Nestlé Waters est une filiale de la division eau du groupe suisse Nestlé, qui regroupe ses activités dans les eaux en bouteille. En 2009, l'entreprise est leader mondial du secteur.
Dans les années 2020, l'entreprise traite et filtre ses eaux de source polluées, tout en continuant à les vendre sous l'appelation d’eaux minérales naturelles, une pratique illégale, qui lui rapporte d’euros en France.. Elle est condamnée en Suisse en 2025, sur cette même fraude.
Histoire Société générale des eaux minérales de Vittel En 1843, Henri Nestlé créé sa première fabrique d’embouteillage d’eaux minérales naturelles..
.
.
En 1969, avec 30 %, Nestlé rentre au capital de la SGEMV. qui possède les marques Vittel et Hépar.
Acquisitions, vente, recentrage En 1991, Nestlé prend le contrôle de 96 % du capital de Société générale des eaux minérales de Vittel (SGEMV).
En 1992, Nestlé acquiert le groupe Perrier qui possède les marques Perrier, Contrex. La branche eaux minérales de Nestlé prend le nom de Nestlé Sources International (NSI).
En 1996, NSI devient Perrier Vittel.
vignette|Production d'eau en bouteille.En 1998, l'entreprise rachète le groupe italien San Pellegrino.
En 2000, lancement de la marque Aquarel.
En 2001, les thermes de Vittel sont cédés au Groupe Partouche puis rachetés par la commune de Vittel en 2008.
En 2002, Perrier Vittel devient Nestlé Waters.
En , le groupe Nestlé annonce qu'il va constituer une unité mondiale indépendante pour son activité eau et qu'il envisage de la vendre, l'estimation de sa valeur est de l'ordre de ...
Chiffres clés Nestlé Waters est l'entreprise mondiale leader en matière de ventes d'eau en bouteille en 2009, devant Coca-Cola et ses marques Dasani et Smartwater, Danone, PepsiCo et sa marque Aquafina...
L'entreprise compte de production dans , environ et un portefeuille de . Son chiffre d'affaires 2023 est de ..
En France, Nestlé Waters représente plus d’un tiers du marché des eaux en bouteille..
En 2023, le site de Vergèze, dédié à la production Perrier, atteint une capacité de 1,6 milliard de bouteilles annuellement..
En parallèle aux controverses et mises en cause concernant ses pratiques d'exploitation de ses sources d'eaux minérales, le groupe Nestlé Waters a investi pour un plan de transformation de près de 150 millions d’euros pour le site de Vergèze (Perrier) et de 93 millions pour le site des Vosges (Vittel, Contrex, Hépar). La microfiltration à 0,2 micron est la clé de voûte de son plan de transformation qui n'assure aucune conformité aux normes légales en cours..
Principales marques
Nestlé Waters France
Nestlé Waters France possède 2 centres d'activités de conditionnement d’eau minérale naturelle : dans les Vosges : Vittel, Contrex, Hépar (plus de d'euros de chiffre d'affaires) ; dans le Gard, à Vergèze : Perrier (environ d'euros de chiffre d'affaires, ) ; Elle s'occupe également de la distribution des eaux San Pellegrino et Aquarel, qui ne dépendent pas directement de l'entité française.
Historique En , Nestlé Waters annonce son intention de se séparer de d’ici à 2007. Sur ce nombre, 742 résulteront d’un départ anticipé à la retraite. Cette situation est contestée par les syndicats qui voient, pour leur part, .
.
En , à la suite de négociations avec la CGT et l'État français, la direction de Nestlé Waters France s'engage, en cas de levée du droit d'opposition, à investir massivement pour la modernisation des sites de la Source Perrier et de la Verrerie du Languedoc, à maintenir les avantages de la convention d'entreprise et à continuer une politique active de recrutement des saisonniers.
L'accord de départs anticipés de dont 356 à Vergèze - dits GPEC/CATS - signé en juillet dernier par la CFDT et la CGC - représente en équivalent temps plein. Cet accord qui, selon Nestlé, évite tout licenciement, doit permettre d'embaucher , compensant partiellement les départs, selon un taux de remplacement de 1 pour 3.
En , Nestlé Waters France élabore un projet d'investissement sur trois ans pour le groupe dans le cadre d'un rapprochement des sites de Vittel et Contrex, afin de se donner les moyens de dépasser la barre des de bouteilles produites annuellement contre en 2004.
En 2012, la marque Nestlé Aquarel devient en France..
En , l'entreprise suspends l'exploitation de deux des six forages dédiés à son eau Hépar dans les Vosges en raison des aléas climatiques..
En , une grève illimitée est déclenchée par 80 % du personnel de l'usine de Vittel, en raison notamment de la volonté de la direction de supprimer 171 postes dans le cadre d'un plan social..
En 2025, Nestlé Waters est ou s'est exclu de la Maison des eaux minérales naturelles (MEMN), le syndicat des minéraliers, qui regroupe 45% du secteur..
En mai 2026, Anne-Charlotte Neau-Juillard, conseillère au sein du cabinet de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, devient directrice de la communication de Nestlé Waters.
Conventions judiciaires d'intérêt public Pollution de l'Aisne en 2020 En , Nestlé France signe une convention judiciaire d'intérêt public (CJIP) avec le procureur de la République de Charleville-Mézières (Ardennes), et paie une amende de pour la pollution de l'eau en 2020 de la rivière de l'Aisne, aboutissent à la mort d'environ six tonnes de poissons. L'entreprise conteste toutefois être à l'origine de la pollution, malgré les constatations des gendarmes et de l'Office français de la biodiversité (OFB) autour de son usine de Challerange située en amont de la rivière..
Forages illégaux et traitements interdits À l'issue de deux enquêtes préliminaires, le , l'entreprise accepte une nouvelle CJIP avec le parquet d'Épinal pour de potentiels forages illégaux de nappe phréatique et pour l'utilisation de traitements interdits sur des eaux minérales naturelles. La CJIP comporte une amende de deux millions d'euros, un plan de d’euros supervisé par l'OFB durant deux ans, ainsi qu'une indemnisation de plusieurs associations de défense de l’environnement à hauteur de . Cette CJIP est . En plus de l'amende et des indemnisations, Nestlé Waters doit réparer son impact écologique sur deux cours d’eau et restaurer certaines zones humides sur le territoire de Vittel et de Contrexéville, sous la supervision de l’Office français de la biodiversité pendant deux ans..
Pratiques controversées et mises en cause Forages illégaux dans la nappe phréatique En 2020, l'association Eau88 porte plainte sur le sujet des forages illégaux. Une enquête administratives conclut à l’inadéquation des autorisations administratives exigées par la réglementation pour permettre l’exploitation de neuf points de captages, sur les cent trente existant pour commercialiser les eaux minérales produites par Nestlé Waters.
Pratiques commerciales trompeuses : traitements interdits des eaux minérales naturelles En 2020, à la suite d'un signalement de fraudes au sein du groupe Alma (Sources Alma), une enquête révèle que Nestlé Waters est également concerné par des pratiques trompeuses, principalement de microfiltration.
Fin , un rendez-vous confidentiel et informel est organisé à Bercy auprès du cabinet de la ministre de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher, au cours duquel Nestlé Waters reconnaît l'utilisation de pratiques non conformes. Cependant, le gouvernement s'abstient de saisir le procureur de la République, ce qui est contraire à l'article 40 du code de procédure pénale, et s'abstient d'en informer la Commission européenne, ainsi que les autres États membres de l'Union européenne, ce qui est contraire à l’article 11 de la directive 2009/54/CE sur les eaux minérales naturelles.
Le gouvernement demande d'autoriser .
En , une enquête administrative nationale instruite par l'inspection générale des affaires sociales (Igas) et par les agences régionales de santé (ARS) est initiée dans , afin d'. D'après le rapport confidentiel de cette enquête, 100% des marques de Nestlé Waters sont concernées par des pratiques illégales, avec l'utilisation de microfiltration en deçà de , de traitement par charbon actif et aux ultraviolets.
La motivation de ces pratiques interdites provient de la pollution régulière des ressources aquifères, avec des contaminations microbiologiques notamment par des bactéries coliformes (E. coli), par des entérocoques, ou par des polluants chimiques (pesticides).
En , l'ARS du Grand Est saisit le procureur de la République d'Épinal qui ouvert une enquête préliminaire pour « tromperie » au code de la santé publique.
Révélation du scandale En , Le Monde et la Cellule investigation de Radio France révèlent l'enquête qui montre que l'entreprise a eu recours à des traitements interdits dans la réglementation des eaux minérales naturelles. à cause de pollution généralisée. Selon Nestlé Waters, cela est dû à , et assure avoir retiré ses filtres à charbon actifs et ultraviolets de toutes ses usines.
Nestlé Waters a recours à des traitements interdits pour ses trois eaux vosgiennes depuis au moins , dévoile Mediapart en sur la base d'une enquête de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF). La fraude est estimée à plus de d'euros..
Un rapport sénatorial d' critique le manque de transparence et la réponse tardive de l'État dans cette affaire..
À la suite des résultats de l’enquête de la commission sénatoriale publié en .., confirmant les pratiques illicites, le gouvernement français saisit la Commission européenne pour sur une possible révision de la directive sur les eaux minérales définissant la pureté originelle et le statut de la microfiltration..
En , l'usine de Vergèze et le laboratoire chargé des analyses de qualité de l'eau à Vittel, sont perquisitions par la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes et la police judiciaire de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique, cosaisis par les juges du pôle de santé publique de Paris chargés de l'affaire.
Mises en cause
Surexploitation des nappes phréatiques En 2018, Nestlé Waters France est accusé par France Nature Environnement de surexploiter la nappe phréatique de Vittel dans les Vosges, qui connaîtrait un déficit chronique annuel d'un million de . Nestlé rappelle que les quantités qu'il prélève sont validées par arrêté préfectoral, et que l'entreprise a diminué ses prélèvements de en 2008 à en 2017. Les collectivités locales sont néanmoins forcées d'étudier des solutions de substitution pour alimenter les habitants...
Contamination à l'arsenic, Vittel Un rapport confidentiel de Nestlé, daté de et révélé le par Mediapart, met en lumière un de contamination à l'arsenic dans les eaux minérales de Vittel. Ce document interne, que l'entreprise a tenté de garder secret, identifie 20 défaillances et non-respects de la réglementation concernant la qualité des eaux et la pollution environnementale liée à l'activité de l'entreprise. Bien que le géant de l'agroalimentaire affirme qu'il s'agit de projections hypothétiques, les écrits de ses propres ingénieurs contredisent cette position..
Contamination bactérienne, Hépar Le , des tests sont organisés dans l'usine des Vosges de la marque Hépar. L'eau du captage est testée en amont des procédés de microfiltration (non légale) puis en aval après la microfiltration à 0,2 micromètre. Les forages en amont s'avèrent contaminés par des bactéries coliformes et entérocoques (matières fécales). Bien que celles ci disparaissent avec la filtration, cette pratique n'apporte pas de garantie sanitaire suffisante.
Contamination bactérienne et chimiques à répétition, Perrier