vignette|Un match de lutte à Sikeston, Missouri, mai 1938. Deux lutteurs se débattent sous le regard de l'arbitre (en blanc, à droite). Le monde du catch a son propre jargon, au départ réservé aux membres du business et caché au public, mais désormais bien connu des fans. Chaque pays de catch (dont la France) a ses termes, et les emploie ou lui préfère l'anglicisme usuel. Cet article en recense l'essentiel (par anglicisme), les traduit en français, et les explique en langage courant :

A

A-Show Pour les promotions diffusant plusieurs émissions, un A-show est une émission qui comprend des catcheurs/catcheuses de premier plan et où les intrigues principales (par exemple les rivalités pour les ceintures de championnat) évoluent régulièrement. En général, les rivalités menant aux combats composant la carte de gros évènements, sont construites dans les A-Shows. Terme employé par opposition au terme B-Show.

A-Team Une équipe (ou clan) solidement établie, et utilisée majoritairement en tant que telle dans les principales rivalités d'une promotion ou — tout du moins — de sa division par équipe. Par opposition au terme B-Team qui désigne des équipes d'appoint.

Agent ou Road Agent Personne qui instruit et aide les catcheurs ou catcheuses à préparer les combats. Habituellement, les agents sont des catcheurs retraités et rompus à la préparation des matches selon les règles élémentaires de Psychologie de Combat. Il est courant de voir les Agents/Road Agents assurer la sécurité du roster titulaire et faire la sécurité entre eux au profit des promoteurs. À noter que le rôle d'agence traditionnelle d'un lutteur sera plutôt géré par le manager réel d'un lutteur dans le monde du catch, manager qui peut être tout à fait différent de celui visible sur scène.

Alignement Type de personnalité utilisée par les catcheurs, managers et valets, vis-à-vis du public. Voir Face et Heel.

Angle

Au sens large, une intrigue spécifique parmi les histoires scénarisées racontées dans le catch à fins de spectacle ; C'est un élément de storyline. Dans un sens plus restreint, un segment narratif entre deux matches lors d'une émission ou d'une exhibition de catch, et visant le plus souvent à introduire une rivalité ou faire se poursuivre un scénario en cours.

En France, on privilégiera le terme dans son sens restreint, utilisant les termes scenario, rivalité ou histoire pour les intrigues de sens général.

B

B-Show Pour les promotions diffusant plusieurs émissions, un B-show est une émission qui comprend des catcheurs/catcheuses de second plan et où les intrigues principales (par exemple les rivalités pour les ceintures de champion) ne s'y développent pas ou peu, en tout cas sensiblement moins que dans un A-Show, terme désignant au contraire le show principal d'une promotion.

B-Team une équipe ou clan de second plan, parfois même créée sur le tas pour occuper des lutteurs solo dépourvus de plans, compléter une carte ou une division par équipe. Par opposition au terme A-Team qui désigne les équipes en place et titulaires. Babyface voir Face. Backyard wrestling (« catch de jardin »)

Ce terme usuellement péjoratif désigne le catch imité par des amateurs, souvent dans leur jardin (d'où son nom) ; généralement pratiqué par des adolescents ou des jeunes adultes non formés, et au mépris de toutes les règles de sécurité sinon de bon sens requises par la discipline, et qui du fait de leur inexpérience prennent des risques inconsidérés. Le « backyard » a déjà provoqué des blessés graves en France comme ailleurs, et à ce titre est très mal vu par les professionnels du business, certains promoteurs n'hésitant pas à refuser catégoriquement de booker des lutteurs ayant pris part à cette pratique. Bait-and-Switch (« appâter et changer ») expression anglaise décrivant une arnaque courante proche de la publicité mensongère, consistant à faire de la publicité pour un produit auprès d'un consommateur, puis fournir un produit différent après l'achat (voir article anglophone). Dans le domaine du catch, ce procédé est parfois utilisé par des promoteurs qui exaltent les fans en leur faisant miroiter un combat ou une exhibition attendue avec impatience, stimulant de ce fait la vente de billets d'entrée ou les achats en ligne. Finalement, l'évènement en question se transformera volontairement en pétard mouillé, sera joué à l'économie ou n'aura tout simplement pas lieu. Exemple : Jerry Lawler devait catcher contre Bret Hart au cours de l'évènement SummerSlam 1993, mais Lawler a simulé une blessure et s'est fait remplacer par Doink the Clown.

Blade Job ou Blading (« lame ») pratique qui consiste à se faire saigner volontairement grâce à une petite lame dissimulée pour qu'un coup asséné par l'adversaire paraisse plus brutal.. Voir #Color. Blind tag (« relais à l'aveugle ») Un changement fait dans un match par équipe sans qu'un des participants (ou l'arbitre) ne l'ait vu. Blow off Le match final d'une rivalité (voir feud). Alors que les catcheurs impliqués se dirigent souvent dans de nouvelles rivalités, cela peut également être le dernier combat d'un catcheur au sein d'une structure donnée. Blow Up Littéralement quand un catcheur explose (de fatigue), soit parce qu'il manque d'énergie, soit parce qu'il a réalisé des prises de haute voltige plus tôt dans un match, le fatiguant sensiblement.

Booker Au sens premier, cet anglicisme -prononcer "bou-keur" (auquel est préféré le terme français de scénariste) désigne la personne (ou groupe de personnes) en coulisses chargée d'écrire les storylines, angles, décider des combats de la carte et de leurs résultats. Au sens second, le verbe -prononcer "bou-qué" - désigne également le fait, l'action de déterminer une storyline, un angle, un combat ou son résultat, mais aussi d'engager un lutteur sur une exhibition donnée. Booking Ce qu'un booker fait. Le "Booking" est aussi le terme que le catcheur utilise pour décrire un match prévu ou une apparition dans un show de catch. Botch Mouvement raté involontairement, mettant à mal la vinak (voir Kayfabe) en laissant transparaître l'aspect chorégraphié d'un match. Le terme est utilisé tel quel en France, et jamais en direct. Brawler Terme américain. Qualifie un catcheur qui se bat principalement avec des coups et ne réalise que peu de prises de lutte. On privilégiera les termes stiff et stiffeur en France Broadway Quand un match à limite de temps, de 20 à 60 minutes, se termine par un match nul. Bull (« taureau ») Un terme quelque peu tombé en désuétude pour désigner un promoteur de catch. On lui préfère le terme péjoratif de "mac" (maquereau) en France. Bump (« chute ») Chute d'un catcheur au tapis. C'est le terme français qui est utilisé en France, d'une façon assez homogène et systématique. Savoir chuter correctement (pour ne pas se briser le dos) est le premier prérequis d'un apprenti catcheur, le premier cap dans son entraînement, si bien qu'un apprenti ne sachant pas chuter correctement par réflexe n'est pas produit sur scène. On désigne quatre types de chute : les chutes avant (le lutteur part en avant et fait au moins une inversion avant de chuter au sol sur le dos), les chutes arrière (celles subies sur la plupart des attaques, dans lesquelles le lutteur part en arrière dos le premier, les chutes faciales (popularisées par l'américain Ric Flair) dans laquelle le lutteur part en avant et chute sur le ventre, les chutes de hauteur. Bumper (« chuter ») Prononcé "beum-pé", cet anglicisme désigne la capacité d'une personne (quel que soit son rôle) à chuter correctement et donc à prendre part à l'action de combat dans une exhibition. Ce n'est pas forcément le cas de toutes les personnes présentes dans l'action (par exemple les célébrités n'ayant pas d'entraînement catchesque, les valets, les annonceurs ou le personnel technique), aussi les promoteurs, agents et arbitres doivent s'enquérir de la capacité de bumper de chacun avant une exhibition. : Ce terme n'est pas utilisé en anglais, puisqu'il s'agit du verbe anglais usuel to bump (chuter). Bury (« enterrer ») Anglicisme désignant la relégation d'un catcheur populaire aux yeux des fans. C'est aussi l'acte d'un promoteur ou booker pour causer à un catcheur une perte de popularité en le forçant à perdre de façon humiliante (squash) et/ou le faire participer à des storylines non-divertissantes voire dégradantes. Ceci peut-être le résultat de vrais désaccords entre le catcheur et le booker entrainant la chute forcée et punitive d'un catcheur en disgrâce avec une structure, qui peut aussi recevoir un gimmick impopulaire lui causant une perte de crédibilité aux yeux du public. Contraire du terme push. Busted openTerme américain désignant un catcheur dont le front est ouvert, souvent (mais pas forcément) via blading. Ce terme n'est pas très usité en France.

C

Carte Terme désignant l'ensemble des combats, angles et interviews prévues au cours d'une rencontre de catch. Ce terme désigne également la différence entre les lutteurs selon leur usage au sein d'une promotion : les lutteurs réguliers et mis en avant par une promotion (en général ceux qui mobilisent le mieux les foules et donc rapportent de l'argent) constituent le Haut de Carte, tandis que les autres moins importants (ou présents moins régulièrement, souvent les semi-pro ou les amateurs) sont laissés en Bas de Carte. Contrairement à ce que l'on pourrait croire avec les termes de Haut et Bas de Carte, les cartes sont lues du bas vers le haut lors des shows : les premiers matches sont ceux du Bas de Carte, tandis que les matches du Haut de Carte et les Matches Vedette ou Tête d'Affiche (Main Event) sont donnés plus tard dans la soirée. La confusion relevée ici provient du fait que les termes de Haut et Bas de Carte désignent davantage le positionnement des matches sur les anciennes affiches publicitaires (les matches Vedette et Tête d'Affiches étaient positionnés au centre de l'affiche afin de ne pas (ou plus durement) pouvoir être arrachées et donc appeler le public plus longtemps, rendant les affiches plus efficaces même à moitié arrachées), que les emplacements des matches dans l'ordre de la Carte. Catchphrase Phrase, mot ou expression utilisée de façon récurrente par les catcheurs et catcheuses. Souvent conçue avec l'intention qu'elle soit reprise en chœur par le public (et à terme réutilisée sur des produits dérivés, alors rendus populaires grâce au lutteur qu'ils représentent). Cheap heat Terme américain. Quand un catcheur (souvent un heel) incite à une réaction négative de la foule d'une manière facile et peu recherchée (les exemples les plus récurrents incluent les doigts d'honneur, les insultes contre une ville ou une équipe sportive locale). Cheap pop Terme américain. Quand un catcheur (souvent un face) incite une réaction positive de la foule d'une manière facile et peu recherchée (par exemple, en brandissant le drapeau local, en complimentant une ville ou une équipe sportive locale). Mick Foley est très connu dans l'usage de cheap pops en utilisant le nom de la ville et montrant son poing levé à la caméra. Cheap shot (« coup bas ») Terme américain. Dans le domaine du catch, les coups bas (coup en traître, coup dans les parties intimes…) sont le plus souvent utilisés à l'insu de l'arbitre par des catcheurs peu scrupuleux (souvent des lutteurs irréguliers, des Heel) pour prendre l'avantage. Circus (« cirque ») Terme américain. Réfère à l'utilisation extensive des gimmicks de type enfantins et peu crédibles. Souvent utilisé en référence à la World Wrestling Federation pendant les années 1980 et début 90, à cause de gimmicks comme celles des clowns, Jake Roberts et Terry Taylor. Claret (« Bordeaux ») Terme britannique désignant le sang. Un promoteur, un responsable de booking ou encore un agent, peut ainsi demander à un ou plusieurs catcheurs « Donnez-nous du Bordeaux ». Voir Color, Blading.