Le kraï de Transbaïkalie (, en , Zabaïkalski kraï ; , Über Baigalai khizaar), officieusement appelé la Transbaïkalie, est un sujet (ou entité constituante) en Sibérie de la fédération de Russie, dont la capitale est la ville de Tchita. Le nom « Transbaïkalie » vient de la région du même nom située à l'est du lac Baïkal. Rosstat lui attribue le code 76, et ses codes d'immatriculation sont 75 et 80. La seule langue officielle est le russe, bien que le bouriate soit aussi parlé dans certaines parties du kraï. La république est située dans la partie nord de l'Asie, entre la taïga sibérienne et la Mongolie.
Le kraï de Transbaïkalie est une région aux paysages variés, possédant à la fois de la taïga sibérienne, des steppes, un désert, et des régions montagneuses comme le massif de Kodar et les monts Iablonovy. Les vestiges des premières civilisations humaines dans la région remontent à la période du Paléolithique, vers ans avant notre ère. Il est ensuite tour à tour peuplé par des peuples mongols, les Xiongnu, les Xianbei, avant de faire partie pendant le Moyen Âge du khanat des Ruanruan, du Khaganat turc, du Khaganat ouïgour et enfin du Khaganat kirghize du Ienisseï au . Après de nombreuses conquêtes, la Transbaïkalie devient assujettie à l'empire mongol au . Lorsque celui-ci s'effondre, elle est intégrée à la dynastie Yuan du Nord, puis au khanat oïrat. Après son effondrement, la région est peu à peu conquise par les cosaques de Sibérie, l'intégrant ainsi à la Russie.
Créé le , le territoire résulte de la fusion, approuvée par référendum, de l'oblast de Tchita et du district autonome d'Aga-Bouriatie. En 2023, il comptait habitants, en baisse à cause de l'exode migratoire et des soldes naturels négatifs. Son économie est surtout axée sur le secteur primaire, se basant sur l'agriculture, l'élevage, la sylviculture mais aussi et surtout l'extraction de matières premières. La région possède d'importants gisements de charbon, de gaz, de lithium, de zircons et d'autres richesses. Sur le plan touristique, la Transbaïkalie bénéficie du classement d'un de ses sites au patrimoine mondial de l'UNESCO, et regroupe trois parcs nationaux et deux réserves naturelles, avec d'autres zones aussi classées. Toutes ses activités ont généré un régional de 326,9 milliards de roubles en 2018.
La Transbaïkalie possède un patrimoine culturel varié et important, hérité de l'histoire et des différents peuples locaux avec leurs cultures. Parmi les monuments on retrouve des temples bouddhistes, des églises comme la cathédrale de Kazan à Tchita, des musées ou des théâtres. Les trois principales artères de transport de la région sont le chemin de fer transsibérien et les routes fédérales R297 et R258, liant la région au reste du pays.
Géographie
Situation
Avec , le kraï de Transbaïkalie est d'une grande superficie comparé aux autres entités constituantes russes ; mais une superficie moyenne voire petite comparé aux sujets sibériens comme la Bouriatie et ses ou l'oblast d'Irkoutsk et ses . Il compose 2,6 % du territoire de la fédération de Russie — et 6,21 % du district fédéral extrême-oriental, soit le sixième plus grand des dix sujets de ce district. Le kraï s'étend sur la Transbaïkalie, région montagneuse aussi nommée la Daourie. Il est limitrophe de la Mongolie et de la Chine au sud, de la Bouriatie à l'ouest, de l'oblast d'Irkoutsk et de la Iakoutie au nord, et de l'oblast de l'Amour à l'est. Le fleuve Amour prend naissance à la frontière de la Transbaïkalie avec la Chine, à la confluence des rivières Chilka et Argoun.
La Transbaïkalie possède un relief principalement montagneux, mais avec une part non négligeable de steppes et autres vallées. La plus grande steppe est celle dans la partie sud à la frontière avec la Mongolie et la Chine (avec Borzia et Zabaïkalsk). On trouve aussi une grande plaine vers Nertchinsk, ainsi que les vallées fluviales de l'Ingoda et de la Tchitinka. La plaine vers Tchara, dans le nord du kraï, est entourée de montagnes. La Transbaïkalie est couverte à 68,3 % de forêts, contre 45,3 % pour la moyenne nationale.. vignette|Carte topographique du territoire. La Transbaïkalie, située en Sibérie orientale, fait partie depuis 2018 du district fédéral extrême-oriental. Son point le plus bas est dans la vallée de l'Amour vers Pokrovka () et son point culminant à est le pic BAM dans le massif de Kodar. Ce massif, qui fait partie des , couvre le nord du kraï, et c'est dans la plaine de Tchara que se trouve un désert, les sables de Tchara. Outre ce massif, on trouve les monts Khentii dans le sud-ouest à la frontière avec la Mongolie ou bien les monts Iablonovy, couvrant la partie limitrophe de la Bouriatie..
Espaces protégés Le kraï de Transbaïkalie compte deux zapovedniks, c'est-à-dire des aires naturelles protégées dont l'objectif est de les conserver « éternellement vierges » : : réserve créée en 1973. D'une superficie totale de , elle est située dans le massif de Sokhondo, dans le sud-ouest du territoire et non-loin de la Mongolie. Avec une largeur de et une longueur de , elle inclut des sommets supérieurs à , des petits glaciers, des lacs dont celui de Boukoukoun et de vastes espaces de taïga appartenant aux . La végétation est variée et dépend de l'altitude, avec de la taïga, de la toundra et des paysages de steppes. Les mélèzes de sibérie, les pins de Sibérie et autres épicéas dominent le territoire. On compte environ 40 espèces de mammifères, 125 espèces d'oiseaux, 10 de poissons et quelques reptiles et amphibiens. Parmi les espèces citées dans le livre rouge de Russie, on retrouve le tigre de l'Amour, le hérisson daourien, la grue à cou blanc, la grue demoiselle, le tabargan, le pika ou encore le manul. vignette|294x294px|La réserve de Daourie au crépuscule Réserve naturelle de Daourie : établie en 1987 dans le sud de la Transbaïkalie, elle couvre une superficie de . Le paysage est surtout steppique, avec aussi des lacs, zones humides et quelques zones forestières. On retrouve d'ailleurs les , des lacs de soude peu profonds qui se trouvent sur le passage de nombreux oiseaux migratoires. 256 espèces d'oiseaux ont ainsi été recensées, tout comme 41 espèces de mammifères, 6 d'amphibiens, 4 de poissons et surtout 520 espèces d'insectes. Site Ramsar, il y a 39 espèces sur la liste rouge de l'UICN, dont 35 espèces d'oiseaux et quatre espèces de mammifères que sont le manoul, le hérisson daourien, la marmotte de Mongolie et la gazelle de Daourie. Depuis 1994, le cheval de Przewalski et l'hémione de Mongolie ont été réintroduits dans la réserve..
Répartition des terres La répartition des terres selon le rapport d'État du ministère des ressources naturelles et de l'environnement russe est, selon les catégories du code foncier russe, la suivante: +Répartition des terres selon les catégories du code foncier russe en 2022:Répartition2022 (mille ha)2022 (%)Terres agricoles7969,618,5Terres des localités235,30,5Terres d'industrie et autres fins spéciales1342,93,1Terres de territoires et des objets protégés401,40,9Terres du fonds forestier31 936,574,0Terres du fonds aquatique121,80,3Terres de réserve1181,72,7Total43 189,2100
Histoire
gauche|vignette|213x213px|Pétroglyphes sur le Mont Baga-Zarya.
En Transbaïkalie, les premières traces de présentes humaines remontent au Paléolithique, entre 150 et ans. Les premières traces ont été retrouvées sur les rives de la rivière Gyrchelounka, près de Tchita (à Soukothino-1) et vers Oust-Ourlouk sur une rive de la Chilka. La plus ancienne culture est la culture de Tolbaga, de à ans avant le présent. La poterie la plus ancienne date d'il y a ans ; elle a été retrouvée vers Oust-Karenga, village qui a donné son nom à une culture d'alors.
Au Néolithique, vers -5000, l'influence de la Chine arrive dans la région. Pour la première fois, les habitants de Daourie ne reposent plus seulement sur la chasse et la cueillette, mais aussi sur la pêche et l'agriculture.
Au cours de l'Antiquité Moyen Âge, la région est étroitement liée aux divers empires turcs et mongols qui se succèdent. Aux Xiongnu ( – ) succèdent ensuite les Xianbei, le khanat des Ruanruan, le khaganat turc, le khaganat ouïgour et enfin le khaganat kirghize du Ienisseï au . Ce khaganat est ensuite conquis par la dynastie Liao, qui finit par s'éteindre en 1125. La Transbaïkalie n'est alors plus dominée par aucun État, permettant aux diverses tribus nomades de se regrouper au sein d'une confédération au cours de ce siècle. Ceci est en grande partie dû à Gengis Khan, qui amène au l'apogée de l'Empire mongol sur l'Asie et l'Europe de l'Est. La dynastie Yuan du Nord prend le relais pendant près de 300 ans, avant que sa désintégration permette au khanat oïrat de conquérir brièvement la région. Mais dès le milieu du , les cosaques de Sibérie explorent la région et soumettent les peuples locaux, et les premiers villages russes apparaissent, comme Tchita en 1653. Avec la découverte de gisements importants, notamment de charbon, des forteresses sont créées, et la main-d'œuvre est composée de prisonniers russes envoyés d'Europe. En 1689, le traité de Nertchinsk trace la frontière sino-russe, entrant de jure la Transbaïkalie dans le tsarat de Russie. vignette|198x198px|Sretensk en 1913. Avec l'avènement du transsibérien à la fin du , la région se développe rapidement, avec l'apparition de nouvelles villes. Pendant la révolution russe de 1905, la république éphémère de Tchita est proclamée en novembre 1905, avant d'être durement réprimée dans le sang en janvier 1906.
Après la révolution russe, la Transbaïkalie connaît la guerre civile avec des combats opposant les bolcheviques de la république d'Extrême-Orient (1920-1922) aux armées blanches et aux troupes alliées, dont celles japonaises.
L'oblast de Tchita est officiellement créé le 20 octobre 1938 par décret du Præsidium du Soviet suprême de l'URSS, avant qu'il soit dissout par référendum le lorsque l'oblast fusionne par référendum avec le district autonome d'Aga-Bouriatie..
Population et société
Démographie Recensements (*) ou estimations de la population — . — — — — — .:
Les indicateurs démographiques sont les suivants.:
Année Fécondité Fécondité urbaine Fécondité rurale 1990 2,48 2,10 3,38 1991 2,28 1,91 3,18 1992 2,05 1,69 2,90 1993 1,83 1,54 2,49 1994 1,85 1,57 2,47 1995 1,76 1,53 2,25 1996 1,60 1,42 1,99 1997 1,54 1,35 1,93 1998 1,62 1,41 2,05 1999 1,50 1,32 1,86 2000 1,50 1,35 1,81 2001 1,57 1,44 1,85 2002 1,62 1,53 1,82 2003 1,64 1,51 1,95 2004 1,66 1,54 1,92 2005 1,59 1,52 1,74 2006 1,61 1,52 1,77 2007 1,72 1,63 1,90 2008 1,84 1,72 2,08 2009 1,86 1,75 2,11 2010 1,87 1,75 2,17 2011 1,87 1,67 2,41 2012 2,00 1,73 2,78 2013 2,01 1,74 2,89 2014 2,08 1,75 3,13 2015 2,06 1,82 2,88 2016 1,98 1,73 2,86 2017 1,87 1,63 2,72
Pyramide des Âges
Religions
Selon l'enquête officielle de 2012, 25 % de la population adhèrent à l'Église orthodoxe russe.
Les Russes pratiquent principalement le christianisme russe orthodoxe, ainsi que d'autres variantes du christianisme.
Le bouddhisme est pratiqué par 6 % de la population, principalement chez les Bouriates.
17 % de la population se déclare athée ou sans religion. centré|vignette|281x281px|Monastère de Nertchinsk.
Composition ethnique vignette|Pourcentage de russes en Sibérie orientale (la Transbaïkalie est à droite) en 2002. Groupes ethniques : selon le recensement de 2010, la composition ethnique de la population régionale se répartissait ainsi :
Politique et administration
Politique vignette|246x246px|Alexandre Ossipov. Le chef de la République ou gouverneur est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans, sauf si un candidat dépasse les 50 % au premier tour. Il détient le pouvoir exécutif, il est chargé de nommer, avec l'accord de l'assemblée, le gouvernement de la République. Les dernières élections eurent lieu en 2019, et ont vu Alexandre Ossipov l'emporter à 89,61 % au premier tour, avec un taux d'abstention d'environ 65 %..