Paul Watzlawick, né le à Villach (Autriche) et mort le à Palo Alto (Californie) est un psychologue jungien, psychothérapeute, et sociologue américain, d'origine autrichienne. Ses travaux ont porté sur la thérapie familiale et la psychothérapie générale. Grâce à ses talents d'écriture et de clinicien, il est un des rares à avoir diffusé la pensée du MRI à travers le monde. C'est un théoricien de la communication et du constructivisme radical, membre fondateur de l'École de Palo Alto.

Biographie Watzlawick termine ses études secondaires en 1939 dans sa ville natale de Villach. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Paul Watzlawick, prisonnier politique en Allemagne, s'évade et est recueilli par les Britanniques. À la fin de la guerre, il est démobilisé en Italie et entre dans les services de police de la ville de Trieste.. En 1945, il s'installe à Venise et étudie la philosophie du langage et la philologie à l'université « Ca' Foscari » de Venise. Il étudie la logique (influence de Ludwig Wittgenstein, Gottlob Frege et Kurt Gödel). En 1949, Il obtient un diplôme de docteur en philosophie. De 1949 à 1954, il se forme ensuite à l'Institut Carl Jung à Zurich, où il obtient un diplôme en psychologie analytique en 1954.

Il obtient un poste pour les Nations unies en Italie. Après un séjour à Bombay, il enseigne la psychologie analytique et la psychothérapie à l'université du Salvador de 1957 à 1959.

En 1960, il se rend à Philadelphie pour étudier l'approche thérapeutique de John Rosen à l'Institute for Direct Analysis. C'est là qu'il rencontre Ray Birdwhistell et Albert Scheflen. Ce dernier le présente à Donald D. Jackson qui s'arrange pour le faire venir à Palo Alto en Californie pour faire des recherches à l'Institut de recherche mentale (IRM). Il devient l'un des piliers de l'Institut. En 1967 et les années suivantes, il enseigne la psychiatrie à l'université Stanford.

Ce groupe de chercheurs avec entre autres Gregory Bateson, Jay Haley, et Don Jackson, Paul Watzlawick va faire de cette École de Palo Alto une référence dans les domaines des théories de la communication, de la psychothérapie et de la thérapie familiale. Ils ont une influence fondamentale sur le constructivisme en étant les premiers à établir un lien entre communication, relations familiales et désordres mentaux. Ils s'intéressent également aux pratiques en thérapie, notamment la thérapie brève, tout en s'appuyant sur la façon dont apparaissent les troubles du patient plutôt que sur leur raison et en adoptant un point de vue nouveau sur les patients, les maladies et les thérapies. Paul Watzlawick a contribué à l'histoire de la psychologie en avançant une idée majeure : « Il n' y a pas d'individu malade en soi mais des systèmes sociaux et familiaux qui induisent des pathologies. » Paul Watzlawick et l'École de Palo Alto ont eu une influence majeure sur les chercheurs et les psychothérapeutes du monde entier.

Watzlawick est coauteur de 15 livres qui ont donné lieu à 74 éditions en langues étrangères et a rédigé plus de 130 articles. Il a coécrit avec J. Beavin et D. Jackson un essai qui a révolutionné les sciences humaines Une logique de la communication.

En 1968 il devient porte-parole du Mental Research Institute et rédige des fondements qui vont remettre en cause l'approche psychanalytique classique.

Il reçoit en 1993 les insignes de docteur honoris causa de l'université Michel-de-Montaigne Bordeaux III. alt=Paul Watzlawick|vignette|Paul Watzlawick

Travaux Dans ses écrits, Paul Watzlawick a notamment dénoncé les alternatives illusoires, sournoisement pathogènes (ce qu'il a appelé des doubles contraintes). Réciproquement, celles-ci sont utilisables pour sortir d'un dilemme dévastateurExemple emprunté à Paul Watzlawick et cité par Philippe Boulanger et Alain Cohen dans Le Trésor des Paradoxes : « Erdäpfel oder Kartoffel ? » (patates ou pommes de terre ?) : vers 1940, ce slogan clandestin répondait à la propagande nazie intimant aux populations soumises qu’elles avaient le « choix » entre « le national-socialisme ou le chaos stalinien ». Plus généralement, Paul Watzlawick a beaucoup évoqué la Seconde Guerre mondiale, notamment dans son ouvrage de référence La réalité de la réalité (Éd. Seuil).

L’œuvre de Paul Watzlawick comporte deux grandes orientations : l’une théorique et l’autre thérapeutique. Chacun des ouvrages de cet auteur comprend les deux dimensions. Ceux-ci sont agrémentés de nombreux exemples issus de nombreux domaines de la connaissance : philosophie, linguistique, histoire de la psychologie, littérature, journalisme, publicité, anecdotes, etc.

La dimension théorique comporte quelques postulats : 1- la communication est inévitable entre les humainsUne logique de la communication, Watzlawick, Helmit Beavin, D. Jackson ; 2 – la réalité est le résultat d’une construction (c. f. La réalité de la réalité) ; 3 – le cerveau comprend deux hémisphères : le gauche orienté rationalisation et le droit orienté émotion (théorie de l'asymétrie cérébrale).

Paul Watzlawick et l'École de Palo Alto ont formulé plusieurs théories dans le domaine de la communication. Dans Une logique de la communication, il présente avec ses coauteurs Beavin et Jackson, la notion de contexte ou cadre de référence, celle de rétroaction ou « feedback » et les différents niveaux de communication (analogique et numérique).

Watzlawick, Beavin et Jackson écrivent que la communication humaine peut se diviser en trois domaines : syntaxe, sémantique et pragmatique. Ces trois domaines ont été distingués par Charles W. Morris dans son livre Foundations of the Theory of Signs et repris par Rudolph Carnap dans Introduction to Semantics (1942). La syntaxe n'est pas le sens du message mais les symboles qui le constituent. Le sens du message appartient au domaine de la sémantique. La pragmatique est le résultat de la communication : « la communication affecte le comportement, et c'est à son aspect pragmatique ».

Le contexte ou cadre de référence réside dans le domaine de la pragmatique. Il permet de mieux saisir le sens de l'échange ou tout simplement la situation. Ils utilisent plusieurs exemples pour faire comprendre la notion de cadre de référence notamment celle des renards et des lapins de garenne au CanadaLes chercheurs ont observé que l'augmentation et la baisse du nombre de renards ou de lapins fonctionnaient par cycles mais ils n'arrivaient pas à comprendre le processus de ce déclin ou de cette croissance chez les deux espèces. Jusqu'à ce qu'ils comprennent le contexte : les renards se nourrissent principalement de lapins de garenne, or s'ils en mangent trop, la population des lapins diminue et donc les renards ne trouvent plus de quoi se nourrir, alors leur population diminue. Du côté du lapin de garenne c'est l'inverse : quand il y a trop de renards, ils diminuent car ils se font manger, mais quand le nombre de leurs prédateurs diminue, ils peuvent à nouveau proliférer. Ainsi il faut comprendre le cadre de référence pour analyser la situation entre les deux espèces.. Cela vaut aussi pour les êtres humains. Ainsi, lorsqu'il y a communication, l'échange se fait obligatoirement dans un contexte bien défini.

La définition du phénomène de rétroaction la plus claire est écrite par Thomas HoraTao, Zen and existential Psychotherapy, Psychologia 2, 236-242, 1959 « Pour se comprendre soi-même, on a besoin d'être compris par l'autre. Pour être compris par l'autre, on a besoin de comprendre l'autre. ». Cela met en avant que l'information ne va pas seulement d'un point A à un point B mais que A a un effet sur B qui lui influence les actes suivants de A et que A et B sont eux-mêmes influencés par le contexte de l'échange qui influence le contexte en retour. Ce phénomène fonctionne de manière circulaire comme l'influence de la quantité de lapins de garenne sur le nombre de renards, sauf que dans le cadre de l'humain c'est la communication qui provoque l'action.

Lors de chaque interaction il y a des entrées d'information dit "input". Ces informations peuvent modifier ou maintenir la relation et cela se traduit par une rétroaction positive ou négative. La rétroaction négative maintient la relation à un niveau stable alors que celle positive implique un changement, il y a perte de l'équilibre. « Dans cette relation il y aura alors une personne dominante et une dominée. ». Pour résumer : « Les systèmes autorégulés, c'est-à-dire les systèmes à rétroaction, appellent une philosophie qui leur soit propre (…) dans laquelle les concepts de modèle ("pattern") et d'information seraient aussi fondamentaux que ceux de matière et d'énergie au début du siècle. »Une logique de la communication, Édition Points,

Pour communiquer, nous utilisons des signaux tels que des mots, des gestes ou même des postures, etc. qui doivent répondre à un code commun. L'École de Palo Alto les a classés en deux types de communication : La communication numérique soit analytique, logique, précise et elle explique et interprète : c'est une communication qui nécessite de la part des interlocuteurs une connaissance des codes. La communication « analogique», c'est-à-dire affective et plus floue, elle utilise des symboles : c'est une communication comprise de tous.

Ces deux types de communication se retrouvent dans le fonctionnement des machines.

La communication numérique : Dans le fonctionnement des processeurs,mémoires et autres boîtiers d'entrées/sorties, car ils utilisent principalement des "digits" ou bits qui envoient un signal soit à 1 soit à 0.

La communication analogique : Dans le fonctionnement des postes de radio, des amplis, des anciens tourne-disques. Ils font appel à des composants qui utilisent des grandeurs analogues discrètes et positives comme les transistors, les lampes, les résistances et condensateurs. La valeur du signal ne passera pas que d'un état 0 à un état 1 instantanément et seulement à ceux-ci. Ce signal pourra prendre n'importe quelle valeur entre ces deux états tout en y incorporant des valeurs de temps, d'amplitude, de fréquence, etc. Ces valeurs sont nommées analogiques.

Selon son hypothèse, il n'existe pas de réalité absolue, mais seulement des conceptions subjectives et souvent contradictoires de la réalité. Dans son ouvrage il parle de la « pragmatique de la communication » un nouveau champ de recherche scientifique dans lequel il va se poser des questions et penser que la réalité est une illusion dangereuse à laquelle il nous met en garde surtout quand elle a une définition qui nous est imposée. Il existe deux niveaux de réalité : une réalité de premier ordre : celle que nous percevons par nos cinq sens (la vue, le toucher, l'odorat, le goût et l'ouïe) ; une réalité de second ordre : la signification que nous donnons à la première réalité.

La dimension thérapeutique vise principalement un changement (voire une résolution) vis-à-vis d’un problème. Il existe deux types de changement : un changement qui n’a pas d’effet thérapeutique (de type 1 : tentative spontanée du sujet qui consiste en un « plus de la même chose ») et un changement qui a un effet thérapeutique appelé méta-changement (de type 2 : construit dans une relation thérapeutique). Les techniques principales pour parvenir à un méta-changement sontChangements : paradoxes et psychothérapie et Le langage du changement : éléments de communication thérapeutique : le recadrage la prescription du symptôme la prescription du comportement le déplacement du symptôme l’alternative illusoire l’utilisation de la résistance