2025). Une première variante serait que le nom dérive de (bâdkouh), signifiant « la montagne du vent », tandis qu'une seconde variante évoque la racine bâdkiu, « ville des vents ».
L'ancien nom de la ville était en persan : Baraca/ .
Géographie vignette|gauche|Vue générale de Bakou en 2016.
Situation Bakou se trouve dans l'est de l'Azerbaïdjan, sur la rive sud de la péninsule d'Abşeron, au bord de la mer Caspienne. Située à en dessous du niveau de la mer, elle est la capitale ayant la plus faible altitude du monde..
La baie de Bakou, protégée par l'archipel de Bakou et par la péninsule d'Abşeron, constitue le grand port le mieux abrité de Caspienne.
Climat À l'époque soviétique, Bakou était l'un des lieux de séjour favoris des Russes qui venaient y profiter de ses plages au bord de la mer Caspienne et de la douceur de son climat. Bakou jouit en effet d'un climat semi-aride tempéré (Köppen: BSkBSk = Climat sec, climat de steppe, précipitations annuelles comprises entre , sec et froid, température moyenne annuelle , Trewartha: BSak) . Les hivers sont froids sans être glacés tandis que les étés sont chauds sans être torrides. Il neige presque chaque hiver et les chutes de neige abondantes sont assez fréquentes mais habituellement courtes. Après chaque chute de neige, la neige ne reste que quelques jours. La température descend souvent en dessous de pendant la nuit, mais rarement pendant la journée.
Le secteur sud-ouest du Grand Bakou est la région la plus aride de tout l'Azerbaïdjan avec des précipitations annuelles inférieures à .
Les régions de Bakou Bakou a 12 régions administrativeshttp://files.preslib.az/projects/azerbaijan/eng/gl2.pdf :
Histoire
Antiquité
Il est probable qu’au début de notre ère, l'actuelle péninsule d'Abşeron était submergée, le niveau de la mer Caspienne étant beaucoup plus élevé. La vallée inférieure de la Koura était également sous l'eau, comme l'indiquent les cartes antiques. Les premières traces d'occupation humaine remontent toutefois à plusieurs siècles .
L’apparition d'une ville dans la péninsule d’Abşeron s'explique par les facteurs physiques et géographiques, par sa situation au croisement de voies migratoires et commerciales nord-sud et ouest-est dont la route de la soie. Interviennent aussi les conditions climatiques et la richesse en ressources énergétiques et en combustible, lequel affleurait à la surface du sol et était appelé « naphte ».
Moyen Âge
Dans la seconde moitié du , Bakou est intégrée à l’État des Chirvanchahs et devient l’une des villes principales du Chirvan. Sa population exerce différents métiers, dans le commerce, la pêche, l'agriculture, l'extraction du pétrole. En 1191, le chirvanchah Akhsitan ibn Manuchihr, transfère la capitale de l’État de Shamakha à Bakou. Au Bakou est entourée d'un double mur et de fossés. La Tour de la Vierge fait aussi partie du système défensif de la cité.
La ville connaît un déclin rapide au lors de l’invasion des Mongols. Mais au siècle suivant, la vie économique de Bakou renaît. La mer Caspienne est même mentionnée dans certaines sources comme « mer de Bakou ». À partir de Bakou, on expédie diverses marchandises vers la Horde d'or, les principautés russes, l'Iran et l'Asie centrale. À Bakou demeurent des monuments dont les styles témoignent des liens commerciaux avec les régions lointaines comme les caravansérails de « Boukhara » () et du « Multan ». Durant le règne du chirvanchah Nusrat ed-din Khalil ibn Ibrahim (1417-1462) d'importants travaux de construction sont effectués, par exemple l'ensemble architectural du palais des Chirvanchahs, édifié à cette époque.
thumb|center|upright=3.7|Palais des Chirvanchahs, .
Époque moderne
En 1501, Shah Ismaïl prend la ville et Bakou devient une partie de l’État séfévide. En 1578, l’armée ottomane envahit Bakou. En 1607, la ville passe de nouveau sous l’autorité des Séfévides. Le renforcement du pouvoir central au donne une impulsion au développement de la ville. Pendant le règne des Séfévides, à Bakou, on émet des monnaies de cuivre. La plus grande partie de Bakou et la péninsule d'Abşeron produisent des tapisseries.
Bakou, comme centre de commerce, attire l’attention de la Russie. Pierre le Grand envoie une expédition au Caucase du Sud. Le , les troupes russes occupent Bakou, avant de s'en retirer à la suite de la conclusion avec l’Iran du traité de Gandja en 1735.
Le khanat de Bakou est institué au milieu du . Bakou est de nouveau prise par les Russes en 1796, mais un an après, Paul retire son armée.
Époque contemporaine Période russe Le , le Khan de Bakou, Husayn Quouli, reconnaît l’autorité russe. Cependant, quand en 1806 l’armée russe, avec à sa tête Paul Tsitsianov, s’approche de Bakou, Tsitsianov est tué sur l’ordre du gouverneur. L’armée russe entreprend des représailles. À la fin de la même année, elle envahit Bakou ; Husayn Quouli s’enfuit en Perse.
thumb|center|upright=3.7|Le dessin daté de 1865 représente le panorama de Bakou.
Sous le pouvoir de l’Empire russe, Bakou devient l’un des centres industriels et culturels du Caucase. L’extraction industrielle du pétrole contribue au développement de la ville. En 1847, sur le gisement de Bibi Eybat, pour la première fois au monde, un puits de pétrole est creusé par voie mécanique .
En 1859, Vassili Kokorev construit la première usine de kérosène de Russie à Surakhani, près de Bakou. L’afflux de capitaux à Bakou commence. S'y ouvrent les bureaux des Rothschild, des frères Nobel et d’autres. Outre l’industrie pétrolière, se développe la production de tissages, s’ouvrent des usines mécaniques, de tabac, des moulins, des entreprises de traitement… La Douma urbaine de Bakou est créée en 1878. Le , le chemin de fer transcaucasien est ouvert entre Bakou et Tbilissi . En 1899, s'ouvre la ligne de tramway hippomobile (konka) et une flotte à vapeur s'installe dans le port de Bakou. L'oléoduc de Bakou à Batoumi, dont la construction a été retardée par la révolution russe de 1905 et les affrontements interethniques qui l'accompagnent, est mis en service en 1907.
Beaucoup de migrants arrivent à Bakou, en provenance de Russie ou de Perse et de nationalités extrêmement diverses: Russes, Juifs, Allemands, Arméniens, Azerbaïdjanais. La vie culturelle prospère avec le boom pétrolier, un opéra est construit ainsi que des théâtres. Bakou devient célèbre en tant que « Paris du Caucase » . L’imprimerie illégale Nina, qui alimente tout le territoire de l’Empire russe en littérature socio-démocrate, fonctionne de 1901 à 1906 à Bakou .
Le chercheur Tom Reiss remarque que Bakou est l’unique place de l’Empire russe où les juifs se sentent en sécurité.
Le , à Brest-Litovsk, les représentants de la Russie soviétique, d’une part et les pays de la Quatrième union (Allemagne, Autriche-Hongrie, Turquie, Bulgarie) d’autre part, signent le Traité de paix de Brest-Litovsk le Traité de paix de Brest-Litovsk. À cette époque, le pouvoir local est aux mains des soviets de Bakou avec à sa tête Chaoumian, qui est président et commissaire extraordinaire pour les affaires du Caucase. Le , le pouvoir à Bakou est transféré à la dictature temporaire de Centrocaspie. Entre juin et , la bataille de Bakou oppose l'Armée islamique du Caucase, constituée par les Ottomans et alliée aux nationalistes azerbaïdjanais, aux forces britanniques, arméniennes et soviétiques. Le , après des combats acharnés, Bakou est libérée par les détachements de l’Armée islamiqueRépublique démocratique d'Azerbaïdjan (1918-1920). Armée. (Documents et matériaux). - Bakou, 1998, . Le , le gouvernement de la République démocratique azerbaïdjanaise déménage de Gandja à Bakou. Le , l’Empire ottoman capitule et, peu après, l’armée anglaise arrive à Bakou sous le commandement du général Tompson.
Du 1 au , le Komintern organise à Bakou le Premier congrès des peuples d'Orient soutenant l'émancipation des peuples colonisés.
Période soviétique À la mi-avril 1920, les détachements de la rouge ouvrière et paysanne, ayant battu les restes de l’armée de Dénikine, arrivent à la frontière nord de l’Azerbaïdjan. Le , l’Armée rouge traverse la frontière azerbaïdjanaise et, le , elle prend Bakou. La république démocratique d’Azerbaïdjan, instaurée en 1918, tombe. Le pouvoir soviétique est instauré en Azerbaïdjan.
Pendant cette période soviétique, Bakou devient capitale de la république socialiste soviétique d'Azerbaïdjan et se transforme en un des grands centres administratifs, industriels, scientifiques et culturels de l’Union soviétique. Pendant la Grande guerre patriotique de 1941-1945, Bakou est le principal centre stratégique d’approvisionnement en combustible de l’aviation et des blindés, ce qui est un des facteurs importants de la victoire de l’URSS. En même temps, l’Allemagne a pour but de s’emparer du pétrole de Bakou, mais en raison de la défaite de la Wehrmacht dans le combat pour le Caucase, Bakou n’est pas envahie. Au cours des années d’après-guerre, Bakou reste toujours une région pétrolifère importante de l'Union soviétique ...
Avant que l'Azerbaïdjan ne proclame son indépendance vis-à-vis de l'URSS le , des pogroms anti-arméniens ont lieu du 13 au dans la capitale faisant environ , des centaines de blessés et des milliers de réfugiés arméniens selon les autorités soviétiques. Moscou envoie une colonne blindée à Bakou afin de reprendre les choses en main. Les combats du font du côté azéri .Sur les hauteurs de la ville, un mausolée qui abrite les ainsi qu'une « flamme du souvenir » rappelle cet épisode. Ce dernier précipite l'Azerbaïdjan et l'Arménie dans la guerre du Haut-Karabagh qui fait près de des deux côtés.
Depuis l'indépendance Se rétablissant des crises économiques et sociales et des années post-soviétiques de la fin du , Bakou vit sa renaissance en tant que plus grand centre économique et culturel du Caucase.
L'Union européenne a choisi Bakou comme siège de son programme Traceca. Lancé en 1993, le « transport corridor Europe Caucase Asie » avait au départ pour but d'aider les anciennes républiques soviétiques à s'arracher à la tutelle russe et à l'isolement géographique. L'Asie centrale est en effet la région la plus éloignée des océans de la planète. Pour qu'elle puisse accéder et s'ouvrir aux marchés internationaux, l'UE a proposé le développement d'un couloir est-ouest de communications qui conjuguerait route, rail, pipelines, gazoducs, lignes téléphoniques... L'Europe investit très peu d'argent, Traceca étant avant tout un programme d'assistance technique. En revanche, elle œuvre au rapprochement des acteurs de la zone impliquée dans les transports, donne des conseils et pointe les dysfonctionnementsGEO , avril 2012, .
Le projet du développement régional de Bakou couvre un période allant jusqu’en 2030. Le chef du Comité d’urbanisation et d’architecture Djahanguir Khodjayev :
thumb|center|upright=3.7|Vue panoramique nocturne de Bakou avec, à gauche, les Flame Towers, représentation héraldique de la ville, illuminées aux couleurs de l'Azerbaïdjan, et, à droite, le Baku Crystal Hall construit pour accueillir le concours Eurovision de la chanson 2012.
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