La démographie de Paris est caractérisée par une très forte densité et une population jeune qui décroît depuis les années 2010.
Avec ses en , pour une superficie de , Paris est la quatrième ville de l'Union européenne. Sa densité est de , ce qui en fait la ville la plus densément peuplée au monde devant Séoul. Le département de Paris est aussi, et de loin, le plus densément peuplé du pays mais seulement en sur le plan national par sa population derrière le département du Nord.
En six ans, de 2015 à 2021, sa population a diminué de près de , c'est-à-dire de plus ou moins par an.
En 2024, l'agglomération définie par l'Insee comprend , dans la délimitation de 2020, et totalise en 2021. Son aire d'attraction, quant à elle, incluant des communes situées dans une zone d'influence forte de la capitale, atteint en 2021.
Évolution historique
Antiquité Paris est fondée, ou refondée sur les flancs de la montagne Sainte-Geneviève dans les dernières décennies du par les autorités romaines, sous le nom de Lutèce. À l'époque sévérienne (193-235), considérée comme l'apogée démographique et monumental de la plupart des villes de Gaule romaine, Lutèce devait compter environ D'après Huard, les estimations varient entre 6000 et 20000 habitants selon les auteurs. .
Le marque une rupture dans cette phase d'essor et beaucoup d'autres villes entament une récession, marquée notamment par l'abandon progressif de quartiers périphériques jusqu'à la fin du . Une baisse de la démographie est avancée. À la suite des invasions germaniques de la seconde moitié du , les autorités décident de fortifier l'Ile de la Cité durant la première moitié du . À la fin de l'Empire romain la ville devait avoir perdu la moitié de sa population. La ville close du Bas-Empire, la Cité, réduite à l'Ile, plus petite qu'aujourd'hui, ne pouvait accueillir que quelques milliers d'habitants. De modestes faubourgs ont survécu sur la rive gauche jusqu'aux invasions normandes aux .
Moyen Âge Aux , Paris est au plus bas de son histoire, réduite à la seule Île de la Cité, encore protégée par les anciens remparts romains mis à mal par plusieurs sièges vikings. Elle n'accueille plus que quelques milliers d'habitants. La rive gauche, laquelle accueillait encore quelques quartiers vestiges de l'époque romaine ainsi que de nombreuses basiliques et monastères, est entièrement ruinée, saccagée par les invasions normandes. Il faudra attendre les alentours de l'an 1000 pour revoir la démographie retrouver une phase d'essor.
Paris compte Philippe Lorentz et Dany Sandron, Atlas de Paris au Moyen Âge, Éditions Parigramme, 2006, , page 37. dans l'enceinte de Philippe Auguste construite entre 1189 et 1215 qui délimite une surface de .. Au cours du , les parties non construites à l'intérieur de ce rempart à sa création s'urbanisent et la ville s'étend au-delà du périmètre intra-muros, notamment au nord de la muraille par lotissements de surfaces agricoles autour des rues Saint-Denis et Saint-Martin, dans le bourg Saint-Martin et la Villeneuve du Temple..
Le nombre, et parfois les noms, des Parisiens les plus riches, est connu grâce à sept documents fiscaux du règne de Philippe le Bel. Le livre de la taille de 1292 recense et « menus » contribuables ; celui de 1297 recense ; celui de 1300, Jean Guerout, « Fiscalité, topographie et démographie à Paris au Moyen Âge », Bibliothèque de l'école des chartes, 1972, tome 130, 406-407... Le nombre diminue car les petits contribuables ne sont plus comptés, et car certains gros contribuables ne sont plus taxables pour diverses raisons.
En 1328, Paris a une population d'au moins .. Ce nombre est estimé à partir de l'État des feux de 1328, qui donne pour .. En ajoutant la paroisse manquante de Saint-Sulpice, et en refaisant une évaluation des à partir de données statistiques, on obtient un total d'environ . Pour obtenir la population, on peut utiliser un coefficient multiplicateur de 3,5 pour une grande ville donnant . Cet ordre de grandeur est admis par les historiens contemporains.
Vers 1360, une nouvelle l'enceinte est construite étendant la superficie de Paris intra muros à ..
Bien que constituée essentiellement de maisons en bois, Paris n'est le siège d'aucun incendie aux , . Une forte immigration compense les effets de l'épidémie de peste noire de 1348 et des troubles sociaux et politiques dix ans plus tard au temps d'Étienne Marcel ce qui maintient la population jusque vers 1400 avant un effondrement au cours de la première moitié du en conséquences de la domination anglaise de 1420 à 1437, de famines et d'épidémies. Une remontée démographique s'amorce au cours de la deuxième moitié du ..
Temps Modernes Vers 1500, la ville aurait retrouvé sa population de 1400. À cette date, la ville aurait compté environ Exposition « La Demeure Médiévale à Paris » aux Archives nationales du au ..
La croissance démographique se poursuit au et au , s'accompagnant de la création de nouveaux quartiers en rive droite à l'est dans le Marais à l'ouest à l'intérieur de la nouvelle enceinte des Fossés Jaunes puis autour des anciens remparts remplacés par les grands boulevards aménagés au cours de la deuxième moitié du .
Vers 1800, Paris compte environ . Au cours du , sa population augmente considérablement grâce à l'arrivée massive d'habitants de toutes les régions de France (exode rural) et atteint le million d'habitants dès les années 1840. L'annexion en 1860 des faubourgs apporte à Paris près de habitants. La croissance continue de façon ininterrompue jusqu'au début du . Au recensement de 1891, on constate que la population baisse dans les quatre premiers arrondissements, ainsi que dans les et , stagne dans le et le ; on n’observe de progression que dans le , le et les arrondissements périphériquesLes données de la population de droit, de fait et domiciliée à l'échelle des 48, puis 80 quartiers de Paris pour les différents recensements entre 1801 et 1911 sont librement accessibles : Pascal Cristofoli et Julie Gravier « Populations des quartiers de Paris (1801-1911) », 2023, Dataset, NAKALA. https://doi.org/10.34847/nkl.e173c93p..
thumb|La carte des étrangers à Paris en 1891 publiée par Jacques Bertillon dans « Fréquence des étrangers à Paris en 1891 » in Cours élémentaire de statistique administrative. Paris: Société d'éditions scientifiques, 1896
vignette|Populations de Paris en 1932. À la veille de la Première Guerre mondiale, Paris a près de . Dans l'entre-deux-guerres, la population stagne autour de son maximum historique, le solde naturel négatif (natalité inférieure à la mortalité dès 1935) étant compensé par l'immigration. Cette stagnation masque en réalité le début d'une importante dédensification des arrondissements centraux, où les densités de population atteignaient par km à la fin du et qui commencent à se dépeupler au profit des arrondissements périphériques. Dans le même temps, la banlieue s'étend et se densifie de plus en plus rapidement, poursuivant la croissance de l'agglomération.
Après l'effondrement de la Seconde Guerre mondiale, la population, avec au recensement de 1946, retrouve approximativement son niveau antérieur au conflit puis connaît une légère reprise ( en 1954) contemporaine de la croissance démographique de l'ensemble de la France. Mais une forte décroissance des quartiers centraux se manifeste à nouveau dès la fin des années 1950 qui n'est plus compensée par le développement de quelques arrondissements périphériques. La ville de Paris surpeuplée se vide au profit de la banlieue. De plus, de nombreux programmes immobiliers transforment des appartements en bureaux, contribuant à cette baisse, particulièrement rapide dans les années 1960 et 1970, de en 1962 à en 1975. La baisse s'est cependant fortement ralentie depuis 1980 environ, avant une stabilisation depuis la fin du un peu au-dessus de deux millions d'habitants, s'accompagnant de la poursuite du déclin des quartiers centraux au profit de la périphérie.
La population au (population légale publiée le , première année pour laquelle le recensement rénové effectué par l'Insee fournit un chiffre, donne pour la première fois depuis un demi-siècle un accroissement de la population de Paris, conformément à une tendance au repeuplement du centre déjà observée dans d'autres métropoles, comme Londres et New York. Cette évolution est surtout due à Paris à la natalité dans les quartiers populaires de la ville et à une diminution de la mortalité par un rajeunissement de la population : les plus forts accroissements de population se constatent dans les , , , , et , tandis que les , , et voient leur population continuer de diminuer..
Au cours de la décennie 2010, la population parisienne décroît de nouveau passant de à entre 2010 et 2015, soit une baisse de 1,66 % sur la période, particulièrement perceptible dans les arrondissements centraux (-11,1 % sur la période dans le , -9,61 % dans le et -6,62 % dans le ). Si le solde naturel est positif, le solde migratoire est négatif. Le phénomène peut s'expliquer par une forte hausse des loyers (+18 % en cinq ans entre 2012 et 2017), par la location saisonnière par des plates-formes comme Airbnb, qui vide des quartiers touristiques comme Le Marais de leurs habitants permanents, ainsi que par une qualité de vie moindre (pollution, propreté, problèmes de transport...).. La hausse des prix de l'immobilier tend à faire partir bon nombre de familles à la naissance de leur premier ou deuxième enfant. Pour autant, la forte baisse des prix constatée depuis t3 2020, d'environ 12% à date de t4 2024, et amorcée avant la hausse des taux de T2 2022, n'a pas entraîné de remontée de la population, ce qui nuance une explication monofactorielle par les prix. Si tous n'en ont pas l'opportunité, 84 % des cadres franciliens souhaiteraient quitter la région parisienne, souvent pour leur région d'origine, afin de disposer d'un cadre d'un vie plus apaisé et un milieu favorable à la réussite scolaire de leurs enfants.
Naissances et décès + Évolution des naissances. 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Naissance domicilié à Paris31 94031 97732 23731 49331 81731 37831 74830 82030 62331 063 Évolution - +0,1 % +0,8 % -2,3 % +1,0 % -1,4 % +1,2 % -2,9 % -0,6 % +1,4 %
+ Évolution des décès. 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Décès domicilié à Paris16 02216 14715 65916 68514 30214 66614 07614 01014 11213 889 Évolution - +0,8 % -3,2 % +6,6 % -14,3 % +2,6 % -4,0 % -0,5 % +0,7 % -1,6 %
51,1 % des enfants nés à Paris en 2014, soit sur , ont au moins un parent né à l'étranger (quelle que soit sa nationalité) ou dans un DOM-TOM, soit la plus forte proportion après les départements de Seine-Saint-Denis (69,5 %) et du Val-de-Marne (55,8 %)...
Graphiques et tableaux de l'évolution démographique Évolution comparée intra-muros, agglomération et aire urbaine depuis 1800 750px|thumb|center|Croissance de la population parisienne depuis le premier recensement en 1801 (sources : voir le tableau).
Pour les données sur l'agglomération et l'aire urbaine de Paris, se reporter à l'article sur l'agglomération parisienne.
Évolution intra-muros depuis l'Antiquité vignette|droite|upright=1.1|Restitution de l'enceinte gallo-romaine.. superposée sur le plan actuel de l'île de la Cité.
vignette|droite|upright=1.1|Plan des anciens arr. de Paris dans le mur des Fermiers généraux, et limites actuelles.
Répartition par sexes et tranches d'âges La population du département est plus jeune qu'au niveau national. En 2021, le taux de personnes d'un âge inférieur à s'élève à 37,3 %POP T0 - Population par grandes tranches d'âges, soit au-dessus de la moyenne nationale (35,1 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à est de 22,6 % la même année, alors qu'il est de 26,6 % au niveau national.
En 2021, le département comptait pour POP T3 - Population par sexe et âge en 2021, soit un taux de 53,04 % de femmes, légèrement supérieur au taux national (51,61 %).