vignette|redresse|Lettre signée adressée à John Hanson. Source BEIC.

George Gordon Byron, Byron, généralement appelé Lord Byron Prononciation en anglais britannique (Received Pronunciation) retranscrite selon la norme API., est un poète britannique, né le à Londres et mort le à Missolonghi, en Grèce, alors sous domination ottomane. Il est l'un des plus illustres poètes de l'histoire littéraire de langue anglaise. Bien que classique par le goût, il représente l'une des grandes figures du romantisme de langue anglaise, avec William Blake, William Wordsworth, Samuel Taylor Coleridge, Percy Bysshe Shelley et John KeatsÉmission Au cœur de l'histoire de Frank Ferrand, diffusée le 09 mars 2015, sur Europe1..

Il se veut orateur à la Chambre des lords, mais ce sont ses poésies mélancoliques et semi-autobiographiques qui le rendent célèbre : Hours of Idleness, et surtout Childe Harold, inspirée par son voyage en Orient, propageant le modèle du héros romantique, dont le retentissant succès en 1813 le surprendra lui-même. Il s’illustre par la suite dans divers genres poétiques, narratif, lyrique, épique, ainsi que dans des œuvres courtes, comptant parmi ses plus connues, par exemple She walks in beauty, When we two parted et So, we'll go no more a roving, chacune d'elles chantant un moment de nostalgie personnelle. Il doit quitter l’Angleterre en 1816, en raison du scandale public causé par l'échec de son mariage et sa relation incestueuse avec sa demi-sœur. Dans ses œuvres suivantes, rompant avec le romantisme de sa jeunesse, il donne libre cours au sarcasme, à son génie de la rime et de l'improvisation, avec Beppo et son œuvre maîtresse, Don Juan.

Grand défenseur de la liberté, révolté contre la politique et la société de son temps, l'Europe du Congrès, il s’engage dans toutes les luttes contre l'oppression : en Angleterre dans la défense des Luddites, en Italie avec les Carbonari, en Grèce dans la lutte pour l'indépendance.

Hors norme et sulfureux, homme de conviction autant que de contradictions, à la fois sombre et facétieux, excessif en tout, sportif, aux multiples liaisons (avec des hommes et des femmes), il reste une source d'inspiration pour de nombreux artistes, peintres, musiciens, écrivains et réalisateurs.

Petit-fils de John Byron, il est le père de Lady Ada Byron King de Lovelace et de Elisabeth Médora Leigh-Byron.

La Grèce l'honore comme l'un des héros de sa lutte pour l'indépendance.

Biographie La jeunesse vignette|redresse|Lord Byron dans sa jeunesse, en 1804-1806. George Gordon est le fils de John Byron, capitaine aux Coldstream Guards, surnommé « Mad Jack ». Après avoir combattu en Amérique, ce dernier séduit Amelia Osborne, marquise de Carmarthen, fille de Robert Darcy ( comte d'Holderness), puis déserte pour l'épouser, s'enfuyant avec elle en France, où elle donne naissance à une fille, Augusta (née en 1783), avant de mourir.

Revenu en Grande-Bretagne, il épouse la mère de George Gordon, Catherine Gordon de Gight (1765-1811), issue d’une famille de l'Aberdeenshire, descendant des Stuarts. Il l'épouse pour sa fortune, qu'il dilapidera rapidement. Pour fuir ses créanciers, il déménage régulièrement. Enceinte, Catherine le rejoint quelque temps en France, où elle s'occupe de sa belle-fille Augusta. Ne comprenant pas un mot de français et ruinée, elle rentre en Angleterre pour accoucher à Londres : son fils George Gordon y vient au monde le , au 16 Holles Street, Cavendish Square.

L'enfant naît avec le pied droit difforme, un pied bot, le talon soulevé et la plante tournée vers l'intérieur, et Catherine Gordon écrit Cité par .. Toute sa vie, Byron devra porter une chaussure orthopédique et conservera une légère claudication.

N'ayant que peu de moyens, Catherine Gordon se retire à Aberdeen en Écosse, où elle vit avec un mince revenu de cent trente livres (). Après avoir résidé un court moment auprès de sa femme et de son fils, John Byron retourne en France et fréquente des femmes de chambre et des actrices. Il meurt à Valenciennes en 1791.

vignette|redresse|Portrait de Catherine Gordon de Gight, mère de Lord Byron, par .

Orphelin de père dès l'âge de trois ans, Byron étudie d'abord dans une école de quartier avant d'entrer en 1794 dans un collège d'Aberdeen pour apprendre le latin. Il s'y avère être un élève médiocre, mais commence à beaucoup lire, notamment de nombreux récits sur l'OrientIl rapportera que l'histoire turque fut .

Le caractère irascible et capricieux de sa mère, qui reporte sur lui l’amour débordant et la colère qu’elle éprouvait pour son père, fait naître en Byron une certaine irritabilité, qui se manifestera plus tard, notamment lors de son mariage. Il entre remarquablement dans les canons de la beauté de l'époque, bien qu’un peu joufflu durant ses jeunes années, des yeux gris-bleu, des cheveux auburn bouclés, d'une grande timidité, il est complexé par son infirmité, qu'il compense par des activités sportives intenses, particulièrement la course et la natation, pratiquées durant ses vacances dans la vallée de la Dee. C'est là qu'il apprend à se sentir écossais : portant le tartan des Gordon, ses promenades lui font apprécier les montagnes des alentours :

Il rencontre, probablement en 1795, sa cousine Marie Duff, qui le plonge dans un amour fébrile : Journal du 26 novembre 1813, cité par .. C'est vers 1797, alors qu'il a neuf ans, que sa gouvernante May Gray, femme très pieuse qui lui a appris à lire la Bible, .

Newstead et Harrow vignette|redresse|Newstead Abbey auquel Byron est très attaché : « tombeau cloîtré de guerriers, de moines et de châtelaines, dont les ombres pensives glissent autour de tes ruines » écrit-il dans Hours of Idleness. En mai 1798, conformément à la loi anglaise il hérite à dix ans du titre de son grand-oncle Lord William, cinquième baron Byron of Rochdale, mort sans héritier direct, et du domaine ancestral de Newstead Abbey, au cœur de la forêt de Sherwood, ancienne abbaye donnée à l'un de ses ancêtres par Henri VIII.

La demeure est dans un état de grand délabrement (le grand-oncle était mort endetté du fait qu'il avait entrepris de ruiner le domaine afin de déshériter son fils… mort avant lui), mais ces ruines gothiques, ainsi que les armoiries des Byron, fascinent le jeune garçon. C'est là qu'au cours de l'été 1800 (il a 12 ans) il s'éprend de sa cousine Margaret Parker, Lettre et journaux, cité par ., pour laquelle il compose ses premiers poèmes.

En son entourage, jugeant le laxisme de sa mère nocif pour l’enfant, décide de l'envoyer, grâce à une pension de la Chancellerie, à la Public School de Harrow. Il s'y fait remarquer à la fois par son indiscipline et par son intelligenceLe directeur, Mr Drury, dira de lui : .Cité par ., s’y fait des amis – nobles et roturiers, se bagarre pour défendre les plus jeunes, fait des bêtises, lit beaucoup, s'essaye à tous les sports, et devient un bon joueur de cricket. Lors de vacances à Newstead Abbey en 1803, il s’éprend d’une jeune fille du voisinage, Mary Chaworth, et refuse de retourner à l’école. Il n’a que quinze ans et Mary, de deux ans plus âgée, déjà fiancée, dédaigne cet enfant boiteux et potelé : Cité par ..

vignette|redresse|Armoiries de Lord Byron.

Newstead est loué à un certain Lord Grey, qui, semble-t-il, fait des avances sexuelles à Byron. Il en est horrifiéHobhouse note plus tard : . et retourne à l’école en janvier. Il se console avec l’affection platonique qu'il éprouve pour son camarade le comte de Clare : . Il rencontre sa demi-sœur Augusta, qui devient sa confidente. Dans ses lettres, il se plaint des reproches continuels de sa mère, qui le compare à son père, et du comportement de Lord Grey. Il rêve de devenir orateur parlementaire et, au cours de vacances à Londres, il va écouter des discours à la Chambre des Communes.

Heures d’oisiveté vignette|redresse|Portrait de John Cam Hobhouse. À , en , il entre au Trinity College de Cambridge, à contrecœur et attristé par le mariage de Mary Chaworth : Lettre du à John Murray, citée par ..

S'il y étudie peu : Cité par , il y noue des amitiés durables, avec Charles Skinner Matthews, Scrope Bedmore Davies, et John Cam Hobhouse, en compagnie duquel il fréquente le club Whig de Cambridge, et qu'il surnomme affectueusement Hobby, ainsi qu’une relation amoureuse platonique avec un jeune choriste, John Edleston.

Il obtient très vite ses , tout en étant Cité par .. Il s'achète un ours, qu'il loge au-dessus de sa chambre, flirte avec des femmes, fréquente des prostituées, s'endette, fait un régimeUn seul repas par jour, pas d'alcool, porte sept gilets et un manteau lorsqu'il fait du sport pour transpirer.Cité par ., nage beaucoup, joue au cricket, apprend la boxe et l'escrime. Il commence surtout à publier des vers à compte d'auteur, d'abord des poèmes galants et satiriques, qui lui valent les critiques de son entourage. Il décide alors d'adopter Cité par .. Ce sera Heures d'oisiveté (Hours of Idleness), publié en , et dont le titre a été choisi par l'éditeur, où s’étalent ses passions précoces, son humeur fantasque, son scepticisme et sa misanthropie.

N'ayant rien appris à Cambridge, mais diplômé, il vit à Londres et s'épuise auprès des prostituées, en fêtes arrosées et en combats de boxe. Pour mettre fin à cette vie de débauche, qui altère sa santé et le ruine, ainsi que pour préparer sa carrière au Parlement, l'idée d'un voyage en Grèce germe dans son esprit. Il écrit à sa mère le : Cité par ..

Après vérification de ses titres, il est accepté officiellement à la Chambre des lords le .

En réaction à une critique cinglante de son recueil Heures d'oisiveté parue dans la revue l'Edinburgh Review, il publie Bardes anglais et critiques écossais, où il vilipende les écrivains contemporains qui, comparés à Pope, écrit-il, sont de , ou des . Sa satire connaît un certain succès, et est rééditée plusieurs fois, non sans faire grincer quelques dents, notamment celles du poète Thomas Moore, avec lequel il se réconciliera plus tard..

À Newstead où il a installé son ours, il couche avec des servantes et le fils d'un fermier, John Rushton, dont il fait son page. Avant de partir, il organise des fêtes dans lesquelles ses amis déguisés en moines jouent à se faire peur, lui-même buvant dans une coupe confectionnée dans un crâne humain..

Le voyage en Orient vignette|Gravure du nom Byron sur une colonne du temple du cap SounionAnecdote qu'évoque la chanson Le Jeu de la folie d'Hubert-Félix Thiéfaine en ces mots : , .. vignette|redresse|Lord Byron en tenue albanaise, de Thomas Phillips (après 1835, huile sur toile, ), National Portrait Gallery, Londres.

Le , très peiné par la mort de son chien Boatswain (prononciation : ['bos'n]), il précipite son départ pour la Grèce, via Falmouth, avec son ami John Cam Hobhouse, son assistant John Rushton et son valet Fletcher. En attente d'un navire pour Malte, il écrit des lettres facétieuses à ses amis, prévoyant dans l’ouvrage que prépare Hobhouse, un chapitre intitulé . Hobhouse espère d'ailleurs se dédommager en Turquie de la chasteté exemplaire dont il a fait preuve en Angleterre, en livrant son « joli corps » au Divan tout entierLettre à Henry Drury du , in Lettres et journaux, .

Finalement, il quitte Falmouth le pour Lisbonne, puis Séville, Cadix et Gibraltar. Il arrive à Malte le . Il y tombe amoureux de Constance Spencer Smith, l’épouse d'un notable anglais, avec laquelle il projette même de s’enfuir. Il séjourne un mois à Malte avant de partir pour l'Épire, débarquant à Prévéza le . Il se rend ensuite à Ioánnina, puis à Tepelen où il est reçu par Ali Pacha. Il commence la rédaction de Childe Harold en octobre. Il se rend ensuite, fin novembre, à Patras depuis Missolonghi, et il visite Delphes en décembre, Thèbes et Athènes où la fille de sa logeuse, Teresa (12 ans), le plonge dans le trouble, et à qui il dédie . Il embarque depuis l'Attique pour Smyrne début , traverse l'Hellespont à la nage, avant de rejoindre Constantinople.