Privat de Mende est un saint de l'Église catholique, né vraisemblablement près de Clairmont, et qui serait mort vers 255 ou 260Grégoire de Tours, Histoire des Francs (livre I, 32-34).. Il est connu pour son martyre sur les versants du mont Mimat à Mende en Gévaudan. Son ermitage est un lieu de pèlerinage, qui fut très populaire au Moyen Âge. La date de sa mort est cependant contestée, certains avançant parfois le Marius Balmelle et Albert Grimaud, Précis d'histoire du Gévaudan, 1925, p. 90., mais grand nombre d'écrits tendent à prouver que la date du est la plus probable.

Il fait partie des grands saints des GaulesGrégoire de Tours, Histoire des Francs (livre X) écrit : .Louis Duchesne, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule. Tome 2 : L'Aquitaine et les Lyonnaises, pp. 124-126 .Venance Fortunat, Carm., VIII, 3 ; p. 161-162 : avec Denis de Paris, Saturnin de Toulouse, Martial de Limoges, Martin de Tours, Ferréol de Vienne et Julien de Brioude.

Biographie thumb|Sur cette carte sont visibles : Anderitum (Javols), Mimate (Mende) et Gredone (Grèzes). thumb|Le mont Mimat : la croix (à gauche, au sommet), et l'ermitage. Généralités Grégoire de Tours donne à Privat le qualificatif de « épiscopus urbis gabalitanæ », soit « évêque du pays de Gabalum »Félix Remize, Saint Privat, évêque du Gévaudan, , Mende, 1910.. Il serait ainsi le premier évêque du Gévaudan, bien qu'un certain Sévérien y fût longtemps célébréFélix Buffière, Ce tant rude Gévaudan, Tome I, p. 176.L'évêque Gabriel-Florent de Choiseul Beaupré a supprimé son nom de la liste des évêques au . En effet, il y aurait confusion avec Sévérien, évêque de Gabala en Syrie..

Le terme Gabalum renvoie à la capitale du pays gabale, aussi connu sous le nom d'AnderitumAnderitum, romanisé en Gabalum, est aujourd'hui le village Javols.. Cependant, Grégoire de Tours n'évoque pas précisément la cité de Gabalum au sens moderne du terme, mais plus comme étant l'ensemble du pays.

Privat aurait été envoyé par Austremoine depuis Clairmont pour évangéliser le Gévaudan. La place logique de l'évêché semble donc être cette Anderitum, ou Gabalum, et non Mende où a eu lieu le martyre. Mende n'est d'ailleurs considéré que comme un bourg. Faute de preuves tangibles, il n'y a donc aucune certitude que le siège de l'évêché du Gévaudan se soit trouvé à Mende, et ce jusqu'au , où l'évêque Étienne est le premier à signer comme évêque de MendeIl semble possible, comme le souligne Félix Buffière, que l'évêché ait eu comme place primitive Anderitum. Après la destruction d'Anderitum, l'évêché a pu ensuite transiter par Banassac, où l'on retrouve un chapitre de chanoine et où l'évêque saint Frézal a été tué. L'évêché se serait ensuite rapproché du tombeau de saint Privat, à Mende..

Le martyre thumb|La colline du bourreau, au-dessus de Mende, où aurait pris fin le supplice. Au , la Gaule est envahie par les Alamans, menés par leur chef Chrocus, à qui les historiens attribuent de nombreux pillages dont le temple de Mercure sur le puy de Dôme. Quand ils arrivent en pays gabale, les habitants se sont réfugiés dans la forteresse de GrèzesLe castrum gredonense était un oppidum d'origine gauloise, situé sur le truc de Grèzes, à une quinzaine de kilomètres de Mende.. Privat est en période de jeûne, et s'est retiré dans une grotte du mont Mimat, au-dessus du bourg de MimateNom primitif de la ville de Mende.. Pendant deux ans les habitants se défendent contre l'envahisseur qui les assiègeBenjamin Bardy, Mende, édition SAEP Colmar-Ingersheim, p. 14..

Les Alamans finissent par trouver Privat et veulent se servir de lui comme otage. Ils espèrent ainsi parvenir à faire ouvrir la forteresse, par la pitié du peuple pour son évêqueJoseph Épiphane Darras, Histoire générale de l'Église depuis la Création jusqu'à nos jours, p. 43 .. Selon Grégoire de Tours, Privat aurait refusé de livrer son peuple malgré tous les supplices barbares qu'on pourrait lui faire subir : Histoire des Francs - Livre premier..

Depuis ces grottes qu'il avait aménagées sur les hauteurs, et jusqu'au village de Mende, il est alors tiré, frappé, mutilé, assommé à coups de bâton. Cependant, Privat ne laisse à aucun moment son peuple se sacrifier pour lui. Il est laissé pour mort par les Alamans. Ces derniers, exténués, auraient ensuite laissé libres les Gabales en leur promettant la paixFélix Buffière, Ce tant rude Gévaudan, Tome I, p. 178..

Privat, lui, succombe à ses blessures dans les jours qui suivent. Il aurait été enterré vers le lieu où prit fin son martyre, son corps ayant été transporté par saint IlpideCe même Ilpide est connu pour avoir également recueilli le corps de Julien de Brioude, et avoir subi lui-même un martyre.. C'est là où fut enterré Privat que se sont construites plusieurs églises successives, jusqu'à ce que le pape Urbain V décide de la magnifier, en érigeant la basilique-cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Privat de Mende.

Le sentier d'interprétation du causse installé par la ville de Mende, ainsi qu'une légende populaire, rapportent une autre version de son martyreLe Landscape français , p. 52.. Ainsi il aurait été enfermé dans un tonneau, des clous étant pointés vers l'intérieur. Jeté dans la falaise, il aurait ainsi roulé de son ermitage jusqu'au pied du bourgLe causse n'était certainement pas boisé.. Ce sont des ronces qui auraient arrêté sa chute<ref>Les légendes du Gévaudan''', , 1974, Benjamin Bardy, p. 30.</ref>.

Dans un cas comme dans l'autre, c'est sur une petite colline au-dessus de Mende que prit fin son supplice. Cette colline, aujourd'hui à côté du quartier de la Vabre, porte le nom de « colline du bourreau ».

Son identité thumb|Le tombeau primitif du saint dans la crypte Saint-Privat (cathédrale). Cependant Grégoire de Tours donne peut-être une trop grande importance à Privat. Il pourrait n'être en fait qu'un simple ermite et non pas un chef. Son acte de résistance Marcel Barbot, Les siècles obscurs de la primitive histoire de Mende, 1958, p. 250., refusant de livrer ses compatriotes n'en reste pas moins un fait. Les Alamans ont pu, qu'il soit ou non un réel chef, jouer sur le fait de la solidarité entre chrétiens pour obtenir l'ouverture de la forteresse.

Le terme d'évêque lui aussi est sujet à caution, en effet, en 314, Genialis représente le Gévaudan au concile d'Arles en tant que diacre et non d'évêque. Cette notion d'évêque a pu n'arriver que plus tard dans la région« Lozère », Encyclopédie Bonneton, 2004, p. 13.. Si son identité est difficile à établir, l'authenticité de son existence ne présente, en revanche, pas de douteP. Cubizolle, « Saint Privat de Mende : Premier évêque et martyr authentique : Martyrologe hiéronymien », Bulletin du Centre d'études et de recherches littéraires et scientifiques de Mende , 16, pp. 1-22..

La date du martyre

La date du martyre de Privat est sujette à caution. La tradition suit bien souvent Grégoire de Tours en plaçant celui-ci au , sous le règne des empereurs Galien et ValérienAlban Butler, Vies des pères, martyrs et autres principaux saints…, Volume 6, 1836, p. 134 .. Cependant, l'existence réelle de Chrocus, chef des Alamans, n'a jamais été réellement prouvée. De plus, plusieurs Chrocus (ou Crocus) semblent avoir envahi la Gaule, aux , , et tous n'étaient pas Alamans. Ainsi, on parle de la présence d'un roi vandale, nommé ainsi, qui aurait pillés Nîmes en 407. Ceci remet donc en question la date de la présence des Alamans en Gévaudan, et par conséquent du martyre de Privat. Les historiens hésitent donc entre ces différentes périodesDavid Bailie Warden, Volume 7 de L'art de vérifier les dates, 1818, page 95 .. Le pseudo-Frédégaire, par exemple, décrit l'invasion de la Gaule par un certain Chrocus, mort à Arles, au seulement« Lozère », Encyclopédie Bonneton, 2004, p. 16..

Le fait qu'il ait été missionné par AustremoineGabalum Christianum, JBE Pascal, 157. tend cependant à prouver que Privat a bien vécu au , Tome I, p. 177..

L'ermitage de Saint-Privat thumb|right|La grotte de l'ermitage est située en haut d'un escalier de 53 marches, une structure protégeant les pèlerins. Description et historique On associe bien des miracles à l'ermitage de saint Privat dans les grottes qu'il aurait aménagées au-dessus de Mende. Ce lieu, plusieurs ermites y ont élu domicile au fil des siècles.

C'est en 1873 que fut percée la grotte du Calvaire, et bâties les stations du chemin de croix qui y mène encore de nos joursFélix Buffière, Ce tant rude Gévaudan, Tome I, p. 185.. Cette grotte où a été aménagé un autel, permet de célébrer des offices en plein air. Elle est située en dessous des grottes naturelles où Privat se serait retiré. Ces deux grottes naturelles, fermées par une structure, ont longtemps été ouvertes au publicDans les années 2000 les grottes ont été fermées, faute de pouvoir assurer une surveillance permanente.. La plus haute des deux semblant être celle où les Alamans auraient trouvé l'évêque des Gabales. De nombreux ex-voto, ainsi que des béquilles sont présentes dans la première des deux grottes.

L'ermitage a longtemps été un lieu de pèlerinage, qui permit à la ville de Mende, devenue successivement siège épiscopal et capitale du Gévaudan, de prospérer. Vers 1315, l'évêque Guillaume VI Durand y instaure une collégiale, sous le vocable de Saint-Privat-La Roche. Elle disparaît en 1562, incendiée durant les guerres de Religion. La collégiale est rétablie en 1584, et les frères ermites ont pour tâche de veiller sur les grottes. Ils y installent une maison en 1673. Cet ermitage là est détruit à la suite de la Révolution française, en 1793. Ceci fut la conséquence de la saisie des biens du clergé.

En 1960, un hôtel est construit, servant principalement de centre d'accueil culturel. Néanmoins le site est peu a peu abandonné à la fin des années 1990. Au début des années 2020, des nouveaux projets de réhabilitation sont lancés. Avec le soutient de la fondation du patrimoine, le site est restauré au cours de l'année 2025

La chapelle de l'ermitage La chapelle actuelle a été érigée vers 1850 sous l'épiscopat de Claude Brulley de La Brunière, dont on peut voir les armes au-dessus de la porte. Elle est située à l'ouest des grottes primitives, et jouxte la grotte percée. Une relique du saint était conservée dans cette chapelleLa chapelle de l'ermitage étant fermée au public, il se peut que la relique ne soit plus là..

Plan de l'ermitage thumb|left|175px|Plan de l'ermitage (avant la restauration de 2025) Le plan ci-contre illustre de quelle manière était constitué l'ermitage de saint Privat avant la réfection des années 2020. En haut (en vert foncé) et en bas (en marron) sont figurées les barrières naturelles du belvédère : les flancs de la montagne. À droite, la partie en blanc est la route par laquelle on arrive. Une fois la porte franchie, on arrive dans la cour de l'hôtel (ici en rose).

En passant sous un porche on arrive sur le belvédère lui-même. L'escalier (en orange) monte jusqu'à la grotte originelle. En vert clair, on retrouve l'ancien jardin de l'hôtel, qui n'est plus qu'une pelouse aujourd'hui. En noir, en dessous de la grotte (à gauche sur le plan), se trouve la grotte artificielle. Le bâtiment en jaune la jouxtant est la chapelle. Enfin on peut voir une partie en marron clair sur la gauche, il s'agit de l'arrivée du chemin de croix.

Croix de Saint-Privat Un peu plus haut que l'ermitage, à la cime du mont Mimat, se dresse une croix, éclairée la nuit, la croix de saint Privat qui domine entièrement la vallée du Lot.