Antoine Louis Decrest de Saint-Germain, né le à Paris et mort le à Neuilly, est un général français de la Révolution et de l’Empire.
Biographie
Du gendarme au général de brigade
Decrest entre au service le , dans la gendarmerie de Lunéville. Le il passe avec le grade de lieutenant de cavalerie, dans la légion étrangère de Waldemer, et est admis le dans le corps de la petite gendarmerie. Le il est rayé des contrôles de cette arme pour des fautes de discipline. La Révolution française lui offre les moyens de se réhabiliter. Dès le , il figure dans les rangs de la garde nationale parisienne et le suivant, le ministre de la Guerre lui envoie une commission de capitaine dans les troupes à cheval. Il fait les campagnes de 1792 et 1793 aux armées du Nord et des Ardennes.
Le il est nommé lieutenant-colonel de la légion des Ardennes et en prend le commandement le , avec le grade de chef de brigade. Suspendu de ses fonctions le , comme suspecté d'incivisme, il n'est réintégré à la tête de ce corps — devenu entre-temps le de chasseurs à cheval — que le , après s'être complètement justifié de l'accusation portée contre son patriotisme. Il fait les guerres de l'an IV à l'an VI aux armées du Nord et de Sambre-et-Meuse. Le il a le pied droit fracassé d'un boulet, et se fait remarquer à la bataille de Wiesbaden, devant Mayence le , dans une charge brillante de cavalerie ; dans cet engagement il a deux côtes enfoncées et le bras gauche fracturé.
Passé à l'armée du Danube en l'an VII, et à celle du Rhin en l'an VIII, il a 3 chevaux tués sous lui dans un combat d'avant-garde le . Le , il contribue à la victoire de Hohenlinden où il perd un quatrième cheval.
Général de l'Empire
vignette|upright=1.5|La bataille de Hanau, le , vue par Horace Vernet.
Après les campagnes de 1803 à 1805 dans le Hanovre, il reçoit le la décoration de chevalier de la Légion d'honneur, et celle d'officier de l'ordre le . il est promu général de brigade le et il est employé en cette qualité le suivant, dans la militaire. Au mois d', il part du camp de Boulogne pour aller prendre, à la Grande Armée, le commandement d'une brigade de la de grosse cavalerie. Il doit aux services qu'il rend en 1806 et 1807, le grade de commandeur de la Légion d'honneur le .
Les charges qu'il exécute à la bataille d'Essling les 21 et , à la tête de sa brigade de grosse cavalerie, font l'objet d'un rapport particulier à l'Empereur. Nommé général de division le suivant, il prend le commandement de la de cuirassiers. Resté en Allemagne en 1810 et 1811, il reçoit le de cette dernière année, le commandement de la de cuirassiers de la Grande Armée. La campagne de Russie lui permet de s'illustrer à nouveau. C'est sous les yeux du roi de Naples qu'il mène des charges brillantes à Ostrovno les 25 et , et à la Moskova le .
Nommé commandant du de cavalerie de la Grande Armée le , il se distingue le à la bataille de Hanau. À la tête de ses cuirassiers, il décide du succès de la journée par une charge exécutée à fond, à laquelle prennent part les grenadiers à cheval et les dragons de la Garde impériale. Les Bavarois sont culbutés et refoulés en désordre. Peu de temps après, lui confère le titre de comte de l'Empire.
La dernière campagne : France, 1814
vignette|gauche|Des cuirassiers français pendant une charge, par Horace Vernet. À Vauchamps, les cuirassiers de la division Saint-Germain contribuent à la déroute prussienne.
Le , à la tombée du jour, le général Grouchy rassemble les divisions Saint-Germain, Doumerc et Bordesoulle avec lesquelles il se précipite sur les derrières de Blücher, qui a pris position à Vauchamps. Les carrés prussiens sont enfoncés et les Français se rendent maîtres du champ de bataille. Le général Saint-Germain est cité avec éloges pour sa brillante conduite au cours de l'engagement. Le , passée sous les ordres du maréchal Macdonald, sa division contribue à contenir l'armée coalisée qui s'est établie derrière l'Aube, à peu de distance du village de Laferté-sur-Aube.
Il se signale de nouveau le lendemain à l'affaire des ponts de la Barse : les troupes chargées de défendre cette position, attaquées par le prince de Schwarzenberg, commencent à opérer un mouvement rétrograde lorsque le général Saint-Germain, qui s'en aperçoit, vient soutenir l'infanterie française et repousse l'ennemi après deux charges vigoureuses. Le 26 du même mois, sa division coopère à la reprise de Saint-Dizier, sous les yeux de l'Empereur.
Sous la Restauration
Après la première abdication de , Louis XVIII le fait chevalier de Saint-Louis, inspecteur-général de cavalerie en et grand officier de la Légion d'honneur le suivant. Napoléon, à son retour, ne l'appelle pas près de lui. Ce n'est que le suivant que le comte Saint-Germain reçoit l'ordre de se rendre à l'armée des Alpes pour y inspecter et y organiser la cavalerie qui doit en faire partie. Il est en non-activité depuis le second retour des Bourbons et le licenciement de l'armée, lorsqu'une décision ministérielle du le nomme inspecteur-général de la cavalerie dans les et militaires.
Decrest, replacé dans l'armée royale, n'a rien perdu de ses anciennes convictions et a gardé l'accent du temps passé. Le marquis de Nadaillac, colonel du , lui disant aimablement , il répond : Cette manière bourrue s'applique indistinctement à tous, il eût dit son fait au roi et l'on n'osait le mettre à la retraite : Il est plus respecté que redouté. On le voit fumant sa pipe sur la terrasse de sa petite maison des Champs-Élysées ; quand passe un détachement de cavalerie de la garde qui vient d'escorter quelque prince, il crie : Les soldats le reconnaissent : À la cour, voyant des officiers boire du bouillon, son indignation éclate : Propos insolites dans les Tuileries, mais ce soldat avait des grâces d'État.
Compris dans le cadre d'organisation de l'état-major général de l'armée le et mis en disponibilité le , il est admis à la retraite par ordonnance du . La Révolution de Juillet 1830 le relève de cette position. Il est placé le dans le cadre de réserve et admis de nouveau à la solde de retraite le .
Mort en 1835, il est inhumé au cimetière d'AuteuilJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de Minuit, septième édition, 1963, (« A-K »), « Rue Claude-Lorrain », ..
Titres
Baron Decrest de Saint Germain et de l'Empire (décret du , lettres patentes du à Valladolid) ; Comte Saint-Germain et de l'Empire (décret impérial du ).
Décorations
Légion d'honneur : Légionnaire le , puis, Officier le , puis, Commandeur le , puis, Grand officier de la Légion d'honneur le ; Chevalier de Saint-Louis en 1814.
Hommages, honneurs, mentions…
vignette|Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, et .
Il fait partie des 660 personnalités à avoir son nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile. Il apparaît sur la (l'arc indique « »).
Armoiries
Figure Blasonnement Armes du baron Decrest de Saint Germain et de l'Empire
D'or ; à la fasce échiquetée de sable et d'azur, accompagnée en pointe de trois grues de sable tenant chacune de la dextre leur vigilance d'argent et soutenues d'une terrasse de sinople, quartier des barons militaires., et ses Compléments sur www.euraldic.com
Livrées : les couleurs de l'écu ; le verd en bordure seulementPLEADE (C.H.A.N. : Centre historique des Archives nationales (France))..
Annexes
Bibliographie
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Ordre de bataille Français lors de la campagne de Prusse et de Pologne (1806-1807) ; La réserve de cavalerie durant la campagne de Russie ; Ordre de bataille français lors de la bataille de Leipzig ; Liste des membres de la noblesse d'Empire ; Armorial des barons de l'Empire ; Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile ;
Liens externes
Les “crânes” de Napoléon sous la Restauration sur lesveteransdenapoleon1er.unblog.fr ;
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