est le cinquième et dernier single de l'album Madonna de la chanteuse du même nom. Il sort le sous le label . Écrite et composée par Reggie Lucas, la chanson est remixée par John Benitez, le petit-ami de Madonna.

reçoit un bon accueil de la presse, qui trouve qu'il s'agit musicalement de la chanson la plus complexe de son album et loue la nature du morceau. Dixième au , c'est le premier Top 10 de Madonna dans ce classement. À l'échelle internationale, la chanson entre dans le de nombreux pays européens arrivant même en première place du hit-parade irlandais. En 2009, elle est classée en de l'article Cette liste classe les 500 meilleures chansons depuis l'année 1980. du magazine .

Le clip qui accompagne la chanson montre Madonna avec un homme d'origine hispano-américaine présenté comme son petit ami. Elle est attirée par un photographe britannique et devient son modèle mais finit par retourner avec le premier homme. Le clip suscite l'intérêt des critiques musicaux, qui remarquent le personnage de la femme libre. Lorsqu'il est diffusé sur la chaîne , la popularité de la chanteuse fait un bond en avant. Elle interprète cette chanson dans et . est reprise par plusieurs artistes tels que et .

Contexte

En 1982, Madonna travaille avec Reggie Lucas pour son premier album. Elle a déjà composé trois chansons, quand Lucas en choisit qui s'appelle . Toutefois, après l'enregistrement du morceau, Madonna n'apprécie pas la version finale de Lucas. Selon elle, il utilise trop d'instruments et ne prend pas en compte ses idées, ce qui entraîne un désaccord entre eux. Après avoir fini la production, Lucas quitte le projet sans avoir modifié les chansons selon les préférences de Madonna. Ainsi, elle décide de faire appel à son petit ami John « Jellybean » Benitez pour qu'il remixe et d'autres pistes de l'album.

Composition musicale

introduit un changement de tonalité vocale, inhabituelle dans les autres chansons de Madonna. Cette piste est sentimentale, elle parle d'un amour à sens unique. Selon, Santiago Fouz-Hernández, un des auteurs de , certaines paroles de la chanson comme  montrent une rébellion contre l'égoïsme de l'homme. Madonna compose sa voix pour faire passer davantage de sentiments et est soutenue par l'instrumentation de Lucas. est considérée comme le meilleur exemple de la collaboration entre Madonna et Lucas, la profondeur émotionnelle de la chanson s'en ressent. D'après Toby Cresswell, auteur de , . La chanson débute par une introduction au clavier. Le bassiste Anthony Jackson s'occupe des synthétiseurs. Les accords de s'inspirent des tubes disco des années 1970 à Philadelphie ainsi qu'au style musical d'Elton John au milieu de ces mêmes années. Les séquences d'accords rappellent une chanson de Bachman-Turner Overdrive intitulée bien que les passages de synthétiseurs restent typiques du style musical de Madonna. La chanson possède un tempo modéré de 120 battements par minute et la gamme vocale de Madonna se situe entre fa 3 et si 4. Elle suit la progression d'accords : ré, do et sol dans le premier couplet puis si m, mi m, la et fa avant le refrain avant de changer en la, fa , si m, la et mi ou alors sol, ré, la pendant le refrain.

Accueil Critiques de la presse thumb|Madonna interprétant Borderline lors du Sticky & Sweet Tour. J. Randy Taraborrelli, auteur d'une biographie sur Madonna, considère et comme les deux succès phares ayant permis le lancement de la carrière de Madonna dans l'industrie musicale. Il ajoute que la voix sobre de Madonna rend la piste . Dans son livre , Maury Dean explique que la chanson est comme un avec alors que Rikky Rooksby, dans son livre , estime que la chanson est harmoniquement la plus complexe de son premier album. Stephen Thomas Erlewine d' trouve que la chanson est agitée alors que Sal Cinquemani de la trouve sentimentale. Bill Lamb d' pense que , avec et , est à la pointe de la . Le critique Dave Marsh, auteur du livre , dit que alors que Roxanne Orgill, auteur du livre , fait remarquer que est la chanson qui a fait de Madonna la star qu'elle est devenue. Thom Duffy du journal pense que qui .

Classements Aux États-Unis, devient le premier de la chanteuse à atteindre du classement en mars 1984. Elle atteint la seconde position du et devient également un succès dans le où elle est vingt-troisième. Le , la chanson est certifiée disque d'or par la (RIAA) pour la vente de d'exemplaires du . À la fin de l'année 1984, elle termine à la du classement annuel du . Au Canada, débute au du classement le et parvient à la le pour un total de quatorze semaines dans le hit-parade.

Au Royaume-Uni, la version originale de atteint le du hit-parade le . Lors de sa réédition le , elle parvient cette fois-ci à se hisser à la seconde position et reste dans le classement pendant neuf semaines. La chanson est également certifiée disque de platine par la (BPI) en . Selon l', la chanson s'est vendue à exemplaires au Royaume-Uni. Dans le reste de l'Europe, la chanson est en pole position du classement irlandais et atteint le en Belgique et aux Pays-Bas. atteint la en Nouvelle-Zélande, la en Suisse et la douzième en Australie . Le magazine place la chanson au de l'article en 2009.

Clip vidéo

Le clip de est tourné à Los Angeles du au et est la première vidéo que Madonna fait avec Mary Lambert qui réalise plus tard les clips de , , et Madonna (1990) The Immaculate Collection [VHS] Warner Home Video. La vidéo décrit l'essor de la popularité de Madonna où elle prend ce qui est considéré comme une des décisions majeures de sa carrière quand elle commence à être diffusée par la chaîne . Elle interprète le rôle d'une jeune fille, amoureuse d'un garçon hispanique. Un photographe britannique la remarque et publie des photos d'elle sur la couverture d'un magazine. La représentation de la vie dans la rue et la scène de haute couture est un clin d'œil à la vie de Madonna à l'époque où elle vivait dans la précarité, était proche des quartiers multiraciaux et fréquentait régulièrement les discothèques, jusqu'à ce que sa carrière commence à décoller et que le monde de la célébrité s'ouvre à elle. Le scénario implique une hésitation émotionnelle envers son petit-ami et le photographe. Dans la vidéo, le petit-ami de Madonna est Latino et sa lutte dans cette relation montre celle des femmes hispaniques face à leurs hommes. Dans un numéro de sorti en , Mary Lambert décrit la vidéo et son histoire :

Le scénario du clip narre le tissage de deux histoires d'amour entremêlées, l'une en couleurs et l'autre en noir et blanc. Dans la séquence colorée, Madonna chante, flirte et séduit le garçon hispanique qui devient son petit-ami tandis que dans la séquence en noir et blanc, elle pose pour le photographe qui la courtise. La vidéo montre Madonna dans son style habituel de l'époque : ses cheveux sont comme un nid de corneilles, ses gants en dentelle, elle porte des bottines avec des chaussettes épaisses et sa ceinture . Elle change d'une scène à l'autre, aussi bien en noir et blanc qu'en couleurs, utilisant une parure de vêtements différents tels qu'un , , vestes et associés avec des bas de pantalons et de ainsi que quelques robes de soirée. Posant pour le photographe, Madonna fixe la caméra d'un regard défiant, ce qui représente l'agressivité sexuelle. À un moment de la vidéo, Madonna commence à peindre des graffitis sur certaines statues, elle apparaît alors comme une rebelle qui ne respecte pas les règles et tente d'innover. Avec ce clip, elle brise le tabou des relations inter-raciales, même si au premier abord, Madonna délaisse le garçon hispanique en faveur du photographe. Elle le rejette plus tard, ce qui signifie qu'elle désire contrôler ses propres plaisirs sexuels ou aller au-delà des limites établies par la pop avec les paroles . L'image contrastée de Madonna, d'abord représentée par une blonde ébouriffée dans la séquence hispanique puis comme une blonde plus glamour, laisse suggérer que l'on peut construire sa propre image et sa propre identité. S'identifier comme une hispanique est une excellente stratégie commerciale pour appeler les noirs et les hispaniques à briser les différences raciales.

Après sa diffusion, commence à attirer l'attention des critiques musicaux. Ils appuient leurs commentaires sur le symbole de l'autorité dans les deux scènes contrastées de la vidéo. Le studio du photographe est décoré de sculptures classiques et de statues nues tenant des lances dans un symbole phallique. Parallèlement, ce symbole est retrouvé dans le quartier hispanique par un réverbère que Madonna embrasse et une queue de billard maintenue droite par l'ami de Madonna. Allan Metz raconte qu'avec ces scènes, Madonna montre sa vision sophistiquée de la fabrication de la féminité en tant que pouvoir suprême plutôt que des stéréotypes sur l'oppression. Carol Clerk pense que les vidéos de et prouvent que Madonna n'est pas une fille gentille, mais plutôt une femme impertinente, maligne et drôlement forte. Karl Lagerfeld et Christian Lacroix réutilisent ensuite les vêtements qu'elle porte dans la vidéo pour des défilés de mode la même année. Le professeur Douglas Kellner, auteur du livre , ajoute que le clip représente les stratégies qu'utilise Madonna dans sa marche vers la célébrité.

Performances en direct thumb|Madonna interprète durant son Madonna interprète durant en 1985 et en 2008. Lors du , elle chante la version originale du titre en portant des croix autour de son cou et en boucle d'oreille, accessoires visibles dans certains de ses clips qui ont aussi lancé une mode vestimentaire. Elle apparaît derrière une silhouette et descend les escaliers en secouant les mains et en chantant. Cependant, la prestation n'est pas incluse dans la vidéo de 1985Madonna (1985) Live: The Virgin Tour [VHS] Warner Home Video.

est ajoutée à la programmation de la première partie du en 2008 dans le thème . Les vêtements de la chanteuse, conçus par le styliste américain Jeremy Scott, font référence à ses premiers jours à New York. Madonna réalise une version de la chanson avec une guitare électrique rose tandis que le fond de la scène affiche des caricatures de Keith Haring et des images graphiques. Jon Pareles du trouve que l'interprétation est enthousiaste tandis que Nekesa Mumbi Moody de la qualifie de alors que Caryn Ganz de estime qu'elle est le . La chanson n'est cependant pas incluse dans la seconde partie de la tournée en 2009 et est remplacée par une version rock de la chanson .

Reprises

En 2000, Nivek Ogre de ohGr reprend une version de la chanson et l'inclut dans une compilation hommage de Madonna intitulée . Heather Phares de dit que la version d'Ogre n'est pas le meilleur morceau de l'album. Le groupe de Chicago de style , enregistre une reprise pour l'album sorti en 2002. En 2006, la chanteuse Jody Watley reprend pour son album et sort en single au Royaume-Uni en . Les incluent une version folk acoustique de la piste dans l'album . En 2008, la chanteuse Duffy interprète au festival qui a lieu au à Maidstone. et enregistrent une reprise de la chanson pour la compilation de 2009 intitulée . Stephen Thomas Erlewine d' pense que la reprise tourne la version de Madonna . Les interprètent au en 2003, une version MP3 sort sur leur site officiel le . critique la prestation en la jugeant décevante. En 2010, la série télévisée reprend la chanson dans l'épisode . Il s'agit d'un avec , interprété par Cory Monteith et Lea Michele.

Versions

Version États-Unis 7" (1984). Crédits du par Madonna. . (7-29354) – 4:02 – 4:14

Version Royaume-Uni Édition limitée (1984). Crédits du par Madonna. . (W9260P) – 4:02 – 5:12

Version Royaume-Uni 12" (1984). Crédits du par Madonna. . (W 9260T) – 5:29 – 5:56 (Version intégrale) – 6:01

Ré-édition européenne 5" CD(1995). Crédits du par Madonna. . (7599 20218-2) – 4:02 – 5:29 – 5:24

Version États-Unis 12" Maxi (1984). Crédits du par Madonna. . (9 20212-0 A) – 5:29 – 6:19