Sean Bell ( – ) est un afro-Américain qui a été tué par des inspecteurs en civil de la police de New York.

Pour fêter l'enterrement de vie de célibataire de Sean, lui et deux de ses amis, Joseph Guzman et Trent Benefield, se sont rendus dans un club de striptease de Jamaica dans le Queens la veille de son mariage. En quittant l'établissement, ils furent blessés et Sean tué, bien qu'ils ne soient pas armés.

Une violente polémique a éclaté à la suite de cet événement, symbolique pour certains de la brutalité policière. Cette affaire sera même comparée à l'affaire Amadou Diallo, qui eut lieu dans des circonstances assez similaires C. Buckley, W.K. Rashbaum. A Day After a Fatal Shooting, Questions, Mourning and Protest, The New York Times, 27 novembre 2006..

Trois des cinq policiers impliqués dans la fusillade ont été inculpés A. Baker, 50-Shot Barrage Leads to Charges for 3 Detectives, The New York Times, 17 mars 2007. par un grand jury pour cette bavure policière. Le , les policiers sont acquittés de tous les chefs d'inculpation retenus contre eux Dépêche AFP Police acquitted in NY shooting ; BBC News ; 25 avril 2008.

Contexte Sean Bell est le neveu de l'entraîneur de basket-ball de l'université de Miami, Frank Haith Bloomberg meets with family of shooting victim at their church, Associated Press, 27 novembre 2006. Adolescent, il étudie l'art dramatique à Flushing, dans le Queens Carrie Melago ; Drama Teacher Recalls Bell had His Act Together ; New York Daily News ; 16 décembre 2006. Il joue au baseball en tant que lanceur dans l'équipe de son lycée, le John Adams High School d'Ozone Park, mais renonce à son rêve de devenir pro quand sa petite amie tombe enceinte. En dernière année de lycée il a un bilan de 11-0, une moyenne de points mérités de 2,30 et 97 retraits sur les prises en 62,2 manches.

Sean Bell travaille après la naissance de sa fille. Sa fiancée, Nicole Paultre, dira à Larry King que Bell était un électricien et au chômage lors de l'incident Retranscription de l'émission avec Paultre et Al Sharpton, Larry King Live, 4 décembre 2006.

Sean Bell avait été arrêté trois fois, deux pour trafic de drogue et une pour possession d'une arme à feu New York Mayor Promises 'Fair and Thorough' Investigation of Groom's Death, Fox News, 27 novembre 2006. Dans tous les cas, il fut remis en liberté sur engagement personnel E. Vasquez et D. Khan ; Pastor Remembers a Confident Family Man Looking Forward to His Marriage ; The New York Times ; 27 novembre 2006. Le New York Daily News affirmera que, selon ses sources policières, Bell aurait vendu du crack à deux reprises à un policier en civil en <ref name="pal"> [http://www.nydailynews.com/front/story/477344p-401515c.html Pal of Sean begs, 'No violence'''] ; New York Daily News ; 5 décembre 2006</ref>.

Joseph Guzman et Trent Benefield, blessés lors de l'incident, avaient été arrêtés neuf et deux fois, respectivement, tous les deux au moins une fois pour possession illégale d'arme à feu. Benefield sera arrêté plus tard pendant un raid sur une maison de jeu à Harlem peu après avoir assisté à l'enterrement de James Brown.

Il fait une apparition dans le clip de the game my life , où l'on voit un jeune garçon à côté d'une tombe sur laquelle est écrit "SEAN BELL".

L'incident

Ce soir-là, Bell fête son enterrement de vie de garçon au « Kalua Cabaret », une boîte connue pour des problèmes de prostitution, des arrestations pour crimes concernant les stupéfiants, et des violations des lois régulant la vente d'alcool. Le club fait l'objet d'une enquête et est surveillé par des policiers en civil Police fire 50 rounds, kill groom on day of wedding ; CNN.com : 26 novembre 2006. Selon le témoignage du policier, Guzman se dispute avec une femme dans le club et menace d'aller chercher une arme. La femme dit alors aux hommes se disputant avec les amis de Bell : En anglais, M. Weiss ; 10 seconds of hell in Queens ; The New York Post ; 27 novembre 2006 Le policier en civil suit le groupe ; Bell entre dans sa voiture. Le policier lui demande alors de lever les mains, mais il fait démarrer la voiture et heurte le policier en civil, puis un monospace banalisé de la police. Un test toxicologique effectué après la mort de Bell prouvera qu'il était ivre, au-dessus de la limite autorisée par la loi. Un avocat de la famille Bell déclarera plus tard : « Quel que soit son degré d'alcool dans le sang, c'est une victime » ^ Officials: Bell Was Intoxicated Night Of Shooting Death ; WNBC News Channel ; 22 décembre 2006.

D'autres témoignages contredisent celui des policiers. Selon Guzman et l'avocat Michael Hardy, les détectives ne s'étaient jamais identifiés pendant qu'ils s'approchaient du véhicule armes à feu à la main. Une autre source dira que les policiers n'avaient pas averti Bell avant de commencer à tirer, et qu'ils commencèrent à tirer dès qu'ils sont sortis de leurs véhicules Mayor says 'excessive force' used in stag party shooting ; Irish Examiner ; 27 novembre 2006.

Le policier qui initia la fusillade dira qu'il avait vu un quatrième homme dans la voiture, qui se serait sauvé pendant le chaos qui s'ensuit, possiblement avec l'arme qui n'a pas été récupérée. Plusieurs témoins civils soutiennent cette thèse et pointent du doigt Jean Nelson comme étant ce quatrième homme. Nelson était possiblement à l'enterrement de vie de garçon, et a vu la fusillade, mais nie avoir été dans la voiture ou posséder une arme à feu Associated Press ; Man Denies Being Figure in NYC Shooting ; The New York Times ; 12 décembre 2006 Juan Gonzalez ; Fourth Man: My Story ; New York Daily News ; 15 décembre 2006. Selon le New York Times un rapport préliminaire de la police dit : En anglais, W.K. Rashbaum et A. Baker ; 50 Bullets, One Dead, and Many Questions ; The New York Times ; 11 décembre 2006.

Les critiques disent que cette théorie a été inventée de toutes pièces par le policier pour justifier la fusillade. Juan Gonzalez du New York Daily News dira que selon la source officielle il n'y eut aucune mention d'un quatrième homme dans les heures suivant l'incident dans tous les appels téléphoniques faits, et il n'y eut pas de demande de recherche pour l'homme potentiellement armé. Ceci contredit donc les premiers rapports qui indiquent que la police aurait été à la recherche de l'homme manquant<ref name="dragnet"> Juan Gonzalez ; No dragnet for 'fourth man ; New York Daily News ; 12 décembre 2006</ref>.

Selon Michael Palladino, chef du syndicat de police, un concierge d'un édifice proche aurait vu un homme Noir fuir du lieu de l'incident et tirer au moins une fois sur la police. Le témoin dit qu'il a entendu la police crier . Selon les forces de l'ordre il y a aucune preuve balistique pour prouver l'utilisation d'une arme autre que celles des policiers Surprise Witness Testifies Before Grand Jury In Bell Case, NY1 News, 15 mars 2007.

Deux des policiers sont Noirs, un Blanc, un Arabe, et un d'origine mixte (Haïtien/Mexicain). Le premier à tirer est Noir Learning From Bell ; New York Sun ; 14 décembre 2006.

Al Sharpton dira plus tard dans une entrevue avec Larry King que, selon ses discussions avec les témoins, aucune des trois victimes n'a mentionné un pistolet en sortant du club. Sharpton dira aussi qu'il doutait que les personnes dans la voiture aient pu entendre les policiers, et qu'ils ont donc probablement pensé qu'ils étaient en train de se faire voler leur voiture.

Selon le commissaire de police Raymond W. Kelly, un policier expérimenté, Michael Oliver, a utilisé deux chargeurs entiers, tirant 31 fois et s'arrêtant une fois pour recharger son arme. Plusieurs balles atteignirent des maisons proches et une gare ferroviaire. Cinq des sept officiers investiguant le club sont impliqués dans la fusillade. Le détective Paul Headley tire une fois, l'officier Michael Carey trois, l'officier Marc Cooper quatre, l'officier Gescard Isnora onze, et l'officier Michael Oliver trente-et-un For 5 Officers, No Shots Fired for Years, and Then 50 at Once ; New York Times ; 29 novembre 2006 Two Officers Speak to Grand Jury On Killing of Unarmed Black Man ; New York Times ; 6 mars 2007 Undercover Detective Who Fired First Shot Testifies in Police Killing in Queens ; New York Times ; 8 mars 2007.

Une autopsie montre que Bell fut touché par quatre balles au cou et sur le torse Stacey Francisco, Terry Frieden et Ellen Rose ; N.Y. mayor meets with dead groom's family ; CNN.com ; 29 novembre 2006. Guzman fut blessé au moins onze fois et Benefield, qui était assis à l'arrière, trois fois. Tous les deux sont emmenés à l'hôpital Mary Immaculate ; à leur arrivée Guzman est déclaré être en situation critique et Benefield stable. Benefield est sorti de l'hôpital le Man Wounded in Queens Shooting Leaves the Hospital ; New York Times ; 6 décembre 2006, suivi par Guzman le N.Y. police shooting survivor recalls friend's last words ; CNN.com ; 25 janvier 2007. Des caméras de surveillance du Port Authority à l'arrêt de train près du club ont filmé le trajet de l'une des balles qui cassa une vitre et fut très près de toucher un passant et deux patrouilleurs de la Port Authority qui étaient sur la plateforme surélevée ; Democracy Now ; 14 décembre 2006.

Réaction publique

Plusieurs centaines de personnes manifestent le week-end suivant la mort de Bell pour protester contre la violence des actions de la police ; les manifestations continuent jusqu'à la semaine suivante A. Gendar, S. Schiffrel et B. Huthinson ; ; New York Daily News ; 27 novembre 2006 Heart of Darkness: Pursuing Justice and Keeping Sean Bell’s Memory Alive ; The Indypendent ; 10 janvier 2007. Certains notent les similarités entre cet incident et d'autres fusillades de personnes non armées, dont Amadou Diallo 50 Shots Fired, and the Experts Offer a Theory ; New York Times ; 27 novembre 2006. La famille de Bell désigne Al Sharpton comme conseiller After Fatal Shooting by Police, Commissioner Looks Ahead, and Back ; New York Times ; 30 novembre 2006.

Le maire de New York, Michael Bloomberg, a dit En anglais, ., et a dit que la fusillade est et . L'ancien gouverneur de l'État de New York, George Pataki, a lui aussi déclaré trouver la fusillade excessive. Le commissaire Kelly a mis les cinq officiers en congé administratif rémunéré et a confisqué leurs armes, acte que le New York Times trouve . Il dira au Times que leurs armes furent confisquées . Bloomberg et Kelly ont tous les deux noté que la fusillade fut possiblement une violation de la règle stipulant que tirer sur un véhicule en mouvement est interdit, même si ledit véhicule est utilisé comme arme "Police Statements Vary on Firing at a Vehicle ; New York Times ; 30 novembre 2006. Le Public Advocate of the City of New York présenta ses condoléances à la famille de Bell et sa fiancée Residents Need Answers on Tragic Queens Shooting ; Public Advocate of the City of New York Newsletter ; 4 décembre 2006.

Le Nicole Paultre change son nom en Paultre-Bell en mémoire de Sean Bell Fiancé of Man Killed by Police Takes His Name ; New York Times ; 8 décembre 2006. Les lois de l'État de New York précisent qu'un couple doit obtenir un certificat de publication des bans avant la cérémonie du mariage, et que même si le certificat est donné immédiatement, le mariage ne peut pas se célébrer dans les 24 heures suivant la publication du certificat Getting Married in New York State ; New York State Department of Health. Selon l'avocat de Paultre, un mariage posthume ne put pas se célébrer parce qu'aucun certificat ne fut encore signé.

Le on annonça qu'un prisonnier à Riker's Island avait proposé de l'argent à un policier en civil pour décapiter le commissaire Raymond Kelly et effectuer un attentat à la bombe sur le quartier général de police, à cause de l'incident Bell Kelly hit plan foiled ; Newsday ; 6 mars 2007 Lawyer: 'Ill' Man Allegedly Targeted NYPD Commish ; WCBS-TV ; 6 mars 2007.