Un accident de la route ou accident de la circulation est entendu comme une collision non voulue, non prévue et mal anticipée d'au moins un engin roulant avec une chose, un animal ou une personne sur une voie publique ou privée ouverte à la circulation. En France, plus de corporels sont recensés chaque année par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) et les compagnies d'assurance indiquent que sont dressés de constats amiables durant la même période. Compte tenu de l'absence de signalement d'un grand nombre d'événements mineurs n'ayant que des conséquences matérielles individuelles, il est impossible d'estimer précisément le nombre total d'accidents de la route.
La lutte contre ce phénomène est prise en charge au niveau national par les pouvoirs publics à travers la délégation à la sécurité routière, grâce à l'éclairage d'un document d'information édité annuellement par l'ONISR faisant la synthèse des principales données de l'accidentologie en France. Ces enquêtes statistiques ont montré que s'agissant des accidents mortels, le comportement humain est mis en cause dans la plupart des cas, mais que la voirie, l'environnement ou le véhicule peuvent aussi avoir une implication significative.
alt=|vignette|Automobile accidentée dans le Nord en 2005. Enjeux Les accidents de la route posent des problèmes en raison de leurs effets sur les personnes.
Par exemple, en 2024, il s'agit de tuées sur les routes de France outre-mer incluse, dont et 728 femmesAccidentalité routière 2024 en France données définitives au 28 mai 2025.
Le nombre de personnes blessées est d'environ en 2024, pour la seule France métropolitaine. Parmi ces blessés sont considérés blessés gravement, selon la méthode d’estimation ONISR-Université Gustave Eiffel (Registre du Rhône) appliquée aux accidents corporels enregistrés par les forces de l’ordre.
Historique des accidents vignette|Le fardier de Cugnot, premier véhicule automobile (1771). Le premier accident notifié d'un véhicule automobile fut celui du fardier de Cugnot. Selon les témoignages et correspondances, ce premier accident a lieu en , mais le lieu exact Paris ou Vanves n'est pas connu. L'engin peu maniable percuta un mur à la suite d'« un virage mal négocié ». Sa vitesse fut estimée à , il n'y eut aucun blessé, mais l'engin fut détruit sous le choc. Même si le lieu et la date exacte changent, l'Histoire officielle a retenu que la somme importante de fut allouée à Cugnot et Gribeauval pour qu'ils puissent reconstruire un nouveau véhicule, prouvant ainsi sa destruction accidentelle..
Il y avait cependant de nombreux accidents de la circulation du temps de Cugnot ; Paris comptait déjà de nombreuses victimes dues à la présence des véhicules hippomobiles comme en témoigne un « appel à témoins » du publié dans le Journal de Paris et qui relate un accident de la circulation survenu dans le quartier des Halles (rue de la Platière) à Paris. Cet appel, paru sous la forme d'un courrier adressé au journal, décrit un accident entre une charrette et un cabriolet et se présente sous la forme d'une simple demande de réparation des torts causés au tiers par le responsable de l'accrochage lui-même..
Ce même journal relate dans son édition du , un accident mortel, suivi de ce que l'on dénommerait aujourd'hui un délit de fuite (délit qui ne semblait pas exister à l'époque). L'auteur de l'homicide, le conducteur d'une voiture de maître a renversé « un malheureux étranger et lui a écrasé la tête » et n'a jamais été retrouvé, mais fait curieux, des rumeurs non fondées accusèrent une aristocrate. Un élan de générosité populaire lancé à la suite de l'article permit d'aider financièrement la famille éprouvée. Le , ce journal décrit, avec force détails, la mort d'un enfant écrasé par un « mauvais carrosse de remise », au coin de la rue de la Chaussée d'Antin et de la rue de Caumartin, accident survenu le mardi 23 à six heures et demie du soir, prouvant ainsi que dans ce type de faits divers, la presse savait déjà être préciseLe journal de Paris de 1787 sur Google Books.
Spécificités françaises thumb|Véhicule accidenté contre un obstacle fixe à la suite d'une sortie de route sur une route départementale en France. La mortalité routière se trouve dans la moyenne des pays de l'Union Européenne en 2017, mais elle se caractérise par une mortalité surreprésentée en zone rurale, ainsi que de jour et sous la pluie.. Un automobiliste habitant en zone rurale a plus de risques d’être tué qu’un habitant d’une agglomération moyenne (de à ), et plus qu’un habitant d’une grande agglomération (plus de ).
Spécificités sociales Sur l'année 2016, parmi le total des tués, les accidents domicile-travail tuent . Les accidents lors de déplacements professionnels tuent . En 2018, sont morts dans des accidents de la route dans le cadre de leur activité professionnelle, dont les trois quarts sur le trajet entre leur domicile et leur travail et un quart lors d’un trajet professionnel. Ces accidents sont essentiellement causés par la fatigue..
Ces tués sur le trajet du travail représentent en 2007, 28 % des accidents pour les ouvriers et 31 % des accidents pour les employés. Les tués lors des accidents de trajet sont également comptés par Ameli parallèlement aux accidents du travail en France pour mesurer la Santé et sécurité au travail.
Les ouvriers représentent 22,1 % des décédées sur la route en 2007..
Les cadres supérieurs, bénéficiant plus souvent de véhicules plus haut de gamme dotés d'une sécurité accrue sont plus nombreux à survivre et occupent de ce fait une part importante des comparutions pour homicide routier. Ces homicides peuvent mener à des peines de prison, les juges pouvant cependant faire preuve de clémence envers les déférés ayant une vie de famille.
En France l'accident de la route représente le danger au travail..
Spécificités géographiques La mortalité routière française se produit pour 7 % dans l'Outre-mer habitée qui ne compte que 4 % de la population, en 2018.
Outre-mer L'insécurité routière en Outre-mer est différente de celle se trouvant en métropole en raison d'un contexte différent : mobilité, démographie, relief, réseau routier, climat, équilibre jour/nuit, pratiques locales, différences sociales et culturelles, même si par d'autres aspects les problématiques partagent des enjeux communs.
Par exemple, quand la mortalité routière est stable (sic) en métropole, elle peut augmenter Outre-merSécurité routière : plus de morts sur les routes en Outre-mer en 2024, Emma Jaconelli, la première, France TV Info, 30 janvier: En 2024, 241 personnes sont décédées sur les routes en Outre-mer, sur le périmètre Nouvelle-Calédonie, Guadeloupe, Polynésie, Guyane, Martinique, La Réunion, Mayotte selon les chiffres provisoires. Cette mortalité est supérieure à celle de 2023 de 4 % mais inférieure à celle de 2019 de 5 %Sécurité routière : décès en hausse dans les Outre-mer en 2024, la Polynésie en troisième position, Mereini GAMBLIN, France TV info, la première, 30 janvier 2025.
Dans le détail : Le nombre de tués en moto est de 83 en Outre-mer en 2024. Un tiers de ces décès est attribué au non-port du casque; Le nombre de tués automobilistes est de 94 en Outre-mer en 2024. Entre la moitié et les trois quarts de ces décès sont attribués au non-port de la ceinture de sécurité; Le nombre d'usagers vulnérables tués est de 46 piétons et 9 cyclistes, sans compter les motos.
La tranche d'âge des jeunes est la plus touchée. Les Antilles et la Guyane se distinguent également par un plus grand nombre de refus d'obtempérer notamment chez les hommes de moins de 30 ansInfractions routières : la Martinique et la Guadeloupe, territoires français qui comptent le plus de refus d'obtempérer, Outre-mer la 1ère, AFP, 11 avril 2024.
En plus des tués, sont blessées dans un accident de la route en Outre-mer en 2024.
Des spécificités locales apparaissent également à l'intérieur de l'Outre-mer : Entre 2020 et 2024, la Nouvelle-Calédonie connaît 177 tués par million d'habitants (deux fois la moyenne ultramarine et trois fois la métropole). Le risque est plus faible à Mayotte ou à La Réunion où il est équivalent à la métropole ou plus faible.
Ruraux À l'échelle nationale, 71 % de la mortalité routière se concentre dans des territoires dits ruraux qui regroupent 51 % de la population française, en 2020La sécurité routière en France - bilan de l’année 2020 - ONISR 2021. 70 % de cette mortalité routière dite rurale se produit sur route départementale, 14 % sur voie communale, 8 % sur route nationale et 7 % sur autoroute, en 2020.
Spécificités des vitesses maximales autorisées La base open data du site gouvernemental français contient une liste d'accidents avec pour chaque année dans la table « lieux » la spécification de la vitesse maximale autorisée sur le lieu de l'accident.
+ vitesse maximale autorisée, d'après la table lieux de la base open data officielle. Vitesse (km/h) Accidents en 2019 % 2019 Accidents en 2022 % 2022 Différence 50 33306 56 % 25452 46 % -7854 30 4013 9 % 9066 16 % 5053 80 9027 15 % 7616 14 % -1411 70 4097 7 % 4093 7 % -4 90 3436 6 % 4494 8 % 1058 110 2151 4 % 1922 3 % -229 Nota: ces chiffres ne tiennent pas compte de la gravité des accidents.
Causes des accidents Des enquêtes statistiques menées en France entre 1983 et 2004 ont montré que dans 90 % des accidents mortels le comportement humain est en jeu ; dans 50 % des accidents mortels l’infrastructure est en jeu ; dans 30 % des accidents mortels les facteurs liés aux véhicules sont en cause..
Si l'actualité de ces données n'est pas assurée en raison de la réduction du nombre de morts, de l'ordre de 40 % entre 1993 et 2004 et de 40 % entre 2005 et 2015, les causes d'accidents restent multiples :
Facteurs humains, véhicule, conditions de circulation, état de la route, obstacles (35 % des tués), conditions météorologiques.. Mais ce sont les facteurs humains qui sont en tête dans la majorité des accidents corporels (dans 90 % des cas). Parmi ceux-ci, sont fréquemment observés : l'alcool (28 % des tués sur la route), la vitesse inadaptée (26 % des accidents mortels); la fatigue (20 % des décès sur l’ensemble du réseau routier et 30 % des morts sur autoroute) ; la distraction et l'usage du téléphone au volant (le risque d’accident corporel dans ce cas, qui représente un accident sur dix, est multiplié par trois); le cannabis multiplierait par deux la probabilité d'être responsable d'un accident mortel (survenant dans 23 % des accidents provoqués par des conducteurs sous l'emprise de stupéfiants) et par quatorze si le cannabis est associé à l'alcool.
La conduite sans permis ou avec un permis invalide est constatée dans 4 % des accidents mortels.
Les causes profondes des accidents peuvent être le temps de trajet domicile-travail et les routes empruntées.. Ainsi, les inégalités sociales seraient un facteur non négligeable dans la hausse des statistiques d'accidents mortels constatés depuis 2014.
En France aux alentours de 3 % des accidents sont causés par des médicaments..
Cause des accidents mortels En France, en 2006, le non-port de la ceinture de sécurité est présent dans 20 % des accidents mortels. Un occupant portant correctement sa ceinture peut sortir indemne d'un accident, alors que le port d'une ceinture détendue peut conduire à heurter le volant, à des fractures de côtes dues à la collision contre la ceinture, ou à un traumatisme crânien avec fractures faciales et perte de connaissance, à des fractures des genoux, fémurs ou bassin et enfin à un enfoncement thoracique avec des lésions souvent mortellesVitesse et mortalité - Sétra, mars 2006, ..