Les grottes de KizilForme romanisée alternative : Qizil, ou grottes des mille bouddhas de Kizil, sont, semble-t-il, les grottes bouddhiques les plus anciennes connues en Chine, les premières d'entre elles pourraient dater du , un siècle environ avant celles de MogaoMais « l'âge des plus anciennes peintures n'est pas encore rigoureusement fixé ». La période de son plein épanouissement étant située entre le et le milieu du . Référence : Laure Feugère, historienne d'art au Musée Guimet, dans : . . Elles sont situées dans le bassin du Tarim, à environ au sud-ouest du village de Kizil, à au nord-ouest de Kucha, dans l'actuel xian de Baicheng, Région autonome ouïghoure du Xinjiang en République populaire de Chine, sur la branche de la route de la soie qui contourne le désert du Taklamakan par le nord. Les fresques qu'elles renferment sont considérées parmi les plus belles peintures murales d'Asie centrale.

Histoire Les grottes de Kizil, ou grottes des mille bouddhas de Kizil, sont semble-t-il les grottes bouddhiques les plus anciennes connues en Chine, les premières d'entre elles pourraient dater du , un siècle environ avant celles de Mogao. Couvrant une superficie de , elles sont réputées pour leurs fresques et sculptures en couleur décrivant des scènes de vie de cette région qui a vu se développer le Bouddhisme après le . Le moine grand voyageur et traducteur Xuanzang y fait une halte appréciée qu'il raconte ensuite dans son récit de voyage Rapport du voyage en Occident à l'époque des Grands Tang.

Elles sont situées dans le bassin du Tarim, à environ au sud-ouest du village de Kizil, à au nord-ouest de Kucha, dans le district de Baicheng, Région autonome ouïghoure du Xinjiang, sur la branche de la route de la soie qui contourne le désert du Taklamakan par le nord. Les fresques qu'elles renferment sont considérées comme les plus belles peintures murales d'Asie centrale.

L'islamisation sous l'action des Turcs qarakhanides au a entraîné l'abandon définitif des grottes , l'Islam interdisant les représentations figurées dans les lieux de culte, les statues figuratives étant assimilées alors à de l'idolâtrieSi cette interdiction est respectée de façon stricte dans les espaces religieux, les représentations figurées en culture d'Islam sont cependant communes dans le domaine profane.Un interdit de la représentation S'appuyant sur un verset du Coran rejetant les statues des idoles et sur un hadîth accusant les faiseurs d'images de vouloir rivaliser avec Dieu, seul créateur et insuffleur de vie, certains théologiens musulmans ont condamné formellement la représentation des êtres animés. mais il s'agit en réalité du troisième Commandement du Décalogue.

En tant qu'un de des contrées occidentales de la dynastie des Han, le royaume indépendant de Kucha paya un tribut annuel à la dynastie des Han. Koucha fut un centre de commerce et de culture indo-européenne, l'empire kouchan (en chinois, Qiuci). Celui-ci possédait sa propre langue le koutchéenAppelé aussi parfois tokharien B appartenant à la famille des langues indo-européennes, et ses propres styles de musique et de peinture. Le style des fresques a évolué avec le temps, celui des plus anciennes étant indo-européen alors que les peintures muralesIl s'agit de peintures murales réalisées sur les murs épanelés recouverts de couches d'argile mêlées de poils d'animaux (chèvre, chameau, etc.) de paille hachée, de débris végétaux agglomérés avec de la colle de peau ou de jus d'abricots qui servent de liant. Là dessus un enduit blanc à la chaux et contenant du gypse est poli. Puis le dessin est esquissé à l'aide d'un poncif. Les couleurs naturelles comportent probablement, durant la première phase, un liant à l'eau du type gomme arabique, ce qui en fait des peintures semblables à nos gouaches avec des effets de peintures opaques. Puis avec le rendu du modelé des figures par des couleurs nuancées sur la largeur du trait de pinceau, la couleur est simplement plus ou mois diluée à l'eau, comme une aquarelle. La fresque véritable est réalisée avec des effets d'aquarelle sur un enduit de chaux fraîche avec lequel les couleurs réagissent, la réaction les protégeant ensuite. Ici les couleurs restent très fragiles dans cette peinture murale a secco (). les plus récentes ont adopté les règles stylistiques chinoises. Les peintres du deuxième style de Kizil (avant 650 environ) ont employé à profusion le bleu de lapis-lazuli qui devait provenir des mines du Badakshan avec un vert profond de malachite. Ces deux couleurs produisent encore une très vive sensation de fraîcheur dans l'ombre des sanctuaires.

Certaines représentations bouddhiques ont été effectuées par des peuples huns, probablement hephthalites.

Diverses expéditions archéologiques, russes, japonaises et allemandes, visitèrent ces grottes dès le début du et ont volé les œuvres d'art anciennes, des objets et des documents, ainsi que des fresques découpées sur les parois des grottes. Les plus importantes furent les quatre expéditions allemandes menées entre 1903 et 1913 par Albert Grünwedel et Albert von Le Coq qui rapportèrent ainsi en Allemagne de peintures murales conservées au Musée d'art asiatique de Berlin.

Description vignette|Déesse et musicien céleste, Kizil Les grottes de Kizil forment un ensemble qui s'étend sur une longueur de plus de trois kilomètres et sont étagées sur plusieurs niveaux. Certaines d'entre elles étaient utilisées pour le culte religieux et d'autres pour le logement. On pouvait y accéder grâce à des plates-formes de bois reliées par des échelles. Sur les 236 grottes répertoriées, environ 80 seulement contiennent des fresques. Quelques-unes seulement sont ouvertes au public.

Le style des fresques des grottes les plus anciennes suggère l'influence de la culture du Gandhâra, royaume ancien qui s'était développé entre le et le en Afghanistan et au nord-ouest du Pakistan actuels.

Les thèmes bouddhistes représentés sur les fresques sont notamment ceux développés dans des Jâtakas - en particulier des fables bouddhiques comme celle du Roi des Ours offrant de la nourriture en aumône, ou du Roi des Éléphants se sacrifiant pour aider des pauvres - ou dans des Avadanas (suivant en cela l'exemple des grottes d'Ajantâ en Inde), et de nombreuses scènes de la vie du Sakyamuni, le Bouddha historique, et de divers personnages saints.

Des sujets profanes sont également représentés, couvrant de nombreux domaines de la culture et de la vie quotidienne de la région, comme des musiciens, des mécènes, des scènes de chasse, de pêche ou de travaux agricoles, des paysages, des animaux. On a pu ainsi considérer les fresques de Kizil comme une encyclopédie picturale de la culture du royaume de Kucha.

Notes et références

Sources Peintures ( -s) du royaume de Kucha. Grottes de Kizil, au cœur de la Sérinde sur la route de la soie. Étude de la technique picturale. En particulier page 207 'carte région de Kucha, et pages 212-215 : description des monastères rupestres de Kizil. Route de la soie - de Xi'an à Kashgar sur les traces des caravanes, Judy Bonavia, trad. Matthieu Salem, Guides Olizane, Genève 2002

Voir aussi Articles connexes

Bouddhisme en Chine Paul Pelliot Tokhariens Jātaka Adavana Albert Grünwedel Albert von Le Coq Art gréco-bouddhique Tumshuq Khotan Kucha Museum für Asiatische Kunst

Liens externes

Site de la protection du patrimoine culturel chinois Revealing the Beauty of the Kizil Caves (china.org.cn)

Kizil Catégorie:Géographie du Xinjiang Catégorie:Art bouddhique Catégorie:Route de la soie Catégorie:Site archéologique dans la région autonome du Xinjiang Catégorie:Grotte ornementale Catégorie:Édifice religieux dans la région autonome du Xinjiang Catégorie:Tokhariens Catégorie:Site historique et culturel majeur protégé au niveau national dans la région autonome du Xinjiang