Sophie-Charlotte de Mecklembourg-Strelitz, née à Mirow le et morte à Kew le , est reine du Royaume-Uni de 1761 à 1818, en tant qu'épouse de (1738-1820).

Elle est la grand-mère de la reine Victoria et l'aïeule de l'actuel roi du Royaume-Uni, Charles III, par sa mère, mais aussi par son père, Philip Mountbatten, duc d’Édimbourg.

Elle est une protectrice des arts, connue de Johann Christian Bach et de Mozart, entre autres. Elle est aussi une botaniste amatrice qui œuvre à la fondation de Kew Gardens. Le genre Strelitzia est d'ailleurs nommé en sa mémoire. George III et la reine Charlotte ont quinze enfants, dont treize atteignent l'âge adulte.

Biographie Jeunesse vignette|gauche|Les deux duchés de Mecklembourg au .

Charlotte était la plus jeune fille du duc Charles de Mecklembourg-Strelitz, prince de Mirow (1707-1752) et de la duchesse, née duchesse Élisabeth-Albertine de Saxe-Hildburghausen (1713-1761).

Elle était la petite-fille, issue d'un troisième lit, d'Adolphe-Frédéric II de Mecklembourg-Strelitz (1658-1708) et de son épouse Christiane Émilie Antoinette, née princesse de Schwarzbourg-Sondernshausen (1681-1751). Le demi-frère aîné de son père, Adolphe-Frédéric III, régna de 1708 à 1753.

Pour une femme mariée au souverain de l'un des États les plus puissants de l'époque, son hérédité était moins prestigieuse que celle d'autres princesses royales. Aucun de ses ancêtres jusqu'à la génération de ses arrière-arrière-arrière-grands-parents n'avait de rang royal. Bien que ses cinquante-huit aïeux et parents les plus proches aient compté parmi eux quelques princes régnants, on peut observer qu'elle était de sang ducal et princier, plutôt que de sang royal. Seulement deux de ses quinquisaïeuxQuinquisaïeul : arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père furent rois : Gustave de Suède et Frédéric de Danemark et de Norvège. D'autres monarques royaux se trouvent dans son ascendance plus éloignée.

Mariage avec George III vignette|gauche|Charlotte – Reine consort du Royaume-Uni et de Hanovre, portrait par Joshua Reynolds (1779). vignette|droite|Charlotte de Mecklembourg-Strelitz, portrait par Thomas Frye (1762).

Le frère de Charlotte, Adolphe-Frédéric IV de Mecklembourg-Strelitz (règne 1752–1794), et sa mère négocièrent activement en vue de cette union qu'ils considéraient comme prestigieuse. Charlotte à 16 ans fut choisie pour être l'épouse du jeune roi George, bien qu'elle ne fût pas son premier choix. Il avait déjà courtisé plusieurs jeunes femmes considérées comme peu convenables par sa mère, Augusta de Saxe-Gotha-Altenbourg, et par ses conseillers politiques. La rumeur disait aussi qu'il avait épousé une jeune femme quaker, du nom de , bien que plus tard cela fût considéré comme infondé, les prétendus documents attestant de ce mariage s'avérant être des contrefaçons.

La princesse Charlotte arriva en Angleterre en 1761, et le couple se maria à la chapelle royale du palais Saint James, Londres, le de cette année. Peu appréciée de sa belle-mère, elle affronta pendant quelques années son hostilité.

Le mariage de Charlotte fut tout de même heureux, malgré le passé amoureux de son mari et le manque de sympathie de sa belle-mère, la princesse douairière de Galles, et le roi ne lui fut apparemment jamais infidèle. Ils eurent quinze enfants, tous sauf deux — Octavius et Alfred — atteignirent l'âge adulte.

Intérêts et patronage La reine Charlotte était vivement intéressée par les beaux-arts. Elle aida de ses deniers Johann Christian Bach qui fut son professeur de musique. Mozart, alors âgé de huit ans, lui dédia ses six sonates pour clavecin avec accompagnement de violon KV 10 à KV 15, à sa demande. La reine fonda aussi des orphelinats et un hôpital pour les futures mères. Vers 1805, elle nomme Amelia Noel professeure de dessin de ses filles Neil Jeffares, « Noel, Amelia, Mrs Henry, née Minka Levy », Dictionary of pastellists before 1800, article du 30 novembre 2021, en ligne..

En 2004, la galerie de la reine au palais de Buckingham accueillit une exposition illustrant le patronage enthousiaste de George et de Charlotte pour les arts. Le couple royal exerça son mécénat avec éclat, contrairement aux premiers monarques hanovriens ; cela tranchait favorablement avec les goûts aventureux du père du roi, Frédéric, prince de Galles. Le ménage royal aimait particulièrement l'ébéniste , l'orfèvre Thomas Heming, le paysagiste Capability Brown, et le peintre allemand Johann Zoffany, qui fit plusieurs portraits du roi, de la reine et de leurs enfants, dans le style anglais, c'est-à-dire libéré des codes du portrait en majesté.

vignette|gauche|redresse=0.75|Thomas Lawrence : La Reine Charlotte, 1789,National Gallery. Thomas Lawrence, au talent précoce, n'a que 20 ans lorsqu'il peint le Portrait de la Reine Charlotte. Mais ce tableau n'a plu ni au roi George ni à la reine Charlotte et n'est pas entré dans la collection royale. Il est resté entre les mains de Lawrence et était dans sa vente d’atelier après sa mort..

La reine était aussi une botaniste qui aida à l'établissement de ce que sont aujourd'hui les Kew Gardens.

L'éducation des femmes avait une grande importance pour la reine, et elle fit en sorte que ses filles soient mieux instruites qu'il n'était d'usage pour les jeunes femmes de l'époque. Femme d'esprit, de génie et pleine de qualités, elle donna ainsi une éducation admirable à ses enfants. Prodige de devoir, de modestie et de piété, elle était un exemple de pureté. Elle éloigna de la cour, sans ménagement et avec sévérité, toutes les personnes dont la réputation manquait de clarté.

Avant sa mort, elle exprima le souhait de voir se rencontrer deux de ses fils, le prince régent et le duc de Sussex, qui ne s'étaient pas vus depuis plusieurs années.

C'est en son honneur que fut nommé un dessert : la fameuse charlotte.

Maladie de son mari vignette|droite|Portrait par Thomas Gainsborough (1781).

Décès Charlotte vécut à une époque où le royaume de son mari et la France, sa première rivale, étaient en guerre quasi-permanente, notamment pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763) , la guerre d'indépendance des colonies Américaines (1776-1787), la Révolution française (1789-1799) et la période napoléonienne (1799-1815). La nièce de la reine, Louise de Mecklembourg-Strelitz, reine de Prusse, fut l'âme de la résistance allemande face à la France.

En 1815, le congrès de Vienne qui refondait l'Europe après la chute de Napoléon, éleva les deux duchés au rang de grands-duchés. La reine mourut en 1818 à l'âge de 74 ans en présence de son fils aîné, le prince-régent, qui tenait sa main comme elle s'asseyait dans un fauteuil dans la retraite provinciale de la famille, à Dutch House dans le Surrey (connu maintenant comme Kew Palace). Elle fut enterrée dans la chapelle Saint-Georges de Windsor. Son mari mourut deux ans plus tard.

Descendance NomNaissanceDécèsNotesGeorge IV du Royaume-Uni12 août 176226 juin 1830marié en 1795, à la princesse Caroline de Brunswick ; eurent une fille (la princesse Charlotte de Galles)Frédéric d'York16 août 17635 janvier 1827marié en 1791, à la princesse Frédérique-Charlotte de Prusse ; sans descendance21 août 176520 juin 1837marié en 1818, à Adélaïde de Saxe-Meiningen ; pas de descendance survivanteCharlotte29 septembre 17666 octobre 1828mariée en 1797, à Frédéric de Wurtemberg ; sans descendanceÉdouard-Auguste de Kent2 novembre 176723 janvier 1820marié en 1818, à la princesse Victoire de Saxe-Cobourg-Saalfeld ; eurent une fille (la reine Victoria)Augusta-Sophie8 novembre 176822 septembre 1840jamais mariée, pas de descendanceÉlisabeth22 mai 177010 janvier 1840mariée en 1818, à Frédéric VI de Hesse-Hombourg ; sans descendanceErnest-Auguste Ier de Hanovre5 juin 177118 novembre 1851marié en 1815, à la princesse Frédérique de Mecklembourg-Strelitz ; eurent une descendanceAuguste-Frédéric de Sussex27 janvier 177321 avril 1843(1) marié en contravention du Royal Marriages Act de 1772, à ; eurent une descendance ; mariage annulé en 1794(2) marié en 1831, à Cecilia Buggins (plus tard duchesse d'Inverness) ; sans descendanceAdolphe de Cambridge24 février 17748 juillet 1850marié en 1818, à la princesse Augusta de Hesse-Cassel ; eurent une descendanceMarie de Hanovre25 avril 177630 avril 1857mariée en 1816, au prince William Frederick, duc de Gloucester et Édimbourg ; sans descendanceSophie du Royaume-Uni3 novembre 177727 mai 1848aurait eu un enfant illégitimePrince Octavius23 février 17793 mai 1783 Prince Alfred22 septembre 178020 août 1782 Amélie7 août 17832 novembre 1810jamais mariée, pas de descendance

Ancêtres

Titres 1744–1761 : Son Altesse Sérénissime la duchesse Sophia Charlotte de Mecklenburg-Strelitz 1761–1800 : Sa Majesté la reine de Grande-Bretagne et d'Irlande 1801–1814 : Sa Majesté la reine du Royaume-Uni 1814–1818 : Sa Majesté la reine du Royaume-Uni et de Hanovre

Maternité de la reine Charlotte La maternité de la reine Charlotte à Londres perdure depuis 1739, faisant d'elle la plus ancienne maternité du Royaume-Uni. Le fils de la reine Charlotte, le duc du Sussex, la persuada de donner son nom à l'hôpital qui était une institution charitable à l'époque.

Postérité Entités nommés en son honneur

Charlotte (Caroline du Nord) Comté de Charlotte (Virginie) Queensbury (New York) Charlotte Place, Sydney, Nouvelle-Galles du Sud Charlottesville (Virginie) Charlottetown, Île-du-Prince-Édouard, Canada , Kingstown, Saint-Vincent-et-les-Grenadines Comté de Mecklenburg (Caroline du Nord) Mecklenburgh Square dans le quartier de Bloomsbury à Londres, Royaume-Uni Port Charlotte (Floride) (navire marchand britannique, d'après lequel les îles de la Reine-Charlotte de la Colombie-Britannique furent ainsi nommées)

Queen's College, Nouveau-Brunswick, New Jersey (maintenant Université Rutgers) , Charlotte (Caroline du Nord) Baie de la Reine-Charlotte, Nouvelle-Zélande Queen Charlotte's Maternity Hospital, La plus vieille maternité dans le Royaume-Uni Îles de la Reine-Charlotte, Colombie britannique Strelitzia reginae, une fleur indigène d'Afrique du Sud

Dans la culture populaire À la télévision Dans la série Netflix La Chronique des Bridgerton, la reine Charlotte est interprétée par Golda Rosheuvel..

Dans la série La Reine Charlotte : Un chapitre Bridgerton, préquelle de la précédente série, le rôle de la reine Charlotte est interprété par India Amarteifio. La série est réalisée par Shondaland.

L'émission historique Secrets d'Histoire : La folle épopée de Charlotte d'Angleterre, présentée par Stéphane Bern, lui est consacrée.

Au cinéma Dans le long-métrage La Folie du Roi Georges de Nicholas Hytner, elle est incarnée par l'actrice Helen Mirren.

Notes et références

Bibliographie

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Liens externes

Queen Charlotte, 1744–1818: A Bilingual Exhibit (c. 1994) The Blurred Racial Lines of Famous Families — Queen Charlotte sur le site de PBS Duchess Charlotte Sophie von Mecklenburg-Strelitz sur Genealogics.org

Hedley, Olwen Queen Charlotte J. Murray,

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