Charles Lebeau est un homme politique belge, industriel et avocat, membre du Parti libéral né à Viesville le et mort à Enghien-les-Bains le . Il a été bourgmestre de Charleroi de 1851 à 1873, député et sénateur.

Biographie Charles Louis Joseph Lebeau, né le à Viesville au nord de Charleroi, a des origines familiales modestes. Il est le fils de Jean-Louis Lebeau, forgeron, et de Reine Delplanque. Il est le beau-père d’Arthur Lescarts, député et bourgmestre de Mons et d’Émile Balisaux, sénateur de Charleroi.

Charles Lebeau encore adolescent, s’initie à la procédure judiciaire comme clerc dans l’étude de Félix Isaac, avocat-avoué à CharleroiDocuments et rapports de la Société paléontologique et archéologique de l’arrondissement judiciaire de Charleroi, Ed. Hector Manceaux, Mons, 188, p.487-488L’Echo du Parlement du 20/08/1882. Ce poste n’est toutefois pas à la hauteur de ses ambitions. Après deux années d’études universitaires en droit à Liège et Louvain , il obtient un doctorat en droit en 1835. Il fait son stage d’avocat à Bruxelles avant de se fixer définitivement à Charleroi et débute au barreau de Charleroi en 1836. Cette même année, il se marie avec Thérèse Lemaire, originaire de Charleroi. De 1836 à 1851, cinq enfants naissent de cette union.

Au barreau de Charleroi, son talent oratoire, son esprit judicieux et son jugement sain le font rapidement remarquer. Parallèlement à ses activités professionnelles, il rejoint le parti libéral ainsi que la loge maçonnique « L’Avenir et l’Industrie » de Charleroi dont il devient le « vénérable maître »Journal de Charleroi du 5/10/1854.

En 1849, il tire parti de la situation favorable des gisements houillers que plusieurs sociétés avaient vainement tenté d’exploiter avec succès. Il achète le charbonnage des Ardinoises à Gilly, point de départ de son immense fortune et de l’acquisition ou la création de nombreuses sociétés industrielles principalement dans la région de Charleroi. Il devient ainsi président et/ou administrateur des Charbonnages du Centre de Gilly, des Hauts Fourneaux et Usines du Midi de Charleroi, des Houillères unies du Bassin de Charleroi, de la société Hanrez de Monceau-sur-Sambre, des Charbonnages de Pâturages et Wasmes, des Verreries de Charleroi et des Sucreries de Fleurus. En 1860, il fonde avec son gendre Émile Balisaux et plusieurs industriels de la région la Banque de Charleroil’Indépendance belge du 31/08/1860.

Il est élu conseiller communal de Charleroi en et, dans la foulée, bourgmestre en . Dès son entrée au Conseil communal, il acquiert une grande autorité morale s’appuyant sur son savoir juridique et son expérience des affaires. Il rétablit l'ordre dans les finances de la ville de CharleroiJournal de Charleroi du 15/04/1873 et s’attache à maintenir la paix sociale dans un contexte social troublé. Il jouit d'une grande popularité due à ses activités philanthropiques et démocratiques et honore les associations culturelles et folkloriques ainsi que les artistes carolorégiens.

Le , il est élu député à la Chambre des représentants pour l'arrondissement de Charleroi et réélu trois fois jusqu’en , année où il entre au Sénat et y siège jusqu’en 1874L’Echo du Parlement du 14/08/1882. Dans le cadre de ses mandats nationaux, il contribue à l’essor économique de la région de Charleroi en initiant ou soutenant les propositions visant à améliorer des infrastructures de transport par chemin de fer et par voie fluviale.

Après la bataille de Sedan en 1870, il organise, avec Charles Dupret, échevin de Charleroi et médecin, les soins prodigués par la ville de Charleroi aux blessés français. En remerciement, une statue en marbre de la « Reconnaissance Française » due au sculpteur Jules Lagae a été érigée au centre du cimetière de Charleroi-Nord en 1902.

Plusieurs drames familiaux viennent le frapper : son épouse décède à 44 ans ainsi que trois de ses enfants de 1866 à 1871. A 60 ans, il décide de réduire ses activités pour des raisons de santé. Il démissionne de son poste de bourgmestre en . En 1874, il quitte le sénat pour se concentrer sur ses activités industrielles.

Dans le privé, il fait l’acquisition du château de Plomcot à Fleurus (en 1863), propriété qu'il lègue à sa fille Flore et à son gendre Émile Balisaux et du château d'Ormesson à Enghien-les-Bains (dans le Val d'Oise).

Il décède le dans son château à Enghien-les-Bains. Un mausolée à sa mémoire et à celle de sa famille se trouve au cimetière de Charleroi Nord. Pendant 25 ans, il aura été un acteur important de la vie publique et industrielle de la région de Charleroi, promouvant le « Pays noir » au niveau national, contribuant ainsi à son développement économique.

Hommages et distinctions Jacques Bertrand, chansonnier lui a dédié l'hymne de Charleroi.

La « Rue Lebeau » à Charleroi Ville-Haute perpétue sa mémoirePar décision du Conseil échevinal de Charleroi du 24 octobre 1902.

La distinction suivante lui a été attribuée par le roi Léopold II : (Belgique)Par l'Arrêté royal du 9 juin 1866. sans_cadre|gauche|Plaque de la rue Lebeau dans la Ville Haute à Charleroi.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Charleroi Émile Balisaux Arthur Lescarts

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