Numericable désigne le principal câblo-opérateur de télévision et fournisseur d'accès à Internet par câble en France métropolitaine jusqu'en 2014. L'entreprise nait en , de la fusion des réseaux historiques concurrents Noos et NC Numericable.
En 2009, le câblo-opérateur subit brutalement l'effet pourtant attendu de la multiplication des chaînes gratuites de la TNT, du satellite et surtout des offres IPTVhttps://www.journaldunet.com/ebusiness/telecoms-fai/1062231-numericable-veut-stopper-l-hemorragie-de-ses-abonnes/ Sur le site Journal du Net : « Numericable veut stopper l'hémorragie de ses abonnés », le 25 mars 2009.
Le , Numericable lance un processus d'introduction en bourse sur le marché réglementé du NYSE Euronext à ParisNumericable se lance en Bourse, dépêche de l'agence AFP reprise dans Le Monde du 19 septembre 2013, notamment pour améliorer ses comptes et réduire sa dette de 2,3 milliards d'euros en 2013Éconduit par SFR et Vivendi, Numericable est tenté par une entrée en Bourse, article de Delphine Cuny citant l'agence Reuters et publié dans La Tribune le 17 avril 2013.. L’introduction à la Bourse de Paris se produit le ; l’opération valorise l'entreprise à 3,5 milliards d'eurosNumericable prend un bon départ en Bourse malgré S&P – L'opération valorise l'entreprise 3,5 milliards d'euros Reuters, le 8 novembre 2013.. L'année 2014 marque celle de l'acquisition, puis de la fusion avec SFR. En 2015, SFR annonce que les clients Numericable sont réorientés vers les offres SFR..
Secteur d'activité Bénéficiant d'un réseau de télédistribution national, l'opérateur commercialise des offres et services de télévision payante, son métier historique et devient également au cours de la décennie 2000, fournisseur d'accès à Internet, de services multimédias et de téléphonieNumericable lance une nouvelle gamme de forfaits TV et triple play - Guillaume Deleurence, 01net (site web), 3 mai 2010..
Depuis , comme opérateur virtuel, Numericable commercialise sa propre offre spécifique de téléphonie mobile (MVNO)..
L'opérateur concurrent Bouygues Telecom exploite les réseaux câblés de Numericable, en tant que marque blancheNumericable reste le leader du très haut débit en France avec , article de Solveig Godeluck - Les Échos, 11 avril 2012.. Toutefois, en , s'estimant lésé dans le cadre de cet accord commercial, Bouygues Telecom réclame à Numericable, la somme de d'euros au titre de dommages et intérêts pour compenser ses « défaillances » dans l'exécution du contrat et du préjudice d'image subiBouygues Telecom réclame 53 millions d'euros à Numericable pour défaillances - BBox-Actus.com, 30 octobre 2013..
Contexte historique Le plan câble Depuis la Deuxième Guerre mondiale et jusqu'à l'arrivée de la gauche au gouvernement en mai 1981, les pouvoirs publics n'ont pas souhaité ouvrir au secteur privé la diffusion et la distribution des programmes audiovisuels sur le territoire français, conformément au principe du « monopole d'État ». À la fin des années 1970, l'offre de télédistribution se cantonne alors à un « service antenne » très localisé dans des ensembles immobiliers ou résidences, pour relayer principalement les signaux des télévisions publiques. Il faut attendre l'arrivée de François Mitterrand au pouvoir pour que le développement des réseaux câblés voie le jour, sur un plan nationalChronologie de la politique de l'audiovisuel, sur le site de la « Direction de l'information légale et administrative » qui dépend du Premier ministre français, ..
À partir de l'année 1982, conformément à la volonté des pouvoirs publics, un « plan câble » est entrepris. Il vise un million de foyers raccordés en 5 ans et devra exploiter pour son réseau, les technologies les plus avancées parmi lesquelles la fibre optiqueLe plan câble vingt après, quelles leçons pour l'avenir ?, sur le site de l'Association pour l'histoire des télécommunications et de l'informatique (AHTI) et avec le concours de l'Institut de recherches économiques et sociales sur les télécommunications (IREST), . ainsi que le successeur du standard vidéo SÉCAM. Un dispositif d'économie mixte (public / privé) est alors mis en place, devant permettre à des opérateurs privés d'exploiter commercialement les réseaux établis par la direction des télécommunications (futur France Télécom).
Parmi les principaux opérateurs privés, on compte La Générale des eaux (future Vivendi) et Lyonnaise des eaux (groupe Suez). La réglementation française permet à ces sociétés privées de bénéficier du régime très favorable des « concessions ». Sur ce principe, une société se voit attribuer, souvent pour une très longue période pouvant aller jusqu'à 99 ans, le monopole de fait de la télédistribution communale. Les municipalités décident alors le plus souvent, selon certaines considérations et critères politiques, l'attribution de cette concession à tel ou tel opérateur. Généralement, lorsqu'une ville a concédé la distribution de l'eau à un groupe (Générale des eaux, Lyonnaise des eaux), sa filiale spécialisée dans le câble (CGE, Lyonnaise Câble) bénéficie du marché.
Cette méthode d'attribution permet alors le financement de tous les partis politiques, jusqu'à ce que de nouvelles lois entrent en vigueur à partir de 1995 « La télévision par câble » de José Frèches, Presses universitaires de France, , pages 34 à 39.. Dans d'autres localités, moins peuplées, la Direction des Télécommunications (future France Télécom) ou encore TéléDiffusion de France (TDF) interviennent pour proposer un réseau communal. Alors que l'exploitation commerciale a été majoritairement concédée à des sociétés privées, l'installation des réseaux câblés en France est intégralement prise en charge par les finances publiques ou par des entreprises publiques. Toutefois, le « plan câble » n'a jamais prétendu offrir un service public « gratuit » à l'instar de la télédiffusion, mais bien une offre payante « d'intérêt général ». À cette période, les réseaux câblés, dont la construction a été principalement financée par les abonnés au téléphone français, n'ont pu satisfaire qu'une portion réduite de la population nationale, soit à peine 3 % des foyersRevue L'Audiovisuel, Communication & Société, Jean Cluzel, , juin 1999, pages 30 et 31..
Stratégie commerciale offensive contre le satellite Au cours de son développement, le réseau câblé a dû affronter l'arrivée de médias concurrents parmi lesquels le lancement de la chaîne payante nationale Canal+ en 1984, des chaînes gratuites nationales TV6 et La Cinq en 1986, l'offre des satellites diffusant à la norme D2MAC en 1988 puis l'arrivée du satellite luxembourgeois Astra (satellite) à la fin de cette même année comprenant une série de chaînes gratuites.
Le , la chaîne TNT Cartoon qui réunit deux programmes, l'un consacré au cinéma hollywoodien et une chaîne de dessins animés (Cartoon Network), est lancée sur le satellite Astra.. Dès son lancement, TNT Cartoon diffuse en clair (sans nécessité de s'abonner) sur tout le territoire européen et notamment en langue française. Cette situation contrarie les câblo-opérateurs français ainsi que l'unique chaîne payante, Canal+, qui voient dans la stratégie de Ted Turner une concurrence déloyale. Cette stratégie est également critiquée par les médias français et fait réagir l'industrie du cinéma qui invoque l'exception culturelle française lors des renégociations du GATT.
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) tente alors, en 1993, d'interdire la diffusion de la chaîne TNT Cartoon par satellite sur le territoire français mais se heurte au droit européen qui en autorise la diffusion en clair par satellite sur toute l'Europe, depuis Londres« TNT Cartoon repasse à l'offensive » - Christine Simon, Le Soir, 14 octobre 1996..
Face au succès du satellite gratuit et la croissance de ce marchéLa rébellion des adeptes de la parabole. Les soucoupes blanches sont l'emblème d'une nouvelle génération de téléspectateurs curieux et critiques - Florence Aubenas, Libération, 2 septembre 1995. les câblo-opérateurs français demandent finalement au CSA de revoir sa décision et de les autoriser à diffuser TNT Cartoon sur leurs réseaux« Les câblo-opérateurs réclament le droit de diffuser TNT Cartoon »- Nicole Vulser, Les Échos, 15 juin 1995..
En 1995, Hervé Bourges, président du CSA, propose à ses homologues européens la création d'un organisme commun, afin, d'une part, d'accompagner le développement des réseaux multimédia (Internet). et, d'autre part, de réglementer la diffusion des chaînes qui émettent depuis l'étrangerHervé Bourges veut créer un CSA européen. Objectif principal: réglementer la diffusion des chaînes qui émettent depuis l'étranger - Libération, 15 décembre 1995.. Cette proposition débouchera sur la directive Services de médias audiovisuels (SMA)Cadre juridique : La directive SMA - CSA.« La directive « Services de médias audiovisuels » (SMA) régit la coordination européenne des législations nationales relatives aux médias audiovisuels », sur le site de la Société des auteurs audiovisuels. puis, en 2014, sur la création, par la Commission européenne, d'un groupe de régulateurs audiovisuels des différents états membresBruxelles crée un groupe de régulateurs des services audiovisuels en ligne - Guillaume Champeau, Numerama, 4 février 2014..
Télédistribution de chaînes payantes Régulièrement mise à jour, la liste des chaînes diffusées par Numericable comprend à la fois les chaînes nationales, locales et internationales ainsi que des programmes thématiques (cinéma, sport, jeunesse, fiction, divertissement, information, découverte…). À la différence de la télévision par satellite et de la télévision numérique terrestre, il n'existe pas de chaînes « gratuites » (librement recevables sans aucun abonnement) sur le réseau Numericable, tant en distribution individuelle que collective. En revanche, il est possible de choisir une offre payante sans télévision, mais conformément à la réglementation française, elle doit obligatoirement comprendre la reprise intégrale des signaux de la télévision numérique terrestre, tant SDTV que HDTV.. En contrepartie de cette obligation le régulateur l'autorise à bénéficier du statut d'opérateur en fibre optique à très haut débit.
En selon la revue française 01Net, Numericable tente de démontrer que le câble coaxial devant la fibre optique reste légitime commercialement en Europe pour l'THD (très haut débit)Les câblo-opérateurs européens, en tête dans la course au très haut débit - 62 % de part de marché THD pour Numericable fin 2012 - 01net (site web), 29 mars 2013..
Télévision par câble : prises de contrôle Le , le groupe Lyonnaise des eaux crée la société « Paris Câble » (future Lyonnaise Câble, Noos et Numericable)Présentation de la société Paris Câble - Societe.com.. Le La Lyonnaise acquiert la pole position sur le câble - Martine Esquirou, Libération, 31 janvier 1995., la Lyonnaise des eaux crée le groupe Lyonnaise Communications, dirigé par Patrick Lefort, ainsi qu'un pôle d’activités câble appelé « Lyonnaise Câble » dont la vocation consiste à constituer et exploiter un réseau multivilles, à travers une infrastructure technique nationaleL’économie du câble en France : présentation détaillée des opérateurs du câble français - JLM Conseil pour l'Arcep, janvier 2003 ..
Officiellement lancé le , le « Plan Câble », élaboré sur un cahier des charges national établi par les pouvoirs publics, marque l'ouverture commerciale des réseaux câblés à ParisDécision Européenne du 25 novembre 1986 PORTANT AUTORISATION A LA SOCIETE PARIS-CABLE D'EXPLOITER UN SERVICE DE RADIOTELEVISION PAR CABLE - Légifrance, Journal officiel du 30 novembre 1986.. En 1996, seize opérateurs régionaux fusionnent confortant le réseau Lyonnaise Communications pour son développement dans le domaine de la télévision par câble.