La de Légion étrangère est une unité de l'armée de terre française. Elle fait partie de la Légion étrangère. Créée en 1940, elle est, avec le RTST, l'un des deux régiments ralliant en tant qu'unité constituée les Forces françaises libres (FFL). Elle participa à la plupart des campagnes de l'armée française lors de la Seconde Guerre mondiale.
Elle combat en Indochine de 1946 à 1954. Elle rejoint ensuite l'Algérie. Elle en part en 1962 à l'indépendance de ce pays. Elle est basée jusqu'en 2011 au quartier Général-Monclar à Djibouti, en vertu d'un accord entre la France et la république de Djibouti après l'accession de ce pays à l'indépendance en 1977. Au cours de l'été 2011, elle déménage pour les Émirats arabes unis.
En 2016, elle s'installe dans le camp militaire du Larzac et redevient progressivement un régiment d'infanterie. Elle est actuellement rattachée à la légère blindée.
Création et dénominations Cette unité de Légion est créée le , dans le cadre du corps expéditionnaire franco-britannique destiné à intervenir en Finlande. Sa première dénomination est « de marche des volontaires de la Légion étrangère » ().
Le , le , rentre en Angleterre de son opération en Norvège ; elle constitue, avec près de , au sein des FFL la de marche des volontaires de la Légion étrangère (). Le reste de la demi-brigade, issus principalement du , rentre au Maroc et conserve le nom de « de marche des volontaires de la Légion étrangère » ().
Le , la demi-brigade du Maroc est dissoute. Les troupes restées en Angleterre prennent le nom de « de Légion étrangère » ().
L’appellation « demi-brigade » est conservée depuis. C'est la seule unité de l’armée française qui conserve cette appellation.
Chefs de corps
Historique des campagnes, des batailles et garnisons Seconde Guerre mondiale L'unité est constituée en Afrique du Nord à partir de volontaires des autres unités étrangères stationnées sur place. Elle est commandée par le lieutenant-colonel Raoul Magrin-Vernerey (futur général de Corps d'armée FFL, sous le pseudonyme Ralph Monclar) et comprend deux bataillons : Le - CBA Jacques Boyer-Ressès - Fès Le - CBA Albéric Guéninchault - Sidi bel-Abbès
À partir du , elle livre ses premiers combats en Norvège, au sein des troupes du général Béthouart. Elle s'empare de Bjervik, puis de Narvik. L'invasion de la France par les troupes allemandes l'oblige à être rapatriée sur le territoire national. Les pertes en Norvège sont de 8 officiers et de , dont le CBA Guéninchault.
La débarque en Bretagne le , en vue de constituer l'ossature d'un réduit breton à la mi-juin. Devant l'avancée allemande, elle se retrouve dans la débâcle. Le , les rescapés de la demi-brigade réussissent à rejoindre l'Écosse. Ces troupes n'entendent pas l'appel du 18 Juin ; elles retrouvent d'autres unités du Corps expéditionnaire de Norvège dans la région de .
Répondant à l'appel du 18 Juin, le capitaine Pierre KœnigPierre Kœnig était à ce moment-là capitaine, adjoint du lieutenant-colonel Raoul Magrin-Vernerey, le convainc de se rendre à Londres. Ils ont un entretien avec le général De Gaulle. Magrin-Vernerey y rencontre le général Antoine Béthouart, chef du Corps expéditionnaire français en Scandinavie. Il lui permet de rencontrer ses hommes au camp de le soir du . Sur présents le , un peu moins de 900 rallient la France libre, les autres rejoignent le Maroc sous le commandement du général Béthouard.
La rejoint le camp d'Aldershot, où sont regroupées les Forces françaises libres ; elle participe au défilé du à Londres.
L'unité des Forces françaises libres prend temporairement, entre le et le , le nom de « de Légion étrangère »Site de l'Ordre de la Libération. Elle se compose s'un état-major (avec une compagnie de commandement et une compagnie régimentaire d'engins) commandé par le CBA Cazaud ; de 3 unités de combat ; d'une unité d'accompagnement (appui).
Elle comprend 25 officiers, 102 sous-officiers et du rangin magazine Képi blanc - juillet 2010.
vignette|100px|droite|Légionnaire - 1942
Fin , l'unité participe à l'opération Menace contre Dakar. Après le débarquement au Sénégal qui échoue, elle débarque, sous le commandement du lieutenant-colonel Cazaud, en Afrique-Équatoriale française ; elle participe, en , à la campagne du Gabon et au ralliement de la région à la France libre, sous le commandement du général de LarminatPage de la 13 sur le site de la France libre.
Elle prend définitivement le nom de et, au sein de la Brigade française d'Orient, contourne l'Afrique et débarque à Port Soudan le , participe aux combats en Érythrée contre l'armée italienne. La brigade se distingue lors de la bataille de Keren, le , puis de Massaoua le .
Au cours du mois de mai, l'unité rejoint la Palestine et le camp de Qastina en vue de participer à la Campagne de Syrie. La demi-brigade entre en Syrie le et, après de durs combats, entre à Damas le .
Le , le lieutenant-colonel prince Dimitri Zedginidze Amilakvari prend le commandement de l'unité.
En décembre, les (chef de bataillon commandant René Babonneau), et bataillons partent pour l'Afrique du Nord ; au sein de la Brigade Koenig, elle affronte l'Afrika Korps.
vignette|gauche|100px|Lieutenant - 1942
Promu chef de bataillon en , entraîneur d'hommes expérimenté, René Babonneau prend le commandement du . À Bir Hakeim, le , il repousse l'attaque de plus de 70 chars de la division Ariete, en en détruisant 35« Ce jour-là 10 juin 1942, Bir-Hakeim » par le général Koenig. Son bataillon reçoit une citation à l'ordre de l'armée. Il reste à l'arrière pour assurer le repli, lors de la sortie de Bir Hakeim, dans la nuit du 10 au ; il est fait prisonnier et transféré en Italie ; il tente de s'évader par deux fois.
De mai à juin 1942, une partie de l'unité participe à la bataille de Bir-Hakeim. Pierre Messmer, capitaine commandant de compagnie, en tirera un livre : La patrouille perdue. Puis la « 13 » prend part à la seconde bataille d'El Alamein : son chef, le Colonel Amilakvari (Compagnon de la Libération), est tué à El Himeimat.
Lors de la mise sur pied de la DFL, début 1943, la DBLE disparaît en tant que corps de troupe ; ses trois unités (le BLE, BLE et la compagnie antichars) sont incorporées dans la de la division.
Elle combat ensuite dans le Corps expéditionnaire français en Italie, débarque en Provence dans l'opération Dragoon, mi-. La demi-brigade prend part à la libération de la France, dans la Armée française, notamment au cours de la Bataille des Vosges. En , le bataillon de résistants Ukrainiens BUK œuvrant au sein de la Résistance de Haute-Saône est incorporé comme unité indépendante à la demi-brigadeBulletin officiel du mai 1958, . Une telle incorporation est unique dans l'histoire de cette unité.
Le , l'unité reçoit la Croix de la Libération.
Guerre d'Indochine Elle est désignée pour faire partie du corps expéditionnaire français en Extrême-OrientJMO DBLE - Centre de documentation de la Légion étrangère. Elle débarque du SS Ormonde le à Saïgon et s’installe au nord de la ville, dans le triangle Gia Dinh -Thu Duc - Hoc Mon.
Les opérations commencent le , avec le combat à Mat Cat (Cochinchine). La DBLE est engagée depuis les frontières du Siam jusqu’à Tourane, en passant par la plaine des Joncs. Ses bataillons sont éparpillés : le au Cambodge poursuit les Khmers issarak, qui se réfugient au Siam ; le , au Centre Annam, défend Tourane, dégage Hué et installe une série de postes autour de Quang Nam ; le affronte les combats de Cochinchine, où les embuscades quotidiennes alternent avec des actions de force.
La DBLE participe aux opérations « Vega », « Dragon II et III », « Geneviève », « Jonquille », « Canigou » etc. Les adversaires y laissent de nombreux combattants, comme à Largauze le . En 1950, la DBLE, rassemblée en Cochinchine, reçoit en renfort un . Elle est désignée pour se joindre aux unités qui doivent « nettoyer » la plaine des Joncs, .
Les opérations s’accélèrent avec le début de la saison sèche : « Potager », « Normandie », « Ramadan », « Trois Provinces », « Tulipes », « Ulysse 3 », « Neptune », « Revanche ». Après cette opération, la DBLE est à nouveau scindée. Trois bataillons restent en Cochinchine et participent aux opérations : « Araba », « Mandarine », « Pamplemousse », « Caïman ».
Le , le est dissous ; le se transforme en bataillon itinérant : il se retrouve au Tonkin, puis à Hué, à Na Sam, Xoang Xa, à Than Hoa, dans une série de combats.
Histoires vécues Le , l’interprète vietnamien du poste de Trunq Chan mélange du datura aux aliments : 47 légionnaires tombent dans le coma ; huit autres ont préféré prendre une douche avant le repas. Voyant l’état de leurs camarades, ils demandent des secours : l’attaque échoue.
Le , un autre empoisonnement collectif a lieu au poste de Ben Muong. Les ennemis coupent les fils du téléphone et mettent le datura dans le café. Un sergent et quatre légionnaires n’en ont pas bu lorsque l’attaque se déclenche. L’un d’eux traverse les lignes ennemies, les autres tiennent tête aux 150 assaillants ; quelques heures plus tard, les renforts arrivent ; les attaquants deviennent assiégés.
Le , la sentinelle du poste « Franchini » voit arriver un groupe de soldats français emmenant un prisonnier ligoté. La sentinelle les laisse entrer ; sur un signe du soi-disant prisonnier, ils ouvrent le feu, tuant les sept légionnaires et les quatre partisans de la garnison.
En avril 1948, un agent du Việt Minh propose aux légionnaires des briquets. Le prix est intéressant, mais le coton est remplacé par du fulmi-coton, qui exploserait à la première étincelle. Les briquets sont vendus sans pierre, et quand un légionnaire en sort une de sa poche, le vendeur tente de s’enfuir. Il est arrêté.
Combats La DBLE est attaquée à Ca Mau le .
À Cau Xang, neuf légionnaires défendent la tour de garde, jusqu’à la mort.
Le , la compagnie d’intervention du est surprise par un ennemi supérieur en nombre. Les légionnaires forment le carré et repoussent tous les assauts en chantant le Boudin. Lorsque la colonne de secours arrive, le poste compte un tué et quatre blessés, l’ennemi se retire .
Le , un convoi de permissionnaires et de civils escortés emprunte la route de Saïgon à Dalat et tombe dans une embuscade. Le lieutenant-colonel de Sairigné, chef de corps de la DBLE fait partie des premiers tués. . La poursuite permet de récupérer une partie des otages, que l’ennemi est contraint d’abandonner.
Bataille de Điện Biên Phủ Fin 1953, la se rassemble au Tonkin, le dans le Delta, les et dans la bataille de Điện Biên Phủ. Ils tiennent respectivement « Claudine » et « Béatrice ». Au soir du , après cinq assauts, « Béatrice » est submergée. Le est décimé ; le lieutenant-colonel Gaucher, son chef de corps, est parmi les morts. Les survivants, à peine l’effectif d’une compagnie, ne sont pas reconstitués en bataillon à la base arrière, faute de temps. Le , le camp de Diên Biên Phu est submergé ; le disparaît à son tour. Les fanions de ses unités sont détruits dans les dernières minutes. Quelques fragments du fanion de la seront rapportés à Sidi bel-Abbès par des légionnaires qui l'ont partagé entre eux avant de tomber aux mains de l’ennemi. La compte 80 officiers, 307 sous-officiers, mis hors de combat.
Guerre d'Algérie vignette|Parade de la à travers les ruines romaines de Lambèse, en Algérie en 1958. Les légionnaires ont des fusils MAS 49, les officiers et sous-officiers ont des pistolets mitrailleurs MAT 49. Les armes dans les holsters sont probablement des MAC modèle 1950. En 1955, la DBLE est engagé dans les opérations de maintien de l’ordre en Algérie ; le régiment débarque à Tunis le . Basé à Guelma, il rayonne dans le Constantinois, du Nord au Sud, dans les Nemencha. Il trouve des caches d'armes mais pas de combattants. C’est le temps de la pacificationJMO de la - Centre de documentation de la Légion étrangère..