vignette|267x267px|Répartition des Beni Ifren au Les Banou Ifren, Aït Ifren ou Beni Ifren (en berbère : ⴰⵢⵜ ⵢⴼⵔⵏ Ayt Ifren)C. Agabi, « Ifren (Beni) », dans l'Encyclopédie berbère, (Edisud 2001), (lire en ligne)Chaker Salem. La langue berbère à travers l'onomastique médiévale : El-Bekri. In: Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, n°35, 1983. pp. 127-144 https://www.persee.fr/docAsPDF/remmm_0035-1474_1983_num_35_1_1985.pdf, sont un des trois groupes berbère zénètes.

Selon Ibn Khaldoun, ils font partie des quatre qui commandaient les Zénètes au moment de la conquête arabe. Au , ils se mobilisent autour du dogme kharidjite pour se révolter contre le pouvoir arabe . Ils ont créé au dans le Maghreb central, un royaume sufrite dont la capitale était Tlemcen. Ensuite, ils créent une dynastie au , Yala Ibn Mohamed en fondant la ville de Ifghan (l'actuelle Frenda) s'est attribué une ascendance d'homme pieux de la tribu pour asseoir son pouvoir . Les Banou Ifren se sont alliés aux Omeyyades de Cordoue pour affronter les Fatimides.

Après avoir menacé le califat fatimide, les Ifrenides sont battus par le ziride Bologhine ibn Ziri passent en Andalousie, où ils prennent les villes de Malaga, Jaén et Ronda en 955. Une partie plus nombreuse s'implante dans le Maghreb al-Aqsa et s'empare du Tadla d'où ils contribuent à la destruction des hérétiques berghouatas. Des princes des Beni Ifren fondent un royaume à Chala, (actuel Rabat) ; leur pouvoir s’étendant sur une partie du Tadla, au sud.

En 1039, les Banou Ifren forment dans la péninsule ibérique la Taïfa de Ronda.

Origines Les Banou Ifren (en tamazight : At Yefren) sont des ZénètesRobert Brown, John Pory , The History and Description of Africa, Leo Africanus, , 2010. Ibn Khaldoun fait remonter leur origine à Madghis, dont le nom est rappelé par le tombeau monumental de MedracenEncyclopedie Berbere. Fasc. XI: Bracelets - Caprarienses, , EDISUD, 1992. Ils descendent d'IzlitenFrancesco Gabrieli, Maghreb médiéval : l'apogée de la civilisation islamique dans l'Occident arabe, , 1991. Selon les généalogistes et principalement Ibn Hazm, ils descendraient de Yalistan Ibn Misra Ibn Zakïa Ibn Warshik Ibn ed-Did et fils de Djana, comme les Maghraouas.

Les Banou Ifran constituent la branche la plus importante de la grande tribu berbère des Zanāta. La zone primitive de leur habitat allait de la Tripolitaine occidentale aux Aurès. Le nom des Banou Ifren est porté par plusieurs tribus répandues en Tripolitaine, dans le sud de l'Ifriqiya, le Maghreb central et le Maghreb al-Aqsa. Leur plus ancienne mention se situe dans la région occidentale de l'ancienne Maurétanie césarienne.

Selon les travaux de l'orientaliste T. Lewicki, mentionnés dès le , les Banou Ifren sont l'une des plus anciennes composantes attestée des Zénètes. Ils semblent donc réellement avoir appartenu au groupe primitif des « vrais Zenâta », qui occupaient le pays de Yefren, à 80 km au sud de Sabratha, en Tripolitaine. Au moment de la conquête musulmane du Maghreb, Ibn Khaldoun les distingue parmi les trois grandes confédérations qui se partagent l'ouest de l'Algérie actuelle, avec les Beni Faten et les Maghraouas.

Grigori Lazarev suppose que les Banou Ifren provenaient d'une région libyenne et avaient, dans leur migration, laissé des branches dans le sud tunisien. Il affirme leur présence dans les steppes du Maghreb central et dans le Tell dès les .

Pour Yves Modéran et Richardot Philippe, les Banou Ifren serait le nom moderne des Ifuraces de l'Antiquité, tribu mentionnée lors de la révolte des Maures contre les Byzantins au Richardot Philippe, « La pacification de l'Afrique byzantine 534 - 546 », Stratégique, 2009/1-2-3-4 (N° 93-94-95-96), p. 129-158. DOI : 10.3917/strat.093.0129. URL.. D'après Yves Modéran, le territoire des Ifuraces est situé en Tripolitaine. Selon l'Encyclopédie berbère, les Ifuraces sont probablement à localiser dans le djebel tripolitain, mais aucune mention n'est faite par rapport aux Banou Ifren. En effet, pour Jean Despois, les Ifuraces qui étaient de redoutables fantassins, ne pouvaient être que des montagnards du Sud tunisien et du Sud tripolitain. Les Ifuraces seraient ainsi une des tribus marmarides qui réside en Tripolitaine, avec notamment leur célèbre chef Carcasan. Pour Richardot Philippe, les Ifuraces sont une population montagnarde du sud de l'Aurès, des monts du Hodna et du Zab, bien que certains chercheurs précise-t-il, « supposent leur territoire en Tripolitaine ».

Toutefois, beaucoup d'auteurs ont fait le rapprochement entre les Ifoghas actuels et les Ifuraces. Ainsi, selon Stéphane Gsell, il est admissible que les Iforas de l’Adrar, se rattachent aux Ifuraces, qui au , vivaient en Tripolitaine, cette information est décrite par Corripus.

Pour l'Encyclopédie berbère, le rapprochement de leur nom avec celui des Ifoghas de l'Adrar, ne peut guère s'expliquer que par des spéculations. Yves Modéran conteste cette filiation, car les Ifuraces seraient des montagnards. Il se demande s'il n'est pas envisageable une explication par un phénomène, très courant chez les Berbères, de duplication d'un ethnique sans réelle parenté des deux ensembles qui le portent.

Territoire Dans l'ancienne Maurétanie césarienne, le gros de leur peuple se situe dans sa partie occidentale, dont leurs deux royaumes les plus notoires se sont constitués autour de Tlemcen et Tahert. Selon Ibn Khaldoun, à la veille de la conquête musulmane du Maghreb, la région de Tlemcen étaient aux mains des Zénètes dont les Banou Ifren. Au début de la conquête, leurs chefs combattaient en Ifriqiya, loin de leur propre territoire.

Les Beni Ifren comptaient un grand nombre de tribus dont les plus importantes étaient les Beni Wargou et les Merindjissa. Au , les branches ifrenides Beni Wargou et Merindjissa étaient présentes dans les régions méridionales de Tunisie. Les Ifrens étaient aussi présent dans la région des Aurès méridionaux, dans la Hodna et dans le ZabErnest Mercier, Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'à la conquête français (1830), publié par Adamant Media Corporation, , 2005. Version en ligne du livre. Ibn Khaldoun mentionne leur présence dans le Maghreb centralRachid Bellil, Les oasis du Gourara (Sahara algérien), , 1999, livre en ligne. Durant la période islamique médiévale, les Zénètes davantage nomades, sont notamment présents dans la moitié occidentale du Maghreb : les Banou Ifren, les Meknassas et les Maghraouas. À la veille de l'arrivée des Hilaliens au Maghreb, les Banou Ifren occupaient la région de TlemcenElise Voguet. Chapitre IV - Histoire sociale (du VIIe au XVe siècle) : La mise en place d’une sociétéislamique au Maghreb. Houari Touati. Histoire générale de l’Algérie, Zaytûn, 2014, p.17, 978-9931-9192-1-6..

Les habitants du massif du Dahra, dans le Nord de l'Algérie, sont d'origine essentiellement zénète, et descendent des Banou Ifren et des MaghraouasBouhadiba Farouk, « À propos d’arabo-berbère à Mazouna », Études et Documents Berbères, 2016/1-2 (N° 35-36), p. 137-147. DOI : 10.3917/edb.035.0137.les sources du XIXᵉ siècle signalent encore une petite tribu des Beni Ifren dans le Dahra, entre les Beni Zeroual et les Medjahers.Elles la rattachent à la descendance d’Abd al-Mūlā, présenté dans cette tradition comme le dernier sultan ifrenide de Tagdemt, chassé de la ville par les Zianides lors de la dispersion des Banou Ifren. Cette petite branche tribale s’est maintenue dans la région jusqu’à nos jours et est aujourd’hui représentée par le village de Beni Ifren, dans la commune d’Oued El Kheir, wilaya de Mostaganem, sur la rive gauche du Chelif

La confédération Ouerghemma dans le sud-est tunisien descend des IfrenidesVictor Piquet, Les civilisations de l'Afrique du nord: Berbères-Arabes Turcs, publié par A. Colin, , 1909 version du livre en ligne. La tribu chaouïa Zenata des environs de Mohammédia seraient issues des Banou Ifren.

Mythologie berbère et étymologie thumb|220px|left|As d'Hadrien (136), représentant sur l'avers Africa, portant une dépouille d'éléphant, tenant un scorpion et une corne d'abondance, un modius de blé à ses pieds. vignette|190x190px|Mosaïque de la Domus Africa de Thysdrus. Les Banou Ifren étaient désignés à l'Antiquité sous le nom d'Ifuraces, d'Iforen, d'Ifoura ou en latin d'Afri (Afer au singulier) Wuilleumier explique l'origine du mot Africa en indiquant que le nom d'Ifri ou Yefren a été donné à une population vivant en Afrique du nord et que c’est un mot d’origine berbère signifiant la grotteWuilleumier (P.), Musées de l’Algérie et de la Tunisie, Paris, 1928.

D'autres indiquent que le nom du continent africain, anciennement Ifriqiya (la Tunisie actuellement, plus les régions de l'est de l'Algérie), dérive du mot Ifri et Ifren que les Romains lui ont donné, par la suite, Afrique sera le nom de tout le continent africain . Ivan Van Sertima. Publié par Transaction Publishers, 1992Decret & Fantar, 1981Edward Lipiński, Itineraria Phoenicia, version en ligne du livreH. R. Palmer, The Geographical Journal, Oases of the Libyan Desert, vol. 73, (Mar., 1929), .

Les différentes appellations Ifru, Ifri, Ifuraces, Ifira , Ifer, Ifri, Beni Ifren sont berbèresAwal, /2005: Anthropologie et subjectivité, Numéros 31 à 32, , Éditions de la Maison des sciences de l'homme, Paris, 2005. Ifri signifie en langue berbère zénèteSalem Chaker, Linguistique berbèr. . Publié par Peeters Publishers, 1995. Version en ligne du livre. Les premiers auteurs arabes décrivent les localités des Berbères Ifren comme troglodytes. Ifren est en effet le pluriel du mot Ifri qui signifie caverne, la racine berbère FR cacher ou se cacher. Le mot Ifren existe encore aujourd'hui dans la toponymie, ainsi près d'Ighzer Amokrane, dans la wilaya de Béjaïa en KabylieFoudil Cheriguen, Barbaros ou Amazigh. Ethnonymes et histoire politique en Afrique du Nord, 1987 , , vol 1.

Avant l'islamisation, les Banou Ifren étaient polythéistesJ. Mesnage, Le Christianisme en Afrique: déclin et extinction, publié par Adolpe Jourdan, 1915. Notes sur l'article: v. 2, . Ifru était une déesse solaire et déesse des cavernes et protectrice du foyer En revanche, Stéphane Gsell réfute la thèse d'Ifru, le bon mot serait Ieru qui veut dire luneEncyclopédie berbère, Gsell, livre en ligne.

Histoire vignette|La mosquée fut construite par les Banou Ifren dans la ville de Salé. thumb|left| Fatimides, au quatre dynasties émergent: Zirides, Ifrenides, Maghraouides et Hammadides

Antiquité Les Banou Ifren ont joué un rôle en Afrique du nord dans l'Antiquité. Ils ont eu le contrôle de l'or des Phéniciens aux RomainsItineraria Phoenicia, Edward Lipiński, . À l'époque romaine, les Banou Ifren sont divisés en deux parties : les Afris (les gens romanisés) et les Maures (les gens qui ne sont pas romanisés)Anne-Marie Flambard Héricher, Les Lieux de pouvoir au Moyen Âge en Normandie et sur ses marges..

Les Banou Ifren ont combattu les Vandales à leur arrivée dans l'intérieur de l'Algérie, ce qui a limité la conquête des Vandales au nord de l'Algérie. Les Ifrenides au côté des Zénètes ont pu vaincre et chasser les VandalesPierre Hubac, Carthage.

En 544, les Byzantins exercent le pouvoir dans la province de Constantine. Des insurrections berbères contre les Byzantins provoquent l'organisation de plusieurs fédérations puissantes dont certaines sont Zénètes: les Djerawa, les Banou Ifren, les Maghraouas, les AwarbasChems-Eddine Chitour Algérie, le passé revisité, publié par Casbah Éditions, 1998. , .