La cathédrale Saint-Aubain située à Namur (Belgique) est un édifice religieux catholique de style néo-classique qui est l'église épiscopale et siège du diocèse de Namur (Belgique). Remplaçant une collégiale du devenue cathédrale en 1559 et sise sur la place Saint-Aubain, la cathédrale fut construite à partir de 1751, son édification se terminant en 1767. La consécration eut lieu le . Son saint patron est Alban de Mayence. Elle est inscrite au patrimoine majeur de Wallonie.

Historique vignette|gauche|redresse|L'ancienne cathédrale Saint-Aubain, en 1604 (Album de Croÿ)

Fondation du Chapitre Saint-Aubain (1047-1051) La fondation du chapitre Saint-Aubain fut initiée par de la maison comtale de Namur, entre 1047 et 1051. Originellement situé hors des murs de la ville (la troisième enceinte l'englobera entre le ), l'édifice était intégré dans un faubourg comprenant notamment le logement des chanoines et leurs lieux de réunion, un petit quartier de servants attachés au collège et un cimetière. Peut-être ce quartier a-t-il même disposé d'une enceinte, réellement efficace ou seulement symbolique.

Érection du Diocèse de Namur (1559) Le , le pape crée le diocèse de Namur. Le premier évêque, un dominicain du nom d'Antoine Havet, est sacré en 1562. Il choisit pour cathédrale la collégiale Saint-Aubain, fondée en 1047, dont il subsiste encore une ancienne tour datant du (rehaussée d'une flèche en 1648).

Reconstruction de la Cathédrale (1740-1772) En 1740, de grosses inondations endommagent la cathédrale considérée comme démodée, trop petite et déjà modifiée plusieurs fois. Le chapitre et l'évêque Paul-Godefroi de Berlo de Franc-Douaire décident alors d'en faire construire une nouvelle. Ils s'adressent à Gaetano Matteo Pisoni, architecte italien qui a reconstruit le palais de Charles de Lorraine à Bruxelles.

Les travaux, confiés à Jean-Baptiste Chermanne, consistent à unir la tour surélevée en 1648, seule partie conservée de l'ancienne collégiale, et l'église paroissiale Saint-Jean l'évangéliste en une seule construction surmontée d'une grande coupole. La première pierre est posée le . La nouvelle cathédrale est terminée seize ans plus tard, la construction de la coupole ayant posé quelques problèmes. La consécration a lieu cinq ans après, le . A peine terminée, la cathédrale fut fermée au culte catholique et durant la période troublée des temps révolutionnaires elle fut utilisée comme temple de la Loi.

Au XIXe siècle Au la cathédrale s'enrichit considérablement de mobiliers et d'œuvres d'art provenant d'abbayes, églises ou anciens couvents fermés ou disparus durant la Révolution. Réalisée en calcaire de Seilles, la façade s'effrite au , et est entièrement reconstruite peu avant 1900, de manière plus austère.

Rénovation récente (depuis 2012) Depuis , certains éléments du bâtiment menacent de s'effondrer et de chuter sur la voie publique, raison pour laquelle un barriérage est installé aux abords de l'édifice. Plusieurs ornements sont démontés préventivement.. En , il est annoncé que d'euros sont débloqués par la région wallonne afin de mener à bien des travaux de rénovation. À cela, viennent s'ajouter d'euros des provinces de Namur et de Luxembourg..

Statut patrimonial La cathédrale fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques de Wallonie depuis le sous la référence 92094-CLT-0007-01. et l'ensemble de la cathédrale à l'exception de l'orgue de chœur et de la partie instrumentale de l'orgue de tribune figure depuis le sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie sous la référence 92094-PEX-0003-04..

La cathédrale vignette|redresse=1.3|Le plafond de la nef de la cathédrale. vignette|La nef. La cathédrale Saint-Aubain est d'un style combinant le baroque, le rococo et l'architecture classique, comme beaucoup d'édifices du milieu du . L'architecte italo-suisse, Pisoni, bâtira une autre cathédrale du même style, à Soleure (Suisse), en 1763, avec de plus gros moyens. La cathédrale de Namur n'est pas orientée d'est en ouest comme le voulait la tradition architecturale chrétienne (l'usage s'étant perdu dès le ), mais bien d'ouest en est. Au sol, elle forme une croix latine. Les bras du transept, peu saillants, sont arrondis, tout comme l'abside.

Extérieur La façade (arrondie sur la largeur du vaisseau central, plate sur la largeur des bas-côtés) est ornée de vingt colonnes corinthiennes et sommée, dans sa partie centrale, par un fronton circulaire percé d'un oculus. La façade est surmontée de cinq statues, représentant Jésus et quatre de ses apôtres. Deux niches abritant des statues. Le registre inférieur est orné de trois médaillons dates de 1732 et sculptés en pierre calcaire de Meuse, œuvre de Denis-Georges Bayar représentant David, Moïse et la Foi. Trois entrées, surmontées de frontons circulaires, sont percées. La principale (et centrale) donne dans la nef et les deux secondaires dans les bas-côtés. À l'origine, la façade devait être encadrée de deux tours, mais cette idée fut abandonnée. Les façades des côtés sont en briques, extrêmement sobres, et contrastent avec la façade avant.

Intérieur redresse|vignette|gauche|Les fonts baptismaux vignette|redresse|Allégorie représentant la Charité, au-dessus des pilastres, sous le tambour. La longueur totale du bâtiment est de , celle du chœur de . La largeur de la nef, du transept et du chœur est de et leur hauteur de . Les bas-côtés ont six mètres de largeur. La hauteur intérieure de la coupole et de son lanterneau est de environInventaire des monuments et œuvres d'art de la province de Namur, Société archéologique, Namur, 1943.. Le décor intérieur est réalisé en stuc. Il contient des peintures d'Antoine Van Dyck, de Jacob Jordaens et de Jacques Nicolaï, un frère jésuite dinantais formé à l'école de Rubens, et des fonts baptismaux romans.

Chœur Le retable du maître-autel est dû à Denis-Georges Bayar. Datant de 1752-1755, il provient de l'abbaye cistercienne de La Ramée (Jauchelette). Plusieurs sculptures remarquables y sont disposées : une Vierge à l'Enfant (1726) dans la loge supérieure par Michiel van der Voort l'Ancien qui provient de l'abbaye bénédictine de la Paix Notre-Dame de Namur, un Christ en croix provenant de l'abbaye de Villers-la-Ville par Feuillen Houssart (1710-1753); des saints Pierre et Paul en marbre (ca. 1648), par Lucas Faydherbe et un saint Aubain en bois d'auteur inconnu.

Une niche pratiquée derrière le maître-autel fermée par une plaque de marbre noir renferme le cœur de Don Juan d'Autriche, vainqueur de la bataille de Lépante et décédé à Bouge.

Chapelles latérales Le mobilier liturgique provient de l'ancienne cathédrale datant d'avant 1751:

retable de la chapelle Notre-Dame des Sept Douleurs côté sud dû à Jean Duchesne (1650). Il comprend la Sainte Face, bas-relief en marbre du à Pierre-François Le Roy, une Vierge de Douleur en bois par Jean Thonon (ca 1641) et un Christ au tombeau en bois, par François-Joseph Denis ; retable de la chapelle Saint-Aubain côté nord (1655) : auparavant appelée chapelle de sainte Hélène et de la Vraie Croix et ornée d'un saint Aubain en albâtre d'auteur inconnu.

Bas-côtés Les bas-côtés sont construits selon une travée carrée répétée trois fois. Chacune d'elles est couverte par une coupole sur pendentifs sans tambour, éclairée par une baie percée dans l'arc en plein cintre du mur extérieur et ouverte sur trois côtés. Les bas-côtés se prolongent au-delà du transept par une quatrième répétition du plan carré, qui n'est ouverte que vers le transept. Éclairés par des baies semi-circulaires percées dans les arcs en plein cintre, ils sont par ailleurs meublés de confessionnaux par Jean-François-Joseph Allart pour la menuiserie et Pierre-François Le Roy pour la sculpture des ornements () et des médaillons représentant : Marie-Madeleine, le roi David, le Retour du Fils prodigue, le Christ bénissant, le Christ Bon Pasteur et saint Pierre. Les confessionnaux sont surmontés de toiles de Jacques Nicolaï et de N. Roose. Dans les travées situées au-delà du transept, le long du chœur, se tiennent des chapelles provenant de l'ancienne cathédrale.

Croisée du transept À la croisée du transept se situe l'autel, sous la coupole. Les quatre piliers qui en soutiennent le tambour sont flanqués de colonnes corinthiennes, et portent des statues des quatre Pères de l'Église, œuvres de Laurent Delvaux. Saint Jérôme, sur le pilier sud-est, est représenté en ermite, une Bible dans les mains ; son chapeau d'évêque et un lion sont représentés à ses côtés. Saint Grégoire, ornant le pilier sud-ouest, porte les habits pontificaux et la tiare, un livre dans la main gauche et une plume dans la droite, la colombe du Saint-Esprit sur son épaule droite. Le pilier nord-ouest est occupé par saint Ambroise, habillé en évêque, portant un livre et la crosse, une ruche à ses côtés. Enfin, saint Augustin occupe le pilier nord-est, représenté en évêque, un livre dans la main droite et un cœur enflammé dans la gauche.

Les pendentifs qui surmontent les piliers sont ornés d'allégories, en bas-relief, des vertus théologales et de la religion. Celle-ci est située au sud-est, et montre une femme tenant un encensoir, encadrée par le soleil et une représentation de la cathédrale Saint-Aubain. L'allégorie de la foi, au nord-est, est une femme dont les yeux sont bandés, pourtant une croix de la main gauche, s'appuyant sur une colonne tenue par un ange de la droite, et accompagnée de la tiare pontificale. Au nord-ouest, l'espérance est une femme tenant une ancre et un rameau d'olivier. La charité, sur le pendentif du sud-ouest, est une femme tenant un cœur enflammé, couronnée par un ange.

Transept Les bras du transept sont formés d'une travée similaire à celles de la nef et d'une abside semi-circulaire semblable à celle du chœur.

Ils sont dominés par deux chapelles secondaires :

la chapelle de la Sainte-Vierge et de Jean Népomucène (au nord) : on y trouve les gisants en marbre de Joseph Pisani de la Gaude, de Namur (œuvre au sculpteur Philippe Parmentier) et de Nicolas-Joseph Dehesselle, de Namur (dû au sculpteur Charles-Auguste Fraikin). chapelle du Saint-Sacrement (au sud) : protégée par une grille datant de 1744 réalisée par F.R. Michaux et provenant de l'abbaye de Gembloux, qui empêchait auparavant l'accès au chœur, avant d'être déplacée dans le cadre de la réorganisation liturgique édictée par le concile , le maître-autel « sortant » du chœur pour se retrouver à la croisée du transept. On y trouve également une statue en bronze réalisée en 1956 par Charles Leplae représentant l'évêque Thomas Louis Heylen, de Namur. .

L'orgue vignette|L'orgue, vue générale. vignette|Orgue avec gravures sur bois de Charles Henri Geerts. L'origine de l'orgue remonte aux années 1844 à 1849 quant au buffet monumental, construit par le facteur Wilhelm Korfmacher et qui a été conservé ; l'instrument comportait environ sur trois claviers manuels et un pédalier. Il a été plusieurs fois rénové au cours des années et complètement reconstruit dans les années 1964-1968. Il possède aujourd'hui répartis sur quatre claviers manuels et pédalier.

Composition' Grand Orgue C–g3Montre 16′Montre 8′Flûte 8′Principal 4′Flûte à fuseau 4′Quinte 2' 2/3Doublette 2′Cornet VFourniture VCymbale IIIBasson 16′Trompette 8′Clairon 4′ Récit expressif C–g3Bourdon 16′Principal 8′Bourdon 8′Salicional 8′Voix céleste 8′Principal 4′Flûte à cheminée 4′Quinte bouchée 2' 2/3Nazard 2′Tierce 1' 3/5Septième 1' 1/7Plein-jeu VIDouzaine 16′Hautbois 8′Musette 4′ Positif expressif C–g3Flûte à cheminée 8′Quintaton 8′Principal 4′Cor de chamois 4′Sesquialtère IIOctave 2′Flûte à fuseau 2′Fourniture IIICymbale IIVoix humaine 8′Chalumeau 4′ Pectoral C–g3Bourdon 8′Flûte à cheminée 4′Principal 2′Sifflet 1′Terzian IICymbale IIICromorne 8′ Pédale C–f1Bourdon 32′Montre 16′Soubasse 16′Principal 8′Flûte 8′Quinte 5' 1/3Octave basse 4′Cor de nuit 2′Plein-jeu IVBombarde 16′Trompette 8′Clairon 4′Zink 2′

La chaire

Coupole