vignette|droite|250px|F-100D 56-3238 du commandant du 50th Tactical Fighter Wing à TRAB en 1958

La base aérienne 136 Toul-Rosières est une ancienne base aérienne de l'Armée de l'air française située sur le territoire des communes de Jaillon et Rosières-en-Haye, dans le département de Meurthe-et-Moselle,

La base étendue sur avec un périmètre de jouxtait le village de Rosières-en-Haye et était située à une quinzaine de kilomètres de la ville de Toul.

La base 136 (code OACI : LFSL) est issue de celle initialement implantée à Bremgarten. Elle occupait depuis le l'emplacement de l'ancienne plateforme de l'USAFE construite en 1952 au titre de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord connue sous le nom de Toul-Rosières Air Base (TRAB).

Désaffectée en 2004, la base aérienne est reconvertie en centrale solaire photovoltaïque par EDF énergies nouvelles, d'une capacité de , fonctionnelle depuis 2012 Dossier de presse - Centrale photovoltaïque BA 136 Toul-Rosières : une construction exemplaire.

L'insigne Héraldique

Écu en forme de bannière d'azur. En cœur, avion stylisé d'argent accosté en senestre du chef de deux chevrons de sinople, en dextre de la pointe d'une étoile à quatre branches inégales d'or et de sable. none|vignette|insigne de la base 136

Description

L'insigne nous présente : à gauche, la rose de l'OTAN (les branches donnent le degré d'importance de la menace en provenance des points cardinaux à la création de l'insigne) ; plein centre l'avion en service à la création de l'insigne (le F-100 Super sabre) ; à droite les chevrons de la chasse (de couleur verte). none|vignette|222x222px|Insigne des pompiers de la base 136 SSIS

Nom de baptême

La base aérienne 136 porte, depuis le , le nom de Colonel Phelut, mort le en service aérien, durant les manœuvres Airex-Datex.81.

Unités aériennes stationnées

Comme pour sa base mère (Bremgarten), cette plateforme soutient la Escadre de Chasse avec trois de ses quatre escadrons de chasses, le 1/11 Roussillon, le 2/11 Vosges et le 3/11 Corse.

Le quatrième escadron (Escadron de chasse 4/11 Jura), après un séjour à Base aérienne 188 Djibouti sera affecté à Bordeaux-Mérignac jusqu’à sa dissolution en 1992.

Histoire Première Guerre mondiale Un aérodrome est opérationnel à l'emplacement de la future BA136, dans la commune de Saizerais, dès la Première Guerre mondiale.

Les escadrilles françaises suivantes se sont succédé au terrain de Saizerais. : SAL 1 "Escargot ailé" : du au . SAL 17 : du au . MF 35 : du au . AR 41 : du au . N 75 : du au . SPA 89 SAL 122 : du au . SPA 258

Rintintin Les chiots Nénette et Rintintin rescapés d'un bombardement résident quelques mois sur la Base au côté du caporal américain Lee Duncan..

vignette|P-47D du 358th Fighter Group à Toul en janvier 1945.

Seconde Guerre mondiale

À partir du , la Air Force installe les P-51 et P-47 des 358th, 50th et 27th Fighter Group sur ce qui deviendra plusieurs années après Toul-Rosières Air Base. Le terrain, surnommé « Rosy » est désigné par le code A98 et est équipé d'une piste en PSPPierced Steel Plank : en français « plaques en acier perforées », plaques d'envol utilisées pour la réfection rapide des terrains d'aviation par l'Engineer Aviation américain puis le Génie de l'Air français. de . Toul Air Base est rendue aux autorités françaises le 8 mai 1945.

L'USAF

En 1951, la menace soviétique augmentant en Europe, l'OTAN décide la construction de nombreuses bases aériennes modernes en Allemagne et en France. Le terrain de Toul-Rosières est choisi pour la construction d'une base pour l'USAFE, notamment en raison de la longue histoire américaine en ce lieu.

La construction de la nouvelle base est planifiée en deux phases. La première consiste en la construction d'une base temporaire pour y baser le plus rapidement possible des unités volantes de l'USAFE. La construction d'infrastructures modernes est ensuite prévue en une deuxième phase, menés par les architectes Pierre Dufau et Grad Seelye.

Les travaux débutent en avec la mise en place d'une voie ferrée pour le ravitaillement de la base. L'ancienne piste en PSP est remplacée en par une piste bétonnée. Le chantier de terrassement pour la construction de la base est réalisé par le du génie de l'air en 1952.

Le 7412th Support Squadron est activé à Toul-Rosières en pour la coordination des travaux de construction de la nouvelle base.

117th Tactical Reconnaissance Wing

vignette|Lockheed RF-80C-11-LO Shooting Star 45-8391 du 160th TRS vu en 1952 à Neubiberg AB.

Le 117th Tactical Reconnaissance Wing quitte sa base de Lawson AFB en Géorgie pour s'installer à Toul le . Le 117th TRW est composé de trois escadrons : le 160th TRS de la Garde nationale de l'Alabama, le 157th TRS de la Garde nationale de la Caroline du Sud et le 112th TRS de la Garde nationale de l'Ohio. Le 112th TRS est équipé de 15 RB-26C tandis que les 157th et 160th TRS volent sur 38 RF-80A. Chaque escadron possède également un T-33A de liaison et d'entraînement. Les RB-26 servent aux missions de reconnaissance nocturnes tandis que les RF-80 sont limités aux missions de jour.

Quand le 117th TRW arrive à TRAB (surnom donné à la base), la base est un véritable champ de boue. Aussi le commandant du wing, jugeant la situation dangereuse pour les opérations aériennes, décide de transférer les escadrons volants vers d'autres bases en Allemagne de l'Ouest, en attendant que la base de TRAB soit terminée. Le 157th TRS s'installe à Fürstenfeldbruck Air Base et le 160th TRS à Neubiberg Air Base. Les unités de commandement et de support du 117th restent à Toul. Le 112th TRS quant à lui part avec ses RB-26 pour Wiesbaden Air Base où il reste jusqu'en , date de son retour, pour peu de temps, à TRAB.

En effet, le 117th TRW, unité de la Garde Nationale est retiré du service actif le .

Tactical Reconnaissance Wing

vignette|Douglas A/RB-26C-40-DT Invader 44-35599 du 112th TRS sous un « hangar de nez » en janvier 1953.

Le Tactical Reconnaissance Wing est activé à Toul-Rosières AB le . Il absorbe les matériels et personnels du défunt 117th TRW. Le 112th TRS devient le Tactical Reconnaissance Squadron, le 157th TRS le 32nd Tactical Reconnaissance Squadron et le 160th TRS le 38th Tactical Reconnaissance Squadron. Les 32nd et 38th TRS restent avec leurs RF-80 à Furstenfeldbruck et Neubiberg.

Le TRW reprend les missions du 117th TRW et déploie régulièrement ses appareils sous le ciel ensoleillé du Maroc.

À la suite de l'une des nombreuses réorganisations de l'USAFE, le TRW est transféré à Spangdahlem Air Base en Allemagne. Le 7412th Support Squadron est activé pour assurer la maintenance de la base de TRAB. Des unités de génie de l'US Army s'installent également sur la base pour terminer, avec des entreprises françaises, la construction de la base.

465th Troop Carrier Wing

vignette|Fairchild C-119C-26-FA 51-2640 du 781st Troop Carrier Squadron en 1954.

Le 465th Troop Carrier Wing qui a été activé à Donaldson Air Force Base en , s'installe à Toul-Rosières en avec ses trois escadrons : les 780th, 781st et 782nd Troop Carrier Squadrons. Le 465th TCW qui est affecté à la 12th Air Force et rattaché à la 322nd Air Division (Combat Cargo), vole sur 56 C-119C plus quelques C-47 et L-20A de support.

Les travaux sur la base de Toul n'étant pas terminés, à leur arrivée en Europe, les escadrons sont temporairement basés en Allemagne : le 780th est à Rhein-Main Air Base, le 781st à Wiesbaden Air Base et le 782nd à Neubiberg Air Base. Ils s'installent enfin à TRAB en avril-.

Le 465th TCW quitte définitivement Toul le pour prendre ses quartiers à Evreux-Fauville Air Base.

Le 7430th Air Base Squadron est alors activé pour prendre en charge la base de Toul qui est mise en sommeil. Le 7430th ABS possède un C-47 et un L-20A Beaver.

312th / 366th FBW

Entre 1954 et 1955, les F-86H Sabre du 366th Fighter Bomber Wing d'Alexandria Air Force Base en Louisiane et du 312th Fighter Bomber Wing de Clovis Air Force Base au Nouveau-Mexique effectuent des rotations sur la base de Toul-Rosières. Le Lieutenant-Colonel John B. England, commandant le 389th FBS du 366th FBW se tue dans le crash de son F-86H dans les bois proches de la base de Toul lors de l'un de ces déploiements. La base d'Alexandria AFB est renommée en son honneur, devenant England Air Force Base.

50th Fighter Bomber Wing / Tactical Fighter Wing

vignette|Pendant l'été 1956, les hommes du 50th Field Maintenance Squadron posent devant le F-86H-10-NH 53-1451 du 417th Fighter-Bomber Squadron.

Le 50th Fighter-Bomber Wing quitte sa base de Hahn Air Base le pour prendre possession des installations de la base de Toul-Rosières. Les , 81st et 417th Fighter-Bomber Squadrons qui composent le 50th FBW sont équipés de 74 F-86H Sabre complétés des traditionnels C-47, L-20A et T-33A de support. Le commandant du 417th Fighter-Bomber Squadron n'est autre que Chuck Yeager, le premier homme à avoir franchi le mur du son.

Le 50th FBW a comme mission principale l'attaque nucléaire tactique.

À partir de , les F-86 sont remplacés par 75 F-100D/F Super Sabre.

En 1959, le gouvernement français demande le retrait du sol français de tous les vecteurs et armes nucléaires étrangères, le 50th, qui a été rebaptisé 50th Tactical Fighter Wing doit quitter la France. Le 50th TFW quitte TRAB le pour retourner à Hahn AB.

Le 7514th Support Group est activé au départ du 50th TFW pour assurer la garde de la base de Toul ainsi que celles de Chambley, Chaumont, Etain et Phalsbourg. Le 7514th devient le 7544th Support Group le .

Detachment 1, Tactical Reconnaissance Wing

Le , les 32nd et 38th Tactical Reconnaissance Squadrons appartenant au TRW de RAF Alconbury sont affectés à la base de Toul pour former le Detachment 1, Tactical Reconnaissance Wing.

Les RB-66C des 32nd et 38th TRS basés à RAF Alconbury, RAF Bruntingthorpe et RAF Chelveston effectuent des rotations de deux à quatre mois à Toul.

thumb|F-84F du 110th Tactical Fighter Squadron à TRAB pendant la crise de Berlin en 1961/1962.

Les appareils du , TRS joignent ceux des deux autres escadrons dans les rotations qui durent jusqu'en octobre 1965 et l'activation du 25th Tactical Reconnaissance Wing (auquel est rattaché le TRS) à Chambley AB et du 26th Tactical Reconnaissance Wing à Toul.

La crise de Berlin

Dans la nuit du 12 au , l'Allemagne de l'Est construit le Mur qui va séparer Berlin pendant trente années. En réaction, l'OTAN renforce ses forces en Europe. Le , le 131st Tactical Fighter Wing est déployé à Toul-Rosières pour devenir le 7131st Tactical Fighter Wing (Provisional). Il est constitué des 110th TFS de Lambert Field (Missouri), 169th TFS de Peoria Municipal Airport (Illinois) et 170th TFS de Capitol Airport à Springfield (Illinois). Seul le 131st TFS est déployé à Toul, complété de deux autres escadrons d'autres Wings. 78 F-84F équipent le 7131st TFW(P).

Le 7131st TFW quitte Toul le .

26th Tactical Reconnaissance Wing thumb|RF-4C-22-MC 64-1060 du 22d TRS de Toul Le , le 26th Tactical Reconnaissance Wing est activé sur la base de Toul, entraînant la dissolution du 7544th Support Group. Le 26th TRW est formé des 22nd TRS, auparavant basé à RAF Alconbury sur RB-66, et du 32nd TRS venant avec ses RF-101C du 66th TRW de Laon-Couvron Air Base.

À partir du , les RB-66 et RF-101 sont remplacés par des RF-4C Phantom II. Un troisième escadron, le 38th TRS, rejoint le 26th TRW à Toul le .

La fin de TRAB Le , Charles de Gaulle annonce le retrait de la France du commandement intégré de l'OTAN et exige le départ de toutes les forces armées étrangères du territoire français. Le secrétaire d'État chargé de l'emploi, Jacques Chirac fait une annonce officielle : Une première délégation en provenance de Bremgarten se rend à Toul-Rosières le avec la délicate tâche d'engager les négociations avec les Américains.