Le réseau des Chemins de fer départementaux de la Somme, concédé à la Société générale des chemins de fer économiques était un réseau départemental de voies ferrées d'intérêt local (VFIL) à voie métrique, qui compta jusqu'à de lignes, organisées en trois groupes géographiques : le groupe des bains de mer, avec les lignes : Noyelles – Le Crotoy, Noyelles – Saint-Valery, Saint-Valery – Cayeux, Noyelles – Forest-l'Abbaye, Abbeville – Dompierre ; le groupe d'Amiens, qui ne comptait qu'une ligne : Amiens (gare Saint-Roch) – Beaucamps-le-Vieux – Aumale – Envermeu ; le groupe d'Albert, avec les lignes : Albert – Doullens, Albert – Montdidier, Albert – Ham, Offoy – Ercheu (chemin de fer de Bussy à Ercheu), cette ligne s'embranchant à Bussy avec la ligne de Noyon à Ham, à Offy avec la ligne d'Ham à Albert constituant ainsi une liaison d'Albert à Noyon.
Comme la plupart des réseaux secondaires, celui de la Somme était à la fois destiné au transport des personnes et à l'acheminement des productions locales, qu'elles soient agricoles (céréales et betteraves notamment, sur ce réseau), artisanales ou industrielles.
Histoire vignette|gauche|Un train en gare de Mailly - Maillet sur la ligne Albert - Doullens. vignette|gauche|Un train en gare de Montdidier. Au cours de la Seconde moitié du , la Compagnie des chemins de fer du Nord réalisa plusieurs lignes desservant le territoire de la Somme (ligne Paris - Lille, ligne Longueau - Calais, ligne Creil - Jeumont), mais de nombreux secteurs restaient loin du Chemin de fer. On assista, à partir des années 1880, à un important chantier de maillage, mené par la compagnie du Nord, au titre de son réseau d'intérêt général, et par le Département, ce dernier utilisant les possibilités qui lui étaient offertes par la réglementation des « voies ferrées d'intérêt local », les VFIL.
Dans ce contexte, la Compagnie des chemins de fer du Nord décida de créer un embranchement sur sa ligne Longueau - Calais pour relier la gare de Noyelles à Saint-Valery-sur-Somme, qui était encore un important port de commerce.
Cet embranchement, régi par le régime des Chemins de fer d'intérêt général, traversait la baie de Somme sur une estacade de bois longue de .
Par ailleurs, en 1882, le Département de la Somme décida la construction d'un ensemble cohérent de lignes secondaires à voie métrique destinées à compléter le réseau de la compagnie du Nord.
Il réalisa l'infrastructure de ce réseau VFIL, et en concéda l'exploitation à la Société générale des chemins de fer économiques (SE)..
En 1893, le conseil général de la Seine-Inférieure souhaitait voir prolonger la ligne d'Amiens à Aumale jusqu'à Envermeu en passant par Rétonval et Londinières, . afin de desservir une partie de ce département dépourvue de moyens de transports malgré sa prospérité agricole et industrielle, ce qui a abouti à la déclaration d'utilité publique de cette ligne.
Première Guerre mondiale
Des parts importantes de ce réseau sont détruites pendant la Première Guerre mondiale.. ou utilisées' par l'ennemi., et reconstruites dans l'entre-deux-guerres.
Seconde Guerre mondiale
Durant la Seconde Guerre mondiale, l'occupant a réalisé sur la ligne d'Amiens à Aumale un embranchement permettant la desserte du terrain d’aviation aménagé en 1921 à Croixrault, Fricamps et Thieulloy-l'Abbaye, comme aérodrome de secours pour l’aéronautique marchande sur la ligne Le Bourget – Londres, et utilisé pour les besoins de la Luftwaffe pendant l'Occupation sous le nom de « Flugplatz Poix – Nord »Un petit train de campagne sorti de l'oubli, Le Courrier picard, 23 novembre 1993, article mentionné en bibliographie...
Un train a été mitraillé entre les gares de Molliens-Dreuil et d'Oissy par l'aviation alliée le lors des combats de la Libération de la France, tuant vingt-sept des soixante-dix passagers..
Tracé des lignes Groupe des Bains de Mer Ligne Noyelles - Le Crotoy vignette|gauche|Les installations des Chemins de fer économiques devant la gare de Noyelles. Les voies du Chemin de fer du Nord sont à l'extrême droite du cliché.Aujourd'hui, les installations du CFBS sont en retrait par rapport à celles des Économiques. Cette ligne à voie métrique de a été mise en service en 1887. Elle longe la rive droite de la baie de Somme et desservait, au temps de l'exploitation commerciale, deux haltes : Morlay (commune de Ponthoile) et Favières, située à de ce village.
Ligne Noyelles - Saint-Valery vignette|gauche|L'ancienne estacade en bois qui traversait la Baie de Somme. Cette ligne à voie uniqueAfin de contrer l'offensive allemande de 1918, la Compagnie du Nord est sollicitée pour créer en trois mois une ligne de Feuquières à Ponthoile à double voie et donc à grand débit, hors de portée des canons allemands, afin d'éviter le passage par Amiens. Cette ligne raccorderait celle de Paris à Beauvais, Abancourt et Le Tréport - Mers à la ligne du littoral Abbeville - Boulogne-Ville. Pour cela, la section Noyelles - Saint-Valery fut mise à double voie sous la direction de Raoul Dautry. Ces travaux importants ( de ligne à double voie, plus de voies de service, soit de déblais et de remblais à charrier, ainsi que 300.000 m³ de ballast) ont été réalisés par dix compagnies de sapeurs, ainsi que par le corps expéditionnaire chinois amené par l'armée anglaise. Le cimetière de ce corps expéditionnaire se trouve à Nolette, hameau de Noyelles-sur-Mer. La paix revenue, ces installations furent démontées vers 1919-1920., longue de , a été inaugurée en 1856 par la Compagnie du Nord. Elle a été mise à double écartement (voie normale et voie étroite imbriquée) en 1887.
Elle comprend sur toute sa longueur quatre files de rails : au centre la voie métrique, à l'extérieur la voie normale. Elle est implantée sur une digue qui a remplacé en 1912 l'estacade en bois des origines, qui mesurait de longueur.
Peu avant de franchir le Canal de la Somme sur un pont-écluse refait en 2006, elle longe le dépôt-atelier du Groupe des bains de mer, et, aujourd'hui, du CFBS, implanté à côté de l'ancienne gare de Saint-Valery-Canal.
Le terminus de cette ligne à double écartement se situait à la gare de Saint-Valery-Ville, prolongée par un embranchement portuaire qui constitue aujourd'hui le terminus de Saint-Valery-Port pour le CFBS.
Cette ligne, initialement classée d'intérêt général, portait le Fascicule Gares et lignes du nord, édité par le COPEF (Cercle Ouest Parisien d'Études Ferroviaires) en 1985. (ligne de Noyelles-sur-Mer à Saint-Valery-Canal du réseau ferré national).
Ligne Saint-Valery - Cayeux vignette|gauche|La gare de Saint-Valery-Ville avait un embranchement vers le port de Saint-Valery, qui constitue aujourd'hui le cœur de l'exploitation du CFBS. vignette|gauche|La gare de Cayeux du temps des Chemins de fer départementaux de la Somme. Cette ligne est la poursuite de la ligne de Noyelles à Saint-Valery, mais est uniquement à voie métrique, et a été créée par la SE le .
Après avoir quitté Saint-Valery-Ville (km 6 par rapport à Noyelles) par une forte rampe pour s'élever au niveau du plateau littoral, elle desservait Pendé-Routhiauville (km 11), Lanchères - Pendé (km 13), où se trouvaient les installations d'une râperie à betteraves, puis Hurt (km 16) avant d'atteindre le terminus de Cayeux-sur-Mer (km 18).
Outre son trafic voyageurs, elle assume le transport de galets en vrac, utilisés notamment dans l'industrie de la cimenterie, ainsi que le transport de coquillages ou de betteraves vers la râperie de Lanchères.
Ligne Noyelles - Forest-l'Abbaye Cette ligne de a été mise en service le . Elle était essentiellement destinée à connecter la ligne d'Abbeville à Forest-l'Abbaye au reste du réseau, mais accueille également un trafic betteravier non négligeable, notamment vers la râperie de Lanchères, sur la ligne de Cayeux.
Elle se séparait des deux autres lignes du groupe des bains de Mer à la sortie de la gare de Noyelles, passait au-dessus des voies du Nord (ligne Longueau - Calais), traversait le plateau du Ponthieu et rejoignait à Forest-l'Abbaye la ligne Abbeville - Dompierre, après avoir desservi les gares et arrêts de Sailly-Bray, Sailly-le-Sec, Nouvion-en-Ponthieu..
Ligne Abbeville - Dompierre La ligne, de , prenait son origine à la gare d'Abbeville (Nord), suivait les voies du grand réseau jusqu'à Abbeville-Porte-du-Bois (en desservant auparavant l'arrêt d'Abbeville-Porte-Saint-Gilles), puis parcourait le Ponthieu en desservant Drucat, Plessiel-Drucat, , Lamotte-Buleux et atteignait Forest-l'Abbaye, où elle rencontrait la ligne venant de Noyelles. La ligne poursuivait vers Dompierre, en desservant la halte de la forêt de Crécy (où des embranchements industriels desservaient une entreprise d'expédition de bois et une usine de phosphates)., la gare de (desserte d'une sucrerie), la halte de Wadicourt (deux centres de collecte de betteraves), puis le terminus de Dompierre-sur-Authie, à la limite du Pas-de-Calais. Un prolongement vers ce département avait été envisagé, mais ne fut jamais réalisé.
Cette ligne a été mise en service le , puis fut fermée au trafic voyageur en 1947 ; seul un service Noyelles – Forest-l'Abbaye – Crécy subsiste jusqu'en 1951. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la proximité d'un aérodrome militaire allemand (celui d'Abbeville) avait par ailleurs entraîné des dommages collatéraux sur la ligne, compte tenu de bombardements et mitraillages réalisés jusqu'en .
Groupe d'Amiens vignette|Section Aumale – Envermeu du Groupe d'Amiens. vignette|La voie terminus de la ligne d'Aumale à la Gare de Saint-Roch est bien visible sur le quai central, au second plan de la carte postale. vignette|La gare d'Aumale, avant 1918On voit au premier plan les voies de la ligne du chemin de fer secondaire à voie métrique Amiens – Envermeu, et, au second plan, près du bâtiment de la gare, les voies de la ligne Paris – Le Tréport. vignette|Animation en gare d'Aumale, vers 1908 :à gauche, train du chemin de fer secondaire vers Amiens ; à droite, train de la Compagnie du Nord vers Le Tréport. Le groupe d'Amiens était constitué d'une seule ligne, Amiens – Aumale – Envermeu, soit pour la section située dans le département de la Somme.
La ligne se réalisa en trois tronçons : Amiens (gare Saint-Roch) – Beaucamps-le-Vieux, ouvert le ; Beaucamps-le-Vieux – Aumale., ouvert le ; Aumale – Envermeu, ouvert le .
Bien qu'elle soit intégrée au réseau SE de la Somme, la partie de la ligne située entre Aumale et Envermeu se trouve dans le département de la Seine-Maritime.
La ligne ferma au service voyageur en 1940, et à tout trafic en 1947.
La ligne d'Envermeu avait son terminus amiénois en gare de Saint-Roch, où elle avait un tronçon commun de avec la ligne à voie normale Amiens – Canaples, jusqu'au passage à niveau de la rue Robert Lecoq (bifurcation dite de Renancourt).
Elle desservait ensuite : Saveuse - Ferrières Ferrières Guignemicourt - Bovelles Fluy Bougainville - Floxicourt Oissy - Dreuil Molliens-Vidame Lincheux - Camps Hornoy Guibermesnil Liomer - Braucourt Beaucamps-le-Vieux Beaucamps-le-Jeune Montmarquet-Blangiel Aumale (correspondance avec la ligne Paris – Abancourt – Le Tréport de la Compagnie du Nord) Roupied Illois Le Mesnil-David Landes-le-Caule La Verrerie Rétonval Villers - Foucarmont Bosc-Geffroy - Les-Essarts-Varimpré Clais - Smermesnil Londinières Wanchy-Capval Douvrend Douvrendelle Envermeu (correspondance avec la ligne Eu – Dieppe des Chemins de fer de l'État)
Groupe d'Albert vignette|La gare de Beauval et l'usine textile Saint Frères. vignette|La gare de Fricourt, où se séparaient les lignes d'Albert à Montdidier et d'Albert à Ham. vignette|Rame départementale en gare de Montdidier. On voit au premier plan les voies de la ligne Ormoy-Villers - Boves. Ce groupe avait son terminus en gare d'Albert Nord, initialement à l'ouest des voies du grand réseau, que les lignes secondaires de Ham et de Montdidier franchissaient par un pont.