Tipaza (en ; en berbère : ) est une ville algérienne côtière et une commune de la wilaya de Tipaza dont elle est le chef-lieu. Elle est située à à l'ouest d'Alger.
Tipaza est à l’origine une fondation punique en Afrique du Nord. Comme toutes les villes du bassin méditerranéen, elle a été conquise par les Romains et faisait partie de la province romaine de Maurétanie-Césarienne.
La présence de la mer et des reliefs du Chenoua et du Dahra donne un paysage particulier présentant un intérêt touristique. De nombreux vestiges puniques, romains, chrétiens et berberes attestent de la richesse de l'histoire de cette ville.
Géographie vignette|Port de Tipaza. vignette|Corne d'Or. Situation Le territoire de la commune se situe au nord de la wilaya de Tipaza.
Routes La commune de Tipaza est desservie par plusieurs routes nationales : Route nationale 11 : RN11 (Route d'Oran).
Localités de la commune À sa création en 1984Journal officiel de la République Algérienne, 19 décembre 1984. Décret n° 84-365, fixant la composition, la consistance et les limites territoriale des communes. Wilaya de Tipaza, page 1571., la commune de Tipaza a réuni les domaines et localités suivants :
Douar Hadid Belj Benaouda Chenoua Plage Domaine de Benkheira (en partie) Domaine de Si Tayeb Domaines de Belloundja Rabta, Abelhak, Ezzouaoui, Esserhane, Si Djillali Berkane Ettouil Guebli Mansour Oued Merzoug Ouzakou Tikarouchine Tipaza Esserhane
Histoire
Les Phéniciens ont fondé à cet emplacement, vers le , un comptoir d’où la ville tire son nom (« lieu de passage » ou « escale »)
L’établissement s’est développé sous le règne du roi numide Juba II. Il est devenu Caesaria (l’actuelle Cherchell) l'un des foyers de la culture gréco-romaine en Afrique du Nord. Située dans l'aire d'influence de Carthage, Tipasa était alors une ville punique typique. À la fin de la troisième guerre punique et le siège de Carthage en 146 av. J.-C., Rome a annexé la Maurétanie.
Sous l'empereur romain Claude , en 39, Tipasa prend le statut de municipe latin et se dote d'une muraille longue de plus de deux kilomètres. Hadrien éleva par la suite Tipasa au rang de colonie honoraire. À la fin du , la ville connaît son apogée avec une population qui s'élève, selon les estimations de Stéphane Gsell, à habitants.
Au , cette cité romanisée s’agrandit vers l’ouest aux dépens d’une ancienne nécropole punique. Bien qu’elle fût entourée d’une longue muraille de , cela n’a pas empêché sa destruction en l’an 430 par les Vandales menés par Genséric.
Tipasa a, en tant que port, une importance moindre que Caesarea. Son trafic maritime étant réduit au cabotage. Le site archéologique de Tipasa contient divers vestiges, dont les restes d'une basilique. Son théâtre avait une taille honorable.
Population et Langages La région est peuplée de Berbères Chenouis, ils parlent le Chenoui, une variante du berbère très proche du Chaoui et encore plus proche voir presque identique du Rifain dont les trois dialectes étant d'origines Zénète. La population Chenoui encore berbérophone est estimée aujourd'hui à un peu plus de habitants. En termes de coutumes, artisanat et vêtements les Chenouis sont proches des Kabyles.
Autrefois, le berbère était parlé dans toute la Dahra, notamment plus à l'ouest jusque dans les territoires de Zerrifa et Achaacha de la wilaya de Mostaganem et s'étendait ainsi de même de l'autre côté de la rivière du Chéliff, dans l'Ouarsenis, son recul notoire est principalement dû à la conquête française et les changements sociaux qui l'accompagnèrent.
Patrimoine
À l'inverse de Timgad et Djémila, dont les ruines apparaissent compactes et facilement lisibles, Tipasa présente un site éclaté : tout n'a pas été dégagé et une bonne partie de la ville, explorée en 1891 par Stéphane GsellToutain Jules. Fouilles de M. Gsell à Tipasa : Basilique de Sainte Salsa. In: Mélanges d'archéologie et d'histoire T. 11, 1891. pp. 179-185., est encore sous les sédiments.
En l'état actuel, les ruines forment deux grands ensembles. Le premier, situé en dehors des murs, à l'entrée de la ville actuelle, à droite de la route qui vient d'Alger, correspond à une grande nécropole avec la basilique Sainte-Salsa. Le second, c'est le parc archéologique, situé à la sortie ouest de la ville moderne, qui regroupe la majorité des monuments mis au jour.
Entre les deux, près du port, le musée.
Infrastructures
L'émetteur de Tipaza est un émetteur grandes ondes qui transmet sur la fréquence un programme en langue française en direction de l'Europe. Cette émission peut être très bien reçue la nuit, en Europe.
Personnalités liées à la commune Kader Klouchi, athlète et artiste français né le 1969 à Tipaza. Amel Zen (Ibdouzen), compositrice, parolière et chanteuse née le à Tipaza.
Références à la commune Dans "Noces à Tipaza", Albert Camus décrit longuement les lieux et les avantages de la commune (paysages, atmosphères…).
Notes et références
Voir aussi Articles connexes
Wilaya de Tipaza Mausolée royal de Maurétanie Tipasa de Maurétanie Cherchell Trésors monétaires de Tipasa
Liens externes
Le musée de Tipasa
Bibliographie Mounir Bouchenaki, Cités antiques d'Algérie, collection Art et Culture , Alger, Ministère de l'Information et de la Culture, 1978 (114 p.) Jacques Heurgon, « Nouvelles recherches à Tipasa, ville de la Maurétanie césarienne », Mélanges d'archéologie et d'histoire, 1930, 47, 182-201. Claude Lepelley (sous la direction de), Rome et l’intégration de l’Empire, 44 av. J.-C. – 260 ap, Tome 2, Approches régionales du Haut-Empire romain, Nouvelles Clio, 1998. René Rebuffat, « Enceintes urbaines et insécurité en Maurétanie Tingitane », Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité, 1974,86 - 1, 501-522. Albert Camus, Noces à Tipasa
Catégorie:Commune dans la wilaya de Tipaza Catégorie:Chef-lieu de wilaya en Algérie Tipaza Catégorie:Maurétanie césarienne