La gare de Sarrebourg est une gare ferroviaire française située sur le territoire de la commune de Sarrebourg, dans le département de la Moselle, en région Grand Est.

Inaugurée en 1923, elle remplace l'ancienne gare de Sarrebourg qui fut mise en service en 1851 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg.

C'est une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), du réseau TER Grand Est, desservie par des TGV et des trains express régionaux.

Situation ferroviaire Les gares de Sarrebourg et de Réding, distantes d'environ , forment un important nœud ferroviaire.

vignette|gauche|upright=1.3|alt=Plan des lignes du secteur de Sarrebourg – Réding|Plan des lignes du secteur ferroviaire de Sarrebourg – Réding. Établie à d'altitude, la gare de Sarrebourg est située au point kilométrique (PK) 431,825 de la ligne de Noisy-le-Sec à Strasbourg-Ville (dite ligne de Paris-Est à Strasbourg-Ville), entre la gare de Héming et la gare de Réding. Elle était aussi l'origine de la ligne de Sarrebourg à Abreschviller (qui donnait également accès à la ligne de à Vallérysthal-Troisfontaines), désormais déclassée et déposée ; la gare suivante était la halte d'Imling. Le raccordement de Sarrebourg à Sarraltroff permet de rejoindre la ligne de Réding à Metz-Ville ; un changement de sens est nécessaire pour les trains en provenance de Strasbourg et en direction de Metz (ou inversement).

En Alsace-Moselle, les trains circulent à droite, héritage de l'annexion allemande, alors qu'ils circulent à gauche dans le reste de la France. Un saut-de-mouton, permettant de passer de gauche à droite et inversement, se trouve entre la gare de Héming et la gare de Sarrebourg, au point kilométrique (PK) 426,629 de la ligne de Noisy-le-Sec à Strasbourg-Ville.

Histoire Ancienne gare De 1846 à 1870 Les travaux de la ligne Paris - Strasbourg démarrent en 1846. Le de la même année, la ville de Sarrebourg ouvre une rue de de large (actuelle avenue de France) permettant de relier le centre-ville au site de la future gare. Le 1847, la ville vote un crédit de sur pour acquérir prés, maisons et jardins à exproprier en vue de la construction de la gare. Finalement, c'est la commune voisine de Hoff qui obtient l'essentiel des installations. Le pont de chemin de fer sur la Sarre est construit en 1849. La chapelle dite « Ellendekapel », qui se trouvait sur la tracé de la ligne de chemin de fer, fut reconstruite un peu plus loin.

vignette|Le bâtiment voyageurs de l'ancienne gare de Sarrebourg. La « station de Sarrebourg » est mise en service le par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg, lorsqu'elle ouvre à l'exploitation la section de Sarrebourg à Strasbourg. Néanmoins, ce nouveau tronçon, étant isolé et sans relation avec la partie déjà ouverte de la ligne, voit son exploitation cédée, pour un bail de deux ans, à la Compagnie du chemin de fer de Strasbourg à Bâle. Les travaux du dernier tronçon, de Nancy à Sarrebourg, sont menés rapidement permettant une inauguration le par Louis-Napoléon Bonaparte. Les installations ne sont pas terminées et l'exploitation ne débute officiellement que le François et Maguy Palau, « 1.4 Nancy-Sarrebourg : 12 août 1852 », dans Le rail en France : le second empire (1852 - 1857), tome 1, F. et M. Palau, 1998 , .. Le premier chef de gare de Sarrebourg est Alexandre Gide.

vignette|Vue sur les voies et la marquise de l'ancienne gare de Sarrebourg. L'ancienne gare se situait au bout de l'avenue de France ; elle comprenait une grande marquise qui couvrait les quais et les voies. La majeure partie des infrastructures ferroviaires sont situées sur le territoire de la commune de Hoff. En 1854, la ville de Sarrebourg achète à la commune de Hoff les dix hectares sur lesquels s'étendent les installations de la gare.

Le , la Compagnie des chemins de fer de l'Est succède à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg.

Entre 1862 et 1863, la gare de Sarrebourg accueille . Sur la même période, le trafic des marchandises représente pour la grande vitesse et pour la petite vitesse.

De 1871 à 1909 En 1871, la gare entre dans le réseau de la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (EL) à la suite de la défaite française lors de la guerre franco-allemande de 1870 (et le traité de Francfort qui s'ensuivit). Elle est alors renommée « Saarburg ».

En 1875, la construction d'une ligne de chemin de fer reliant Sarrebourg à Vallérysthal via Niderviller est envisagée mais le projet est abandonné en 1880.

La gare de triage de Réding, qui devait en fait s'établir à Sarrebourg, est construite en 1876.

La ligne Sarrebourg - Sarreguemines (via Berthelming et Sarre-Union) est mise en service en 1872. La section Berthelming - Rémilly de la ligne (Sarrebourg) Réding - Metz est ouverte en 1877.

En 1881, le bâtiment de la poste impériale (« Kaiserlische Postamt ») est érigé en face de la gare.

Les lignes de Sarrebourg à Abreschviller et de à Vallérysthal-Troisfontaines sont ouvertes en 1892.

La gare de Sarrebourg bénéficie de l'éclairage électrique à partir de 1896.

En 1902, un nouveau projet de ligne entre Sarrebourg et Niderviller avec prolongement jusqu'à Walscheid est envisagé sans que cela ne se concrétise.

En 1903, la place de la gare est réaménagée. On parle déjà de la construction d'une nouvelle gare qui devrait être réalisée en même temps que la ligne Sarrebourg (Réding) - Drulingen.

Le bâtiment d'origine a fait l'objet de plusieurs agrandissements. En 1906, on prévoit de construire un local pour les bagages sur la droite du bâtiment voyageurs. Les habitants se demandent quel est l’intérêt de cette extension puisqu'une nouvelle gare est déjà en projet.

Nouvelle gare De 1910 à 1937 vignette|Entrée de la gare et fontaine de Jean Cardot. Les travaux de construction de la nouvelle gare débutent en 1911 et nécessitent de dévier le lit de la rivière Sarre. Il est prévu que la nouvelle gare soit achevée en 1915, en même temps que la ligne de Drulingen.

Le pont ferroviaire sur la Sarre, érigé entre 1848 et 1849, est élargi en 1914 passant de deux à .

Lorsque débute la Première Guerre mondiale, les œuvres brutes de la nouvelle gare sont achevées mais ne peuvent pas encore servir. Les travaux sont arrêtés et ne reprennent qu'en 1916.

Le , le dirigeable « Le Conté » largue 15 obus sur la gare« Saviez-vous qu’un dirigeable avait bombardé la gare en 1914 à Sarrebourg ? », Le Républicain Lorrain, 24 août 2022..

En 1917, la nouvelle gare, qui n'est pas encore terminée, devient un camp de prisonniers russes et roumains. En , un train de munitions stationné à Sarrebourg est bombardé par l'aviation française.

La nouvelle gare, avec son bâtiment voyageurs de style néo-classique, est achevée dès la fin de la guerre en 1918. Elle se situe à environ de l'ancienne gare, en direction de Strasbourg. L'ancienne gare se trouvait au PK 431,345 de la ligne de Paris à Strasbourg alors que la nouvelle gare est au PK 431,825.

L'Alsace-Lorraine redevient française et à partir de 1919, la gare est exploitée par l'Administration des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine (AL). Un saut-de-mouton est construit entre Sarrebourg et Héming.

La nouvelle gare, plus proche du centre-ville, constitue le centre d'un nouveau quartier dont l’aménagement démarre au début des années 1920. La place de la Gare a la forme d'un demi-cercle ; elle est desservie par cinq rues selon un plan symétrique. Une nouvelle poste est construite en face de la gare.

En 1922, un pont métallique de conception Eiffel est érigé au-dessus des voies ferrées afin de supprimer un passage à niveau à proximité de l'ancienne gare. Un nouveau quai de chargement et un quai militaire sont aménagés tandis que le nombre de voies passe de 6 à 24. Le de la même année à , le train de nuit reliant Strasbourg à Paris déraille en face de la halle à marchandises. L'accident, causé par une vitesse excessive au passage d'un aiguillage, fait quatre morts et trente-sept blessés.

La nouvelle gare est inaugurée le en présence du président de la République Alexandre Millerand, du président du Conseil des ministres Raymond Poincaré et des ministres Maurice Colrat et Paul Strauss. À cette occasion, la ville de Sarrebourg reçoit la croix de guerre avec citation à l'ordre de l'Armée.

vignette|Le bâtiment voyageurs et la place de la Gare. Les fondations de la gare se trouvant sur l'ancien lit de la Sarre, deux pompes à eau (fonctionnant grâce à la vapeur) aspirent l'eau qui ruisselle continuellement au sous-sol. Le système perdure encore au avec des pompes électriques.

Le , un déraillement entre le quai et le quai provoque la mort d'un mécanicien. Comme en 1922, l'accident résulte d'une vitesse excessive ( au lieu de 40) lors du franchissement d'un aiguillage.

La section de Blainville - Damelevières à Sarrebourg de la ligne Paris - Strasbourg est mise à 4 voies le 1933. Cette section sera remise à double voie entre 1942 et 1943De Paris-Est à Strasbourg-ville: la ligne 1 sur le forum LR Presse..

La ligne Sarrebourg (Réding) - Drulingen - Diemeringen est achevée en , après de nombreux retards.

De 1938 à 1999 Le , la SNCF devient concessionnaire des installations ferroviaires sarrebourgeoises. La même année, le bâtiment voyageurs de l'ancienne gare, qui servait encore de gare aux marchandises, est démoli et la SNCF rachète l'ancienne poste impériale pour en faire des logements de fonction.

vignette|upright=0.8|Hall de la gare, plaque commémorative à la mémoire des agents de la SNCF 1939-1945. Après l'annexion allemande de l'Alsace-Lorraine, c'est la Deutsche Reichsbahn qui gère la gare pendant la Seconde Guerre mondiale, du jusqu'à la Libération (en 1944 – 1945).

Le , la gare est témoin du passage d'Adolf Hitler rendant visite au d'infanterie. Au cours de l'hiver 1940, une collision entre un train arrêté à quai et un train démuni de freins cause la mort de plusieurs voyageurs.

vignette|gauche|upright=0.8|Hall de la gare, plaque commémorative du « train de la mort ». Le , le train de déportés reliant Compiègne à Dachau (« train de la mort ») marque un arrêt à SarrebourgTrain de la mort, site web La Mémoire de la Déportation..

Pour célébrer le centenaire de la ligne Paris - Strasbourg, une exposition de matériel ferroviaire est organisée dans la cour marchandises en 1952.

Les voies de la gare sont électrifiées en 1956.

Dans les années 1960, deux grandes enseignes Bière de Sarrebourg étaient disposées sur le toit du bâtiment voyageurs, côté place de la gare. Elles sont remplacées par des enseignes Ancre dans les années 1970. À cette époque, le bâtiment voyageurs était de couleur blanche. C'est également durant cette période qu'un embranchement est construit pour desservir la nouvelle zone industrielle de Sarrebourg.

En , le service voyageurs est fermé sur les lignes Sarrebourg – Abreschviller et  – Vallérysthal-Troisfontaines.

Le , la gare accueille Georges Pompidou et son train présidentiel.

Le , deux trains de marchandises entrent en collision en gare de Sarrebourg à la suite d'une erreur d'aiguillage. L'accident fait deux blessés légers.

En 1974, alors que la signalisation lumineuse est mise en place sur la ligne Paris - Strasbourg, la façade du bâtiment voyageurs est rénovée.

En 1976, le trafic quotidien des gares de Sarrebourg et de Réding est de de voyageurs et de marchandises. Les deux gares délivrent plus de tous les jours et emploient .

Pour célébrer les 150 ans du chemin de fer français, Sarrebourg accueille, en 1982, le train du souvenir tracté par la locomotive 150 P 13.

Le , à l'occasion du centenaire du chemin de fer d'Abreschviller, le trafic voyageurs entre Sarrebourg et Abreschviller est exceptionnellement rouvert le temps d'une journée.