La république démocratique du Congo (RDC) répertorie entre 200.. à 400 langues selon les distinctions entre langue et dialecte. Sur le plan linguistique, il est l'un des pays les plus multilingues de toute l'Afrique. Le français est la seule langue officielle avec quatre langues nationales : le lingala, le swahili, le kikongo ya leta et le tshiluba.
La plupart des Congolais parlent plusieurs langues. Selon le rapport 2018 de l'OIF, la RDC compte 51 % de francophones dans sa population et 74 % rapporte l'utiliser comme lingua franca à travers le paysTarget study: French the most spoken language in DRC, far ahead of Lingala. Le lingala (à l'ouest) et le swahili (à l'est) servent de langues véhiculaires régionales.
Généralités Le français est la langue officielle de la république démocratique du Congo, sur le site ConstituteProject.Org (2013).. La RDC est le pays francophone le plus peuplé du monde, devant la France, et en 2018, de Congolais, soit 50,6 % de la population du pays, sont capables de lire et d'écrire le français, contre en 2014.. La RDC est membre de l'Assemblée parlementaire de la francophonie depuis sa création en 1967. ainsi que de l'Organisation internationale de la francophonie depuis 1977..
Outre la langue officielle, plus de 200 langues ethniques sont parlées dans le pays., dont quatre ont le statut de langues nationales : le kikongo ya leta (aussi appelé « kikongo » en dehors du Kongo central. Foreign Service Institute (U.S.) and Lloyd Balderston Swift, Kituba; Basic Course, Department of State, 1963, p.10 Salikoko S. Mufwene, Kituba, Kileta, or Kikongo? What's in a name?, University of Chicago, Dans: Le nom des langues III. Le nom des langues en Afrique sub-saharienne : pratiques dénominations, catégorisations. Naming Languages in Sub-Saharan Africa: Practices, Names, Categorisations (sous la direction de C. de Féral), Louvain-la-Neuve, Peeters, BCILL 124, 2009, p. 211-222), le lingala, le swahili et le tshiluba.
En 1996, l’Atlas linguistique du Congo Kinshasa dénombre 221 langues pour une population totale à 42,2 millions d'habitants, c'est-à-dire une langue par tranche de . Cependant, 186 langues appartiennent à la seule famille bantoue et elles sont parlées par plus de 80 % de la population congolaise. Les autres langues sont représentées par la famille nilo-saharienne. Tous les Congolais parlent l'une des quelque 200 langues « ethniques », voire plus de 500 dialectes.
Le taux d'alphabétisation chez les plus de 15 ans en 2015 y est estimé à 77 % selon l'UNESCO, dont 89 % chez les hommes et 66 % chez les femmeshttp://www.uis.unesco.org/DataCentre/Pages/country-profile.aspx?code=COD®ioncode=40540&SPSLanguage=FR Onglet "Alphabétisme" puis descendre à "Taux d'alphabétisation (%)"..
Depuis 1980, les élèves sont censés recevoir leur instruction dans l'une des quatre principales langues nationales (kikongo ya leta (aussi appelé "kikongo" en dehors du Kongo central), lingala, tshiluba et swahili) lors des deux premières années du primaire, tandis que le français devient la langue d’enseignement à partir de la troisième année. Le swahili est offert dans les provinces de l’Est ; le lingala dans les provinces de l’Équateur et à Kinshasa ; le kikongo ya leta dans les provinces du Kongo central, du Kwango et du Kwilu ; et le tshiluba dans les provinces du Kasaï, du Kasaï oriental et du Kasaï central. Mais dans la réalité, le français est le véhicule d'enseignement dès la première année dans bon nombre d'écoles en ville.
L'anglais est quant à lui enseigné à l'université. : une loi de 2012 ajoute l’obligation de connaître l’anglais à tous les niveaux de l’enseignement supérieur pour des raisons d’ouverture au monde et d’adaptation au progrès et à la recherche.
Historique Les premières populations du Congo ont été les agriculteurs bantous qui s'y sont établis au cours du premier millénaire. Les principales langues africaines parlées en RDC (lingala, swahili, kikongo et tshiluba) sont de ce fait des langues bantoues.
Après une tentative d'établissement portugais au , la présence européenne ne se concrétise qu'à la fin du à la suite de l'expédition de Henry Morton Stanley. Pendant la période coloniale, le pays est sous la tutelle de la Belgique, et l'éducation des enfants est le monopole des missions catholiques qui opèrent essentiellement dans les langues locales. Avant l'indépendance, ces écoles ont comme principal débouché les séminaires catholiques, où les futurs prêtres étudient le français et le latin. À la fin des années 1950, en dehors de quelque 500 prêtres congolais et d'une quinzaine d'universitaires, les Congolais les plus instruits sont alors des ouvriers ou des techniciens. Le français était la langue la plus pratiquée par l'administration coloniale, même si le néerlandais était aussi enseigné dans les écoles d'administration belges. Pendant les années 1950, les Congolais instruits jugent cette politique élitiste inadaptée et rétrograde, et revendiquent un accès pour tous à l'enseignement du français.
En 1954, le ministre belge de l'enseignement Auguste Buisseret fait alors adopter le principe de dispenser un enseignement en français au Congo à partir de l'année suivante..
Lors de l'indépendance, le français est choisi comme langue officielle de la nouvelle république démocratique du Congo. Le , une ordonnance présidentielle dispose que « le français est la langue de l'enseignement du cycle primaire » et écarte donc les langues locales de l'enseignement. Le gouvernement entend ainsi faciliter à la fois l'unité du pays et le développement économique. Pendant les années Mobutu (1965-1997), la politique de « zaïrisation » réintroduit les langues africaines dans l'enseignement, notamment pendant les deux premières années de la scolarité primaire, mais ne remet pas en cause la primauté du français dans le domaine économique et social. En , le président Joseph Kabila, lui-même largement anglophone, fait adopter une nouvelle constitution qui définit trois niveaux pour les langues parlées en RDC : le français, qui est la langue officielle, les 4 grandes langues bantoues (lingala, swahili, kikongo ya leta (aussi appelé « Kikongo » en dehors du Kongo central) et tshiluba) sont déclarées « langues nationales » et « les autres langues du pays [qui] font partie du patrimoine culturel congolais dont l’État assure la protection. » (disposition particulièrement vague car cette protection n'est définie nulle part.) La constitution dispose également que « le gouvernement assure la diffusion en français et dans chacune des quatre langues nationales dans le délai de soixante jours à dater de la promulgation. » Pour des raisons de manque de moyens, cette disposition n'est pas exactement mise en œuvre. La justice et la police peuvent opérer dans les langues nationales en fonction des besoins. Les permis de conduire et la signalisation routière sont exclusivement en français.
Des pressions en faveur de l'introduction de l'anglais comme langue officielles ont été exercées sans succès pour le moment, en raison de la présence sur le sol congolais de milices armées anglophones, « alliées de guerre » des Kabila, venues d'Ouganda, du Rwanda, du Zimbabwé ou de Namibie.
Par ailleurs, la diversité linguistique du pays et la faiblesse de l'enseignement du français comme langue commune provoque l'apparition de sabirs, mélanges de plusieurs langues qui permettent la communication entre ethnies différentes auquel on donne le nom de « congolo-franglais » ou du franglais congolais, avec des contributions venues du lingala ou du swahili, par exemple. Le français reste donc la langue des élites, ce qui limite la capacité à déployer la démocratie, qui s'exprime en français (quasiment toute la presse écrite est en français), et permet à la minorité la plus éduquée de bénéficier de nombreux privilèges.
Français vignette| Le français en république démocratique du Congo : langue officielle et locuteurs natifs. vignette| En rouge : variantes belges du français (république démocratique du Congo, Rwanda et Burundi).En rose : autres pays francophones. En raison de l'historique colonial du pays, le français en RDC a beaucoup de similarités avec le français de Belgique. Il a également développé des caractères propres et de nombreux néologismesMarie-France Cros, François Misser, Le Congo de A à Z, André Versaille Éditeur, 2010, . Le français a été maintenu comme langue officielle depuis l'époque de l'indépendance, parce qu'il est largement parlée par les groupes scolarisés du pays, elle est ethniquement neutre et elle facilite la communication entre les différents groupes ethniques du Congo ainsi que le reste de la francophonie. C'est la langue principale de l'éducation, et la langue de l'administration, des médias et des affaires.
L'hymne national est en français.
Selon l'OIF en 2010 il y aurait 78 % de la population adulte sachant lire et écrire le français ; ce nombre atteint les 87 % si l'on prend juste ceux qui savent le parlerEn revanche, selon l'OIF, les moins de 10 ans peuvent difficilement être comptabilisés comme francophones puisqu'il faut 5 ou 6 ans de scolarisation avant de maîtriser les bases du français. Les pourcentages cités s'appliquent donc uniquement à la population adulte. Voir à ce sujet , p. 25.. La république démocratique du Congo est actuellement le pays francophone le plus peuplé.
Le français est en progression au Congo. Selon le rapport 2019 de l'OIF, de personnes, soit 51 % de la population totale du pays est francophone contre 31 millions et 46 % en 2010. Par ailleurs, la capitale du Congo et plus grande ville, Kinshasa, avait en 2008 87 % de francophones, ce nombre est passé à 92 % en 2010. La RDC est membre de l'Assemblée parlementaire de la francophonie depuis sa création en 1967 ainsi que de l'Organisation internationale de la francophonie depuis 1977.
D'après le rapport de l'OIF de 2010, avaient une scolarité en français en école primaire, dans le secondaire, dans le supérieur. Au plan des effectifs scolaires, la RDC est donc de loin le premier pays francophone du monde, du fait de la scolarisation générale en français. Les données de l'UNICEF donnent pour l'année scolaire 2013-2014 dans l'enseignement primaire en RDC (par comparaison, il y a dans le primaire en France)..
Néerlandais Le néerlandais a été la seconde langue historique de l'État du Congo de 1885 à 1908 et du Congo belge de 1908 à 1960, et durant cette période, ses archives furent bilingues français/néerlandais. Le français a toutefois été largement privilégié par l'administration belge. Une bonne connaissance de la langue française était nécessaire pour obtenir une promotion dans la colonie et les néerlandophones ont été de ce fait plus dispersés dans les provinces tandis que les francophones étaient regroupés dans les villes. À l'École coloniale de Tervuren, la première promotion à suivre un cycle d'études en néerlandais n'a été diplômée qu'en 1937. Le néerlandais a été utilisé comme langue de code lors de périodes de troubles pour transmettre des messages que les Congolais même éduqués ne puissent pas comprendre, ce qui a accentué la défiance des Congolais envers cette langue...