ErevanTerme recommandé par la Commission générale de terminologie et de néologie, et publié au Journal officiel de la République française le 24 septembre 2008 . ou YerevanErevan, Érevan, Erévan, Érévan, Erivan et Yerevan sont six transcriptions phonétiques des six versions utilisées en langue arménienne (et pas en français). (en arménien : , , ) est la plus grande des villes d’Arménie et sa capitale Article 13 de la . depuis 1918., la douzièmeLes douze capitales d'Arménie, Éditions COFIMAG, Paris, 2006 . depuis les origines de l’Arménie. La ville actuelle est en partie fondée sur l'ancienne cité urartéenne d'Erebouni. Elle est située dans l'ouest du pays, à l'extrémité orientale de la plaine de l'Ararat, au-dessus des gorges de la rivière Hrazdan.
Elle connaît une histoire mouvementée faite de batailles, de pillages, d'incendies et de séismes pendant plus de , devient la capitale de l'éphémère première république d'Arménie après la Première Guerre mondiale et recueille une partie des rescapés du génocide arménien. La ville s'étend rapidement au lorsque l'Arménie devient une des quinze républiques de l'URSS. D'une petite bourgade de quelques milliers d'habitants sous la Première République, elle devient en moins de cinquante ans le principal centre culturel, artistique et industriel du pays, ainsi que le siège de ses institutions politiques.
En 2018, la population d’Erevan est estimée à . et son agglomération très peu étendue autour de la ville regroupe avec ses habitants. plus de 42 % de la population arménienne. Ses habitants sont appelés les Érévanais et les Érévanaises.
Erevan a été nommée capitale mondiale du livre 2012 par l'UNESCO. Erevan est membre associé d'Eurocities.
Étymologie et symboles thumb|Le mont Ararat, symbole naturel de la ville Le nom Erevan trouve son origine dans celui de la forteresse urartéenne d'Erebouni, érigée à côté du centre-ville actuel et dont il ne subsiste que des ruines. C'était à l'époque une des principales villes de l'Urartu. De nos jours, Erebouni (et son musée Erebouni), un des douze districts d'Erevan, abrite les ruines de la forteresseVoir les articles Histoire d'Erevan, Histoire de l'Arménie, Urartu et Erebouni..
Le principal symbole de la ville d'Erevan est le mont Ararat, situé en Turquie, visible par beau temps depuis n'importe quel endroit de la ville.
Les armes de la ville reprennent le symbole du lion couronné. déjà utilisé par la république d'Arménie. Il représente le royaume arménien fondé par le premier roi de Cilicie, Lévon II (dont le nom est apparenté à leo, lion en latin). Ce symbole héraldique fréquemment utilisé en Orient et en Occident évoque force et majesté. Le lion de Lévon est représenté couronné comme tous les rois de la dynastie roupénide, un sceptre à la patte antérieure droite, un bouclier — sur lequel est dessiné le mont Ararat — sur la poitrine et sous sa forme orientale : marchant à quatre pattes (« passant ») et la tête de faceAssociation culturelle de Marne-la-Vallée, .. La municipalité d'Erevan opte pour un mélange des représentations orientale et occidentale : le lion est marchant mais tête de profil.
Depuis 2004, Erevan s'est dotée d'un hymne, Erébouni-Yerevan, écrit par Parouir Sévak et composé par Edgar Hovhannissian en 1968 à l'occasion du de sa fondation, sélectionné à l'issue d'un concours pour représenter au mieux la ville, et d'un drapeau, reprenant les armes de la ville. Le drapeau reprend l'écu avec le lion. Celui-ci est sur fond blanc, entouré de douze petits triangles rouges représentant les douze capitales successives de l'Arménie.
Histoire
Antiquité thumb|right|Ruines de la forteresse d'Erebouni. thumb|left|L'« acte de naissance » d'Erevan.
Erevan est une ville ancienne qui possède son « certificat de naissance » : une inscription cunéiforme gravée« Par la grandeur du dieu Haldi, Argishti, le fils de Menua, a construit cette forteresse inaccessible et l'a appelée Erebouni ». . dans la pierre sur ordre du roi en témoigne que celui-ci fit construire une forteresse militaire pour se défendre des attaques en provenance du nord Caucase et la nomma Erebouni (origine du nom « Erevan ») — bien qu'il y ait des traces d'occupation antérieure. C'est à cette époque de la puissance urartéenne que la ville se dote de canaux d'irrigation et d'un réservoir. Un siècle plus tard, pour pallier l'abandon d'Erebouni, le roi fait édifier quelques kilomètres plus au nord la forteresse de Teishebani. La ville est alors la capitale de la province nord et sert d'entrepôt des produits collectés à titre de redevances avant d'être redirigés vers le centre du royaume, Tushpa. Mais la cité est pillée et incendiée en 590 av. J.-C. par les Mèdes alliés aux Scythes.
À la fin de l'époque urartéenne, la dynastie des Ervandounis ou Orontides régnant sur le pays contribue grandement au redressement de la ville. Du , elle est l'un des principaux centres de la satrapie arménienne de l'Empire achéménide.
Du fait de l'absence de données, preuves ou témoignages historiques, la période entre le et le est connue comme l'âge sombre d'Erevan.
Moyen Âge thumb|Reconstitution de l'étendard des Bagratides. Le développement de la ville est intense au début du Moyen Âge (vers les ), et la première église d'Erevan, l'église Saints-Pierre-et-Paul, est bâtie au (elle s'effondre en 1931). Après plusieurs tentatives dans les , les Arabes s'emparent de la ville en 658 Rick Ney, Tour Armenia, , ArmeniaNow.com, 2007, . Consulté le 21 mars 2008.. Elle est alors la deuxième plus importante ville de la région après Dvin qui restera le principal centre économique de la plaine d'Ararat jusqu'au . Les Arabes tentent de mettre à pied la population arménienne, notamment par des conversions massives, mais une forte résistance les oblige à pactiser. Dès lors, les califes successifs tolèrent le christianisme et offrent une large autonomie aux Arméniens. Erevan connaît un siècle de paix et de prospérité jusqu'aux révoltes de 740. La ville est alors pillée et certains quartiers brûlés ; elle ne retrouve une certaine autonomie qu'en 850 avec le futur roi d'Arménie en tant que gouverneur, sous le titre de « prince des princes », qui marque le début de la dynastie des Bagratides.
En 920, avec l'appui de Byzance, le roi réintègre Erevan et sa région au royaume. Au , forte de sa puissance militaire et économique, Erevan devient le véritable centre de l'Arménie orientale. Elle fait partie jusqu'au du royaume des Bagratides, mais est secrètement offerte aux Byzantins en 1023 avant de passer aux mains des Seldjoukides. À la mort du roi en 1041, l'empereur byzantin réclame et obtient Erevan, Ani et la plaine de l'Ararat.. Mais une seconde attaque seldjoukide est fatale à la région, les Byzantins se retirent dans la ville d'Ani.. Traditionnellement violents, les Seldjoukides pillent, brûlent et détruisent Erevan. Ils laissent une ville à l'abandon, des cadavres plein les rues, et prennent finalement le contrôle de tout le royaume en 1064. Au , la Géorgie devient une puissance militaire régionale et accepte de s'associer aux Arméniens pour repousser les Seldjoukides. Erevan est reprise en 1201, se reconstruit et connaît durant vingt ans un « âge d'or ». À partir de 1225, les invasions turcomanes et mongoles se succèdent et ces derniers finissent par gouverner la ville avec une certaine tolérance envers les chrétiens. En 1256 Erevan devient la capitale d'un des quatre ulus (régions) de l'Empire mongol. À la fin du , la conversion de Ghazan Khan à l'islam et le nomadisme mongol mettent un frein au développement de la région Rick Ney, Tour Armenia, , ArmeniaNow.com, 2007, . Consulté le 21 mars 2008.. Tout le pays connaît alors une famine et la population préfère fuir en laissant une nouvelle fois Erevan à l'abandon. En 1387, Tamerlan pille et ravage la ville et sa région, après plusieurs vagues d'invasionsClaude Mutafian & Eric Van Lauwe, Atlas historique et culturel de l'Arménie : Proche-Orient et Sud-Caucase du au , Collection Atlas / Mémoires, Éditions Autrement, Paris, 2001 ..
Temps modernes thumb|left|Erevan d'après un dessin de Jean Chardin, 1672.
Les sont une autre période sombre de la ville : d'abord sujet de la Perse, elle devient ensuite un champ de bataille entre Perses et Turcs., puis, au fil des siècles, les attaques répétées des Arabes et des Mongols et enfin le terrible séisme de 1679 finiront de détruire quasiment toute la ville. Quelques rares vestiges sont encore visibles de nos jours. thumb|redresse=0.7|Le bazar d'Erevan, Die Gartenlaube, 1861. Lorsqu'elle est occupée par les Russes, vers 1827, la ville ne compte que dont près de la moitié n'est pas arménienne. La paix revenue, la croissance démographique reprend lentementEncyclopædia Universalis France S.A., « Erevan », 1995. et la ville obtient le statut de capitale de province, puis de gouvernement à partir de 1849.. En 1850, le journaliste français Adolphe Joanne écrit à propos de la ville : « …la ville est fort triste. Ce ne sont partout que petites ruelles tortueuses bordées de hautes murailles en terre glaise qui cachent les jardins… Le bain n'est ni commode ni propre. Le caravanséraï ne mérite pas une visite. Les bazars sont grands mais à moitié déserts et mal approvisionnés »Adolphe Joanne, Voyage en Orient, volumes 2, Ixelles Lez Bruxelles : Delevingue et Callewaert, 1850, pp. 22-23 (lire en ligne)..
thumb|redresse=0.7|right|Timbre de l'époque soviétique avec la statue de David Sassountsi.
Au début du Erevan n'est qu'une petite bourgade de province de aux portes de l'Empire russe. En 1918 elle est déclarée capitale de la nouvelle république indépendante de l'Arménie et devient ainsi le centre de l'Arménie indépendante jusqu'en 1920. L'urbaniste en chef Alexandre Tamanian remodèle toute la ville pour la transformer en capitale digne de cette république. Cette croissance exceptionnelle bouleverse totalement le visage de cette cité avec la construction de nouveaux quartiers, routes, ponts, d'un aéroport international, et entre autres de l'installation du métro en 1980..
Erevan reste la capitale de l'Arménie à sa soviétisation le . avant de céder face à Tbilissi qui devient la capitale de la république socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie. en 1922. À son éclatement en 1936 Erevan redevient la capitale de la république socialiste soviétique d'Arménie et enfin celle de la Troisième République à l'indépendance du pays en 1991.
Les manifestations en faveur de l'indépendance du Haut-Karabagh en 1988 sont une des conséquences de la mise en œuvre de la perestroïka en Union soviétique et de la volonté d'indépendance des quinze républiques soviétiques. Le séisme du 7 décembre 1988 ralentit le processus et l'Arménie est l'une des dernières républiques à obtenir son indépendance.
Après la sévère crise économique des , due en partie au blocus imposé par la Turquie et l'Azerbaïdjan, la croissance est de retour durant les et le visage d'Erevan évolue très rapidement..
Géographie thumb|Vue satellite d'Erevan, autour de la Hrazdan, avec le lac Erevanian (à droite).
Topographie et situation
Altitude : moyenne - min. - max. V. Azatian et T. Hakopian, Երևան Ереван Yerevan, ИПО Parberakan, Erevan, 1989, .. Situation : au bord de la rivière Hrazdan, au nord-est de la plaine d'Ararat.
Erevan se situe au centre-ouest du pays, à l'extrémité nord-est de la grande plaine d'Ararat, là où débutent les reliefs de plateaux et montagnes. Elle est construite sur sept collines, ce qui donne à la capitale arménienne sa physionomie marquée : certains de ses quartiers sont situés en plaine, d'autres sur les collines, en bord de falaise ou même en montagne, à plus de mètres d'altitude.