James Knox Polk (Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.), généralement appelé James K. Polk, né le à Pineville (Caroline du Nord) et mort le à Nashville (Tennessee), est un homme d'État américain. Membre du Parti démocrate, il est le président des États-Unis, en fonction du au . Sa présidence est marquée par une vaste expansion territoriale des États-Unis, qui permet au pays de s'étendre jusqu'à l'océan Pacifique.

Propriétaire d'esclaves jusqu'à la fin de sa vie, il en fait travailler à son service à la Maison-Blanche, en achète secrètement et possède une plantation dans le Mississippi.

Né dans une famille presbytérienne, son père est notamment un planteur du Sud des États-Unis. Polk grandit dans le Tennessee, où ses parents s'installent en 1806. Élève brillant malgré une santé fragile, il étudie à l'université de Caroline du Nord à Chapel Hill, dont il sort diplômé en 1818, puis devient avocat à Columbia en 1820. En 1823, il est élu à l'Assemblée législative du Tennessee, marquant ainsi ses débuts en politique. L'année suivante, il épouse Sarah Childress, issue d'une famille influente dont le père est un riche planteur, qui l'accompagne ensuite tout au long de sa carrière publique.

Deux ans plus tard, Polk rejoint la Chambre des représentants des États-Unis, où il se fait un ardent défenseur de la politique du président Andrew Jackson dont il est proche. Il siège au comité des voies et moyens avant d'être élu président de la Chambre des représentants en 1835, fonction qu'il occupe jusqu'en 1839.

Polk quitte ensuite le Congrès pour se présenter au poste de gouverneur du Tennessee : il remporte l'élection de 1839, mais est battu lors des scrutins de 1841 et 1843. En vue de l'élection présidentielle de 1844, il se présente à la convention démocrate pour briguer la vice-présidence, mais aucun des candidats à la magistrature suprême ne parvenant à obtenir la majorité requise, il émerge comme un homme de compromis et est désigné pour la présidence. Il remporte ensuite le scrutin général face à Henry Clay, candidat du Parti whig.

Sous sa présidence, les États-Unis connaissent une expansion territoriale sans précédent, portée par l'idéologie de la destinée manifeste. En 1845, le Texas est annexé et intégré à l'Union à la suite d'un accord avec la république du Texas. L'année suivante, Polk s'entend avec le Royaume-Uni sur le partage du territoire de l'Oregon le long du parallèle nord, fixant ainsi la frontière nord-ouest avec le Canada par le traité de l'Oregon. Dans le même temps, la guerre américano-mexicaine (1846–1848) conduit à une victoire rapide des États-Unis et au traité de Guadalupe Hidalgo (1848), par lequel le Mexique cède la quasi-totalité du Sud-Ouest américain actuel : la Californie, le Nevada et l'Utah, la majeure partie de l'Arizona, ainsi qu'une partie du Colorado, du Nouveau-Mexique et du Wyoming. Sur le plan intérieur, Polk obtient une réduction substantielle des droits de douane grâce à l'adoption du Walker Tariff de 1846 et fait rétablir la trésorerie indépendante, une autre réussite majeure de son administration.

Conformément à sa promesse de campagne, Polk refuse de se représenter. Retiré dans le Tennessee, il meurt, probablement du choléra, trois mois seulement après son départ de la Maison-Blanche, ce qui fait de lui le président ayant vécu le moins longtemps après la fin de son mandat.

Polk est souvent considéré comme le dernier grand président avant la guerre de Sécession, ayant atteint la plupart de ses objectifs, tant en politique intérieure que sur le plan international. Il est évalué favorablement pour son efficacité et sa capacité à mener à bien son programme, bien que critiqué pour avoir entraîné le pays dans la guerre contre le Mexique et accentué les tensions politiques. L'une de ses principales réalisations demeure l'expansion territoriale des États-Unis, qui s'étendent alors jusqu'aux côtes du Pacifique et accèdent au rang de puissance continentale.

Jeunesse vignette|Reconstitution de la maison natale de Polk sur le James K. Polk State Historic Site près de Pineville.

James Knox Polk naît le dans une cabane en rondins près de Pineville, en Caroline du Nord.. Il est le premier d'une lignée de dix enfants.. Sa mère, Jane, le baptisa du nom de son père, James Knox. Son père, Samuel Polk, était un planteur, propriétaire d'esclaves et arpenteur d'origine écossaise-irlandaise. La famille Polk avait immigré en Amérique à la fin du et s'était d'abord établie sur la côte est du Maryland, puis dans le centre-sud de la Pennsylvanie, avant de s'installer dans les montagnes de Caroline du Nord..

Les familles Knox et Polk étaient presbytériennes. Alors que son épouse restait profondément croyante, Samuel, dont le père Ezekiel Polk était déiste, rejetait le presbytérianisme dogmatique. Lors du baptême de son fils, il refusa de proclamer son attachement à la foi chrétienne et le prêtre refusa de baptiser le jeune James.. Selon son biographe James A. Rawley, la mère de Polk ..

En 1803, Ezekiel Polk s'installa avec quatre de ses enfants adultes et leur famille à proximité de la rivière Duck, dans l'actuel comté de Maury au Tennessee. Samuel Polk et sa famille les rejoignirent en 1806. Le clan Polk domina rapidement la vie politique du comté et celle de la nouvelle ville de Columbia. Samuel devint juge du comté et parmi les individus qu'il recevait chez lui figurait Andrew Jackson qui avait déjà servi comme juge et comme représentant au Congrès.. Samuel et Ezekiel Polk étaient tous les deux des partisans du président Thomas Jefferson et par conséquent des opposants du Parti fédéraliste. Le jeune James s'intéressa à la politique en écoutant les discussions à la table de la maisonnée..

Polk était un enfant à la santé fragile, ce qui était un véritable problème dans les territoires de la frontière. Son père l'emmena voir un éminent physicien de Philadelphie, le docteur Philip Syng Physick, car il souffrait de calculs urinaires, mais il ne put aller au bout du voyage en raison de la douleur et il dut être opéré en urgence par le docteur Ephraim McDowell à Danville, dans le Kentucky. Malgré l'absence d'anesthésique, en dehors d'un peu de brandy, l'opération fut un succès, mais il est possible qu'elle ait rendu Polk stérile car il n'eut aucun enfant par la suite. Sa convalescence fut rapide et il gagna en robustesse. Son père lui proposa de travailler à ses côtés mais Polk souhaitait faire des études et il s'inscrivit dans une école presbytérienne en 1813.. La même année, il devint membre de l'église de Zion, également d'obédience presbytérienne. Il entra par la suite à l'académie Bradley de Murfreesboro et s'y révéla comme un élève prometteur...

En , Polk fut admis à l'université de Caroline du Nord à Chapel Hill. La famille de Polk entretenait des relations avec cet établissement qui comptait alors environ ; l'université employait Samuel Polk comme agent foncier dans le Tennessee et son cousin William Polk faisait partie du conseil d'administration.. Polk eut pour compagnon de chambre William Dunn Moseley, qui fut plus tard le premier gouverneur de la Floride. Il rejoignit la société de dialectique de l'université dont il devint par la suite le président et se familiarisa avec l'art oratoire.. Dans un discours, il accusa certains dirigeants américains, en particulier Alexander Hamilton, de flirter un peu trop avec les idéaux monarchistes.. Polk obtint son diplôme avec les félicitations en .

À sa sortie de l'université, Polk revint à Nashville pour y suivre les cours de droit de l'avocat général Felix Grundy, un juriste renommé qui fut son premier mentor. Le , il fut élu greffier du Sénat de l'État du Tennessee, qui siégeait alors à Murfreesboro et dont Grundy était membre.. Il fut réélu greffier en 1821 sans opposition et continua de siéger jusqu'en 1822. En , il avait également été admis au barreau du Tennessee : pour sa première affaire, il dut défendre son père qui s'était bagarré en public et il obtint sa libération contre une amende de .. Il ouvrit ensuite un cabinet dans le comté de Maury, lequel devint rapidement très prospère notamment en raison des nombreux litiges provoqués par la panique bancaire de 1819.. Sa réussite en tant qu'avocat lui permit de financer sa carrière politique..

Carrière politique Législateur de l'État du Tennessee À l'époque où l'assemblée législative du Tennessee avait ajourné ses travaux en , Polk décida de présenter sa candidature à la Chambre des représentants de l'État. L'élection devait se tenir presque un an plus tard, en , ce qui lui laissa amplement le temps de faire campagne. Déjà implanté localement en tant que franc-maçon, il fut affecté à la milice du Tennessee avec le grade de capitaine au régiment de cavalerie de la brigade, avant d'être nommé colonel à l'état-major du gouverneur William Carroll ; par la suite, le titre de « colonel » continua de lui être attribué.. Même si la plupart des électeurs faisaient partie du clan Polk, le jeune politicien mena une campagne énergique. Il se distingua surtout par ses talents d'orateur qui lui valurent d'être surnommé Napoleon on the Stump (« Napoléon en campagne »). Le jour du vote, Polk battit son adversaire et titulaire du poste, William Yancey.

Le , à Murfreesboro, Polk épousa Sarah Childress, qu'il avait rencontré deux ans plus tôt, et avec laquelle il s'était fiancé en 1823. Fille d'un important promoteur et planteur esclavagiste du Tennessee, Sarah était issue d'une des familles les plus influentes de la région. Dotée d'une éducation bien supérieure à celle de la majorité des femmes de son temps, en particulier dans un État aussi reculé que le Tennessee, elle aida son mari tout au long de sa carrière politique, notamment pour rédiger ses discours, lui prodiguer des conseils politiques et participer activement à chacune de ses campagnes.. Le biographe James Rawley note que la grâce, l'intelligence et le charme de la conversation de Sarah n'étaient pas sans compenser l'attitude souvent austère de son époux.

Dans le cadre de ses activités de législateur, Polk s'opposa de plus en plus à son mentor Felix Grundy, en particulier sur la question de la réforme agraire, et afficha son soutien à la politique conduite en Floride par le gouverneur Andrew Jackson, considéré comme un héros de guerre pour sa victoire à la bataille de la Nouvelle-Orléans en 1815. Jackson était un ami commun aux familles Polk et Childress — Sarah et ses proches le surnommaient « oncle Andrew » — et James Polk se rallia très vite à sa volonté d'être candidat à l'élection présidentielle de 1824. Alors que la législature du Tennessee n'arrivait pas à se décider sur le choix du prochain sénateur au cours de l'année 1823, le nom de Jackson fut avancé. Polk se distancia alors de ses anciens alliés politiques et vota, en sa qualité de membre de la Chambre des représentants de l'État, en faveur du général, qui fut effectivement élu. Cette victoire permit à Jackson de bénéficier d'une expérience politique récente en plus de ses exploits militaires. Ce fut également le début d'une solide alliance entre Jackson et Polk qui perdura jusqu'à la mort du premier au début de la présidence du second. Durant la plus grande partie de sa carrière politique, Polk fut surnommé Young Hickory (« Jeune Noyer ») en référence au surnom de Jackson, Old Hickory (« Vieux Noyer »), ce qui illustre à quel point sa réussite était liée à celle de Jackson.